Salut à tous ! Ici, vous pouvez soutenir et même faire naître le roman LE SURSAUT !

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Présentation détaillée du projet

PRESENTATION :

Rod Gayrard

Artistisan, auteur, parolier, metteur en scène, écrivain. Originaire de la méditerranée, je réside maintenant en Bretagne. Ethno-voyageur, c'est au sein de la société que j'ai mené mes expéditions. De métier en métier, d'expérience en expérience, j'ai voyagé dans de nombreux milieux et j'en ai ramené des quantités d'impressions, de ressentis qui nourrissent mon écriture. L'écriture est une pulsion pour moi, une sorte de fonction naturelle. Je vis et j'écris ce que j'ai vu. Pour moi, l'écriture porte en elle, intrinsèquement, un encouragement, un progrès à faire, une chose à voir. 

 

 

LE PROJET :

Ce livre est dédié à tous ceux des miens qui n'ont pas su partir à temps. A tous ceux qui n'ont pas su saisir leur vie à temps, qui ont laissé passer les occasions. Le sursaut raconte la dernière aventure de Georges, usé par une vie de routine, qui décide un jour, un des derniers, de vivre. Pour permettre à ce roman, qui a reçu de nombreuses marques d'intérêts, de voir le jour, j'ai pensé à faire appel au système du crowfunding.  Celui-ci me permettra de publier 200 exemplaires de l'ouvrage et d'en promouvoir la diffusion.

Extrait :

Saloperies de chaussures !

C’est tout ce qui me passait par la tête à ce moment-là. Trois heures que je crapahutais, les orteils au supplice. Les doigts de pieds ratatinés, j’avais l’air de répéter un pas de danse sur le trottoir. C’est elle qui les avait choisies. Des mocassins rigides qu’on achète à bas prix dans les grandes surfaces. Trop petites, comme d’habitude. Quand on peut gagner une pointure…

Peu importe, je tenais bon. Tant que j’aurais ces boîtes de fer aux pieds, je ne serai pas de retour. Même si le doute me serrait la poitrine, elles seraient là aussi. Écrasantes, broyeuses. La tête basse, j’avisais mon chemin qui disparaissait sous la pluie. Ma vieille peau semblait boire la flotte des nuages. Je me sentais une plante verte qui palpite à nouveau sous l’effet de la sève. Trois heures que j’avais quitté mon pot. Trois éternités, qui me séparaient toujours plus de la terre étroite sur laquelle j’avais poussé. Le regard planté dans le gras de la nuit, je ressassais.

Auparavant, ce soir-là, j’étais de retour chez moi, comme d’habitude, vers 18 h 30. J’avais salué mes amis du bistrot, avalé le dernier pour la route, et les avais quittés, mollement. J'étais rentré, pour laper ma soupe et me coucher comme une poule. Elle et moi nous n’échangerions aucun mot. Tout avait été dit jadis. Le tendre ciel des engueulades s’était évanoui et ne restaient que les grognements en guise d’averses. Du même côté de la table, chacun emplissait la solitude de l’autre, en vidant sa gamelle. Nous avions réussi ce prodige de ne jamais croiser nos regards.

Même en passant les portes. Chacun de nous deux pouvait imaginer vivre seul. Autrefois, je soûlais ma colère et battais froid mon désespoir. Au Picon bière. Fallait voir la corrida. Je buvais d’accord, mais je ne cognais pas. C’est la rue que je tapissais d’injures et de déchets en tout genre. J’avais le vin maussade. Et verbeux. Surtout la nuit, quand les gens heureux dorment. Sans savoir.

Durant plusieurs années, j’ai confié à l’alcool mes malheurs d’homme marié, sans compter. Quand on aime… Puis un jour, cela ne valait même plus de boire. Je n’avais plus le goût. Je n’étais plus en colère. Juste quelques fois, une tache noire, tapie dans ma viande, coulait dans ma bouche comme du jus de pierre. Puis plus rien. L’indifférence. La solitude béante. Insatiable.

Mais cette fin de vie hivernale avait connu un Printemps. Au début, nous étions jeunes. Réflexion faite, j’étais jeune. Elle, elle avait toujours été comme ça. Jolie, mais pas marrante. Même à vingt ans, pour notre mariage. Elle s’emmerdait tellement en sa propre compagnie, qu’elle détournait chaque seconde en taux horaire. Fallait faire. Être actif, s’oublier. Une fourmi. De la race des besogneuses. De celles qui ne donnent pas la vie.

Elle aurait pu, mais elle ne savait pas. Elle ne savait pas s’arrêter pour bouquiner un truc ou respirer le matin. Alors, pensez ! Gazouiller bêtement, un bébé dans ses bras, en regardant fleurir un amandier… Ça empestait le bonheur. Et le temps perdu.

D’ailleurs, elle commençait ses journées en fanfare au chant du coq. Elle se lançait à l’ouvrage comme Moïse ouvrant la mer Morte, d'un auguste levé de balai.

D’abord, le café à faire, puis à boire. La vaisselle du café, puis les draps à étendre. Le carrelage à cirer, les parquets à briquer, la poussière à ôter. Les rideaux, les fenêtres, les tapis, le repas, la vaisselle, re-café, re-vaisselle… Comme ça jusqu’au soir, toujours en robe de chambre, le regard de l’alpiniste au fond des orbites. Une sorte de furia chimico-ménagère.

J’ai vécu cinquante ans dans un nuage, incontestablement frais, de Javel et autres détergents à la framboise. Jusqu’aux pluies acides. Au matin, les fruits dans la cuisine brillaient du poison retombé du plafond. Ils ne pourrissaient jamais, figés dans leur jeunesse. On les eût dits de cire. Au fait, peut-être l’étaient-ils ? Je n'y ai jamais goûté.

Le seul loisir officiel de cette femme, ma femme, c’était les plantes. Même ça, elle le faisait gravement, d’une méticulosité d’O.H.Q. Ça prenait des heures, mais c’était sans amour. Pour s’occuper les doigts. Les voir bouger. En hiver, quand tout était propre, que ses fleurs étaient cirées, et qu’elle avait tricoté cent paires de chaussettes, elle s’abrutissait dans la confiture industrielle. Laquelle d’ailleurs, trahissait toujours un arrière-goût d'encaustique.

Elle s’étourdissait dans la chose domestique d’une manière arithmétique. J’affirme que nul homme que moi n’a jamais eu maison si bien tenue. Je crois cependant que nul homme que moi n’a jamais si peu rencontré sa femme en cinquante ans.

Moi, j’attendais qu’elle s’arrête pour la toucher, la renifler. Lui faire fleurir son jardinet, la réchauffer sous mes aisselles, couver son cœur et son petit corps. L’aimer, quoi ! Tu parles ! Autant attendre que la lune me demande de lui gratter le ventre. Quel gâchis ! Et puis tout cet amour je ne le donnais à personne, même pas à un chien. Je le pissais.

Parce qu’elle était quand même belle dans sa jeunesse, ma femme. Les jambes pleines des filles de la terre, la mâchoire massive et le nez fin, les seins orgueilleux et les fesses cuivrées. Une chevelure plutôt brune sur des yeux plutôt durs et clairs. Elle valait le détour. Et moi, j’étais un bouc. Avant elle je foutais le feu à toutes les filles que je touchais. J’étais le chéri de ces dames, le gars qu’il fallait connaître dans le bourg. Il avait fallu qu’elle se sacrifie pour m’attirer dans ses bras. Elle m’avait fait le coup de la reine de Saba. J’ai eu droit aux plus belles parties de jambes en l’air jusqu’à l’église, jusqu’à la bague au doigt. Mais après, bernique ! Le désert. Vingt ans, marié et eunuque. Même la nuit de noce, elle ne me l’avait pas donné.

Alors au début, il m’arrivait de me jeter sur elle, le dimanche. Comme possédé. Une sensation d’être fait de fer m’envahissait et me donnait la force de trois bonshommes. J’y arrachais la nuisette et essayais vainement de la prendre, là, sans préambule. Le casse-pipe. L’assaut sous la mitraille au son des cornemuses. Beau, mais désespéré.

-Non, mais ça va pas ! Qu’est ce qui te prend ? Espèce de malade obsédé…

-Mais te fâche pas, voyons ! Je voulais juste…

-Mais rien du tout, espèce de dégueulasse. Pendant que je fais mon ménage en plus ! T’es vraiment qu’une bête !

-Mais tu fais toujours ton ménage ! C’est tout le temps le ménage ! C’est jamais l’heure avec toi…

La dernière réplique était généralement sanctionnée d’un coup d’aspirateur sur la tête, ou de ce qu’elle avait dans les mains. C’est vrai qu’elle cognait dur. Elle n’avait aucun talent pour la conciliation. Moi j’aurais bien voulu m’expliquer, lui dire que c’est de son cul dont j’avais envie, pas de vivre dans une salle d’opération.

Qu’il fallait qu’elle me le donne, de temps en temps. Que je n’étais pas un obsédé, juste un homme. Tout ce qui me venait, quoi ! Elle n’a jamais rien voulue entendre. L’avait trop peur. Elle ne savait que cogner. Moi aussi, je lui ai bien foutu quelques raclées, remarquez ! Les premiers temps, mais je n’ai pas continué. Je ne goûte pas de battre les femmes, fussent-elles rossables. Ça me rend l’âme misérable. Alors, j’ai arrêté de lui sauter dessus et je me suis arrangé tout seul. J’avais eu ma ration d’amour, fallait plus y compter.

Abondance de l’ânerie, je ne suis même pas allé voir ailleurs. J’attendais. Étienne me présentait régulièrement des filles mais je n’en ai jamais voulu. Quand j’y repense aujourd’hui, je me botterais les fesses. Ça aurait peut-être sauvé ce mariage à la noix. Va savoir !

Non, moi mon opium, je me le procurais à l’usine. Je me noyais dans le boulot. J’étais devenu un employé exemplaire. Sur place avant tout le monde et chez moi le plus tard possible. Bénis soient ces temps où la boîte marchait bien. Je faisais des heures supplémentaires avec un entrain qui me valait la grimace de mes camarades et la tendresse du patron. Dans cette usine, nous fabriquions des parapluies noirs. Un seul modèle. Un temps j’ai cru que ça me portait malheur. À force de les ouvrir pour les tester.

Mais je ne pouvais pas travailler tout le temps. On aurait jasé. Donc, après le boulot, j’étais fourré chez Étienne, mon bistrot. Le samedi et le dimanche aussi, chez Étienne. Quoi d’autre ? Je n’avais pas de sorties, pas de cinéma, pas d’anniversaires, pas d’amis, pas de famille… Étienne.

Alors, le temps lentement s’alliait à la vieillesse et poussait sur ma vie des nuages sans humeur. Au début, j’avais travaillé. Après la retraite, je vieillissais. Ça m’avait pris comme ça. Un beau jour, j’étais vieux. Irrémédiablement. Comme tous les vieux, j’étais malade. Mes os, mon sang, tout ce qui restait de viande, étaient boucanés. Si le malheur a ses propres rides sur les joues, l’ennui aussi y grave sa marque. Je les portais toutes.

Étienne vieillissait aussi et chaque soir nous nous quittions en nous disant Adieu. Avidement. Ce serait peut-être notre prochain rendez-vous. Mais le jour reviendrait obstinément, pareil à la veille. Chassant l’homme de la torpeur de la nuit, il le jetterait dans la lumière pour finir de le griller. Le purgatoire à domicile, tous les matins à l'aube. Comme si quelque chose restait à comprendre. Comme si chaque jour de cette vie à n’en plus finir était une chance. Une opportunité permanente de faire mieux. De vivre mieux. Le pouvoir de commencer ou de recommencer. Le pouvoir de faire de sa vie ce que l’on souhaite qu’elle soit. Tous les jours. Jusqu’au dernier. Car il y a un dernier.

Tous les matins de Dieu, j’accomplissais les multitudes de lenteurs de la vie d’un vieillard. Et malgré ses efforts pour se faire remarquer, le temps, contrariant, finissait par passer. Je devenais moi aussi un vieil automate affairé, attrapant les secondes pour les mettre en sachet, puis les minutes pour en faire les rouleaux de ma vie… Je ne gardais plus un instant à moi. C’est facile quand on est vieux d’occuper chaque seconde. Ouvrir un paquet de chewing-gum peut vous voler 20 bonnes minutes. Même si on ne peut plus les mâcher.

Le soir, régulier, je quittais mes amis à 18 h 30, en me souhaitant vivement une mort de dormeur. Je me mettais à table et mangeais le silence de ma femme jusqu’au matin d’après.

… Ainsi se vidait la vie de Georges. Ma vie.

À quoi servira la collecte ?

Cette collecte de fonds est destinée à payer à l'éditeur Prem'édit la fabrication de 200 exemplaires du roman Le sursaut. Le montant total, 1500 euros, comprend le coût de l'impression des livres, l'impression de flyers et le coût du transport.

 

L'intégralité de la collecte servira à l'impression de ces livres. 

 

Rodolphe Gayrard

Explorateur de mondes

 

Le monde du plâtre

Ayant depuis mon jeune âge une dent contre l’école, j’ai rapidement intégré l’entreprise de prothèse dentaire que mon père avait créé. J’y ai exercé avec sérieux mais sans passion. Quand mon père quitta ce monde, je tirai ma révérence, préférant au monde du plâtre un monde de papier et de planche .

 

Le monde de papier

Dès l’âge de huit ans, j’ai pris la plume et elle ne m’a jamais lâché. J’ai écrit mon premier roman, le Sursaut, qui a pour thème la dernière étincelle de la vie qui nous pousse au voyage. Mon deuxième roman sera publié par Les Très Mal Entendus au Québec. Dans Vagabond du travail, je narre mes aventures laborieuses au service de la princesse Interim, en quête de la déesse Cédéhie. Entre temps, je travaillais avec un ami sur un roman à quatre main, Le soleil d’Eriblet, en recherche d'éditeur. Le monde apocalyptique que nous décrivons dans ce livre est un désert d’amour où hommes et femmes se livrent la guerre ultime.

 

Le monde des planches

Mon oncle comédien de théâtre a fait résonner les trois coups en moi assez rapidement. Je créai une première compagnie «les Souris vertes» et devins auteur d'une dizaine de pièces de théâtre aujourd’hui jouées jusqu’aux rives américaines de l'océan Atlantique. Ma préférée, gueule de rue, est un bout de vie picaresque de trois clochards célestes. L’urne de Miel, jouée dans le festival off d’Avignon et à Paris est une comédie romantique sur les relations entre hommes et femmes. J’ai également joué quelques rôles au cinéma, un flic, un tueur de vampire, un photographe fou et tourné quelques films en 8 mm, ce qui m’a inspiré pour m’essayer à l’écriture scénaristique avec Nous marcherons, road movie ayant pour héros un trio d’octogénaire en quête d’un baroud d’honneur. Mon amour du spectacle vivant me fit également tendre l’oreille vers le monde des ondes et celui des accords

 

Le monde des ondes

Animateur producteur sur radio divergence FM dans le sud de la France, j’ai été éclectique dans mon mode de production, faisant à la fois de l’information, les actualités culturelles et du théâtre radiophonique. La radio est une de mes grandes passions pour laquelle j'ai travaillé 6 ans et qui m'a permis de rencontrer des artistes comme François Morel, Jean-Michel Ribes ou Romain bouteille.

 

Le monde des accords

Inscrit à la SACEM, j’ai écrit près de 75 chansons. Les plus belles ont été jouées et gravées sur disque par les Barbeaux : A la criée, No Friture, Soleil, Le bal des Barbillons. J'ai écrit aussi pour La Gata Negra, la Meute Rieuse. Une de mes chansons à été reprise par les Ogres de Barback (les saints écrits).

 

Mon univers, c'est la création artistique, l'écriture et les mille expériences professionnelles de ma vie. Je suis un touche à tout et je me définis comme un artistisan autodidacte.

 

 

Derniers commentaires

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Mes félicitations, cher Rod! Tu as réussi ton pari. Tout le succès pour la suite!
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CHER ROD JE TE SOUHAITE TOUT LE SUCCÈS POUR CE BOUQUIN ET ESPÈRE QU'IL T'INCITERA À CONTINUER SUR LA VOIE QUE TU AS CHOISIE.
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Good luck my old friend... Hervé.