Aidez à financer une contribution à l'Histoire de la période 1939-1945. Le point de vue d'un acteur et témoin direct, autre qu'un vainqueur.


Disponible

- Sous mon projet "Ecrits d'exil"

j'avais promis à tous mes donateurs ce qui suit:

Pour 5  et plus

Tous mes remerciements. J'adresserai à l'un d'entre vous, choisi au hasard (là, il faut vraiment me faire confiance), un exemplaire dédicacé et relié pleine peau des "Ecrits d'exil".
 
- Le 5 mars 2016, je procédai au tirage au sort avec l'aide de mon fidèle assistant, William:

 

tirage au sort du gagnant

 

- Au Sénégal, je suis allé rendre visite à mon relieur préféré, Frédéric Diémé

  

la page FB de Frédéric Sidy Diémé

 

- Au retour, j'ai préparé une enveloppe et, avant-hier, mardi, de passage à Longwy, je suis passé par la poste et y ai déposé un paquet destiné au père Noël qui doit le déposer chez Christus dont on fêtera bientôt le 2016 ème anniversaire.

 

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Merci à tous de m'avoir aidé dans ce projet

Disponible

Pour savoir qui a bénéficié de la version reliée cuir:

 

https://www.youtube.com/watch?v=BPlHcNDSESE

 

et en espérant que chacun d'entre vous a déjà reçu sa contrepartie personnelle.

 

 

ET ENCORE MERCI

 

 

Emmanuel

Disponible

Hier, j'ai adressé par voie postale les contreparties que j'ai promises à chacun d'entre vous. J'espère ne pas m'être trompé. Si tel était néanmoins le cas n'hésitez pas à me le faire savoir, mais uniquement si l'erreur vous lèse. Dans les autres cas, c'est voulu. 

 

Et je signale que ce jeudi 4 février à 22heures 40, sur France 2, débutera l'émission "Complément d'enquête" consacrée aux peines liées à l'indignité nationale.

 

Par un secret mystère la journaliste Rola Tarsissi a réussi à trouver parmi les rares gens ayant  eu à subir indirectement  de telles peines, mon père Christian, le fils de Maurice Gabolde. Elle l'a interviewé chez lui à la Croix-Rousse, à Lyon en ma compagnie. 

 

Un des messages de mon père a été de dire que l'indignité nationale présente plus d'importance pour ceux qui l'infligent que pour ceux qui la reçoivent, lesquels considèrent cet aspect de la justice comme étant par nature de la justice politique et peuvent, dans certaines circonstances, en tirer plus de fierté et de gloire que d'affiction.

 

On verra ce qui est resté de ce message ...

 

Et encore merci à tous!

Disponible

20 Jan

MERCI ! ! !

Bonsoir,

 

La campagne de financement participatif vient de prendre fin et  s'est avérée fructueuse.

 

Merci à tous, pour m’avoir apporté votre soutien.

 

L’opération « réédition des ECRITS D’EXIL » est maintenant en route.

 

Le livre sera réédité par l’Harmattan. Il devra paraître début février et je compte bien être en mesure d’adresser à chacun d’entre vous la contre-partie promise avant la fin du mois de février.

Le seul qui devra attendre un peu (un gros peu) est celui qui sera tiré au sort pour bénéficier de la version pleine peau de l’édition. Ceux qui connaissent Frédéric, mon relieur, savent pourquoi.

 

Encore merci, et au plaisir de vous lire ou vous voir.

 

Emmanuel

Disponible

20 Jan

H = 17 h 43

Il ne reste plus que quelques heures.

Aujourd’hui, à 17 heures 43, ce sera fini. Et l’on saura que l’objectif a été atteint. La réédition du livre sera définitivement lancée. Je fournis mon ultime bribe des « Ecrits d’exil ».

 

 ECRITS D’EXIL (Extrait n°23)

 

 

Pour contribuer à la réédition des « Ecrits d’exil », rendez-vous sur :

http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/ecrits-d-exil

 

Ce petit extrait concerne ce moment très particulier où Pierre Laval, son épouse et Maurice Gabolde s’envolèrent d’Italie vers l’Espagne:

 

… Sur le terrain d’aviation, on nous présenta les pilotes, deux têtes blondes imberbes d’adolescents, aux yeux bleus, émergeant du gros tas d’étoffe jaune qui les faisait ressembler à des sacs ambulants. Ils se figèrent dans l’immobilité du garde-à-vous, pendant que le Capitaine Hanger prononçait quelques paroles que j’entendis mal dans le bruit des moteurs ; les deux aviateurs levèrent la main droite et répondirent : « Ich schwore »  [je le jure]. Plus tard, à Montjuich, ils m’expliquèrent qu’ils avaient juré sur leur honneur, en présence du Führer, représenté par leur chef, d’aller jusqu’au sacrifice de leur vie dans la mission qui leur était confiée.

 

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C’est un Junker de ce type qui emporta les passagers

 

Ils devaient, jusqu’au 30 Mai 1945, partager notre internement en Espagne ; Gerhardt Bohm et Hellmuth Funk étaient deux spécimens de l’héroïque jeunesse qui, en Europe comme en Amérique du Nord, a servi avec courage, désintéressement et esprit de sacrifice sa patrie ; l’un d’eux avait été abattu deux fois en combat aérien, dont une au-dessus de la Méditerranée et avait flotté pendant plusieurs heures sur l’épave de son appareil ; ils ne savaient plus rien de leurs familles originaires de Stettin et de la Thuringe ; la fiancée de Funk travaillait comme ouvrière d’usine à Salzbourg. Je les vis suivre, les yeux noyés de larmes, la mâchoire serrée, le corps penché vers la radio, le développement de l’effondrement militaire de l’Allemagne, la capitulation des généraux, la reddition sans condition ; ils ne parvenaient pas à réaliser un tel cataclysme si contraire à l’idée qu’ils s’étaient faite de la puissance du IIIème Reich. Quand ils nous quittèrent, ils exprimèrent leurs sentiments dans ces quelques lignes écrites par l’un d’eux sur l’album d’un Espagnol qui s’intéressait à leur sort : « Wie wir ohne Kette geboren sind, so wunschen wir ohne Zwang zu leben. Moge Spanien und sein Volk ewig leben, das wunschen die deutsch Flieger » [Les pilotes allemands souhaitent à l’Espagne et aux Espagnols de pouvoir vivre éternellement sans contrainte, tout comme l’homme naît sans chaînes]. Nous prîmes congé de nos chauffeurs et des policiers qui nous avaient accompagnés jusqu’à l’aérodrome ; je leur avais donné mes modestes bagages et n’avais, pour tout avoir, qu’une petite valise à main et les vêtements qui étaient sur mon dos ; nous nous insérâmes dans l’avion par une trappe, entassés les uns au-dessus des autres ; je grimpai le dernier, devant m’étendre sur la plaque de fer qui obstruait la trappe et que l’on vissa soigneusement.

 

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La petite valise de Maurice Gabolde

 

Les pieds de Madame Laval étaient à la hauteur de mon visage. L’avion fit quelques tours de piste pour prendre son envol presque verticalement, afin d’atteindre immédiatement une grande hauteur. Je discernai, par un orifice de la plaque sur laquelle j’étais couché, les pentes des Alpes le long desquelles nous grimpions par bonds successifs. Puis, on entra dans les nuages ; le froid était intense et l’on évoluait dans une couche ouatée, le tympan assourdi par le vacarme des moteurs. Je revécus mon existence depuis le mois de Mai 1940 ; tout cela me semblait un mauvais cauchemar qui allait s’achever sur la pointe de quelque arête rocheuse. La respiration devenait difficile et les oreilles bourdonnaient désagréablement. Nous étions à plus de 6 000 mètres.

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Un Junker 88, d’un type voisin de celui qui emporta Pierre Laval en Espagne

 

Par moment une éclaircie survenait ; je devinais des sommets dénudés, la tâche bleue d’un lac, celui de Côme peut-être ; l’avion plongeait brusquement dans un trou d’air et se relevait brusquement comme un ascenseur qui démarre. L’avion descendit progressivement après avoir franchi les Alpes franco-italiennes au nord de Nice ; on commença à distinguer des villages, des arbres et de tout petits points noirs qui se déplaçaient sur des routes sinueuses, longs rubans blancs au milieu du vert des prairies et de l’ocre des champs et des terrains incultes ; puis, ce fut la mer que nous abordâmes dans la région de Menton. L’avion reprit de la hauteur pour franchir la côte et piqua droit sur la Corse ; la température était redevenue supportable ; il faisait presque chaud ; quand la terre eut disparu, l’avion descendit jusqu’à raser les flots ; nous devions, me dirent les pilotes, donner l’impression de loin d’un petit navire. Ils changèrent de direction en haute mer et cinglèrent vers l’Ouest. À 11 heures 50, j’aperçus de mon observatoire une côte, des montagnes pelées, puis des maisons et des plages : c’était l’Espagne. 

 

(à suivre… lorsque les « Ecrits d’exil » seront réédités)

 

Pour contribuer à cette réédition, rendez-vous sur :

 

http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/ecrits-d-exil

Disponible

Il ne reste plus que quelques heures.

Aujourd’hui, à 17 heures 43, ce sera fini. Et l’on saura que l’objectif a été atteint. La réédition du livre sera définitivement lancée. Je fournis mon ultime bribe des « Ecrits d’exil ».

 

 ECRITS D’EXIL (Extrait n°23)

 

 

Pour contribuer à la réédition des « Ecrits d’exil », rendez-vous sur :

http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/ecrits-d-exil

 

Ce petit extrait concerne ce moment très particulier où Pierre Laval, son épouse et Maurice Gabolde s’envolèrent d’Italie vers l’Espagne:

 

… Sur le terrain d’aviation, on nous présenta les pilotes, deux têtes blondes imberbes d’adolescents, aux yeux bleus, émergeant du gros tas d’étoffe jaune qui les faisait ressembler à des sacs ambulants. Ils se figèrent dans l’immobilité du garde-à-vous, pendant que le Capitaine Hanger prononçait quelques paroles que j’entendis mal dans le bruit des moteurs ; les deux aviateurs levèrent la main droite et répondirent : « Ich schwore »  [je le jure]. Plus tard, à Montjuich, ils m’expliquèrent qu’ils avaient juré sur leur honneur, en présence du Führer, représenté par leur chef, d’aller jusqu’au sacrifice de leur vie dans la mission qui leur était confiée.

 

C’est un Junker de ce type qui emporta les passagers

 

Ils devaient, jusqu’au 30 Mai 1945, partager notre internement en Espagne ; Gerhardt Bohm et Hellmuth Funk étaient deux spécimens de l’héroïque jeunesse qui, en Europe comme en Amérique du Nord, a servi avec courage, désintéressement et esprit de sacrifice sa patrie ; l’un d’eux avait été abattu deux fois en combat aérien, dont une au-dessus de la Méditerranée et avait flotté pendant plusieurs heures sur l’épave de son appareil ; ils ne savaient plus rien de leurs familles originaires de Stettin et de la Thuringe ; la fiancée de Funk travaillait comme ouvrière d’usine à Salzbourg. Je les vis suivre, les yeux noyés de larmes, la mâchoire serrée, le corps penché vers la radio, le développement de l’effondrement militaire de l’Allemagne, la capitulation des généraux, la reddition sans condition ; ils ne parvenaient pas à réaliser un tel cataclysme si contraire à l’idée qu’ils s’étaient faite de la puissance du IIIème Reich. Quand ils nous quittèrent, ils exprimèrent leurs sentiments dans ces quelques lignes écrites par l’un d’eux sur l’album d’un Espagnol qui s’intéressait à leur sort : « Wie wir ohne Kette geboren sind, so wunschen wir ohne Zwang zu leben. Moge Spanien und sein Volk ewig leben, das wunschen die deutsch Flieger » [Les pilotes allemands souhaitent à l’Espagne et aux Espagnols de pouvoir vivre éternellement sans contrainte, tout comme l’homme naît sans chaînes]. Nous prîmes congé de nos chauffeurs et des policiers qui nous avaient accompagnés jusqu’à l’aérodrome ; je leur avais donné mes modestes bagages et n’avais, pour tout avoir, qu’une petite valise à main et les vêtements qui étaient sur mon dos ; nous nous insérâmes dans l’avion par une trappe, entassés les uns au-dessus des autres ; je grimpai le dernier, devant m’étendre sur la plaque de fer qui obstruait la trappe et que l’on vissa soigneusement.

 

La petite valise de Maurice Gabolde

 

Les pieds de Madame Laval étaient à la hauteur de mon visage. L’avion fit quelques tours de piste pour prendre son envol presque verticalement, afin d’atteindre immédiatement une grande hauteur. Je discernai, par un orifice de la plaque sur laquelle j’étais couché, les pentes des Alpes le long desquelles nous grimpions par bonds successifs. Puis, on entra dans les nuages ; le froid était intense et l’on évoluait dans une couche ouatée, le tympan assourdi par le vacarme des moteurs. Je revécus mon existence depuis le mois de Mai 1940 ; tout cela me semblait un mauvais cauchemar qui allait s’achever sur la pointe de quelque arête rocheuse. La respiration devenait difficile et les oreilles bourdonnaient désagréablement. Nous étions à plus de 6 000 mètres.

 

Un Junker 88, d’un type voisin de celui qui emporta Pierre Laval en Espagne

 

Par moment une éclaircie survenait ; je devinais des sommets dénudés, la tâche bleue d’un lac, celui de Côme peut-être ; l’avion plongeait brusquement dans un trou d’air et se relevait brusquement comme un ascenseur qui démarre. L’avion descendit progressivement après avoir franchi les Alpes franco-italiennes au nord de Nice ; on commença à distinguer des villages, des arbres et de tout petits points noirs qui se déplaçaient sur des routes sinueuses, longs rubans blancs au milieu du vert des prairies et de l’ocre des champs et des terrains incultes ; puis, ce fut la mer que nous abordâmes dans la région de Menton. L’avion reprit de la hauteur pour franchir la côte et piqua droit sur la Corse ; la température était redevenue supportable ; il faisait presque chaud ; quand la terre eut disparu, l’avion descendit jusqu’à raser les flots ; nous devions, me dirent les pilotes, donner l’impression de loin d’un petit navire. Ils changèrent de direction en haute mer et cinglèrent vers l’Ouest. À 11 heures 50, j’aperçus de mon observatoire une côte, des montagnes pelées, puis des maisons et des plages : c’était l’Espagne. 

 

(à suivre… lorsque les « Ecrits d’exil » seront réédités)

 

Pour contribuer à cette réédition, rendez-vous sur :

 

http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/ecrits-d-exil

Disponible

L'objectif vient d'être atteint avec l'élargissement de la Super-Dream-Team à Rémimi. Ceux qui connaissent reconnaitront.

J'espérais bien que nous y arriverions, mais maintenant c'est sûr et cela fait vraiment plaisir.

Plusieurs raisons à cela. 

La première, c'est que tant que l'objectif n'était pas atteint, il pouvait ne jamais l'être.

La seconde, c'est qu'un projet participatif repose sur la notion de participation, de démarche commune, de solidarité, un concept dont il fait plaisir de voir qu'il existe encore.

 

Merci à vous tous donc

et -qui sait?- à ceux qui nous rejoindront encore.

Emmanuel

 

Disponible

Il ne reste plus qu’un jour.

Demain, à 17 heures, ce sera fini. Et l’on saura si l’objectif a été atteint. J’espère que la réédition du livre sera enfin lancée. Je fournis mes pénultièmes bribes des « Ecrits d’exil ».

 

 ECRITS D’EXIL (Extrait n°22)

 

 

Pour contribuer à la réédition des « Ecrits d’exil », rendez-vous sur :

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Ce petit extrait concerne un des derniers instants dramatiques du séjour forcé en Allemagne du Président Laval:

 

… La perspective du réduit se précisait. Je savais par Soualle (neveu de Guérard) que l’on avait déjà transporté à Kitzbühl la mission Scapini et que l’ancien Gouvernement du Régent Horthy y avait été replié. On nous conduisait sans doute rejoindre toutes ces épaves.

C’est alors que Madame Laval, caractère fier et indépendant, dont les sentiments anti-Allemands étaient notoires mais que sa profonde affection pour son mari avait jusque-là condamnée au mutisme, explosa. J’assistai à une scène vraiment dramatique ; elle donnait libre cours à sa rancœur et à son indignation ; le diplomate allemand écoutait, la mine ahurie, cette philippique véhémente. Le Président, excédé par les procédés dont il avait été l’objet à Sigmaringen, ne tarda pas à faire chorus ; toutes les amertumes de l’exil, l’incompréhension des dirigeants de la politique allemande à Paris, à Vichy et à Belfort, les désillusions et les amertumes de trois ans de gouvernement sous une occupation étrangère, tout cela montait de son cœur à ses lèvres, dans ce cadre de désolation et de misère, sous la pluie qui ruisselait sur les vitres, dans la pénombre de la nuit tombante. Terrifié, l’envoyé du Ministre Reinebeck se retira confus et désorienté. Je sus depuis que Salza avait refusé de se charger de cette mission qui venait de se terminer par un tel éclat.

Le Président et sa femme décidèrent qu’ils resteraient dans leur auto, défendirent à Boudot de la mettre en marche et envisagèrent de crever les pneus.

Nous dûmes à cette énergie de la dernière heure de ne pas aller dans le réduit tyrolien. Vaincu par cette résistance, désireux d’éviter un scandale, sans ordres du Ministère des Affaires Étrangères avec lequel aucun contact n’était plus possible, l’ambassadeur Reinebeck céda et cessa de s’intéresser à notre sort ; le Président irait où bon lui semblerait ; il n’avait qu’à donner ses ordres aux policiers qui passaient sous son autorité. Kaiser et son camarade paraissaient enchantés de cette solution, car le réduit tyrolien ne leur inspirait pas confiance.

On offrit à Madame Laval une chambre pour s’y reposer ; elle refusa et passa, avec son mari, la nuit dans l’auto sur la place de Wangen.….

 

(à suivre… lorsque les « Ecrits d’exil » seront réédités)

 

Pour contribuer à cette réédition, rendez-vous sur :

 

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Il ne reste plus que deux jours.

Le terme de la campagne approche. Plus que deux jours. L’objectif sera atteint. Je suivrai les conseils de mes experts et, de plus, mes plus fervents soutiens ont fait des gestes significatifs qui me permettent d’envisager l’avenir avec sérénité. Après le Général, le petit Pierre et maintenant mon bon ami François ont apporté les petites rallonges qui permettent de tutoyer les bons jambons et friandises qui pendent en haut du mât de cocagne. La réédition du livre devient quasi certaine. Je fournis d’antépénultièmes bribes des « Ecrits d’exil ».

 

 ECRITS D’EXIL (Extrait n°21)

 

 

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Ce petit extrait concerne un aspect des conditions de vie des membres « Schlafende » de l’ancien gouvernement de Vichy déplacés par les Allemands du château de Sigmaringen vers celui de Wilflingen (« D’un château l’autre », comme l’écrivit Louis Ferdinand Céline):

 

… Le Baron nous avait accueillis de la façon la plus courtoise, mais avec une certaine réserve dont il se départit quand un courant de sympathie se manifesta entre notre groupe et sa nombreuse famille. Nous étions les troisièmes occupants qu’il devait héberger depuis quelques mois ; il avait d’abord reçu les princes de Hohenzollern après les évènements de la défection de la Roumanie, puis une formation de la Milice française, enfin nous. Lui-même faisait l’objet d’une surveillance à raison de ses liens de parenté qui l’unissaient au Colonel de Stauffenberg, cet officier mutilé qui avait fait exploser une bombe dans le cabinet d’Hitler, au Quartier Général ; son père, dont il conservait les traditions et les sentiments, avait été un des leaders du parti catholique ; lui-même était profondément monarchiste et s’était tenu à l’écart de la politique depuis l’avènement du nazisme ; grand blessé de guerre, il marchait difficilement, appuyé sur une canne et vivait en gentilhomme campagnard, dirigeant une vaste exploitation agricole, la plus importante de la région. Il avait une nombreuse famille dont les membres étaient venus se réfugier à Wilflingen quand Stuttgart et les autres grandes villes du Sud avaient été soumises à l’épreuve de la destruction ; tout ce monde vivait dans la maison de son intendant, en face du château, et toutes les générations de Stauffenberg et de Metzingen étaient représentées. 

Il restait, pour la population rurale, catholique pratiquante et traditionaliste, le chef et le maître respecté et vénéré ; il n’y avait à Wilflingen et aux environs que trois personnes qui comptaient : le Baron, le curé et l’ancien bourgmestre remplacé par un nazi auquel on ne concédait aucune importance ; les paysans souriaient malicieusement quand ils voyaient leur nouveau bourgmestre et son frère (les deux seuls membres du parti à Wilflingen) peindre, sur les portes des granges, les W barrés des « Wehrwölfe ». Le Baron, qui parlait un français très pur et aimait venir bavarder avec moi à la bibliothèque, était inépuisable quand il évoquait les souvenirs de ses ancêtres, de sa jeunesse, d’une Allemagne que j’avais connue et d’une Europe en train de disparaître ; sa culture était vaste, son esprit judicieux et il avait une vue prophétique des évènements futurs qui diviseraient les vainqueurs, impuissants à combler le vide créé par la disparition du centre de gravité du vieux continent. 

Il me pria d’occuper mes instants de loisir à perfectionner dans la langue française un de ses petite fils, Peter von Metzingen, jeune homme de 17 ans qui devint rapidement un compagnon de promenade fort agréable ; il était ouvert, intelligent, sportif, d’une juvénile fraîcheur de sentiments et d’esprit curieux ; il allait être mobilisé et il aurait, sans doute courageusement servi sa patrie dont les dirigeants se montraient singulièrement ingrats vis-à-vis de sa famille qui avait contribué à sa grandeur passée. Le désastre d’Avril 1945 a préservé son adolescence prometteuse. 

Peter von Metzingen, qui servait de commissionnaire, se rendait souvent à bicyclette dans le village voisin d’Herrlingen où ses parents avaient un domaine ; le Maréchal Rommel s’était retiré à Herrlingen depuis l’accident d’automobile survenu en France, près de Livarot, qui l’avait privé de son commandement. Participa-t-il au complot dont Stauffenberg fut le principal acteur ? On commençait à murmurer, avec beaucoup de circonspection, que la version officielle de sa mort, ne correspondait pas à la réalité ….

 

(à suivre… si et lorsque les « Ecrits d’exil seront réédités)

 

Pour contribuer à cette réédition, rendez-vous sur :

 

http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/ecrits-d-exil

Disponible

Il ne reste plus que 3 jours.

Le terme de la campagne approche. Plus que 3 jours. Tant que l’objectif n’est pas atteint, il n’est pas atteint, mais il vient de se rapprocher sensiblement grâce au Général qui vient de rejoindre la Super-Dream-Team. La réédition du livre devient de plus en plus probable. Difficile de progresser.  Je fournis de nouvelles bribes des « Ecrits d’exil ».

 

ECRITS D’EXIL (Extrait n°20)

 

 

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Ce petit extrait concerne un aspect des conditions de vie des membres de l’ancien gouvernement de Vichy emmenés par les Allemands à Sigmaringen:

 

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…Notre petit groupe de « Schlafende » comprenait, en outre du Président et de Madame Laval qui vivaient à part et très retirés, Bichelonne (qui nous quitta en Novembre pour subir une opération chirurgicale dans la clinique du Docteur Gebhardt), Rochat, Marion, Mathé, Paul Néraud et Guérard, quand il passa en Allemagne. 

Nous prenions nos repas ensemble et nous retrouvions l’après-midi pour de longues parties de bridge, quand le temps était mauvais. 

Abel Bonnard et son frère venaient assez souvent partager notre repas, principalement lorsque « le Maître » invitait quelque ami de passage à dîner. Nous assistions alors à un vrai feu d’artifice d’esprit et n’avions que l’agréable occupation d’écouter. 

Marion, quand il était en verve nous lardait des pointes de ses paradoxes. Mathé était intarissable en histoires de chasse ou faisait un cours d’agriculture pratique ; sa conversation était celle qui délassait le plus le Président Laval qui venait régulièrement tous les matins assister à notre petit déjeuner et entamait avec ce « rural intégral » de grandes discussions sur la vie des champs, les animaux, les cultures, etc. 

Abel Bonnard avait, du reste, coutume de dire que nous traitions les sujets à fond ; il me souvient d’un débat sur les « concierges » dans le temps et dans l’espace qui dura tout un repas. Mais invinciblement nos pensées nous ramenaient à notre pays, à son avenir et nous cherchions aussi à percer l’énigme de notre destin quand toute l’Allemagne serait conquise par les Alliés ; aucun de nous ne participait à l’illusion des « armes secrètes » que Boemelburg avait infusée dans l’esprit du Président. Marion, fort taquin, cherchait à assombrir Guérard et Mathé qui étaient les plus impressionnables ; il peignait les supplices raffinés qui nous seraient infligés par les Gaullistes et les communistes et il fallait une cascade de ramis (jeu favori de Mathé) pour remettre ce brave homme d’aplomb. Les fantaisies les plus extravagantes sortaient de l’imagination de l’ancien Ministre de l’Information ; il prévoyait la conduite que chacun de nous tiendrait, soit noyé dans la foule des travailleurs étrangers, soit menant, dans les forêts de la Germanie, la vie de l’homme des cavernes ; il voyait l’un de nous moine dans un couvent d’Italie et un autre reçu par Staline. ….

 

(à suivre… si et lorsque les « Ecrits d’exil seront réédités)

 

Pour contribuer à cette réédition, rendez-vous sur :

 

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Il ne reste plus que 4 jours.

Notre objectif devient difficile à atteindre ? Tant qu’il n’est pas atteint, il n’est pas atteint. La réédition du livre reste toujours à portée de main, mais le mât de cocagne devient très glissant. Difficile de progresser.  Je fournis de nouvelles bribes des « Ecrits d’exil ».

 

ECRITS D’EXIL (Extrait n°19)

 

 

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Ce petit extrait concerne les conditions dans lesquels, à la fin de l’été 1944, le gouvernement allemand installa les membres de l’ancien gouvernement de Vichy à Sigmaringen:

 

…  Le Château de Sigmaringen dresse sa silhouette au sommet d’un rocher autour duquel se déroule une boucle du Danube. La petite ville est blottie à ses pieds ; c’est une cité régulière, aux maisons propres avec leurs façades peintes et leurs vieilles enseignes ; elle est entourée d’un cercle de hauteurs boisées, réserves de chasse et but de promenades ; aux premières heures de la matinée, on aperçoit dans le lointain les sommets des Alpes du Voralberg qui n’allaient pas tarder à se couvrir de neige. Le climat est sain, froid comme sur tout le plateau du « Rauhealp ». 

Le château a plus d’allure vu de loin que de près. C’est en réalité une vaste construction moderne dans un style que n’aurait pas désavoué Viollet le Duc ; trois corps de bâtiment hétéroclites, édifiés sur les fondements du vieux nid d’aigle des premiers Hohenzollern, sont soudés les uns aux autres (« Josefbau », « Leopoldbau » et « Wilhelmsbau », du nom des princes qui les édifièrent) par des galeries, des terrasses et des passages souterrains. Les appartements occupent la partie haute ; la partie basse est une succession de pièces obscures et humides. L’entrée principale, sur le flanc Ouest, conduit par un plan incliné à la cour principale ; deux escaliers interminables permettent également d’accéder à cette cour qui est le nombril du château. En fait, on utilisait surtout l’ascenseur installé dans une tour accolée à la face du Sud qui permet d’atteindre l’étage le plus élevé. Nous fûmes répartis, par le ménage Hoffmann, de la façon suivante. Le Maréchal et son entourage (Général Debeney, Ménétrel, Amiral Bléhaut) occupèrent les appartements du dernier étage ; c’était le plus confortable et le plus facilement chauffable ; la colonie française éparpillée dans la ville le surnomma, avec une respectueuse ironie : « L’Olympe ». Le Président Laval et les Ministres en sommeil (Bichelonne, Bonnard, Gabolde, Mathé, Marion, Rochat) furent logés à l’étage immédiatement inférieur. C’était une succession de vastes et luxueux appartements ; ils avaient été habités jadis par le Prince Karl Anton, arrière-grand-père du Prince actuel et étaient décorés dans le style du second Empire, avec un goût ostentatoire. La plupart des pièces ouvraient par de larges portes-fenêtres sur les terrasses à l’italienne qui étreignent la façade méridionale du château. La partie occupée par le Président et Madame Laval était reliée à la portion du Josefbau qui nous était attribuée par une vaste salle à manger, décor casino de ville d’eau, et une salle garnie de tous les portraits des princes de Hohenzollern depuis les chasseurs vêtus de peau de bête jusqu’au Prince Wilhelm en grand uniforme de Général. Bichelonne, puis Guérard, logèrent dans deux vastes pièces (Rahenzimmer) ayant vue sur le Danube et le faubourg de la Leopoldstrasse, Marion et Mathé dans des chambres plus modestes. Pour ma part, j’eus un appartement froid, mais fort bien éclairé, ouvrant sur une terrasse d’où la vue embrassait l’enfilade de la vallée. Le salon était décoré de boiseries en marqueterie finement exécutées (BadischeSalon) ; la chambre avait un lit monumental d’un gothique douteux. Cet appartement avait été celui du frère jumeau du Prince, avant qu’ils aient été expulsés de leur château. 

À l’extrémité du Josefbau, Abel Bonnard s’était vu attribuer une pièce en pur style rococo dans une tour octogonale ; il ne l’occupa que fort peu de temps, ayant préféré retrouver sa mère et son frère qui avaient reçu l’hospitalité chez le Landrath. 

M. de Brinon et ses secrétaires vécurent à l’étage situé au-dessous du nôtre, dans le Josefbau. Le Président de la Commission veillait à ce que nul d’entre nous n’empiétât sur le domaine qui lui était réservé ….

 

(à suivre… si et lorsque les « Ecrits d’exil seront réédités)

 

Pour contribuer à cette réédition, rendez-vous sur :

 

http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/ecrits-d-exil

Disponible

Il ne reste plus que 6 jours.

Notre objectif ne s’éloignerait-il pas ? Tant qu’il n’est pas atteint, il n’est pas atteint. La réédition du livre reste toujours à portée de main, un peu comme les friandises en haut du mât de cocagne, mais celui-ci devient très glissant. Difficile de progresser.  Je fournis de nouvelles bribes des « Ecrits d’exil ».

 

ECRITS D’EXIL (Extrait n°18)

 

 

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Ce petit extrait concerne les conditions dans lesquels, en août 1944, le gouvernement allemand emmena le gouvernement de Vichy vers Belfort, en passant par Nancy où le convoi fit halte :

 

…  Fribourg n’avait pas encore été sérieusement bombardé ; de temps à autre des avions isolés mitraillaient avec de petits obus la gare, la grand’rue et la place de la cathédrale. Mais les alertes étaient très fréquentes ; la population, craintive et disciplinée, gagnait les abris souterrains creusés sous le « Schlossberg » ; ils étaient profonds et sûrs, éclairés à l’électricité, pourvus de bancs, de water-closets, de postes de secours. Je fis ainsi connaissance avec la vie de troglodyte que l’on menait dans toutes les villes importantes ; je remarquai la solidarité dont tout le monde témoignait ; on aidait les vieux et les femmes à porter les valises, à ranger dans les abris les innombrables voitures d’enfant qui servaient au transport des bagages. La foule était un ramassis de gens de tous les pays occupés par l’Allemagne, qui travaillaient dans les usines, dans les magasins et chez les particuliers ; on parlait toutes les langues ; il y avait des hommes et des femmes de France, de Belgique, de Hollande, d’Italie et surtout de Pologne et de Tchécoslovaquie. Des conciliabules s’établissaient en trois ou quatre idiomes différents ; ceux qui connaissaient l’allemand traduisaient les renseignements donnés par les haut-parleurs sur la marche des avions de bombardement et les gestes substituaient souvent les paroles. Le hasard me plaça, au cours d’une longue alerte, auprès d’un groupe de trois jeunes filles polonaises de la bonne société qui étaient serveuses dans une brasserie ; elles parlaient le français et l’allemand et me donnèrent sur l’occupation de leur pays des renseignements fort intéressants : la Pologne avait été traitée avec une dureté que la France n’avait heureusement pas connue, notamment en ce qui concernait la réquisition de la main d’œuvre. 

Quand les travailleurs français apprirent que le Maréchal et le Président Laval se trouvaient à Fribourg, ils prirent l’habitude de se grouper devant notre hôtel, épiant nos sorties et nous adressant toutes sortes de questions. Leur curiosité était amicale ; il n’y avait, dans leur attitude, ni haine ni mépris ….

 

(à suivre… si et lorsque les « Ecrits d’exil seront réédités)

 

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Disponible

13 Jan

J-7

Il ne reste plus que 7 jours.

Notre objectif semble toujours accessible, mais tant qu’il n’est pas atteint, il n’est pas atteint. La réédition du livre reste à portée de main, un peu comme les friandises en haut du mât de cocagne. Je fournis de nouvelles bribes des « Ecrits d’exil ».

 

ECRITS D’EXIL (Extrait n°17)

 

 

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Ce petit extrait concerne les conditions dans lesquels, en août 1944, le gouvernement allemand emmena le gouvernement de Vichy vers Belfort, en passant par Nancy où le convoi fit halte :

 

…  nous conduisit à Nancy où, sans avoir attiré l’attention, les voitures se garèrent dans la cour de la Préfecture. La nouvelle de notre arrivée se répandit dans la matinée et la foule commença à stationner devant l’édifice ; elle manifestait une curiosité silencieuse ; je reconnus parmi les curieux le Premier Président Joly, ce qui me permit de faire aviser de mon passage mon ami le Procureur général Guétat avec qui j’eus un entretien dans un café de la Place Stanislas ; il se chargea de faire parvenir de mes nouvelles à ma famille. 

Le Préfet Jean Faure, pris au dépourvu, s’excusa de ne pouvoir nous retenir à déjeuner avec le Président et Madame Laval, mais nous demanda de venir prendre le café avant notre départ. Notre petite troupe (Bichelonne, Marion, Mathé et moi) dîna dans un restaurant voisin de la Préfecture. Nous rejoignîmes ensuite le préfet et ses hôtes dans son cabinet. Nous étions arrivés depuis quelques instants, quand la porte s’ouvrit et, sans qu’il eût été annoncé, j’eus la surprise de voir entrer le Président Herriot. Je ne m’étais pas rencontré avec lui depuis l’époque où j’exerçais mes fonctions à Lyon ; il m’avait alors toujours reçu avec affabilité dans son cabinet ou à son domicile des quais du Rhône ; j’avais pour lui du respect et de la reconnaissance ; je le trouvai physiquement très changé, très amaigri, flottant dans des vêtements trop larges ; mais intellectuellement, il était le même avec une pointe d’agitation et de nervosité, bien explicable dans la situation où il se trouvait. Il conversa d’une façon très cordiale avec le Président Laval, s’exprimant avec bonne humeur et philosophie ; il ne donnait nullement l’impression d’avoir été contraint à se rendre à Paris, manifestait son amitié pour le Président et désirait uniquement, pour l’instant, pouvoir retourner à Maréville où il avait ses habitudes et où le personnel lui témoignait de l’intérêt. Je pus, en assistant à la conversation des deux Présidents, voir plus clair sur les événements des jours précédents qui avaient été jusque-là un peu obscurs dans mon esprit….

 

(à suivre… si et lorsque les « Ecrits d’exil seront réédités)

 

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Disponible

Il ne reste plus que 8 jours. J’ai toujours l’espoir de voir la campagne atteindre son objectif, car la Dream-Team s’est muée en Super-Dream-Team, avec l’arrivée de Cécile de Savoie et de Simon du Parisis. Jacques de Montpelier s’est proposé pour apporter son support par d’autres voies, rebuté qu’il a été par la complexité de la plate-forme KKBB.

Notre objectif semble plus que jamais accessible. La réédition de l’écrit du fort de Montjuich est à portée de main. J’en fournis encore quelques bribes.

 

ECRITS D’EXIL (Extrait n°16)

 

 

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Ce petit extrait concerne les dernières heures du gouvernement de Vichy, lorsque, devant l’arrivée des troupes alliées, les Allemands décidèrent de quitter Paris et d’emmener avec eux les membres dudit gouvernement :

 

… Je ne connus l’ultimatum du Gouvernement allemand que le 17 dans l’après-midi. J’avais, toute la journée du 16, été retenu à mon cabinet par des visiteurs et par l’obligation de prendre des mesures pour assurer la continuité du fonctionnement de la Justice ou régler le sort de services comme celui des Sociétés secrètes dont les fonctionnaires réclamaient le paiement anticipé de leur traitement. Je n’avais pas eu le temps de me rendre à Matignon et pensais que le plan du Président Laval suivait son cours.

Un coup de téléphone de Guérard, Secrétaire général de la Présidence, me convoqua, vers 17 heures, à un Conseil des Ministres, fort important, me dit-il, qui allait se tenir immédiatement. Je partis aussitôt pour Matignon, accompagné de mon Secrétaire général Dayras.

À peine arrivé, je fus introduit dans la salle du Conseil où se trouvaient Bichelonne, Abel Bonnard, le Docteur Grasset, Marion et Mathé. Les deux ministres militaires (Général Bridoux et Amiral Bléhaut), ainsi que le Secrétaire général Rochat des Affaires Étrangères étaient à Vichy avec le Maréchal. J’appris que MM. Déat et de Brinon étaient partis pour Nancy et que Darnand était retenu, hors de Paris, par ses obligations miliciennes. Mon ami Cathala était absent ; informé, depuis la veille, de la tournure des événements, il avait disparu pour éviter d’être conduit de force vers une destination inconnue. Au cours du Conseil, un billet remis au Président Laval, nous apprit que M. Chasseigne avait lui aussi pris la décision de se cacher.

Le Président nous exposa que le Gouvernement allemand imposait notre départ immédiat pour Belfort […

 

…] Bichelonne, Mathé, le Docteur Grasset et moi, qui étions aussi surpris qu’indignés par la révélation qui nous était faite, déclarâmes que nous nous opposions de la façon la plus formelle au transfert à Belfort du siège du Gouvernement ; Marion et Abel Bonnard étaient plus hésitants, mais se rallièrent à notre opinion.

Le Président [Laval] nous dit alors qu’il partageait entièrement notre sentiment et que, certain de notre approbation, il avait déjà préparé les termes de la réponse qu’il se proposait de faire à une lettre officielle de l’ambassadeur Abetz qu’il avait reçue dans le courant de la journée….

 

(à suivre… si et lorsque les « Ecrits d’exil seront réédités)

 

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Il ne reste plus que 9 jours. J’ai toujours l’espoir de voir la campagne atteindre son objectif. Plusieurs personnes me disent vouloir contribuer, mais ne pas arriver à le faire à cause de la complexité de la création d’un compte KKBB. Je me suis penché sur la question et ai préparé un vade-mecum torquemadesque.

 

http://gabolem.tumblr.com/post/137081082104/ecrits-dexil-processus-de-contribution-à-mon

 

Mon objectif est plus que jamais de permettre la réédition de cet ouvrage écrit au fort de Montjuich. J’en fournis encore quelques bribes.

 

ECRITS D’EXIL (Extrait n°15)

 

 

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Ce petit extrait figure en introduction à un passage du livre où Maurice Gabolde évoque ce que fut la Synarchique (une société « discrète » réunissant de hauts technocrates, pour beaucoup polytechniciens, ayant une conception commune de la Société, fondée sur la primauté des élites techniques). A titre de réflexion personnelle, je me demande si cette Synerchie n’a pas perduré et continué à étendre ses ramifications sous d’autres formes à l’aube du XXIème siècle. :

 

…je n’avais jamais entendu parler de la Synarchie avant l’occupation quand j’exerçais mes fonctions au Parquet de la Seine ; l’Amiral Bard (autant qu’il m’en souvienne), alors préfet de police, me communiqua un livre, dit Livre d’or, pièce paraît-il rarissime, saisie dans une perquisition et qui exposait la doctrine de la Synarchie. C’était un superbe volume numéroté ; à la première page se trouvait une déclaration du genre de celles qu’on pouvait lire dans les documents maçonniques, menaçant des pires châtiments ceux qui divulgueraient les secrets contenus dans l’ouvrage ; cela me parut enfantin, d’autant plus que les autres pages étaient écrites en un style de mathématicien transcendantal, hérissé de formules algébriques ; c’était une sorte d’organisation théorique d’un État idéal, avec des échelons, des ramifications, des correspondances conçues dans un sens hiérarchique pour utiliser au mieux les élites techniques et les faire participer à la direction des affaires. Je rendis le livre auquel je n’avais, à ma honte, pas compris grand chose.

Le Maréchal et Laval en savaient moins encore que moi sur la Synarchie. Quand j’eus pris contact avec le Service des Sociétés secrètes dont le Président [Laval] m’avait confié la direction, je fis quelques progrès, car ce Service avait une documentation, d’ailleurs restreinte, sur le mouvement synarchique. Elle avait été conçue par un rêveur doublé d’un mathématicien, Jean Coutrot, qui, pendant l’occupation, se suicida en se jetant par une fenêtre de son appartement à la suite, dirent les uns, d’une maladie incurable, acculé à ce geste, dirent d’autres, par des vengeances synarchiques. Le procès-verbal de police, classé aux archives du Parquet, n’apportait pas d’éclaircissement à cet égard. Il avait été un protégé du Ministre Spinasse, avant la guerre, qui l’avait introduit dans des services dépendant de son Département, le Centre d’organisation scientifique du travail. 

La Synarchie, en effet, était antérieure à l’occupation. Elle avait créé quelques organes de pénétration dans des milieux très différents, Coloniaux (Mouvement synarchique d’empire), Action Française et Cagoule (Convention synarchique révolutionnaire), la Maçonnerie, le Deuxième Bureau, qui proposa Coutrot pour la Légion d’honneur, les Catholiques par le Père Teilhard de Chardin, la Finance internationale et juive (Oppenheim, Hijmans, la Banque Worms, le trust de la Royal Dutch et peut-être aussi les Rothschild). 

La Synarchie se fortifia, après 1936 ; apparurent alors le « Centre polytechnicien d’études économiques » qui étudiait les nouvelles bases pour la planification d’une économie nationale et qui eut un certain succès dans les milieux très solidaires des anciens élèves de l’X , les « Journées d’études des administrations publiques » , le « Centre d’étude des problèmes humains », un « Institut de Psychologie appliquée » et jusqu’à un Groupe non conformiste qui « rassemblerait les intellectuels d’avant-garde rebelles aux routines décadentes ». Mais le seul de ces organismes qui eut une vie officielle fut le « Centre d’organisation scientifique du travail », ouvert par M. Spinasse dans ses Services et confié à Coutrot lui-même. On citait comme adhérents ou sympathisants, à cette époque du mouvement synarchique, des personnalités comme Alexis Carrel, Huxley, écrivain anglais, et Georges Guillaume, économiste helvétique. 

La Synarchie fut épargnée dans la constitution de la liste des Sociétés secrètes proscrites par le Gouvernement de l’État français, en 1940. Oubli ou faveur ? Comme le mouvement n’était pas illégal et que ceux qui étaient qualifiés ou soupçonnés de Synarques occupaient de hautes fonctions dans le Gouvernement, il m’est impossible de dire si ces bruits étaient ou non fondés ; il n’y eut ni perquisitions ni interrogatoires et la preuve de l’affiliation ne fut pas démontrée. Aussi les noms que je vais écrire le sont sous toutes réserves. Auraient appartenu à la Synarchie,.…(une longue liste de noms, célèbres à l’époque…..)

 

(à suivre… si et lorsque les « Ecrits d’exil seront réédités)

 

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La campagne d’appel aux coups de pouce tire à sa fin. Il ne reste plus que 10 jours. J’ai toujours l’espoir de voir la campagne atteindre son objectif et permettre la réédition de cet ouvrage écrit d’Espagne. J’en fournis encore quelques bribes.

 

ECRITS D’EXIL (Extrait n°14)

 

 

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Ce petit extrait figure en introduction à un passage du livre où Maurice Gabolde évoque ce qu’il sut des interventions de Pierre Laval pour favoriser une évacuation de Paris par les Allemands sans combat et pour tenter une transition institutionnelle et politique avec une nouvelle Assemblée nationale :

 

…Le Président Laval vint à Paris dans les premiers jours d’Août 1944 ; il allait s’efforcer d’y réaliser deux opérations, d’une part l’évacuation de Paris par les Allemands sans combat et la reconnaissance de la capitale comme ville ouverte et la remise, dans la légalité et l’ordre, des pouvoirs confiés par l’Assemblée nationale au Maréchal, en 1940, à une nouvelle Assemblée nationale qui prendrait en charge la destinée du pays et celle de la République. 

Le Président Laval était peu expansif quand il ne s’agissait pas pour lui de convaincre son interlocuteur ; dans les entretiens que j’eus, seul à seul, avec lui, à cette époque, il ne me donna que de brèves indications, chuchotées à demi-mot sur la seconde opération qui devait être entourée du plus grand secret ; il m’avait, du reste, recommandé une absolue discrétion à cet égard. Officiellement, il ne traitait que la première dont la divulgation calmait les angoisses des Parisiens qui voyaient la bataille se rapprocher de la banlieue Ouest de leur ville. On entendait le bruit du canon et l’on savait par les automobilistes qui circulaient dans la région que les Américains avaient atteint la forêt de Rambouillet. 

C’est donc, à l’aide de confidences et de renseignements obtenus postérieurement à ces événements, au cours d’entretiens avec le Président en Allemagne et au fort de Montjuich, que je vais évoquer la tentative avortée de l’opération conçue par le Président Laval et cautionnée par le Président Herriot.…

 

(à suivre… si et lorsque les « Ecrits d’exil seront réédités)

 

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ECRITS D’EXIL (Extrait n°13)

 

 

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Ce petit extrait figure dans un passage du livre où Maurice Gabolde évoque un peu plus en long ce qu’il sait des assassinats de Maurice Sarraut, Georges Mandel et Philippe Henriot :

 

Les assassinats de Maurice Sarraut et de Mandel furent l’œuvre de la Milice ; celui de Philippe Henriot fut à l’actif de la Résistance.

Ces trois hommes, également honnêtes et patriotes, furent les victimes d’idéologies exacerbées, de manœuvres louches de désunion qui méritent une égale réprobation.

L’attentat contre Maurice Sarraut se produisit alors que Bousquet exerçait ses fonctions de Secrétaire général à la Police. Ce jeune fonctionnaire, parvenu au sommet de son administration, avait été un client, au sens romain du mot, de la famille Sarraut. Le patriarche de la démocratie du Midi, bien qu’il se fut abstenu de tout geste d’adhésion ostentatoire au Gouvernement du Maréchal, avait, notamment par l’intermédiaire de Bousquet, conservé le contact avec le Président Laval ; il approuvait son action et sa politique et le soutenait moralement dans une région où il avait une grosse influence. Son assassinat atteignait donc indirectement le chef du Gouvernement, démontrait l’impuissance de la police de Bousquet dont la Milice poursuivait l’éviction. Le crime avait un côté machiavélique que Laval me révéla dès que la Justice fut saisie de l’affaire. Ce n’était pas une vengeance privée ; Maurice Sarraut n’avait pas d’ennemis personnels, ni une aventure d’ordre sentimental que la régularité de son existence familiale rendait impossible. Le coup ne pouvait venir que de la Résistance ou de la Milice ; Maurice Sarraut avait été abattu, vers 8 heures du soir, à coups de mitraillette, alors qu’il regagnait dans son auto, la villa qu’il habitait dans un faubourg de Toulouse. Le meurtrier, dissimulé dans les fourrés de l’entrée du jardin, avait fui sans être inquiété à la faveur de la nuit et de l’affolement du chauffeur. La police toulousaine, dévouée à la famille Sarraut, fit diligence et ne se trompa pas ; elle s’orienta vers la Milice et procéda à l’arrestation de 4 ou 5 miliciens ; leurs aveux ne permettaient pas de les considérer comme des complices, mais plutôt comme des indicateurs involontaires ; ils avaient fourni à un inconnu, venu de Paris et recommandé par un groupement partisan, des indications sur les habitudes de l’ancien sénateur, son genre de vie et ses heures de présence à son bureau de la « Dépêche » ; aucun autre témoignage ne venait mettre en doute la véracité de leurs explications. Le juge d’instruction estima néanmoins nécessaire de les placer sous mandat de dépôt. Le Procureur général, à qui j’avais recommandé par écrit et téléphoniquement de diligenter avec le plus grand soin et la plus grande célérité cette affaire, approuva le juge d’instruction. Je fis donc savoir par ma Direction criminelle que la mesure prise avait tout mon agrément.

Mais il était difficile de maintenir longtemps en détention des inculpés dont on ne pouvait dire qu’ils avaient sciemment fourni des renseignements utilisés par l’assassin resté introuvable. La complicité par instructions données n’existe que si l’on prouve la connaissance de l’utilisation criminelle qui sera faite des instructions et, en forçant la note, des renseignements. Les juristes de la Milice savaient ces choses ; je subissais les visites et les interventions téléphoniques de collaborateurs de Darnand, comme le jeune Gallet, et celles de Darnand, quand j’allais à Vichy le Samedi de chaque semaine. Le Président était l’objet des mêmes démarches. Je ne voulais rien entendre (et Laval observait la même attitude), tant que les magistrats, responsables de la conduite de la procédure, ne proposeraient pas d’eux-mêmes une libération compatible avec la découverte du coupable. Ces miliciens ne quittèrent la maison d’arrêt qu’après que le juge d’instruction et le Parquet, agissant en toute indépendance, en eurent décidé ainsi. Le dossier de l’affaire conservé aux archives de la Chancellerie peut faire foi de cette affirmation.

J’ai appris, à Sigmaringen, par une voie indirecte, que la formation pour le compte de laquelle avait agi le meurtrier avait envoyé celui-ci en Allemagne, comme travailleur, pour le soustraire aux recherches. J’ai lu, en Espagne, ou entendu à la Radio, que l’on avait condamné, depuis la libération, des hommes impliqués dans cet assassinat ; je me suis demandé si c’étaient ceux qui avaient fourni les renseignements…

 

(à suivre… si et lorsque les « Ecrits d’exil seront réédités)

 

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Le 8 janvier 2016 marque une longue pause dans ma campagne de collecte. Il paraît que c’est assez fréquent. Je me demande comment relancer le projet. Si vous avez une idée, faites m’en part. J’essayerai d’en faire le meilleur usage. De mon côté, je continue à reproduire quelques extraits qui permettent de se faire une idée du contenu des « Ecrits d’exil ».

 

ECRITS D’EXIL (Extrait n°12)

 

 

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Ce petit extrait figure dans un passage du livre où Maurice Gabolde fait état de conversations que Laval eut avec lui à propos de sa vie politique passée. Ici, ce dernier relate des entretiens qu’il eut avec Staline :

 

…« Comment ? C’est la première fois que la France fait un traité avec la Russie qui ne lui coûte rien. C’est vous qui nous devez de l’argent pour toutes les destructions faites chez nous par les Denikine, les Koltchak et les Vrangel ». Poursuivant sur le même ton, Laval lui dit : « J’accepte la dette, mais faisons le compte. Tout ce que nous avons prêté au czar n’est pas allé dans la poche des banques, des Grands ducs et des Ministres ; vous avez construit des routes, des chemins de fer, des usines, etc. ; faisons la balance ; si le solde vous est favorable, nous vous payerons ». Staline se mit à rire aux éclats et répondit : « Parlons d’autre chose ».

Puis, on parla de la religion : « Mon pays est catholique, dit Laval ; il y a beaucoup de pays catholiques dans le monde. C’est une force qu’il ne faut pas méconnaître. Votre régime est solide ; montrez que vous ne craignez rien en rétablissant la liberté du culte catholique ; vous vous attirerez des sympathies à l’extérieur ». La même année Laval avait, en effet, visité le Souverain Pontife à Rome ; l’entretien avait été particulièrement cordial ; l’audience s’était prolongée au-delà du temps fixé par le protocole et l’entourage du Pape, qui avait, dans l’antichambre de son cabinet, les yeux fixés sur la pendule, hochait la tête avec surprise et satisfaction. Mais Staline était peu sensible à cette argumentation. Continuant sur le ton de la plaisanterie, il s’écria : « Mais c’est un pacte de non-agression que vous me proposez de conclure avec le Pape », et il ajouta, souriant: « De combien de divisions dispose-t-il ? »…

 

(à suivre… si et lorsque les « Ecrits d’exil seront réédités)

 

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Le 6 janvier 2016 m’a mené à mi-chemin de ma campagne de collecte. Vous êtes déjà nombreux à m’avoir fait part de votre soutien. J’ai recueilli 65% du montant espéré. De mon côté je continue à reproduire quelques extraits qui permettent de se faire une idée du contenu des « Ecrits d’exil ».

 

ECRITS D’EXIL (Extrait n°11)

 

 

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Ce petit extrait figure dans un passage du livre où Maurice Gabolde évoque un peu plus en long ce qu’il sait de l’affaire dite de la « Cagoule », une organisation d’extrême droite qui défraya la chronique à partir des années 1930 jusqu’après la Libération de 1944-45 :

 

…Le grand chef de la Cagoule, à supposer qu’il ait existé, n’a pas été connu ; on prêtait, aux dires de certains témoins, serment chez Deloncle devant un portrait voilé, ce qui permet toutes les interprétations, même les plus fantaisistes ; en tout cas, ce ne fut ni celui du Maréchal, ni des Généraux Weygand et Giraud. Par contre, il est indéniable que tant Font-Réaulx qu’Alibert, liés à la Cagoule, introduisirent, en 1940, dans l’entourage du chef de l’État des « Cagoulards » notoires, dont certains fort peu recommandables. Loustanau-Lacau fit partie du cabinet militaire et Alibert s’en servit comme témoin dans le procès de Riom où il fit un fiasco complet ; Jeantet était un ami du Docteur Ménétrel ; Méténier, un des inculpés de l’affaire des bombes de l’Étoile, organisa une force supplétive de police dont Peyrouton se servit le 13 Décembre contre Laval ; Darnand, qui rentrait de captivité, fut placé dans la Légion et en modifia l’esprit ; la Cagoule ne fut pas étrangère à l’assassinat de Dormoy dans un hôtel de Montélimar ; enfin, à Paris, Deloncle, qui était au centre du mouvement, se proclama Maréchaliste contre Déat, jusqu’au jour où ses excès le firent désavouer. La Cagoule se divisa, au cours de l’occupation ; alors que Deloncle et son groupe s’identifiaient avec les intérêts allemands, d’autres regardaient du côté des Alliés ; Groussard avait accepté une mission en Angleterre ; Ménétrel se servit de Jeantet pour établir des liaisons avec le Maquis d’Auvergne ; Loustanau-Lacau serait devenu Résistant ; Font-Réaulx, par contre, resta en Tunisie, où il avait été envoyé avec une fonction à la Résidence générale, dans la ligne de la collaboration et rentra en France avec l’Amiral Esteva...

 

(à suivre… si et lorsque les « Ecrits d’exil seront réédités)

 

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Le 5 janvier 2016 m’a apporté l’heureuse surprise de l’entrée dans la dream-team d’un jeune neveu qui conjugue un caractère sud-américain et rebelle comme celui de la Vendée qui l’a vu grandir. Et de mon côté je continue à glaner ici ou là et reproduire quelques extraits qui permettent de se faire une idée du contenu des « Ecrits d’exil ».

 

ECRITS D’EXIL (Extrait n°10)

 

 

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Cet extrait concerne l’arrivée de Maurice Gabolde au sein du gouvernement de Vichy :

 

…Quand Laval me pria de venir le voir à Matignon, il usa de toute son habileté persuasive, me parla en honnête homme, ne dissimulant rien de la difficulté de la tâche et me demandant d’être modéré, impartial et juste dans l’application d’une législation dont il n’approuvait pas l’esprit, mais que l’on ne pouvait supprimer dans les circonstances présentes ; il me dit que je serai bien accueilli par le Maréchal à qui je rappelais son Artois natal et les combats de Carency et de Souchez, en 1915. Il croyait ferme comme roc à la victoire de l’Allemagne et voulait que la France restât dans la meilleure position possible lors du traité de paix ; je lui exposai que j’avais, jusqu’alors, pratiqué une collaboration de raison avec l’occupant et que je continuerais avec les organismes officiels, Ambassade ou « Militärbefehlshaber », parce qu’elle était profitable au pays, mais que je n’avais aucune affinité avec la conception idéologique du nazisme ; je n’étais ni fasciste ni national socialiste et mon admiration pour la culture classique et philosophique de l’Allemagne était incompatible avec des théories qui n’exprimaient certainement pas la pensée d’Allemands que j’avais connus et estimés dans ma jeunesse. Je me refuserais à toute manifestation publique, par radio, discours, interview, inspirée par la propagande de l’occupant ; je serais un Ministre technique uniquement. Le Président parut enchanté de ce programme et me donna une amitié qui ne s’est jamais démentie et à laquelle je reste fidèle par-delà la tombe. Lui aussi luttait contre la nazification de la France et concevait l’accord franco-allemand, indispensable à l’équilibre de la vieille Europe, après la guerre, dans le respect des traditions et de la culture de chacun des contractants. 

Je lui exprimai le désir de continuer à résider à Paris et d’y transférer les services du Ministère ; l’occupation de la totalité du territoire français enlevait toute portée symbolique à la permanence à Vichy ; je resterai ainsi à l’écart des intrigues de cette Cour en miniature ; l’on travaillerait mieux et avec plus d’unité de vue et l’on économiserait du temps et du papier ; le va-et-vient de Vichy ne servait qu’à embrouiller et à retarder la solution des affaires ; le service d’Alsace-Lorraine resterait seul sur les bords de l’Allier pour des raisons de haute convenance et de sécurité des archives. 

Cette décision, approuvée par Laval et avec plus de difficultés par le Maréchal, qui aimait bien voir ses ministres autour de lui, ne fut pas du goût des fonctionnaires de mon Ministère ; ils s’étaient habitués à la vie facile et économique des chambres réquisitionnées dans les bons hôtels de la ville d’eaux ; les popotes qui fonctionnaient enlevaient à leurs épouses les soucis du ravitaillement ; le retour à Paris, en plein hiver, laissait prévoir le froid dans un appartement abandonné, le manque de combustible, de denrées alimentaires et la perspective des bombardements. Je tins bon et regroupai au lieu habituel de leur fonctionnement des services paralysés par le farniente Vichyssois, rétablissant l’égalité entre des collègues qui connaissaient depuis plus de deux ans les privations et les soucis de la capitale et ceux qui avaient profité du coude à coude des installations de fortune de la ville d’eaux pour se faire attribuer des avantages de carrière. 

Quand ma nomination fut officielle, je me rendis à Vichy saluer le Maréchal, faire la connaissance de la plupart de mes collègues et visiter les ambassadeurs étrangers accrédités auprès du Gouvernement. Cathala voulut bien me servir de mentor et m’offrit une place dans sa voiture ; il me mettrait, chemin faisant, au courant des dessous du milieu où j’aurais à évoluer désormais. 

Nous arrivâmes, à la nuit tombante devant l’Hôtel du Parc ; un dîner avait été préparé en mon honneur par le petit clan auquel appartenait Cathala, celui des amis du Président et qui groupait, dans l’appartement occupé par le Secrétaire général de la Présidence, Jacques Guérard et sa charmante jeune femme, quelques personnes de commerce agréable qui m’adoptèrent de la plus cordiale façon ; c’est, dans ce milieu, où j’ai passé les seuls moments de délassement et de détente de cette période ; il y avait là, aux côtés du maître de la maison, intelligence vive et lucide, Cathala, Bousquet, (Secrétaire général pour la Police), Hilaire, un artiste fin et délicat, (Secrétaire général du Ministère de l’Intérieur), plus tard Lemoine, avec une figure réjouie et bon enfant, Marion, « l’enfant terrible », qui présidait avec désinvolture et amateurisme aux destinées de l’information, le « Maître » Abel Bonnard, Ministre de l’Éducation nationale, à la conversation étincelante, un vrai feu d’artifice, l’ambassadeur d’Espagne de Lequerica, « mi Puerta del Sol mi Faubourg Saint Germain », ami des bons et des mauvais jours, le Sénateur Dupuy, retiré de la politique et fort occupé de son régime alimentaire. Quelques jeunes femmes, amies de Madame Guérard, éloignaient, par leur présence, de nos dîners intimes, les sujets arides et décevants de la politique : Madame Dupuy, fille d’un magistrat parisien, sa jeune fille qui paraissait sa petite sœur, Madame Archimbaud, femme de l’ancien député de la Drôme, Madame Bichelonne, quand elle venait à Vichy. Quelques amis de passage, intimes du Président, partageaient nos repas ; c’est ainsi que ce premier soir, je fis la connaissance de ce pauvre Chichery, député de l’Indre qui devait être une des premières victimes expiatoires de la libération. 

Je fis le lendemain ma visite officielle au chef de l’État ; il me reçut avec affabilité, bavarda longuement, avec un évident plaisir, du Pas-de-Calais, de ses amitiés de jeunesse au Collège St-Bertin de St-Omer, intéressé par ce que je lui disais des fils et petits-fils de ses camarades, évoquant aussi la campagne de 1915 en Artois où j’avais été sous ses ordres ; les quelques méchancetés que Barthélemy lui avait dites sur mon compte n’avaient pas eu de prise sur sa bonhomie malicieuse : il ajouta que je serais toujours le bienvenu dans son cabinet et me pria de ne pas manquer de venir le saluer toutes les semaines, quand je viendrais au Conseil. Il ne fut pas question de politique et il me retint à déjeuner, comme il le fit presque toujours dans la suite. Je passai dans la pièce voisine, dont la porte était demeurée entr’ouverte durant notre conversation où il me présenta le Docteur Ménétrel, cette éminence grise du régime. Celui-ci se montra fort aimable, complimenteur et insinuant ; il m’expliqua que les longs entretiens fatiguaient le Maréchal et qu’il me servirait très volontiers d’interprète et de messager auprès de lui dans les affaires importantes ; je le remerciai fort poliment de son obligeance, mais je n’eus, par la suite, jamais recours à son intermédiaire ; je visitai également le Secrétaire général Jardel, réservé et prudent et le Général Campet, chef de la maison militaire du Maréchal. 

Comme un Conseil devait avoir lieu le lendemain, tous les Ministres se trouvaient à Vichy et mon après-midi se passa à faire ma tournée d’arrivée ; je fis la connaissance de Bichelonne, qui serait, durant notre séjour en Allemagne, le meilleur de mes amis, de Bonnafous, rubicond et enjoué, de Lagardelle, fin profil et un regard pénétrant, de l’Amiral Bléhaut, marin qui avait son franc-parler, mauvaise tête et bon cœur, du Général Bridoux, brillant cavalier, homme du monde, optimiste incorrigible et insouciant du lendemain, du Secrétaire général Rochat, collaborateur fidèle et dévoué de Laval aux Affaires Étrangères qui partagea notre sort en Allemagne jusqu’à la dislocation de Feldkirch. Les autres Ministres, qui faisaient partie de notre petit groupe, ainsi que M. de Lequerica, m’avaient dispensé de leur rendre visite. 

J’allais omettre M. Romier, Ministre d’État, qui passait pour être le confident et le mentor politique du chef de l’État. Il avait été l’ami de mon prédécesseur et je redoutais un peu de prendre contact avec lui ; mes craintes disparurent, dès que je lui eus fait savoir que, ne résidant pas en permanence à Vichy, il pourrait disposer de l’appartement occupé par le Garde des Sceaux à l’Hôtel du Parc ; il convoitait cette installation et son accueil devint fort aimable après cette déclaration ; je mesurai alors toute l’importance que les questions de logement jouaient dans la vie Vichyssoise ! ... La courtoisie la plus élémentaire exigeait que je fusse saluer Barthélemy qui désirait, me dit-on, me présenter lui-même à ceux qui allaient être mes collaborateurs immédiats et que je connaissais, du reste, depuis longtemps. J’étais étranger à sa disgrâce et n’avais pas intrigué pour le remplacer ; il tint à me le dire et m’assura, aimablement, que s’il avait été consulté, c’est mon nom qu’il eût indiqué au Maréchal ; son âge, sa réputation dans le monde du droit, commandaient mon respect. L’homme était, sous son aspect de bourgeois prudhommesque, caustique, vindicatif et vaniteux ; il avait eu l’amour du pouvoir et s’était complu à prendre devant l’objectif des photographes des poses majestueuses et symboliques auprès de la presse du Sceau de France ; il s’était fort bien accommodé de la vie Vichyssoise, des honneurs, des facilités que lui procurait la disposition d’automobiles pour son ravitaillement et il quittait tout cela avec amertume ; le petit personnel des chauffeurs et des policiers durent, avec moi, se mettre à la dure école des restrictions imposées par le séjour à Paris ; ils ne murmurèrent pas trop, parce que j’étais facile à servir et que je donnais l’exemple de modestie des restrictions et des sacrifices. M. Barthélemy est mort ; il serait peu élégant de ma part de lui tenir rancune des persiflages dont il accompagna ma venue à la place qu’il avait occupée ; il chercha, ainsi, à se dédouaner, en se désolidarisant du chef du Gouvernement et de sa politique, mais ce revirement ne fut pas apprécié par ses étudiants qui lui firent une conduite de Grenoble quand il reprit son cours à la faculté, en tentant, plaisanterie de gamins, de l’envelopper dans les plis d’un drapeau à croix gammée. 

Il fut ingrat et malveillant vis-à-vis du Secrétaire général du Ministère, M. Dayras, qui avait été la cheville ouvrière de l’administration de la Justice, un collaborateur fidèle, dévoué et irréprochable qui s’était maintes fois sacrifié, quand il s’agissait de prendre des décisions cruciales imposées par les circonstances ; lorsque Dayras fut victime de calomnies et figura sur la liste des noms des hauts fonctionnaires dont les Allemands exigeaient le remplacement, Barthélemy exerça sa verve à ses dépens ; je le défendis de toutes mes forces, car sa bonne foi était indiscutable et quand j’eus dissipé cet orage, son ancien patron fut le premier à le féliciter, témoignant ainsi sa duplicité. Je n’ai pas été surpris en lisant dans les journaux, qu’il avait abandonné à leur sort les infortunés magistrats de la Section spéciale de Paris auxquels il avait imposé le calvaire du mois d’Août 1941. Mais, paix à ses cendres ! … 

Je terminai cette première journée Vichyssoise dans le cabinet du Président Laval. Notre conversation fut interrompue constamment par le téléphone et la venue de tel ou tel de ses collaborateurs immédiats ; il était impossible de traiter avec lui la moindre question ; Laval dirigeait trop de services - Intérieur, Affaires Étrangères, Présidence - et ses méthodes de travail, toutes verbales, étaient défectueuses ; les papiers s’amoncelaient sur sa table ; il ne savait pas défendre sa porte et réglait plusieurs affaires à la fois ; Guérard, Bigot, Rochat, Renand et d’autres familiers entraient sans frapper, chacun parlant de ce qui l’intéressait, et le visiteur perdait le fil de son discours. On ne voyait le Président un peu longuement qu’à table où il avait l’amabilité de me convier à l’issue du Conseil, quand je ne déjeunais pas chez le Maréchal ; mais le repas était pour lui une trêve, un délassement et il ne fallait pas l’entretenir d’affaires ; la présence d’autres invités, appartenant à tous les milieux, aurait rendu la chose impossible et dangereuse ; il contait alors des anecdotes de sa longue vie politique, parlait de personnages qu’il avait connus, Briand, Tardieu, Clemenceau, les Maréchaux de la grande guerre, Mussolini, Staline, le pape Pie XI, Roosevelt, Samuel Hoare, le Prince de Galles, etc. ; on était agréablement transporté de Rome à Moscou, de Varsovie à Washington ou à Genève. L’assistance était composite et, en dehors de quelques convives de fondation comme Guérard, Abel Bonnard, Rochat, son gendre de Chambrun ou moi, c’était un kaléidoscope de politiques nouveaux ou retirés, d’hommes de lettres, de journalistes, d’explorateurs, de gens d’affaires et aussi de fantaisistes comme Fontenoy. La conversation était beaucoup plus libre et moins cérémonieuse qu’à la table du Maréchal, car le beau sexe n’y était jamais représenté.

Mon premier Conseil me désillusionna ; il y fut surtout question de …

 

(à suivre… si et lorsque les « Ecrits d’exil seront réédités)

 

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Le projet continue à intéresser quelques amis, et parmi eux des Bretons, le Normand que je suis ne s'en plaint pas. Difficile de sortir du cercle amical, mais je ne désespère pas. Je compte sur vous pour être viraux et partager ceux de mes liens qui vous paraissent  de nature à intéresser  des bibliophiles ou amateurs de travaux historiques. Je continue de mon côté à publier quelques extraits des "Ecrits d'exil"

 

ECRITS D’EXIL (Extrait n°9)

 

 

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Cet extrait concerne la mise en œuvre des lois ainti-franc-maçonnerie votées dès l’arrivée au pouvoir du Maréchal Pétain :

 

… Le Président [Laval] avait, d’autre part, rattaché à ses services personnels, une Commission qui était chargée d’examiner les réclamations relatives à l’application de la loi ; elle avait jusqu’alors fonctionné au cabinet du Maréchal, sous la présidence de M. Bernard Faÿ. Elle avait travaillé dans un esprit d’hostilité qui l’empêchait d’accomplir sa mission. Laval en modifia la composition et chargea de la diriger un Président de Section au Conseil d’État, M. Paul Reclus, dont il connaissait l’indépendance et l’impartialité ; parmi les nouveaux membres figura mon futur Directeur du personnel à la Justice, M. Cannac, esprit pondéré, fonctionnaire prudent et expérimenté, qui venait du personnel des bureaux du Sénat. Ces désignations déplurent à l’Amiral Platon qui se plaignait auprès du Maréchal et chercha à opposer ainsi les deux dirigeants de la politique de la France. M. Reclus offrit sa démission ; le Président [Laval] la refusa, en lui demandant de ne pas se décourager dans une œuvre d’apaisement qu’il jugeait nécessaire ; si les autorités allemandes s’abstinrent d’intervenir dans ce conflit, il n’en fut pas de même d’une presse spécialisée dans la lutte grossière contre la Maçonnerie, qui représenta Laval comme inféodé à la secte. L’Amiral Platon devait, sur ces entrefaites, quitter le Gouvernement, après la découverte d’une lettre qui révélait une activité subversive.

Le Président [Laval] me demanda alors d’accepter le rattachement du service des Sociétés secrètes à la Justice, en même temps que M. Bousquet voyait le service spécial de sa police placé sous son autorité. Il me pria d’assurer l’application de la loi sans passion et en toute objectivité. Il savait que nos points de vue, en cette matière, coïncidaient parfaitement.

Je cherchai, pour assumer la direction effective de cette administration, un magistrat, libre de toute attache vis-à-vis de la Maçonnerie, jouissant de considération et de respect et dénué de toute ambition personnelle ; j’eus la bonne fortune de le rencontrer en la personne d’un Conseiller honoraire à la Cour de cassation, M. Sens Olive, qui justifia pleinement la confiance qui lui était faite. Il parvint à vaincre, sans provoquer d’éclat, l’hostilité que lui témoigna au début le Colonel de Verchère et à introduire dans ce service des méthodes plus en harmonie avec les traditions administratives françaises. Ce changement d’orientation ne fut pas du goût de tout le monde et l’on insinua que j’avais dû appartenir à quelque obscure loge de province ; on fouilla pendant des mois, mais en vain - et pour cause - dans toutes les archives et on dût se contenter de murmurer que j’avais fait disparaître les traces de mon affiliation. La campagne dut cesser, car elle frisait le ridicule.

La publication automatique au Journal officiel des listes de dignitaires et de faux déclarants avait donné lieu à de singuliers abus, ainsi que je ne tardai pas à m’en rendre compte. Le Président apprenait par l’Officiel que le nom d’un préfet, celui du Cantal, était publié sans qu’il eût été préalablement averti ; il en avait été de même du chef de la Censure. Ces deux fonctionnaires, dont la bonne foi était certaine, remplissaient correctement leur tâche et le chef du Gouvernement était mis en demeure, par la seule publication de leur nom, de les révoquer.

Un incident me fit concevoir des doutes sur la probité morale des agents chargés de la confection des listes. M. Marchandeau, ancien Ministre, Maire de Reims, Président de l’association des maires de France, loyalement rallié à la politique du Maréchal, dont je pouvais me porter personnellement garant de la franchise et de l’honnêteté (nous étions liés par une amitié d’enfance), se voyait attribuer une dignité qu’il affirmait n’avoir jamais eue dans la Maçonnerie ; la fiche le concernant émanant des archives d’une loge de Gaillac portait trace d’écritures différentes ; il déclarait que la seconde inscription était un faux ; il aurait pu soumettre le cas à la Commission Reclus, mais c’était admettre la véracité de la fiche ; il s’y refusait et on ne pouvait l’en blâmer ; c’est ainsi que le régime se détruisait lui-même sous l’action de ceux qui se prétendaient ses meilleurs soutiens.

On recherchait, dans le but de vexer le Président et de compliquer sa tâche, s’il ne se trouvait pas quelque ancien maçon parmi ses collaborateurs les plus dévoués. On créa ainsi le scandale Bernon. Le Colonel Bernon, Commissaire du pouvoir, comptait parmi les hommes les plus attachés à Laval ; c’était un caractère âpre, un Rouergat fruste et énergique, peu diplomate mais d’un dévouement à toute épreuve ; il vivait sous la menace perpétuelle des éléments communistes du Maquis de son département, à raison de l’influence et de l’autorité qu’il possédait dans son pays natal. Il avait, étant jeune officier à Rueil, avant la guerre de 1914, appartenu à la loge de cette localité. Berteaux, alors Ministre de la Guerre était le vénérable de cette loge et Bernon, ainsi que d’autres jeunes lieutenants, avait pensé que cette affiliation serait utile à sa carrière. Puis, il était « entré en sommeil », avait changé de garnison, fait la guerre, gagné ses galons sur le champ de bataille et oublié cette faiblesse de jeunesse. Il avait fait une déclaration négative d’appartenance ; Laval l’avait nommé membre de la Commission Reclus, qui était la bête noire du service des Sociétés secrètes. Il dut démissionner. Le Président décida donc, sur ma proposition, que les publications au Journal officiel de noms de fonctionnaires n’auraient pas lieu tant que le Ministre dont ils relevaient n’en avait pas été préalablement informé ; le Ministre donnerait alors, après examen du cas, l’autorisation de publier ; les faux déclarants pourraient, avant d’être cloués au pilori, présenter leur défense devant la Commission Reclus. C’était, peut-être, donner une interprétation un peu large à la loi, mais il valait mieux encourir ce reproche plutôt que de créer le trouble dans le corps des fonctionnaires et laisser se commettre des injustices. Cela nous valut quelques attaques dans la presse parisienne, et créa des difficultés avec le cabinet du Maréchal, bien que, je dois le confesser, le chef de l’État ne m’ait jamais fait lui-même d’observation à cet égard.

En ce qui concerna le Ministère de la Justice, les listes qui me furent soumises ne comprirent que des suppléants de juge de paix qui, comme on le sait, sont des bénévoles non rétribués qui acceptent, dans les cantons, de seconder le juge de paix ; comme il me paraissait parfaitement inutile de récompenser leur dévouement à la Justice par une publicité infamante, je les fis inviter à démissionner avant toute publication, quand ils ne voulaient pas frapper à la porte de la Commission Reclus. Celle-ci agissait dans un esprit libéral et dépourvu de passion ; je connaissais la plupart de ses membres et deux d’entre eux furent mes collaborateurs dévoués au Ministère…

 

(à suivre… si et lorsque les « Ecrits d’exil seront réédités)

 

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On avance. On avance. La Bretagne vient de rejoindre l'équipe.

Petit à petit l'oiseau fait son nid.

Ou plutôt, les petits ruisseaux font les grandes rivières.

Car l'oiseau - moi en l'occurrence - ne fait plus grand chose, si ce n'est attendre. 

 

Pour ceux qui s'intéressent au contenu de ces écrits, je continue à choisir, un peu au hasard, quelques passages qui peuvent se comprendre en dehors de leur contexte:

 

ECRITS D’EXIL (Extrait n°8)

 

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L’extrait suivant des « Ecrits d’exil » concerne quelques aspects des relations de Maurice Gabolde avec les autorités d’occupation à propos d'affaires judiciaires en cours:

 

….Le mouvement franciste que dirigeait Bucard était numériquement le moins important des partis fantômes que soutenaient les occupants en zone Nord. Il devait son existence à l’appui que lui donnait l’ambassadeur Abetz, lié d’amitié avec son chef. Celui-ci était fort décrié ; on lui prêtait - à tort ou à raison - des mœurs spéciales. Il faisait parfois défiler dans la capitale quelques jeunes gens et quelques jeunes filles vêtus d’un uniforme bleu et la police devait, sans grand enthousiasme, les protéger contre des incidents de la rue. Son zèle était, bien entendu, mis en doute par Bucard et le préfet de police avait dû défendre ses subordonnés contre l’accusation de Gaullisme qui venait naturellement à la bouche des chefs des partis collaborationnistes, quand les services publics ne leur donnaient pas satisfaction. Par voie de conséquence, la police se montrait « très service » quand un franciste était impliqué dans une affaire motivant son intervention. Elle agissait de même à l’égard des Doriotistes, des Déatistes turbulents ou délinquants. J’avais toujours soutenu la Police à qui incombait la tâche de maintenir l’ordre et des poursuites étaient normalement exercées contre tous ceux qui le troublaient, à quelque formation politique qu’ils appartiennent. Il en avait été ainsi notamment à l’égard de jeunes énergumènes qui provoquaient des désordres en brisant les bustes de la République dans les Mairies dont aucune loi n’avait jamais prescrit l’enlèvement. 

Il est nécessaire, pour comprendre l’affaire Bucard, de se replacer dans le climat qui vient d’être rappelé. 

Bucard avait obtenu du Commissariat des Affaires Juives la mise à la disposition d’un de ses collaborateurs, qui avait été victime d’un attentat dans sa villa de banlieue, d’un appartement vide d’Israélite dans le quartier St-Georges, Rue de Maubeuge, je crois. Il s’était rendu chez cet ami pour y déjeuner. Un avis téléphonique, émanant d’un inconnu, informa la Police que des « francistes » étaient en train de piller le domicile d’un Juif et précisait la rue et le numéro de l’immeuble. Un car de Police Secours fut envoyé sur les lieux. Tout était calme et la concierge donna des explications qui remettaient les choses au point. Le brigadier de police eut un entretien avec les occupants de l’appartement et se retira, n’ayant plus de motif d’intervention. Tout paraissait terminé, mais le car continua à stationner devant l’immeuble et quand, au début de l’après-midi, Bucard, son chauffeur (un créole) et deux francistes repartirent dans leur auto, la voiture de police suivit. Celle des francistes accéléra bientôt son allure ; le car fit de même. Comme l’auto de Bucard s’engageait sur les Boulevards, les policiers du car sifflèrent pour la faire arrêter. Elle redoubla de vitesse. Les poursuivants tirèrent alors quelques coups de feu à l’arrière du véhicule, en direction des pneumatiques. Les occupants de la voiture ripostèrent à coups de revolver ou de mitraillette. Deux agents furent tués, d’autres blessés, Bucard et ses deux passagers furent arrêtés ; le chauffeur, blessé, avait disparu. 

Sur les ordres que donna le Président Laval au Préfet Bussières, le chef du Francisme et ses compagnons furent mis à la disposition de la Justice ; déférés au Parquet, ils furent écroués et inculpés de meurtre et de tentative de meurtre. 

L’affaire fut portée aussitôt à ma connaissance par le Procureur Rousseau et je fis prescrire une information rapide et complète pour fixer les responsabilités encourues. La police devait conserver le sentiment qu’elle était protégée et que les particuliers devaient obéir à ses injonctions. Il est à noter que, quelques jours auparavant, presque au même endroit, une fusillade avait eu lieu entre la police et les occupants d’une automobile, appartenant cette fois à un tout autre secteur des activités politiques ; il s’agissait d’individus ayant pris part à l’assassinat du Ministre Philippe Henriot, dont l’un se réfugia dans l’établissement du Crédit Lyonnais. Ce précédent récent avait, sans doute, incité les agents à faire usage d’armes à feu, mais il pouvait aussi être invoqué par Bucard qui se croyait poursuivi par des Résistants. 

L’ambassadeur Abetz, que je ne connaissais pas encore personnellement, me téléphona à mon domicile pour me faire part de l’intérêt qu’il portait à Bucard qu’il croyait incapable d’avoir, en connaissance de cause, tiré sur des agents de la force publique. Je lui dis qu’une information était ouverte, qu’elle serait conduite avec diligence et impartialité et que les magistrats étaient les seuls appréciateurs de la demande de mise en liberté provisoire à laquelle il souhaitait voir donner une réponse favorable. Il n’insista pas davantage et me demanda l’autorisation d’envoyer, d’ici une huitaine de jours, un de ses collaborateurs pour obtenir de nouveaux renseignements. La démarche avait donc été parfaitement correcte. Je fis savoir au Procureur Rousseau qu’aucune pression ne serait exercée sur les magistrats, qu’ils étaient maîtres de leur décision, mais qu’ils devaient agir avec célérité. L’ambassadeur m’avait également demandé d’être autorisé à voir Bucard à la Santé ; je l’avais informé que l’administration pénitentiaire relevait de Darnand et que cette permission devait lui être demandée. 

Me Jean Charles Legrand, avocat de Bucard, formula ensuite une demande de mise en liberté provisoire ; le Procureur me dit que le juge d’instruction et lui-même décidaient d’y faire droit ; en l’état de la procédure, il n’était, en effet, pas établi que Bucard, atteint de surdité, ait entendu les coups de sifflet de la police et surtout qu’il ait donné à son chauffeur l’ordre de tirer. Il quitta donc la Santé où il s’était trouvé durant une émeute au cours de laquelle il s’était réfugié dans la cellule de co-détenus politiques, qui - malgré l’abîme créé par leurs divergences d’opinion - l’avaient protégé. 

L’ambassadeur chargea son conseiller, M. Hoffmann (dont je fis ainsi la connaissance et qui vécut avec nous en Allemagne) de me remercier. Je profitai de cette occasion pour souligner combien tendancieuses étaient les imputations formulées Rue de Lille par les partis contre l’action de la Police et de la Justice qui accomplissaient leur mission difficile, avec sérénité et impartialité. M. Hoffmann partageait mon sentiment ; nos relations ultérieures ont confirmé l’impression de droiture de caractère qu’il me donna en cette circonstance. 

La seconde intervention de l’ambassade allemande se manifesta à l’occasion de la désignation des membres de la Commission Internationale composée de représentants des Instituts européens de Médecine Légale et de Criminologie qui devaient se rendre dans la région de Smolensk en Russie pour rechercher la date et la cause des assassinats d’officiers polonais dans la Forêt de Katyn, afin d’établir de façon indiscutable la responsabilité du Gouvernement des Soviets dans cet horrible et gigantesque holocauste de militaires prisonniers de guerre. 

Le médecin légiste français le plus connu à l’époque était le Docteur Paul qui, depuis de longues années, prêtait ses services au Parquet de la Seine et à ses juges d’instruction. Il jouissait en Allemagne de beaucoup de considération dans les milieux scientifiques et politiques, à la fois pour sa valeur professionnelle et comme partisan du rapprochement franco-allemand. À l’occasion de l’autopsie d’un fonctionnaire de l’ambassade du Reich assassiné avant la guerre de 1940, à Paris, il avait reçu une décoration ou un témoignage officiel (je ne me souviens plus exactement) de la Wilhelmstrasse. Mais, en Avril 1943, la carte de la guerre lui avait conseillé prudence et circonspection et, quand il avait été sollicité par les services de l’ambassade de la Rue de Lille de contribuer par sa présence à l’autorité de la Commission de Katyn, il invoqua son âge, son état de santé, ses multiples occupations et l’impossibilité où il se trouvait de s’éloigner de Paris où il devait être en permanence à la disposition des magistrats. 

Ce fut dans ces conditions que l’ambassadeur Schleier (qui remplaçait Abetz) insista vivement auprès de moi pour obtenir que le Docteur Paul revînt sur son refus. Je le convoquai à mon domicile pour que notre entrevue fût discrète, car l’on commentait de façon différente au Palais de Justice et à la Chancellerie l’offre dont il faisait l’objet. Je lui exposai la mission dont j’étais chargé, en indiquant que je n’avais pas qualité pour exercer sur lui une quelconque pression et qu’il était maître de sa décision. Il me parut fort préoccupé des conséquences de son refus, qu’il me pria d’expliquer de la manière la plus favorable pour sa sécurité ; j’eus l’impression qu’il faisait un sacrifice, car il aimait la publicité, mais l’intérêt égoïste l’emporta. Il n’y eut pas d’incident et mon collègue, le Général Bridoux, Ministre de la Guerre désigna le Médecin Général de l’Armée, Docteur Costedoat, qui, respectueux de la discipline, représenta la Médecine légale française dans l’exploration des cimetières du bois de Katyn....

 

 

…(à suivre si - et lorsque - les « Ecrits d’exil » seront réédités)…

 

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ECRITS D’EXIL (Extrait n°7)

 

 

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Cet extrait concerne la genèse des cours martiales fin 1943 début 1944  :

 

… Ce fut l’affaire de la demoiselle Bitouzet[i]. Il s’agissait d’une Française qui, à Semur, entretenait des relations suivies avec des officiers de l’armée d’occupation ; l’opinion publique lui imputait des dénonciations de patriotes à ses amis, sans d’ailleurs que le dossier ait apporté d’éclaircissements sur ce point ; quoi qu’il en soit, le « Maquis » local l’avait condamnée à mort et chargé un de ses membres de l’exécution de cette sentence.

 

Grièvement blessée dans son magasin, elle fut laissée pour morte sur le sol ; mais, après le départ de son agresseur, elle était sortie de son évanouissement et s’était traînée chez un pharmacien devant la porte duquel les voisins s’étaient agglomérés. Le préposé à son exécution fit lui aussi le curieux et, reconnaissant sa victime, il tira sur elle de nouveaux coups de feu qui cette fois entraînèrent sa mort. À ne considérer que les éléments matériels du crime, en le dépouillant du mobile qui l’avait inspiré, le fait était atroce et sauvage.

 

L’affaire fut déférée devant la Section spéciale de la Cour de Dijon composée, suivant la nouvelle formule, avec majorité de jurés des services de la sécurité publique. Aucune condamnation à mort ne fut prononcée, le Président ayant disqualifié en meurtre la prévention d’assassinat.

 

Il y avait, à l’époque, auprès du Général allemand qui commandait la région de Dijon, un conseiller de justice militaire particulièrement zélé et ardent, tyrannique à l’égard des administrations avec lesquelles il assurait une liaison ; il avait suivi avec attention le développement de l’affaire Bitouzet qui avait dû vraisemblablement lui être signalée par les officiers avec lesquels la victime avait eu des relations ; il connaissait, d’autre part, fort bien la législation pénale française et savait que la seule peine qui eût dû être prononcée était celle de la mort. Il estima donc que les magistrats, et notamment le Président de la Section spéciale, l’avocat général et le juge d’instruction, avaient sciemment violé la loi pour faire échapper un maquisard assassin à son châtiment, et, comme sanction de ce qu’il considérait comme une forfaiture, il demanda à ses chefs leur arrestation et peut-être même leur déportation en Allemagne.

 

Alerté par le Procureur général de Dijon, je m’efforçai de sauver les magistrats de la Cour Spéciale de Dijon en intervenant auprès des grands chefs du « Militärbefehlshaber » (Hôtel Majestic), auprès desquels j’avais toujours trouvé de la compréhension et un vif désir d’aplanir les conflits entre les autorités françaises et allemandes. Mes démarches, tant auprès du Général Ermert[ii] que de ses deux sympathiques collaborateurs, MM. Bargatzki et Thierfelder[iii] ne furent pas infructueuses et le bouillant conseiller de justice de Dijon reçut l’ordre de ne plus donner de suite à l’affaire de la Section spéciale. Mais l’alerte avait été chaude ; les magistrats étaient désormais exposés à un nouveau péril venant du côté de l’armée occupante et se trouvaient pris entre deux feux, non pas seulement au sens figuré de l’expression.

 

D’autre part, un fait nouveau s’était produit dans la politique allemande de l’occupation. Jusqu’en 1943, le « Militärbefehlshaber », c’est-à-dire la « Wehrmacht », avait administré la France occupée, établi et dirigé les liaisons avec les services français ; les officiers avec lesquels j’avais été, en ce qui me concernait, en rapport, tant comme Procureur de la République que comme Ministre de la Justice, avaient été des magistrats, avocats, avoués, notaires, professeurs d’université, formés aux disciplines juridiques, courtois et conciliants ; ils avaient cherché à éviter les conflits et donné à nos rapports avec eux un caractère de modération et de tolérance qui avait permis à l’administration de la Justice de continuer à fonctionner sans trop d’entraves.

 

Mais, au fur et à mesure que la guerre se durcissait, que le « Maquis » se développait et qu’une atmosphère d’insécurité enveloppait les forces de l’occupation, un nouvel organisme se substituait petit à petit au clan militaire ; c’était celui du parti nazi, représenté par les services des S.S., installés Avenue Foch. Leurs dirigeants, policiers autant que soldats, étaient dominés par le fanatisme et témoignaient d’une intransigeance que n’avait jamais manifestée l’Hôtel Majestic ; ils empiétaient chaque jour davantage sur les attributions du « Militärbefehlshaber » dont l’influence diminuait et qui se résignait, de bon ou de mauvais gré, à cette « capitis diminutio ».

 

Déjà, lors de l’incident avec la Section spéciale de Dijon, le Général Ermert, avec une certaine réserve, et ses collaborateurs avec plus de franchise, m’avaient laissé entendre qu’ils seraient bientôt impuissants à arranger des affaires de cette nature. J’eus la même impression après un nouvel incident provoqué par le même conseiller de justice militaire à l’occasion d’une décision rendue par la Cour de Besançon. On avait demandé au Premier Président des explications écrites sur un arrêt et il s’était, comme de bien entendu, refusé à souscrire à une exigence aussi inconvenante ; il avait été menacé et, une fois encore, j’avais pu obtenir du Commandement suprême qu’on le laisse tranquille.

 

L’autorité croissante, dans les rapports administratifs franco-allemands, d’hommes comme le Général Oberg[iv] et le Colonel Knochen[v] (S.S.) allait, du reste, de pair avec la croissance de la Milice et de son action sur le Gouvernement de Vichy ; les partisans extrémistes français étaient soutenus par les nouveaux maîtres de l’occupation ; c’étaient les uns et les autres des excessifs et des résolus. Le Président Laval et les Ministres fidèles à sa politique, comme mon ami Cathala[vi] et moi-même, étions considérés comme des « mous » et dans les rares entrevues que j’eus avec le Colonel Knochen à l’occasion d’affaires relevant de l’administration pénitentiaire, passée du contrôle de l’Hôtel Majestic à celui de l’Avenue Foch, il me fit entendre qu’il n’accordait sa confiance qu’à la Milice française et aux organisations créées par MM. Déat et Doriot[vii] en zone Nord. Je reviendrai, avec plus de détails, dans un autre chapitre, sur les conditions dans lesquelles la Direction des services pénitentiaires passa du Ministère de la Justice au Secrétariat au Maintien de l’ordre dont Darnand était titulaire. On avait demandé aux magistrats et aux gendarmes l’effort maximum que l’on pouvait attendre de leur conception du devoir professionnel ; ils étaient pris entre les balles du Maquis et les camps de concentration allemands.

 

Par ailleurs, la guerre civile désolait maintenant le sol de la patrie. Les forces de la Résistance étaient organisées militairement et livraient des combats qui dépassaient le cadre des premiers coups de main. Dans l’autre camp, la Milice était devenue une formation paramilitaire, établie elle aussi sur un pied de guerre. Au cours des rencontres entre ces deux belligérants, on capturait des prisonniers et ils étaient, de part et d’autre, traités en otages, en francs tireurs, certains fusillés sans la moindre garantie[1].

 

La Milice demandait à être autorisée à avoir des juridictions militaires propres, qui, faisait-elle valoir, seraient compétentes non seulement contre ses adversaires pris les armes à la main, mais contre ses propres membres indignes. En fait, des miliciens furent jugés et passés par les armes, à la suite de verdicts des Cours martiales. Bassompierre[viii], qui était un homme d’honneur et dont les affirmations pouvaient être tenues pour l’expression de la vérité, m’a confirmé le fait en Allemagne.

 

Le Maréchal, de tendance plus répressive que Laval, était favorable à la création des Cours martiales réclamées par la Milice ; il avait, lors de la réunion des Chefs de Cour à Vichy, rappelé dans son allocution les énergiques mesures prises par lui, lors des mutineries de 1917 et les avait citées comme exemple. Il me souvient également qu’à un Conseil des Ministres, il avait déclaré qu’il ne serait pas mauvais de pendre quelques terroristes aux portes des villes. Le Président Laval m’avait fait un signe de stupéfaction, car à ce moment, il venait de protester contre une exhibition de ce genre faite, aux arbres d’un boulevard de Nîmes, par la division de S.S. qui opérait dans cette région.

 

Le chef du Gouvernement et moi-même étions au contraire très réticents ; nous hésitions à légaliser, en quelque sorte, les opérations auxquelles pourrait se livrer la Milice dans sa campagne militaire.

 

J’étudiai donc le projet avec une sage lenteur, qui permettait de gagner du temps, examinant les textes proposés par le Secrétariat au Maintien de l’ordre et transmis par l’intermédiaire d’un jeune magistrat colonial, M. Minot[ix], du cabinet de Darnand, esprit pondéré et intelligence compréhensive, cherchant la conciliation et désireux d’aboutir à une formule qui tiendrait compte des réserves dont le chef du Gouvernement désirait entourer la nouvelle loi.

 

Il ne s’agissait pas de créer une juridiction qui se substituerait aux Cours d’assises qui avaient toujours continué à fonctionner en matière de criminalité de droit commun, ni aux Sections spéciales qui restaient la juridiction ordinaire des crimes et des délits d’inspiration terroriste.

 

Les Cours martiales, dont l’organisation et le recrutement étaient confiés au Secrétaire général au Maintien de l’ordre, ne seraient compétentes que pour juger les crimes d’assassinat et de meurtre, lorsque leur auteur aurait été pris les armes à la main. La restriction ainsi apportée, qui limitait la compétence des Cours martiales, aux flagrants délits, marquait bien la pensée du chef du Gouvernement de n’envisager que des hypothèses où la culpabilité ne faisait pas de doute ; il pensait ainsi éviter des exécutions sommaires perpétrées par des partisans, dans le feu de l’action ; mieux valait le minimum de garanties offert par des juges, même pris parmi des militants, qui se décideraient après audition de témoins et examen des preuves et des charges. En fait, les Cours martiales ne prononcèrent pas toujours des condamnations à mort et firent échapper à la fusillade des maquisards qui auraient été certainement massacrés, si elles n’avaient pas existé. Elles sévirent, par contre, contre des bandits de droit commun, échappés des prisons à la faveur de coups de main de Résistants (cas du Puy, etc.) sur les établissements où étaient détenus leurs camarades ; ces malfaiteurs profitaient de la désorganisation générale et de la confusion des esprits, pour commettre des assassinats dont le mobile était le vol ou le viol.

 

Telle fut la genèse de la loi sur les Cours martiales, établie après de longues hésitations et retardée dans son application autant que faire se pouvait, entourée enfin des restrictions qui viennent d’être exposées. Le texte, soumis au Conseil des Ministres, fut approuvé à …

 

(à suivre… si et lorsque les « Ecrits d’exil seront réédités)

 

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[1] La situation était comparable à celle de la Vendée pendant la Révolution et à celle de la première guerre carliste en Espagne.



[i] Mademoiselle Bitouzet, jeune femme condamnée et exécutée par le Maquis, durant l’occupation, pour ses relations avec des soldats allemands.

[ii] Le Général Wilhelm Gustav Ermert est un des chefs du « Militärbefehlshaber » (Hôtel Majestic).

[iii] MM. Walter Bargatzki (13 avril 1910, Baden Baden - 4 novembre 1998, Bonn) et Thierfelder sont deux collaborateurs du Général Ermert ; le Dr Bargatzki suivait plus particulièrement les questions pénitentiaires ; il sera, beaucoup plus tard, dans les années 50, Président de la Croix rouge allemande.

[iv] Carl-Albrecht Oberg (27 janvier 1897, Hambourg - 3 juin 1965, Flensburg), Général S.S. de la Polizeiführer (H.S.S.P.F.) à Paris avec le titre de Obergruppenführer, responsable de la sécurité en France à partir du 1er juin 1942.

[v] Helmut Knochen (14 mars 1910, Magdeburg - 4 avril 2003, Offenbach am Main), Chef de la police de sûreté (S.I.P.O.) et du service de sécurité (S.D.) pour la France, avec rang de S.S. Standartenführer.

[vi] Pierre Cathala (1888 - 1947), avocat et homme politique français, Ministre, Secrétaire d’État à l’Economie nationale et aux Finances d’avril 1942 à août 1944, Secrétaire d’État à l’Agriculture à partir de janvier 1944, et au Ravitaillement (mars 1944).

[vii] Jacques Doriot (1898, Bresles - 1945, Mengen), homme politique et journaliste français, ancien chef des « Jeunesses communistes », fondateur du Parti populaire français (P.P.F.).

[viii] Jean Bassompierre (23 octobre 1914, Honfleur - fusillé le 20 avril 1948, Paris), militant nationaliste (La Cagoule, Parti Populaire Français), combat les Italiens dans les Alpes en 1940, est à l’origine du Service d’Ordre Légionnaire (S.O.L.).

[ix] M. Minot, jeune magistrat de la coloniale, directeur adjoint du cabinet de Darnand.

 

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Le front est calme en cette fin 2015. Les kisskissbankers sont, tout comme moi d'ailleurs, en train de préparer la Saint-Sylvestre.

Il n'en allait pas de même entre 1939 et 1945. Il suffit, pour s'en convaincre de se référer à cet autre extrait des "Ecrits d'exil".

 

 

ECRITS D’EXIL (Extrait n°6)

 

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L’extrait suivant des « Ecrits d’exil » concerne les éléments déclencheurs de l’affaire dite des « Sections spéciales » :

 

2. SECTIONS SPÉCIALES DE COUR D’APPEL ET COURS MARTIALES [1]

 

(…)

 

En Juin 1941, allait se produire un événement qui explique à la fois l’évolution du parti communiste français, le revirement d’attitude des chefs de l’occupation et la création des Sections spéciales : la rupture entre l’Allemagne et la Russie, entre le nazisme et le communisme.

 

Les nouvelles instructions de Moscou tardèrent un certain temps à parvenir en France, par suite de la suppression des facilités de transit par l’Allemagne ; il fallait enfin constituer des stocks de munitions et des équipes d’exécuteurs, car l’opposition du parti communiste allait se manifester par l’emploi de procédés qui n’avaient rien de commun avec ceux du Gaullisme.

 

Il ne s’agissait plus d’écrire des « V » sur des murs, d’écouter la radio anglaise ou de se livrer à des démonstrations extérieures du genre des « deux gaules ». L’armée d’occupation allait être attaquée dans ses œuvres vives ; elle serait en butte à des attentats contre ses membres, contre ses organisations, contre ses moyens de transport ; elle ne manquerait pas de répliquer avec brutalité et sans discernement, comme le lion affolé par les incessantes piqûres d’un moucheron ; il se produirait ainsi un divorce complet entre la population française et son occupant qui rendrait l’existence impossible aux uns et aux autres. Le Gouvernement se discréditerait, quelle que soit la position qu’il adopte, soit qu’il collabore à la répression de l’occupant, soit qu’il opte pour la résistance active ; il serait condamné à disparaître ou à sombrer dans l’ignominie ; l’Allemagne doterait la France d’un « Gauleiter » et ferait d’elle une nouvelle Pologne, mais cette éventualité importait peu aux dirigeants soviétiques, car elle ne ferait que hâter, par les souffrances et le désespoir qu’elle entraînerait, l’avènement de la dictature du prolétariat.

 

Le nouveau plan n’entra en application qu’au mois d’Août 1941, une des périodes qui a laissé le plus horrible souvenir à ceux qui avaient alors la mission cruciale de maintenir l’ordre et de sauver ce qui restait aux institutions de notre pays.

 

Les premiers attentats, qui devaient, comme prévu, entraîner la terrible réaction allemande, furent l’œuvre d’étrangers. Ce fut dans les milieux des réfugiés des pays de l’Est de l’Europe, parmi les Juifs qui avaient fui la persécution hitlérienne, que se recrutèrent les premiers exécuteurs (groupe Zalkinow[i], Polonais, Tchèques, Autrichiens, Hongrois). Les archives de la Préfecture de police et celles du Parquet de la Seine pourront être utilement consultées à cet égard, ma mémoire n’a pas retenu les noms de tous ces terroristes.

 

L’attentat, qui ouvrit une longue série d’actes analogues, fut perpétré le 12 ou le 13 Août (autant que je me souvienne de la date)[ii] en plein jour, à une heure d’affluence, à la station du métro Barbès Rochechouart. Au moment où la foule compacte s’insérait dans un wagon, deux coups de feu tirés à bout portant dans le dos abattirent un jeune aspirant de la Marine allemande, Moser[iii]. L’auteur de l’attentat s’était perdu dans la bousculade des voyageurs dont la plupart n’avait même pas eu le temps de se rendre compte de ce qui venait de se passer.

 

Le lendemain soir, un médecin militaire allemand qui suivait, dans l’obscurité (défense passive rigoureuse), le Boulevard Magenta pour se rendre à l’hôpital Lariboisière, fut tué dans les mêmes conditions. Suivit presque aussitôt un nouvel attentat contre un fonctionnaire des chemins de fer du personnel de la Gare de l’Est, au moment où il sortait de son hôtel.

 

La première réaction des chefs militaires du Grand Paris fut toute de stupéfaction, à raison de la longue période de calme qui avait succédé à leur installation dans la capitale ; la police allemande se mit en campagne et la police française, de son côté, commença ses investigations, car ces manifestations risquaient, si elles ne cessaient pas, de se retourner contre l’ensemble de la population parisienne. Mais on ignorait encore presque tout de la nouvelle organisation ; les attentats avaient été commis par des isolés, dans la nuit ou à la faveur d’une bousculade. Les recherches seraient longues et difficiles.

 

Le Commandement allemand, représenté par des militaires habitués à l’exécution immédiate de leurs ordres, responsables de la sécurité de leurs troupes et dépourvus de toute idée de ménager la population civile quand l’intérêt de l’armée d’occupation était en jeu, jetèrent feu et flamme. Ils voulaient une riposte immédiate et spectaculaire, pensant ainsi terroriser les auteurs de ces agressions (car la simultanéité dans le mode d’exécution ne laissait pas de doute sur l’existence d’une organisation) et les faire cesser. La suite des événements a démontré qu’ils s’étaient lourdement trompés et que les nouvelles méthodes qu’ils employèrent ne firent qu’exacerber la volonté agissante de leurs adversaires.

 

Les procédés qui venaient d’être mis en œuvre portaient nettement une facture russe, donc communiste. L’attentat au revolver et bientôt à la bombe contre un isolé avait été caractéristique des méthodes employées par les révolutionnaires pendant le règne des derniers czars ; en France, au contraire, il était peu conforme au caractère national ; les attentats contre les Présidents de la République Carnot[iv] et Doumer[v] et contre les Rois de Yougoslavie ou d’Espagne avaient été commis par des étrangers ; l’anarchisme français avait, même avec Vaillant[vi], opéré à visage découvert et avec une certaine bravade.

 

Les militaires allemands exigèrent d’abord que les auteurs des premiers attentats fussent découverts, arrêtés, jugés et condamnés à mort dans un délai qui ne dépasserait pas huit jours. Puis, devant l’impossibilité matérielle de battre un tel record, ils décidèrent de fusiller, au lieu et place des coupables non découverts, 150 condamnés pour activité communiste ou internés administrativement, soit avant, soit depuis l’occupation, dans des camps de la zone Nord. Ce fut la théorie des condamnés de remplacement, survivance barbare de la conception germanique de la responsabilité collective du clan. Ils se défendaient alors de faire revivre l’odieuse pratique de l’otagiat, telle qu’elle avait été pratiquée durant la guerre de 1914-1918 ; l’otage est une personnalité choisie à raison de son influence sur ses concitoyens (préfet, évêque, maire, etc.) qui répond sur sa vie de la tranquillité de ses administrés ; le condamné de remplacement est un quelconque membre d’une organisation dont il partage l’idéologie et qui prend la place de l’auteur inconnu d’un attentat. Cette subtilité ne pouvait être admise par les chefs des services français qui, à Paris, étaient en contact administratif avec la machine militaire de l’occupation. Ils protestèrent avec énergie ; la Préfecture de police promit de mettre tout en œuvre pour découvrir les meurtriers, afin d’épargner aux militants communistes détenus le calvaire dont ils étaient menacés.

 

Le Commandement allemand se plaignait aussi de la passivité dont le public avait fait preuve en ne s’emparant pas de la personne des terroristes, alors qu’il fallait tenir compte de circonstances telles que la nuit ou l’affolement, sans trop insister sur le sentiment bien naturel de ne pas se mêler d’une dangereuse affaire. Il envisagea donc des mesures contre la population, telles que des entraves à la circulation des véhicules, la fermeture des cafés et des cinémas, des couvre-feux anticipés (à 17 ou 18 heures), tous procédés, qui, s’ils étaient mis en application, paralyseraient la vie de la cité et gêneraient autant les officiers allemands que les civils, car ceux-ci étaient les clients les plus assidus des restaurants, cafés et autres lieux de divertissement.

 

Les chefs des services parisiens, représentants dans la capitale des divers Ministères informèrent aussitôt Vichy de cette nouvelle situation, sollicitant des instructions et appelant véritablement « Au secours ».

 

Pour l’intelligence complète de ce qui va suivre et de la genèse de la loi sur les « Sections spéciales », il convient d’exposer quelle était l’attitude du Gouvernement de Vichy vis-à-vis des problèmes de la zone occupée. Depuis que Laval avait été écarté des affaires et que son plan d’assouplissement de la ligne de démarcation avait été abandonné, la séparation non seulement matérielle, mais morale entre les deux zones s’était accusée. L’autorité allemande donnait les sauf-conduits aux chefs des administrations avec beaucoup de réticence et de parcimonie ; les communications téléphoniques étaient écoutées ; les correspondances officielles lentes et les réponses interminables à venir. Du côté du Gouvernement, on témoignait d’une certaine méfiance vis-à-vis des administrations de l’autre zone ; on les laissait se débrouiller un peu comme elles pouvaient, mais l’autonomie qu’on leur laissait était dépourvue de cette autorité que confèrent seules les fonctions gouvernementales vis-à-vis de l’étranger. Les Ministres étaient représentés dans la capitale par des fonctionnaires subalternes, un préfet à l’Intérieur, un Conseiller à la Cour de Paris à la Justice et, bien qu’animés du meilleur esprit et fort distingués, ils manquaient du pouvoir de décision. Ni le Général de la Laurencie[vii], ni son remplaçant M. de Brinon n’avaient eu de rapports avec les administrations qui, pour des raisons diverses et sur lesquelles la mort commande le silence, ne tenaient pas à recourir aux bons offices de la Délégation générale. Les membres du Gouvernement, par réaction sans doute contre la pratique qui avait valu sa disgrâce au Président Laval, s’abstenaient de faire de fréquents voyages à Paris ; ils traitaient les affaires par correspondance et par l’intermédiaire de leurs Directeurs. En ce qui concernait le Ministère de la Justice, par exemple, la liaison qu’organisa plus tard le Secrétaire général Georges Dayras, en venant toutes les semaines à Paris, n’existait pas encore. Quant au Garde des Sceaux Barthélemy, il avait fait une furtive apparition et j’avais dû aller à Vichy, en Mai, pour saluer mon nouveau chef. Il m’avait, au cours de ces deux entrevues, donné l’impression de se désintéresser de l’administration de la Justice en zone occupée ; alors que je m’efforçais de ramener la conversation sur nos rapports avec les autorités allemandes, sur nos difficultés et que je sollicitais des directives, il se bornait à me dire qu’il nous faisait confiance, que nous ne devions pas provoquer d’incidents et il s’étendait longuement sur des sujets sans intérêt pour moi concernant l’administration de la Justice à Carpentras ou dans le Gers. Il paraissait s’être résigné, avec sa philosophie sceptique et souriante, à n’être que le Ministre de la moitié de la France.

 

On peut donc juger de la perturbation apportée sur les bords de l’Allier par les appels téléphoniques du Préfet Ingrand[viii] et du Conseiller Rousseau[ix]. Barthélemy, troublé dans sa quiétude, peu désireux, par ailleurs, de venir à Paris traiter avec les autorités d’occupation une aussi grave affaire, chargea de cette pénible mission le Secrétaire général Dayras.

 

Les Allemands, dans l’intervalle, avaient émis une proposition qu’ils considéraient comme une concession faite à leurs premières exigences. Si le Gouvernement français obtenait de sa propre juridiction le prononcé de dix condamnations à mort, suivies d’exécution, de communistes, la fusillade des 150 otages n’aurait pas lieu. Le dilemme était tragique. Du point de vue du propre intérêt gouvernemental, il aurait sans doute mieux valu laisser à l’occupant la responsabilité de la réprobation que soulèverait dans le pays ce massacre, mais que de familles en deuil et quel drame de conscience du point de vue humain ! …

 

 

 

…(à suivre si - et lorsque - les « Ecrits d’exil » seront réédités)…

 

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[1] La Cour martiale créée par la loi du 24 Septembre 1940 siégea à Gannat et eut une existence éphémère.



[i] Fernand Zalkinow (23 septembre 1923 - 9 mars 1942), membre des jeunesses communistes, arrêté le 31 octobre 1941, après une série de 17 attentats contre l’occupant ; le groupe comprenait Roger Hanletcher, Acher Semahya, Roger Peltier, Christian Rizo, Tony Bloncourt et Pierre Milan.

[ii] En fait, l’attentat a eu lieu le 21 août 1941 et a été commis par le Colonel Fabien (Pierre Georges) militant communiste (21 janvier 1919, Paris - 27 décembre 1944, Habsheim).

[iii] Alfons Moser, une trentaine d’années en 1940, marié et père de deux fillettes, employé de caisse d’épargne de Baden-Baden, enseigne de vaisseau, assistant d’intendance aux magasins d’habillement de la Kriegsmarine à Montrouge.

[iv] Marie François Sadi Carnot (11 août 1837, Limoges - 25 juin 1894, Lyon), Président de la République de 1887 à 1894, assassiné d’un coup de poignard par l’anarchiste italien Sante Caserio le 24 juin 1894, à Lyon.

[v] Joseph Athanase Paul Doumer (22 mars 1857, Aurillac, Cantal - 7 mai 1932, Paris), Président de la République (13 mai 1931), il subit une tentative d’assassinat le 6 mai 1932 à Paris par un émigré russe, Paul Gorgulov, et mourut des suites de ses blessures le 7 mai 1932 à 4 heures 37 du matin.

[vi] Auguste Vaillant (1861 - 1894), activiste anarchiste, guillotiné le 3 février 1894 pour avoir, le 9 décembre 1893, lancé une bombe dans la tribune de la chambre des Députés.

[vii] Vicomte Benoit-Léon de Fornel de la Laurencie (24 août 1879, au Verger, Brout-Vernet, Allier - 23 juin 1958, Paris), Général de corps d’armée, Délégué général du Gouvernement de Vichy auprès du chef de l’administration militaire allemande pour la zone occupée à Paris (17 août 1940 - 14 décembre 1940).

[viii] Jean-Pierre Ingrand (1905-1992, Golfe Juan), Préfet issu du Conseil d’État, représentant du Ministre de l’Intérieur en zone occupée du 6 juillet 1940 à janvier 1944.

[ix] Louis Rousseau, Directeur des services du Ministère de la Justice, représentant du Garde des Sceaux à Paris.

 

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Et je continue de fournir quelques extraits des "Ecrits d'exil"

 

(ECRITS D’EXIL (Extrait n°5)

 

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L’extrait suivant des « Ecrits d’exil » concerne la mise en contexte de la création des juridictions spéciales créées pour juger les activités des communistes au début de la guerre :

 

2. SECTIONS SPÉCIALES DE COUR D’APPEL ET COURS MARTIALES [1]

 

L’histoire de la création et du fonctionnement des Sections spéciales de Cour d’appel et des Cours martiales est étroitement liée à celle de l’activité du parti communiste depuis le début de la guerre. L’institution de ces juridictions d’exception devient incompréhensible pour qui ne se réfère pas, à chaque instant, à l’évolution du parti communiste et à sa tactique de 1939 à 1944. Le Gouvernement du Maréchal n’est, en effet, pas entré le premier dans la voie de la répression à l’égard des menées communistes ; il n’a fait que suivre, sans les aggraver, les normes initiées par les Gouvernements Daladier et Reynaud et, s’il a créé, pour les appliquer, de nouvelles juridictions, c’est qu’il se trouvait, par suite de la suppression des Conseils de Guerre en zone occupée et plus tard en zone libre, dans l’impossibilité matérielle d’assurer lui-même, sous peine de voir les juridictions de l’armée allemande se substituer à la justice française, la répression des attentats commis contre ses nationaux.

 

Dès l’ouverture des hostilités, le parti communiste français prit nettement position contre la guerre. Sa propagande s’inspirait de la thèse développée le 31 Octobre 1939 par M. Molotov, à la session extraordinaire du Conseil suprême de l’U.R.S.S. :

 

 « La guerre n’a plus de sens depuis l’anéantissement de la Pologne ; la poursuite de la guerre de la part de l’Angleterre et de la France entraînera la ruine économique et détruira la civilisation des nations Européennes ; il est insensé et criminel de la poursuivre en vue de détruire l’Hitlérisme, même si l’on camoufle le conflit sous le concept d’une lutte pour les démocraties ; la peur de perdre leur suprématie coloniale et commerciale dans le monde est le véritable motif de la haine de l’Angleterre et de la France contre le Reich allemand ; c’est la guerre des impérialismes et du capitalisme dirigée contre les nations prolétaires, etc. »

 

Tels étaient les thèmes développés dans la propagande clandestine du parti communiste durant l’hiver 1939-1940 (voir Chapitre XIX Le Collaborationnisme).

 

Elle en tirait cette conséquence : il fallait faire la paix avec l’Allemagne, se retirer du conflit et saboter la production de guerre.

 

L’immobilité observée sur le front du Nord-Est entre les deux belligérants favorisait le succès de cette propagande ; l’oisiveté à laquelle les masses accumulées le long de la ligne Maginot[i] étaient condamnées, avait entraîné une psychose de lassitude et d’amollissement des caractères ; à l’intérieur, les consignes de sabotage portaient leurs fruits dans les usines de guerre, aux Usines Farman[ii] à Billancourt (sabotage de moteurs d’avions), dans la région parisienne (sabotage de fusées d’obus et de balles anti-tank) et même sur le front (sabotages dans les casemates de la région de Boulay[iii]). Il sera intéressant pour l’historien de l’avenir de consulter les archives des Conseils de Guerre de Paris, dont certaines des procédures les plus typiques furent mises à la disposition de la Cour suprême.

 

Le Gouvernement de M. Daladier avait réagi contre cette propagande qui, sur le plan parlementaire, s’était traduite par une lettre écrite, au début d’Octobre 1939, par les députés communistes au Président Herriot pour lui demander de réunir le Parlement en vue d’examiner la possibilité d’arrêter le cours des hostilités. Les signataires avaient fait l’objet de mesures administratives en attendant la levée de l’immunité parlementaire et des sanctions judiciaires étaient intervenues.

 

Dès le mois de Septembre, le Gouvernement avait prononcé la dissolution du parti communiste et érigé en délit passible de peines correctionnelles, avec un maximum de 5 ans de prison, la reconstitution clandestine de ce parti et toute activité liée à la IIIème Internationale.

 

Le 22 Février 1940, la Chambre votait à l’unanimité des 492 députés présents la destitution des élus communistes. Le Secrétaire général du parti, M. Maurice Thorez, était déchu de la nationalité française. Mobilisé dans les services de l’arrière à Amiens, il avait déserté, passé la frontière suisse dans la région de Thonon, reçu des Allemands l’accueil le plus favorable et ceux-ci lui avaient facilité son passage en Russie d’où il donnait, sous l’égide des dirigeants de cette puissance, les directives au parti communiste français réfugié dans la clandestinité. Il avait été condamné à mort par contumace par un Conseil de Guerre.

 

Le 9 Avril 1940, 35 députés communistes étaient condamnés à des peines de prison par un Conseil de Guerre dans l’affaire de la lettre au Président Herriot. Certains furent transférés en Algérie, d’autres internés dans des prisons du centre de la France, au Puy notamment.

 

Toutes les poursuites exercées en vertu du décret du 23 Septembre 1939 sur la propagande communiste, ainsi que celles motivées par les sabotages ou autres délits d’inspiration communiste étaient déférées aux Tribunaux militaires, en vertu de la loi sur l’État de siège qui leur donnait compétence, même à l’égard des civils. Les tribunaux correctionnels ne connurent que très exceptionnellement de ces affaires, quand la juridiction militaire se désintéressait de la poursuite en raison de son insignifiance.

 

Telle était la situation au moment où l’armistice coupa la France en deux portions et où l’armée allemande occupa la zone Nord, ce qui entraîna « ipso facto » la disparition des tribunaux militaires dans ce secteur.

 

Le Procureur général de Paris demanda alors au Gouvernement installé à Vichy si la législation anti-communiste était toujours en vigueur. La réponse fut affirmative. Les tribunaux correctionnels allaient donc, en zone occupée, être seuls compétents pour juger les affaires de propagande communiste. La situation était, en effet, très délicate.

 

Le parti communiste, obéissant aux consignes reçues de Russie, alliée de l’Allemagne, témoignait d’une grande activité dans le sens du Collaborationnisme le plus excessif. Il voyait se réaliser ses aspirations de conquête du pouvoir, avec le bienveillant concours ou tout au moins la neutralité de l’autorité militaire occupante.

 

Dès le début de l’offensive allemande de Mai, les organes clandestins du parti étaient devenus particulièrement audacieux et agressifs. « L’Humanité du Soldat » écrivait :

 

« Tout notre passé nous appelle à l’union contre la guerre et à l’action résolue pour une paix immédiate. Dans les casernes et les cantonnements, dans les casemates de la ligne Maginot, dans les ports et sur les navires partout gronde le peuple soldat. Nous savons désormais où est l’ennemi. Nous désignons les responsables. À bas le Gouvernement des jusqu’au boutistes. À bas les chefs réformistes et socialistes vautrés dans l’union sacrée de guerre et de trahison. Voilà notre cri unanime ». (Mai 1940)

 

De « L’Humanité »[iv] du 15 Mai :

 

« Pour les travailleurs et les soldats, l’impérialisme franco-anglais responsable de la guerre ne devient pas plus sympathique parce qu’il est aux prises avec un Impérialisme aussi détestable ».

 

Le 17 Juin, la même « Humanité » écrivait :

 

« Est-ce que la cité de Londres obtiendra la continuation du massacre de nos frères et de nos fils pour permettre à l’Angleterre, avec ses 40 millions d’habitants d’en exploiter 400 millions ou la volonté du peuple français obtiendra-t-elle gain de cause ».

 

Et le rédacteur de préconiser l’envoi de pétitions et de lettres individuelles au Comité restreint du Conseil Municipal de Paris pour exiger une paix immédiate. On pourrait reproduire ces citations à l’infini, si les archives des dossiers du Parquet de la Seine n’ont pas été expurgées.

 

Toute cette activité avait singulièrement servi l’armée allemande qui, pensaient les communistes, leur témoignerait sa reconnaissance en faisant pression sur le Gouvernement français pour obtenir la publication au grand jour de sa presse en zone occupée.

 

Le 20 Juin, la police française avait arrêté un membre du Comité central du parti, Maurice Tréand[v], trouvé porteur de documents de la « Propagandastaffel »[vi], établissant que des pourparlers avaient été entamés entre l’organisme communiste clandestin et les services de l’occupation. Il s’agissait de faire reparaître « L’Humanité ». Tréand et les deux femmes qui l’accompagnaient avaient été écroués à la prison de la Petite Roquette[vii] et le Parquet de la Seine avait ouvert une information.

 

Tréand alerta aussitôt ses protecteurs allemands et le 25, le Conseiller de Justice Fritz[viii], qui assurait la liaison avec les services judiciaires français, le faisait, d’autorité, remettre en liberté. La première intervention du nouvel occupant de la France s’était manifestée en faveur d’un communiste. C’est que les chefs de l’armée allemande étaient hésitants sur la conduite à tenir ; personnellement ils étaient hostiles au communisme, mais ils devaient tenir compte des directives du parti nazi et des rapports qui unissaient leur pays à la Russie soviétique.

 

Les communistes redoublaient du reste de zèle pour conquérir la faveur de l’occupant. Le 4 Juillet, « L’Humanité » clandestine entreprenait une campagne pour la fraternisation des ouvriers français et des soldats allemands.

 

Dans son numéro du 27 Juillet, elle réclame la reprise des usines pour aider à l’effort de guerre allemand, invitant les ouvriers, si les patrons témoignent de la mauvaise volonté et entravent la reprise de l’activité économique, à procéder eux-mêmes à la réouverture des ateliers. Cette propagande persistera durant tout l’hiver 1940-1941 en zone occupée. « Les cahiers du Bolchevisme » (1er trimestre 1941) déclarent que les États-Unis représentent l’omnipotence des trusts, le pouvoir du capitalisme le plus évolué. « C’est la dictature de quelques familles oligarchiques qui descend dans l’arène de la guerre. »

 

« L’Humanité » du 1er Mai 1941, sous le titre « Les assassins de la Liberté », écrit :

 

« de Gaulle, ce Général à particule, ne veut pas la liberté de son pays, mais le triomphe des intérêts capitalistes. Ce n’est pas des « V » qu’il faut écrire sur les murs, mais l’emblème de la faucille et du marteau ».

 

C’était l’époque où les députés communistes, détenus au Puy, Michel, Costes et Billoux[ix], parmi eux, écrivaient au Président de la Cour suprême, pour demander à servir de témoins de l’accusation contre MM. Daladier, Léon Blum, Reynaud et Mandel.

 

Leur propagande faisait état des discours prononcés à Berlin notamment par Maurice Thorez au moment et après l’avènement d’Hitler au pouvoir :

 

« Il faut s’entendre avec quiconque veut la paix, avec quiconque offre une chance, si minime soit-elle de sauvegarder la paix. Il faut s’entendre avec l’Italie en dépit de la dictature fasciste, il faut s’entendre même avec l’Allemagne d’Hitler comme je l’ai proclamé le 5 Avril dernier (1938). »

 

 « Nous, communistes de France, nous luttons et nous appelons les travailleurs de notre pays à la lutte pour l’annulation du traité de Versailles, pour la suppression définitive et sans conditions des réparations, pour l’évacuation immédiate de la Sarre, pour la libre disposition du peuple d’Alsace Lorraine, jusques et y compris sa séparation avec la France, pour le droit de tous les peuples de langue allemande de s’unir librement ».

 

Jamais, après la défaite, le collaborateur le plus excessif n’aurait osé tenir un pareil langage…

 

On devine l’embarras des militaires allemands devant une telle attitude…

 

…(à suivre si - et lorsque - les « Ecrits d’exil » seront réédités)…

 

Pour participer à la réédition des « Ecrits d’exil », rendez-vous sur :

http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/ecrits-d-exil



[1] La Cour martiale créée par la loi du 24 Septembre 1940 siégea à Gannat et eut une existence éphémère.



[i] Ligne de fortification courant le long de la frontière française, du Luxembourg à la côte italienne, dont la construction a été rendue possible par André Maginot (17 février 1877 - 7 janvier 1932), Ministre de la Guerre à partir de 1929.

[ii] Du nom du pilote d’avion Henri Farman (26 mai 1874, Paris - 18 août 1958, Paris), qui, avec ses deux frères, Dick et Maurice, fonda la compagnie.

[iii] Boulay est une petite ville de Moselle située au nord-est de Metz.

[iv] « L’Humanité », journal de gauche fondé en 1904 par Jean Jaurès, devenu organe central du Parti communiste français en 1920, après la scission du congrès de Tours.

[v] Maurice Tréand (1900, La Chaux-de-Fonds, Suisse - 1949, Antony), garçon de café, puis gérant de restaurant, responsable de la commission des cadres du P.C.F., négociateur de la reparution légale de « L’Humanité » en juin 1940, écarté de toute responsabilité en novembre 1940.

[vi] « Propagandastaffel » : « service de la propagande ».

[vii] La Petite Roquette était la prison pour femmes de Paris, située à proximité de la place de la Bastille, détruite en 1975.

[viii] Le Conseiller allemand à la Justice, le Colonel Fritz, responsable de la liaison avec les services judiciaires français au Palais Bourbon (département de Justice du Grand Paris), est venu lui-même chercher Maurice Tréand à sa sortie de prison.

[ix] Députés communistes dénommés Michel (non identifié) ; Alfred, Marie, Irénée Costes (24 février 1888, Saint-Juéry (Tarn) - 28 septembre 1959, Boulogne-Billancourt (Seine)), membre du Parti communiste, Député de la Seine de 1936 à 1940 ; François Billoux (21 mai 1903, Saint-Romain-la-Motte (Loire) - 14 janvier 1978, Menton (Alpes-Maritimes)), Secrétaire général des Jeunesses Communistes de 1928 à 1930, au Comité central du P.C.F., en 1926, Député communiste de Marseille.