Un film antidote aux maux des médias et à notre perception abîmée du monde...

Large_bandeau_kkbb-1527513538

Présentation détaillée du projet

 

 

D'une année à l'autre, la défiance envers les médias ne faiblit pas. Dans un monde d'infobésité, alors que le Brexit ou les dernières élections américaines et l'arrivée de Trump à la présidence des Etats-Unis donnent tort aux analyses et pronostics du prétendu "quatrième pouvoir", il devient urgent d'interroger le récit proposé par une profession qui, si elle s'interroge régulièrement sur les conditions d'exercice de son métier, remet rarement en cause sa vision du monde.

 

Pire, alors que nos modes de vie et nos organisations sociétales sont menacés par des défis de civilisation sans pareils, le nivellement par le bas du discours médiatique ne donne pas aux Français le sentiment de « faire société ». Un constat partagé par de nombreux professionnels pour qui le langage journalistique a différents effets destructeurs sur le moral de son audience. Pour la sémiologue Mariette Darrigrand, auteure de l'essai Comment les médias nous parlent (mal), les mots récurrents de l'actualité ont même un caractère stérile et une capacité à paralyser la seule chose qui compte véritablement : l’action.

 

Ci-dessus : un aperçu de la newsroom de la BBC, la plus grande d'Europe, un patio immense sous éclairages artificiels, à Londres. "It's nice if you are a mushroom !" ("C'est bien si vous êtes un champignon") nous a confié avec humour la journaliste que nous sommes allés y rencontrer mi-mai 2018

 

Certes tous les médias ne se ressemblent pas : entre les chaînes d'information en continu et le journalisme d'investigation à la Médiapart, ou l'infodivertissement proposé par d'autres, de larges nuances existent et l'actualité des petites choses ne domine pas tous les supports. Reste que la concentration des médias dans les mains de quelques patrons de presse et les conditions de fabrication de l'information rendent souvent difficile le traitement de la complexité du monde. De fait, dans un monde soumis à une multiplicité de transformations en constante accélération (mondialisation, numérique, mutations économiques et sociales, disparition du vivant, changement climatique) il est peut-être temps de poser les questions – et fournir les réponses – autrement.

 

Ce documentaire entend analyser les raisons du malaise régulièrement exprimé par le grand public (et par les journalistes désireux de bien faire leur métier) envers les médias, avant d'effectuer un tour du monde des rédactions et supports qui essayent de proposer un journalisme plus vivant, plus responsable, plus en phase avec le monde qui vient, avec de nouvelles manières de voir, et de faire.

 

"Les Médias, Le Monde et Moi" propose donc une réflexion aussi bien individuelle que collective sur notre rapport au monde, à l'information, et à ce qu'il nous faut préserver plus que jamais. C'est un "Moi" universel, qui fait le récit du vécu de sa protagoniste tout autant qu'il interroge le rapport que chacun peut entretenir avec l'information qu'il reçoit, et sa quête de sens dans un monde complexe...

 

 

Journaliste freelance (pigiste), je travaille pour différents médias - généralistes comme Le Monde ou Public Sénat - et auparavant Le 1, France 2 ou des Hors Série de l'Express ; spécialisés tels Kaizen, We Demain, et aujourd'hui L'Info Durable ; des médias locaux comme Revue Far Ouest. Egalement auteure de plusieurs livres, je m'investis dans plusieurs projets associatifs.

 

J'exerce ce métier depuis la fin des années 2000 afin de partager sérieusement des informations sur l'environnement et les alternatives citoyennes. Mais traiter de ces sujets n'est pas chose facile : au Monde ou à Libé par exemple, la vie des pages Planète a souvent été compliquée, les questions de climat font fuir, l'écologie est un terme banni. Et si aujourd'hui les choses évoluent, la grille de lecture médiatique est loin d'être convaincue par la nécessité de placer ces sujets en priorité.

 

L'idée d'enquêter sur ce sujet est née il y a cinq ans, à force d'accumuler anecdotes et témoignages des difficultés rencontrées par consoeurs et confrères spécialisés sur ces questions. Je veux alors rédiger un ouvrage qui explique pourquoi il est plus simple de parler de Nabila ou d'Hanouna que du climat, et qui interroge notre capacité à voir le monde en face.

 

Dans les couloirs du Guardian, mi mai 2018 : l'éditorial d'un côté, le multimédia de l'autre

 

En juillet 2014, alors que j'interviewe Stéphane Paoli dans le cadre de cette enquête, je ressens le besoin d'aller plus loin. Ce journaliste, longtemps animateur de la matinale de France Inter, est pour moi une référence : c'est la voix de mes réveils matin d'étudiante, c'est une façon de traiter l'actualité, c'est une audace toujours renouvelée et une persévérance, à mes yeux, exemplaire. Seule face à lui ce jour là, dans ce sombre bureau où je n'ai pris qu'un vieux crayon et un calepin, je note au mieux le contenu de notre échange, mais je suis figée, subjuguée par la teneur de ses propos. Tout ce qu'il explique résonne en moi : ses mémoires de reportages, sa façon d'interroger la responsabilité des médias, de douter de ce qu'il a pu dire et raconter... « Sommes nous encore, journalistes, les narrateurs du monde ? En faisons nous le récit ? » me demande-t-il à plusieurs reprises. J'ai la chair de poule et regrette de ne pas avoir enregistré notre conversation pour garder trace de notre échange. « Paoli, je ne peux le retranscrire simplement par écrit, il me faut de l'image, du son, je dois partager l'émotion qu'il a provoquée en moi plus largement, il faut que les gens comprennent la réalité de ce métier, qu'ils saisissent l'interrogation que certains nourrissent en permanence sur le rôle qu'ils tiennent dans la société » me dit une petite voix... L'envie de faire plus est née.

 

Dans l'extrait suivant, Stéphane Paoli vient de nous parler de ses ouvrages de référence... soudain, il s'arrête sur une figurine fort symbolique pour lui :

 

Je continue mes interviews, puis fin 2015 je rencontre le réalisateur Flo Laval, à qui je parle de mon désir de réaliser un documentaire sur le traitement médiatique de mes sujets de prédilection. On en parle, on en reparle, il me challenge, on débat de l'écologie, il me présente Les Films d'Un Jour. Très vite, cette boîte de production accepte l'idée, me fait revoir au moins trois fois ma copie, et quand le synopsis tient la route, on valide le projet.

 

Au final, le documentaire et son livre associé dépasseront le simple spectre de l'écologie dans les médias pour poser une question beaucoup plus profonde : comment les médias regardent-ils le monde ? Comment façonnent-ils notre vision du monde ? La défiance à leur égard n'est-elle pas le fruit de leurs nombreux biais de traitement de ce qui nous entoure ? N'est-ce pas dommageable pour notre démocratie ? Comment faire autrement ?
 

 

 

Avec ce documentaire, nous voulons vous emmener à la rencontre de ces journalistes qui se mettent aux côtés de leurs lecteurs pour redonner vie à de vrais "médias" d'information, à des supports qui mettent en forme la vie de la société et se conçoivent comme des médiateurs – et non comme une "élite", ainsi que le veut la réputation actuelle des journalistes perçus comme des menteurs ou manipulateurs dans une bonne partie de l'opinion publique. Nous souhaitons aussi redorer le blason de cette profession si malmenée - sans doute à raison, et surtout expliquer que les médias ont tout intérêt à adopter une nouvelle posture dans le monde actuel.

 

Vu dans les locaux du Constructive News Institute, au Danemark, début avril 2018

 

 

Nous avons à cœur d'éviter deux écueils : faire un film de journalistes pour les journalistes, et faire un film « chorale » qui n'accumulerait que des témoignages face caméra. Ce film est pour nous un cri du cœur, le désir de redonner goût à l'information et de changer le rapport au monde. De passer d'un mode passif à une posture active, et d'offrir pour cela une grille de lecture utile des initiatives qui aujourd'hui dans le monde de l'information, changent la donne, se rapprochent des lecteurs et fournissent des clefs pour l'avenir.

 

Pour cela, nous suivons différents journalistes et médias : nous allons à la rencontre de Datagueule, du 1 ou encore de Nice Matin, nous interrogeons des journalistes et des spécialistes de renom. Nous suivons de l'intérieur la mésaventure de feu le journal Ebdo, et nous allons aussi à l'étranger, filmer des exemples dont on entend peu parler en France, des journalistes qui font bouger leur profession. Nous allons pour cela en Angleterre, au Danemark, aux Pays-Bas et aux Etats-Unis pour vous offrir un aperçu de ce qui se fait chez nos voisins proches ou plus lointains. Nous prévoyons de finaliser les tournages début septembre 2018, puis de diffuser le film en fin d'année.

 

 

Flo Laval, le réalisateur, conçoit le film comme "un double road trip, un voyage lointain et un voyage intime" : "pour nous partager son propos, Anne-Sophie nous emmène dans un voyage à double facette, afin de découvrir les initiatives en pointe du journalisme qu’elle défend en Europe et aux Etats Unis. Mais ce n’est pas le nombre de kilomètres qui fait la pertinence d’un regard : le périple d'Anne-Sophie nous plonge aussi dans une seconde dimension, au plus proche de son univers personnel. Quel regard portent les gens autour d’elle sur son travail de journaliste et sur celui des médias en général ? Au contact de ses proches (parents, grands-parents) ou d’amis (journalistes, ou au contraire bien loin des cercles journalistiques parisiens), sa pérégrination se transforme en journal intime.

 

Tout au long du film, nous découvrons trois récits. Le propos d’une auteure-journaliste tout d'abord : Anne-Sophie questionne le rôle des médias et la manière dont ils peuvent se réinventer. Nous rencontrons ainsi tout au long du film des journalistes et des entrepreneurs du monde des médias qui souhaitent faire évoluer leur métier.

 

Vient ensuite l’incarnation de ce propos : cette réflexion autour du renouveau des médias est symbolisée par la création d’un journal dont Anne-Sophie a été partie prenante : Ebdo. L’auteure nous raconte l’aventure que constitue la création ambitieuse d’un nouveau titre de presse d’envergure nationale. Nous découvrons toutes les grandes étapes de la création de ce média, avec ses promesses, ses difficultés et ses désillusions.

 

Enfin la dernière dimension narrative, centrée sur l’évolution personnelle et professionnelle d’Anne-Sophie. Comment a-t-elle fait ses choix de carrière ces dernières années ? Comment ses proches ont vu évoluer sa démarche et son métier ? Ce road trip fait-il évoluer sa démarche ?"

 

 

En France comme à l'étranger, nous allons à la rencontre d'acteurs qui conçoivent leur métier autrement. Conscients des enjeux du monde, ils s'engagent dans de nouveaux chemins de faire : nous avons à coeur de comprendre leurs démarches, de les partager, de les questionner... tout en interrogeant notre propre rapport aux médias.

 

Parmi eux, Stéphane Paoli, Eric Fottorino (Le 1), Elise Lucet (Cash Investigation),  Luc Hermann (Premières Lignes Production), Fabrice Arfi (Médiapart), Franck Annese (So Press), Laure Noualhat (réalisatrice, auteure), Sylvain Lapoix (Datagueule), Julien Goetz (Datagueule), Walter Bouvais (Terra Eco), Julia Cagé (économiste des médias), Jean-Marie Charon (sociologue des médias), Ulrik Haagerup (Constructive Institute), Mark Rixe Oxley (The Guardian), Emily Kasriel (BBC), David Bornstein (SJN), David Boardman (SJN), Jay Rosen (chercheur à l'université de New York), Jeanne Bordeau (sémiologue) et bien d'autres encore...

 

Anne-Sophie Novel - j'en ai déjà trop dit plus haut, pour en savoir plus vous pouvez aussi aller ici

Flo Lavalréalisateur de films documentaires. Auteur curieux et voyageur, il s’est intéressé aussi bien au football africain qu’aux militants hacktivistes en passant par les comédies musicales et les combats judiciaires des anciennes victimes des Kmhers Rouges.

Il a ainsi collaboré avec des médias traditionnels comme France TV, TV5 Monde, Orange Sport, mais aussi avec Médiapart ou la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme.

En 2014, il a co-fondé le studio transmédia The Rabbit Hole et lancé en 2017 Revue Far Ouest. Un média pure player entre journalisme et série documentaire qui s’intéresse au Sud-Ouest de la France.

Sebastien Teze - producteur et réalisateur. Sébastien a créé Les Films d'un Jour en 2004 avec le désir d'accompagner de nouveaux talents et de faire exister des films documentaires aux regards singuliers, tels "Ellis Island, une histoire du rêve américain" de Michaël Prazan ou "Norilsk, l’étreinte de glace" de François-Xavier Destors, sélectionné cette année dans plusieurs festivals internationaux. 

Natacha Bigan - graphiste et directrice artistique, Natacha a une approche pluri-disciplinaire des questions de communication et manie aussi bien les supports statiques que vidéos afin d’adapter au plus juste la forme du message selon les besoins. Passionnée de voyage et de nature, elle se spécialise rapidement dans la direction artistique de projet éthiques et à portée environnementale. Elle à travaillé sur des vidéos pour la Ligue des Droits de l'Homme ou le musée de l'immigration et elle collabore régulièrement avec le WWF et diverses ONG internationales de protection de la nature.

Florian Seraul - musicien et compositeur originaire du sud de la France. Fasciné par la musique, il s’est d’abord adonné à l’exploration musicale avec chaque instrument qui lui tombait sous la main. Son goût pour la musique Indie et Folk-Orchestrale s’est développé alors qu’il séjournait pour quelques temps en Suède. Depuis qu’il a élu domicile à Montréal, Florian est tombé sous le charme de la scène underground de cette métropole nord-américaine - la culture métissée et les multiples langues contribuent à forger un style de vie unique, propice à la création d’une musique viscérale et idéale pour les yeux. Bientôt de retour en France, il a accepté de réaliser la bande son originale du film.

 

Quelle diffusion ?

Notre film sera diffusé sur la plateforme de documentaires en SVOD Docs TV et sera utilisé lors de festivals et rencontres organisées un peu partout en France afin de parler des médias qui changent notre rapport au monde. Nous aimerions également le traduire en anglais pour une diffusion internationale.

Si notre démarche est largement partagée, sans doute maximiserons nous nos chances de trouver un diffuseur télé !

À quoi servira la collecte ?

La défiance à l'égard des médias dans leur ensemble créé une distance qu'il nous faut surmonter afin que le film touche un public large, en France à l'étranger.

 

Notre idée est donc de proposer un récit qui permette à chacun de comprendre que nous avons besoin d'être bien informés pour bien vivre en société. Pour cela, il nous faut des moyens à la hauteur de notre ambition, de quoi créer une identité idéale pour accompagner au mieux notre propos.

 

Jusqu'à présent, nous avons auto-financé les tournages sur nos deniers personnels. Anne-Sophie a déjà travaillé sans financement pendant 4 ans sur ce projet. Flo a accepté de travailler bénévolement et de refuser certains projets pour l'assurer. Ils ont tous deux acceptés de partager une partie du risque avec les producteurs et de mettre une part de leur rémunération en participation.

 

Même si nous espérons assurer d’autres sources de financements (institutions, fondations, voire même un diffuseur télé lorsque le film sera fini…), votre soutien est aujourd’hui incontournable pour aller au bout de notre film !

 

Concrètement, avons besoin de 20 000 euros supplémentaires pour faire le film de nos rêves. Tels des grimpeurs, nous avons structuré notre parcours en quatre étapes afin d'arriver au sommet :

 

12 000 euros : la production et le montage du film sont assurés au minimum. Les moyens techniques suffisent pour une dizaine de jours de tournage, en France comme à l'étranger. Nous pouvons aussi acheter quelques images d’archives, et doter le film d’un graphisme original (Natacha pourra nous assurer une déclinaison idéale d'illustrations pour le film)

 

15 000 euros : nous pouvons envisager d'utiliser de la data-visualisation et de l'animation pour enrichir le film (en gros, Natacha pourra vraiment s'éclater, l'animation c'est sa passion !)

 

18 000 euros : nous gagnons des minutes de musique originale ! (Florian se sent très concerné par le sujet du film et rêve de pouvoir en porter le propos de A à Z) et nous pourrons multiplier les supports de diffusion, renforcer la promotion et la distribution du film.

 

20 000 euros : nous avons maintenant la possibilité de doter le film d’une version sous-titrée en anglais pour le faire vivre dans les festivals internationaux, susciter le débat, encourager des vocations ! (Anne-Sophie sera ravie, elle n'attend qu'une chose : utiliser le film pour aller à votre rencontre !)

 

Et si on dépasse l'objectif ?!

 

30 000 euros : à ce stade, nous avons réuni autour du film une communauté enthousiaste et engagée, au-delà de nos attentes !! Nous pouvons envisager de distribuer le film en salles de cinéma pour organiser des projections-débats, des événements plus larges, mais aussi rémunérer plus amplement toutes les personnes qui auront contribué au film.

 

Plus de 30 000 euros ? Si votre engouement est si fort, Anne-Sophie et Flo envisagent d'aller voir comment cela se passe dans des pays où la liberté de presse est moins développée que chez nous, comprendre comment la population développe ses propres médias en Afrique ou en Asie, par exemple. Là-bas les initiatives ne manquent pas non plus !

 

DIFFUSION DU FILM

 

Le film est réalisé par le biais d'une co-production entre Les Films d'un Jour et Place to Bune association dont Anne-Sophie est la cofondatrice et dont l'objectif est de sensibiliser plus largement aux enjeux du 21ième siècle – climat, écologie, vivant, etc.

 

Nous travaillons en lien avec de nombreuses ONG et organisations qui oeuvrent pour changer le rôle des médias dans la société. Nous souhaitons avec ce film donner plus d'échos encore à leurs actions, et offrir un outil supplémentaire utile aux échanges et aux débats de société.

 

L’intégralité de la collecte sera versée à l’association Place to B et entièrement dédiée à la production et à la diffusion du film. 
 

Derniers commentaires

Default-4
Mille bravos Anne-So !
Default-4
Tu as tout mes encouragements pour ce documentaires ! Amitié. Bises. Jeanne
Default-6
Bonne route SoAnn!