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Vous faites peut-être partie de généreux donateurs qui, il y a maintenant un an, ont permis de développer la version mobile du Générateur Poïétique (Poietic Generator). MERCI ! Si ce n'est pas le cas, rassurez-vous, il y aura de nombreuses autres occasions de contribuer car l'aventure ne fait que commencer !

Petit rappel Le Générateur Poïétique est un "jeu" très particulier, reconnu comme l'une des oeuvres fondatrices du "netart" dans les années 90' (il est même antérieur). Il est cité dans tous les ouvrages de référence en tant que tel, par exemple ici et là. Le Générateur Poïétique, dans ses versions précédentes, a été expérimenté dans une grande variété de conditions, depuis des salles de classe en banlieue parisienne, jusqu'aux labos de réseaux ou de sciences cognitives de Telecom Paristech, de l'Université du Colorado, Tokyo, Seoul, de Berkeley ou du MIT, en passant par diverses installations, notamment au Centre G. Pompidou et à la Cité des Sciences de la Villette. Le Générateur Poïétique a inspiré de nombreuses variantes et d’œuvres dérivées, plus ou moins participatives, plus ou moins temps réel, développées par son auteur initial (Olivier Auber) ou par d'autres artistes et/ou chercheurs, par exemple la BIG PICTURE réalisé avec Albertine Meunier et Yann Le Guennec. Dans une certaine mesure, on peut même considérer que Twitter est une sorte de variante commerciale et utilitaire du Générateur Poïétique, qui lui, n'est ni l'un ni l'autre. C'est encore autre chose !

 

Pourquoi avoir entrepris de remettre le Générateur Poïétique sur le métier ? Et bien parce qu'il est loin d'avoir tout dit ! Bien entendu, les technologies ont évolué, et il s'agit aujourd'hui de les employer toutes. Le Générateur Poïétique nouveau est maintenant "transmedia" (il paraît qu'il faut dire ça aujourd'hui), c'est à dire qu'il fonctionne en synergie avec tous les supports en même temps : web, mobile, projection urbaine, installation in-door, TV... Par contre, c'est dans sa version originelle, quant à ses règles du "jeu" qu'il existe à nouveau parce que c'est la plus simple, la plus accessible à tous et la plus riche de potentiel. De fait, les projets qui peuvent prétendre aujourd'hui toucher tous les publics (de 7 à 77 ans) via une telle variété de canaux, ne sont pas nombreux, bien que beaucoup imaginent que ça va venir.

 

Les règles du "jeu" du générateur poïétique sont d'une simplicité désarmante. Chaque joueur (il pourrait à terme y en avoir plusieurs milliers simultanément) dessine sur une petite partie d'une mosaïque globale constituée par la juxtaposition dynamique des parties manipulées par tout le monde. Chacun peut dès lors modifier son signe en fonction de l'état global de l'image, qui dépend elle-même des actions de chacun des joueurs. De cette boucle "cybernétique" (comme on disait dans le temps) émerge une sorte de narration autonome ; des formes tantôt abstraites, tantôt figuratives, apparaissent de manière totalement imprévisibles et racontent des "histoires".

 

Grâce à vous et aux contributions de nombreuses personnes, tout existe enfin !

WEB

ANDROID

IPHONE / IPAD

FACEBOOK

SITE DE REFERENCE/ CREDITS, etc. (en cours de réalisation)

 

Mais tout reste à faire ! La pratique de ce "jeu" ne s'apparente à rien de connu en matière de jeu en ligne,  "MMORPG" et autre "shoot-them-up". Cela se rapproche plutôt de jeux traditionnels tels les échecs ou le Go, à la différence essentielle qu'il n'y ait ici aucune notion de compétition ou de gain. Autant dire qu'il y a une barrière entre la frénésie du quotidien et l'univers contemplatif de ce "jeu", que tout le monde peut néanmoins franchir si les conditions s'y prêtent... C'est ces conditions qu'il faut maintenant créer !

 

Un jeu sans joueur, c'est comme ... (hum, complétez vous-même). Pourquoi un jeu est-il pratiqué, et un autre pas, ou pas encore ? C'est une alchimie compliquée qui ne se décrète pas. Si l'on prête à certains des vertus pédagogiques, maïeutiques, voire magiques, c'est que le jeu agit sur l'inconscient, qu'il fait corps avec lui. Selon Mircea Eliade, le jeu serait "le symétrique de la guerre par rapport au Sacré", c'est dire... Quand on regarde en arrière, on se rend compte nettement que si certains jeux sont pratiqués, et d'autres pas, c'est que la classe dominante du moment a intérêt à ce qu'il en soit ainsi. Aujourd'hui, le jeu est un business monumental qui s'inscrit dans une "économie générale de l'attention". Inutile de citer des exemples. Mais le monde semble actuellement basculer vers l'inconnu. Qu'en sera-t-il demain ?

 

Le générateur poïétique n'a pas "tout dit dit". Alors que lui reste-t-il à dire ? Ce jeu a la particularité principale - unique peut-être ? - de placer tout le monde radicalement sur un pied d'égalité dans un univers où rien de ce qu va se dérouler n'est écrit par avance. Chacun a en effet exactement le même "pouvoir" dans l'image. L'expérience montre que contrairement à beaucoup d'idées reçues, l'absence de hiérarchie et de scénario ne conduit pas nécessairement au chaos. Au contraire, l'image s'organise et trouve sa cohérence peu à peu, avant, il est vrai, de sombrer dans la confusion, puis de se restructurer à nouveau, et ainsi de suite. Quelle est la nature de ce processus étrange qui présente de nombreuses analogies avec de nombreux phénomènes naturels ou sociaux? Voilà une première chose "à dire". Ensuite ce "jeu" s'appuie nécessairement sur une certaine infrastructure faite de codes informatiques et de réseaux, qui peut être soit centralisée (un seul serveur central assure l'interconnexion de tous les joueurs), soit a centrée (c'est alors l'ensemble du réseau qu assure ce rôle). Là encore, il y a des analogies avec de nombreux systèmes que nous utilisons tous les jours sans en avoir pleinement conscience de leur nature. Au contraire de ces réseaux industriels (celui de la Bourse par exemple) conçus de manière opaque par des ingénieurs de selon des cahiers des charges politiques, financiers et commerciaux insaisissables, tout ici est transparent, connu ou connaissable. Ainsi, chacun est autorisé à comprendre ces systèmes et à réfléchir à leur nature, bref à prendre la parole sur la construction sociale des systèmes d'information et sur leur légitimité. C'est sans doute un autre point sur lequel il reste beaucoup "à dire".

 

Next step ? L'image collective du générateur poïétique est donc potentiellement disponible partout et tout le temps. Chacun peut l'enregistrer, l'imprimer, la projeter là où bon lui semble. Encore faut-il savoir qu'elle existe, cette image, et le faire savoir n'est pas une mince affaire. S'agissant d'un projet non commercial, il n'y évidemment aucun moyen pour cela. Le projet ne peut compter que sur l'intérêt des joueurs et sur la complicité de diffuseurs, de villes et de lieux d’accueil. Des discussions sont en cours avec une nouvelle chaîne de TV qui verra le jour en septembre prochain sur le câble et divers satellites. L'image collective du générateur poïétique pourrait en constituer sa "mire", c'est-à-dire qu'elle pourrait être affichée toutes les nuits, en dehors des créneaux des autres programmes. Ainsi cette chaîne serait la première au monde à proposer une "émission" réalisée à 100% par ceux qui la regardent, actualisant ainsi l'idée formulée il y a bien longtemps par Marcel Duchamp, selon laquelle l'oeuvre est faite par les spectateurs... Pour ce qui est des villes, des contacts sont pris d'ors et déjà avec Paris, Toulouse, Rennes, Montréal, Shanghai, Bombay, pour envisager des worshops et des projections urbaines. Bruxelles aussi, où je réside depuis peu.

 

Droits et $ ? Sur le plan des droits, les choses sont très simples : le générateur poïétique est une oeuvre libre, le concept est libre, le logiciel est libre, l'image produite est aussi libre, car tous les joueurs acceptent de fait que le résultat de leur action soit publiée sous licence Art libre (copyleft). Dès lors, une chaîne de TV ou tout autre diffuseur de cette image n'aurait de droits à payer à qui-que-ce-soit. Bien entendu, le fonctionnement du système ainsi que sa maintenance impliquent certain coûts qu'il faut trouver à financer. C'est pourquoi, de même que le développement du jeu a été financé dans une certaine mesure par ses joueurs-mêmes (70 personnes ont participé à un appel de fonds via la plateforme KissKissBankBank, l'idée serait de mettre en place un système simple et transparent de crowdfunding pour le fonctionnement et l'évolution du générateur poïétique. Les "diffuseurs" de l'image, chaînes de TV ou autres, pourront dès lors y contribuer, sans que cela soit une obligation, mais s'ils le font, ils pourront ainsi s'assurer de la viabilité du programme et de sa disponibilité au moment voulu.

Voilà où nous en sommes. Toutes les idées pour avancer sont bonnes à prendre.

 

Merci de contacter : olivier . auber AT KM2 . NET