Financez en partie le recours en justice de l’association Guadeloupéenne « EnVie-Santé » pour la modification des .LMR chlordécone.

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Présentation détaillée du projet

Une situation unique au monde

 

Du point de vue de la pollution globale par un puissant pesticide et du point de vue de la contamination généralisée de leur population, les Antilles Françaises (Guadeloupe et Martinique se trouvent – selon le Professeur William DAB et le Docteur Luc MULTIGNER – dans une situation unique au monde.

 

Ancien Directeur Général de la Santé et ancien Président du Conseil Scientifique International du Plan Chlordécone Guadeloupe-Martinique 2008-2010, William DAB a rencontré à tyravers le monde de nombreuses situations de crises sanitaires liées à des pollutions par les produits phytosanitaires. Pourtant, il considère le cas des Antilles Françaises comme particulièrement atypique car la population locale se trouve forcée de planter sur sol très contaminé et de manger ses récoltes.

 

Le docteur Luc MULTIGNER est chercheur à l’INSERM de Rennes et au CHRU de Pointe-à-Pitre/Abymes en Guadeloupe. Il a révélé que le chlordécone est le toxique le plus répandu dans les cours d’eau aux Antilles et dans le sang des Antillais ; environ 90 % des Guadeloupéens sont contaminés. Selon lui, ces deux particularités sont exceptionnelles car une population entière n’est que très rarement touchée sur une même période de référence par un même toxique. Ce même chercheur affirme que des épidémiologistes, généticiens, cancérologues, et autres spécialistes du monde entier ne cessent de s’intéresser à la contamination globale des populations Martiniquaises et Guadeloupéenne du fait de la pollution globale de leur biotope.

 

Le Dr MULTIGNER estime en outre que le retentissement politique aurait été très différent, si ce territoire se situait en France métropolitaine.

 

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Au début des années mille neuf cent soixante-dix, conscientes de la grande dangerosité des pesticides organochlorés, les autorités françaises achevèrent d’interdire l’usage des pesticides agricoles organochlorés en France hexagonale. Paradoxalement, dans les territoires ultramarins, notamment en Guadeloupe et en Martinique, elles en autorisèrent un – le chlordécone – pour lutter «contre le charançon du bananier ».

 

Le chlordécone en Europe et aux Antilles

 

En octobre 2009, un rapport de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire de l’Environnement et du Travail (AFSSET)  montre qu’une quinzaine de pays européens ont utilisé durablement des pesticides à base de chlordécone sans pour autant que des politiques publiques n’aient

 

De 1972 à 1993, ce pesticide a été abondamment épandu sur les sols agricoles des Antilles françaises (Guadeloupe et Martinique). De nombreux pays – y compris dans l’actuelle Union Européenne – l’utilisaient alors.

 

Le chlordécone est un pesticide de type Cancérogène, Mutagène et Reprotoxique (CMR).

 

A cause de sa grande toxicité, de ses fortes capacités bio-accumulatives mais surtout à cause de faible prix, le chlordécone est souvent considéré comme l’insecticide du pauvre. En outre, sa structure chimique « en cage » lui confère une rémanence de plusieurs siècles (5 à 6 selon l’INRA, 7 selon le BRGM) sans aucune dégradation significative dans l’environnement. Faute de moyens dévolus à la recherche en dépollution des sols ainsi contaminés, le lessivage par l’eau de pluie serait donc extrêmement lent.

 

L’utilisation massive du chlordécone en Guadeloupe et en Martinique a engendré une pollution globale de l’environnement et une contamination généralisée de la population. 

 

Effets avérés du chlordécone sur la santé humaine

 

Un lien de causalité entre l’exposition au chlordécone et le cancer de la prostate a déjà pu être établi par l’aboutissement du programme de recherche Karuprostate. Dans un de leurs rapports publié en l’an 2000, les Agences Régionales de Santé (ARS) de Guadeloupe et de Martinique ont constaté que le taux de cancers de la prostate dans ces deux régions étaient brusquement passés au premier rang mondial, alors qu’ils étaient auparavant en dessous de la moyenne mondiale. Une autre étude, l’étude "Ti Moun" (ce qui signifie "enfant", en créole), réalisée par 5 pays dont la France (INSERM) à partir d’une cohorte d’enfants guadeloupéens et de leurs mères exposées au chlordécone durant leur grossesse a démontré que la prématurité de certains nouveaux nés pouvait s’expliquer par une telle exposition. Un autre volet de cette même étude, révèle encore un lien de causalité entre certains troubles psychomoteurs de jeunes enfants et l’exposition de leur mère au pesticide durant sa grossesse : réduction de la préférence pour la nouveauté, réduction de la vitesse de traitement des informations (augmentation du temps nécessaire au traitement des informations et diminution des facultés d’attention), baisse de la mémoire visuelle à court terme, diminution de la motricité fine...

 

Il apparaît en outre que ces enfants souffrent aussi d’une perte de quotient intellectuel pouvant aller de 10 à 20 points. D'où la nécessité de mettre en place - en Guadeloupe et en Martinique - de très nombreuses structures d'assistance intellectuelles.

 

Jusqu'ici, les Antilles françaises affichaient volontiers une image de terre de champions. Seront-elles désormais considérées comme des terres de Personnes à Intellection Réduite?

 

NB : le premier volet de l’étude Ti Moun a rappelé que le chlordécone est spermatotoxique, neurotoxique, perturbateur endocrinien et cancérogène pour l’homme.

 

Exemple de la Guadeloupe: évolution du mode de consommation des produits locaux

 

Aujourd’hui, en Guadeloupe comme en Martinique, de nombreuses restrictions frappent les consommateurs de denrées locales.

 

Ainsi, du fait de la pollution au chlordécone, l’eau du robinet ou mise en bouteilles doit être filtrée au charbon actif. Il est interdit de consommer les produits des rivières (crustacés, coquillages et poissons). Concernant la pêche en mer, 44 familles de poissons, coquillages, crustacés et fruits de mer ne peuvent être pêchées dans plusieurs zones du littoral. Certaines langoustes ont été dosées à 1.000 µg de chlodécone par kg de chair fraîche. Des espèces d’oiseaux (tourterelles à queue carrée, grives à pattes jaunes, …) sont interdites à la consommation si elles sont chassées dans certaines zones. Les viandes rouges locales doivent être normalement analysées à l’abattoir avant consommation. Le cas échéant, elles sont  détruites sans pour autant que les propriétaires des carcasses soient indemnisés. D’où l’instauration de filières d’abattage clandestines qui approvisionnent en viandes – certes contaminées mais à bas prix – les boucheries de l’île. A noter enfin que le jaune d’œuf de poule élevée sur sol contaminé peut concentrer jusqu’à 1.000 µg de chlordécone par kilo de matière fraîche !

 

Un scandale sanitaire !

 

Une exception très dangereuse pour la santé des consommateurs européens de végétaux contaminés par un pesticide interdit – en l’occurrence par le chlordécone – et produits en climat tropical a été introduite depuis 2008 par les législateurs européens et français.

 

Des restrictions frappent bien évidemment la consommation des végétaux dès lors qu’ils dépassent les Limites Maximales de Résidus (LMR) en chlordécone qui ont été établies en 2008 par l’Union Européenne, sur proposition de la France.

 

Le droit européen prévoit de ne pas proposer aux consommateurs les produits dont la teneur en pesticides interdits (en l’occurrence le chlordécone) est au moins équivalente au seuil de détection (10 microgrammes du pesticide par kilo de matière fraîche). Parce qu’en 2006, une étude de l’INRA avait révélé que les teneurs en chlordécone de certains échantillons de bananes étaient de 17 microgrammes par kilo de bananes fraîches, les lobbies de la banane antillaise ont imposé une exception aux LMR chlordécone qui ont été promulguées par l’Union Européenne en 2008. Désormais, pour les végétaux issus de l’agriculture tempérée, les tolérances chlordécone doivent être inférieures au seuil de détection (10 microgrammes par kilo de matières fraîche). Pour les végétaux issus de l’agriculture tropicale, les tolérances chlordécone sont de 20 microgrammes par kilo de matière fraîche – soit le double de celles retenues pour les produits de l’agriculture en climat tempéré!

 

 

 

Action de l’association EnVie-Santé relative à l’épandage aérien de pesticides agricoles

 

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De manière générale, face aux dangers des pesticides, encore très récemment, les Guadeloupéens de l'association EnVie-Santé ne sont pas restés inactifs.

 

Ainsi, concernant l’épandage aérien des pesticides agricoles, l’association EnVie-Santé (Environnement, Vie et Santé) dont je suis président, trois mois seulement après sa création,  a fait une démarche – avec deux autres petites associations guadeloupéennes de défense de l’environnement – d’abord devant le Tribunal Administratif de Basse-Terre puis devant le Conseil d’Etat. Nos démarches ont finalement abouti à l’interdiction de l’épandage aérien de pesticides agricoles outre-mer mais aussi en France hexagonale.

 

NB : EnVie-Santé (Environnement, Vie et santé) a été créée en février/mars 2013, à l’initiative de médecins très inquiets de l’impact du chlordécone en particulier et des pesticides en général sur l’environnement et la santé des guadeloupéens.

 

Notre engagement actuel vise à faire cesser l’exposition des populations antillaises au chlordécone afin que chacun puisse consommer des produits locaux sains. A maintes reprises, nous avons tenté de mobiliser nos élus pour des actions tendant à garantir la sécurité sanitaire de notre population. En vain !

 

Pour aller plus loin (précisions supplémentaires et références) :

 

http://joelle-philippe-verdol.com/2017/11/guadeloupe-et-martinique-une-surexposition-aux-pesticides-unique-au-monde-financez-en-partie-le-recours-en-justice-de-lassociation-guadeloupeenne-envie-sante-pour-la-modific/

À quoi servira la collecte ?

 

Nous avons donc pris la décision d’ester en justice.

 

Après plusieurs années de recherches complémentaires, nous avons pu constituer un dossier qui a accompagné notre demande de consultation auprès d’un Cabinet spécialisé en droit de l’environnement.

 

Particulièrement pertinente, la stratégie juridique préconisée par ce Cabinet prévoit des interventions très bien fondées devant les juridictions locales, nationales et, le cas échéant, européennes. Toutefois, le montant total des honoraires et des frais de déplacement excède les possibilités de notre petite association. 

 

C’est pourquoi nous en appelons à votre solidarité et à votre générosité en vous demandant un financement complémentaire.

 

Sachez que, pour financer son action en justice, l'association EnVie-Santé percevra directement l’intégralité de la collecte.

 

Avec notre apport personnel (plus de 8.000€), la somme que nous demandons (20.000€) nous permettra tout juste de payer les honoraires de l'avocat (y compris ses frais de déplacement en Guadeloupe, en France et en Europe, d'hébergement en  pension complète, d'approche et de transport) ainsi que la commission (8,5% des sommes collectées) de KisskissBankbank.

 

Les sommes collectées au-delà de 20.000€ permettront à un représentant de notre association d’assister aux différentes audiences à Paris et à Bruxelles et de financer une campagne médiatique sur le drame sanitaire que nous vivons aux Antilles françaises.

 

Notre combat est celui de la sécurité alimentaire pour de tant de populations en Europe et à travers le monde impactées par le chlordécone et plus généralement par les pesticides.

 

Notre territoire ayant une forte vocation touristique, il importe que nous mettions aussi nos visiteurs à l’abri d’une exposition aux pesticides contenus potentiellement dans l’alimentation.

 

Notre victoire sera aussi la vôtre.

 

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Philippe VERDOL

Philippe VERDOL 57 ans, Président de l’association EnVie-Santé Maître de Conférences en Economie à l’Université des Antilles Membre de la section Guadeloupe de la Ligue des Droits de l’Homme