Aidez nous à soutenir Images d’écoutes dans sa production du film LES DERNIERS TUILIERS réalisé par Denis Victot.

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Présentation détaillée du projet

Du feu, De la terre, De l’eau, De l’air...

La tuilerie artisanale de Sanxay est une des dernières de France à être restée artisanale. C'est l'histoire d'une transmission. Un hommage aux hommes et à la terre qu'ils façonnent depuis des siècles.    

 

 

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SYNOPSIS

 

 

Le travail de la terre...

Ce n’est pas la terre dans laquelle on fait pousser des plantes. C’est celle que l’on travaille pour construire au-dessus du sol, pour habiller les maisons : des briques, des tuiles, des carreaux.

 

Dans le village de Sanxay, près de Poitiers, Il existe une tuilerie artisanale, une des dernières en France qui n’a pas basculé du côté de l’industrie.

Cela fait environ 10 000 ans que les hommes, quelles que soient leurs civilisations (mésopotamienne, égyptienne, romaine, asiatique, aztèque…) exploitent la terre et bâtissent des villes. On a d’abord utilisé la terre à l’état brut. Au cours des siècles, la terre cuite a supplanté la terre crue, grâce à sa solidité, à sa résistance aux intempéries.

 

Jusqu’à des temps récents, c’est la main de l’artisan, du paysan, de l’ouvrier, qui tenait l’instrument de travail. Dans notre société industrialisée de presse-bouton, les ordinateurs et les robots remplacent les mains. C’est la toile de fond de notre histoire.

 

À Sanxay, une poignée d’hommes fabriquent chaque jour de la terre cuite, avec leurs mains. Ils passent des heures sous les hangars, entre les mouleuses, les fours et les séchoirs. À travers eux perdure un métier : le travail de l’argile.

 

Un lieu de travail, aussi un lieu de vie, c’est à la fois  leur gagne-pain et leur environnement. C’est aussi, en toute innocence, une alternative au marché. Au-delà de l’entité économique, au sens un peu étroit où l’on veut cantonner, les artisans produisent peut-être autre chose… Il y a là, des personnes authentiques dans un monde où l’authenticité disparaît, où les spécificités disparaissent, où les métiers disparaissent.

 

Le film est un hommage à la terre et aux hommes. Aux quelques-uns qui résistent sans le savoir et donnent un autre sens au génie humain.

 

 

Pour les plus pressés, voici le teaser du film, mais pour les autres, voici comment le projet est née.

 

 

NAISSANCE  DU PROJET

 

Sanxay, c’est le village où mes parents sont nés. Enfant, le domaine de La Boissière était un lieu de vacances. J’ai joué sous les hangars de la tuilerie, j’allais pêcher dans la rivière des ruines et chercher des fossiles dans la carrière.

 

Après mon arrière-grand-père et mon grand-père, le patron est aujourd'hui mon oncle. Il n’a pas d’enfant et c’est un de mes cousins, Benoît, qui pense désormais à reprendre la tuilerie.

Ni moi ni aucun de mes frères n’avons jamais envisagé sérieusement de prendre la suite. Tout s’est déclenché en une journée :      

 

J’étais arrivé le soir dans le village. Je m’étais levé de bonne heure, c’était un lundi, il faisait déjà chaud, très chaud.

 

Après un bol de lait frais, j’étais allé chercher la fraîcheur sous les hangars. Ce matin-là, les ouvriers enlevaient les tuiles du four. Ils s’étaient levés avant moi...  

 

 

Après la petite conversation rituelle du matin : « Alors, en vacances ?… », je pars de l’autre côté du bâtiment pour voir l’atelier où sont entreposées les machines. Comme lorsque j’étais enfant, j’avais envie de voir que quelque chose avait changé.

 

Rien ou presque n’avait bougé. Toutes les machines étaient à leur place, tous les outils, les casiers, la même lumière trouble, l’odeur de l’huile et de l’argile. C’était une sorte de déception et de réconfort mêlés, comme à chaque fois.

 

 

À l’autre bout du hangar, on entendait la radio, les tuiles qui frottent les unes contre les autres, les carreaux qui tombent sur le bois des brouettes, les voix des ouvriers.

 

J’y retourne, m’assois près du four et observe les ouvriers au travail. Une lueur orangées perce des tôles, puis des poussières dorées sortent du four, vers l’extérieur gris.

 

Je m’attarde un peu sur les mouvements des ouvriers, ces gestes répétés des milliers de fois. Ces gestes à cause desquels je m’étais coupé les mains, et abîmé le dos, les rares fois où j’avais voulu mettre la main à la pâte…

 

C’est ce jour-là que j’ai décidé de mettre en image la tuilerie. Au cours des années, je m’étais petit à petit rendu compte qu’il y avait là, tout près de moi, un tas de petites choses familières qui relèvent sûrement du trésor. Mon réflexe cinématographique à alors fait place à une volonté de faire un film.

 

Plus tard, des impératifs professionnels m’ont éloigné du projet. Mais pendant ces années, la manière d’aborder le sujet a pris forme et mon désir de film s’est précisé jusqu'à devenir indéracinable.

 

Ce film est le fruit d’un double parcours : d’une part celui du citadin qui revient sur son lieu d’appartenance et observe l’artisanat. D’autre part, celui de quelqu’un qui travaille avec les images et les sons. Entre cette tuilerie et moi, il reste un espace dans lequel j’insère maintenant ma caméra : je n’ai pas souhaité travailler de mes mains... Mon rapport à la tuilerie témoigne de la difficulté de faire continuer ce métier.

 

 

 

PERSONNAGES          

 

 

L’activité est suspendue à un passage de relai entre les deux protagonistes du film : Benoit et Jean Claude.

 

JEAN-CLAUDE        

 

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Notre éclaireur principal a le sourire jovial, le verbe haut et généreux. Fier de son Poitou natal, il se sait l’héritier d’une lignée, d’un métier et d’un esprit. Comme son père et son grand-père, la terre cuite, il est « né dedans ». Pourtant, Jean Claude continue de dire qu’il en apprend tous les jours.

Quand son sourire retombe, on voit la fatigue au fond de ses yeux. A 53 ans il vit encore dans le doute et l’angoisse du petit entrepreneur. Son goût du travail bien fait implique des exigences.

Derrière les râleries, les mots gras et joyeux, on sent percer les années d’un travail dur et pénible. Il a mis son honneur dans son travail et dans celui des siens. Il résiste intuitivement à un monde dans lequel il ne se reconnaît plus. Il souffre, mais il combat son aigreur autour d’un verre, en rigolant… Et qu’il est beau quand il rit !

 

 

BENOÎT

 

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Depuis longtemps, Benoit travaille occasionnellement à la tuilerie. Y rester aujourd’hui aurait pu être un échec. Comme dans les mariages de raison, l’amour du métier est venu après. La perspective de reprendre la tuilerie lui plaît même si la fatigue sème parfois le doute. Jean-Claude lui a déjà délégué beaucoup des responsabilités et il les assume fièrement. Devenir son propre patron convient bien au caractère de Benoit. Il commence à envisager des innovations pertinentes ou délirantes.

 

 

INTENTIONS  

 

L’enjeu d’une passation.

La terre associée à l’art du feu est une pratique ancienne. Elle illustre bien le pas que l’industrie a pris sur l’artisanat. Dans les années cinquante, il existait plus d’une centaine de tuiliers dans la Vienne. Les productions se sont mécanisées.  La société a évolué. Jean-Claude est le dernier tuilier de la région à cuire au feu de bois. Avec ses ouvriers, il continue de porter un patrimoine à bout de bras. Façonner la terre de la vallée avec ses mains. Utiliser ce que donne la nature : la terre, l’eau, l’air, le bois pour alimenter le four. C’est sa vie.

En un siècle, la tuilerie de Sanxay ne s’est jamais réellement modernisée. Dans les années 70, il aurait fallu investir dans un nouveau four, mais mes grands parents n’y sont pas parvenus. C’est peut-être ce qui a sauvé la petite entreprise.

 

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Lorsque je commence à filmer en 2005, l’entreprise vit une période charnière. Le patron pense déjà à la retraite, mais Il est profondément attaché à sa tuilerie. Il faudrait réussir à passer le flambeau. Chacun mesure à sa manière, l’enjeu d’une passation à venir. Au-delà de la vocation professionnelle, Jean-Claude et Benoît incarnent la force de deux générations qui se confrontent, mais la pérennité d’une activité commune. Il y a la satisfaction de la voir continuer pour l’un et la fierté de reprendre un métier noble, pour l’autre. Cette passation c’est le suspense latent du film.

 

 

Espace rural.

Dans les distances culturelles en jeu dans ce film, il y a le rapprochement du citadin que je suis, vers la campagne avec laquelle je renoue.   Le lieu dit de La Boissière  à l’extérieur du village est le décor principal du film : les habitations des tuiliers, les hangars, les fours et les débuts de quelques chemins de campagne. Ce n’est pas un espace prétexte, mais une partie de l’identité de l’activité. Un lieu vivant que je filme comme un autre personnage. Tout vient de la nature: le four est le cœur de la tuilerie. Une mare alimente la production en eau. Renouvelé en permanence, le bois y circule en flux constant. J’y  filme des hommes qui s’approprient la nature.

 

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La Boissière est comme protégée. Elle reste une enclave, en haut du village. Les champs autour se renouvellent avec les saisons, comme une peau qui mue.  

Autour des ateliers, clients, amis, artisans passent et échangent... Lorsque quelqu’un vient acheter des tuiles de pays, il vient aussi visiter les ateliers ; vieilles poutres en chêne, anciennes halles du village, un joli petit pêcher qui commence à donner. Parfois un peu sombre l’hiver, les fuites de lumière des toitures donnent des perspectives peu communes.  Le cadre attire autant que le produit et ce n’est peut-être pas étranger à la conservation de l’activité. Comme le dit Jean Claude « avant on était des machines à produire, maintenant, on est devenus des directeurs de musée, des artistes ».

 

Une bas de la tuilerie se trouve le site gallo-romain de Sanxay.  Sa présence rappelle des traditions qui se sont évanouies. D’autres, comme la terre cuite, subsistent.

Le soir, quand l’activité cesse à la Boissière, les vieilles poutres expirent les temps anciens et soufflent un esprit d’éternité. Les anciennes coutumes sont toujours proches des tuiliers dans leurs savoir-faire et leur rapport à l’environnement.

 

 

Eux et moi.

C’est en vivant chaque jour près d’eux, aux repérages, que j’ai commencé à entrevoir un art de vivre singulier. Si la tuilerie dure, c’est aussi lié cette nature humaine. Ils ont d’autres références culturelles que les miennes. Mon désir de film cherche à combler un vide, celui qui existe entre l’artisan qui est devant la caméra et celui qui filme. Il ne s’agit pas de délivrer un message à tout prix, mais de laisser au spectateur un espace de réflexion à partir d’un double témoignage : le leur et le mien. 

Leur travail est organisé sans être normé.  Ils ne se réfèrent pas à une autorité officielle ni à un règlement. Ici, chacun est encore responsable. S’il faut dépanner la voiture d’un copain, prendre un verre avec le client, donner un coup de main aux associations de la commune, ils prendront aussi le temps de le faire. Ça fait partie du boulot. Serait-ce une forme de résistance innocente ? En tout cas, pour moi, quelque chose qui interpelle directement notre rôle dans la société. Je ne crois pas que cela soit lié uniquement au milieu rural, cela tient aux hommes. J’aimerais impliquer le spectateur, qu’il sente ce plaisir de filmer ces personnages. Benoît, Moïse, Jean-Claude et Dany sont des fortes têtes que la Boissière rassemble. Cette force et cette camaraderie, c’est une des valeurs ajoutées de la tuilerie. C’est ce qu’elle produit en plus.

Je ne suis pas à l’image. La voix off suffit à jouer le « je » qui observe ce petit monde. Je ne veux pas tenir de discours. Le discours c’est la vie de ces hommes, leur environnement ; Ils ne résistent pas à l’industrie a priori, mais ils savent qu’elle existe et ce qu’elle produit. Les tuiliers ont conscience de la richesse artisanale de leur métier. Le fait que je n’ai pas voulu reprendre la tuilerie donne une dimension universelle à cette histoire.

 

 

De la terre à la « Tige de botte »

La carrière avec ses coupes de différentes couleurs, porte sur elle l’histoire des siècles. Elle renferme une des ressources indispensables : la terre. Les fossiles qu’on y trouve nous ramènent à l’air quaternaire. C’est la que s’ébauche une métaphore ancestrale sur la plénitude réunissant les 4 éléments pour produire les tuiles. La tuile canal très utilisée dans la région  Charentes Poitou s’inspire des tuiles romaines qu'on peut encore en voir sur bâtisses  méditerranéennes. On raconte qu'autrefois, pour lui donner cette forme, l'argile était moulée sur la cuisse ou sur la botte. De là, viendrai son surnom de "tige de botte".

 

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Tout commence par l’extraction à la carrière. La terre est brute, elle est broyée, filtrée, mélangée, modelée. Au gré des transformations, les formes s’arrondissent, se lissent, la terre est moulée et minutieusement découpée. Aux rondeurs succèdent des formes géométriques. On sent son odeur fraîchement sortie du moule. En hiver, Il faut que la terre sèche et surtout il faut éviter qu’elle gèle. Ensuite viennent le séchage, le bois de cuisson, les flammes, le crépitement des braises. Il faut  mettre du bois dans le four toutes les demi-heures, pendant trois nuits et trois jours.  À la sortie du four, lorsque la chaleur retombe, les tuiles et les carreaux révèlent leurs tons rouges, marron, jaunes, parfois même jusque dans les verts. Chaque pièce est unique et les tuiliers sont fiers de la valeur artistique de leurs produits

 

 

Une conception du travail

Les travailleurs ruraux sont souvent assimilés aux agriculteurs. Ce film évoque la terre, mais pour un autre savoir-faire. Contrairement à l’agriculture, la tradition des tuiliers est amenée disparaître.

 Jean Claude « Tuilier, quand on ne doit pas le faire tous les jours, on dit que c’est un beau métier ! ».  

 

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Il aime son métier, mais il en bave. La valeur travail fait parti du quotidien des tuiliers. C’est une partie de leur identité. Ils revendiquent en permanence leur quantité de travail et n’hésitent pas à se confronter aux agriculteurs (particulièrement aux céréaliers), sur ce terrain. Je tente de partager avec eux cette perception du travail et de la confronter à la mienne. Pour eux, la réforme du monde importe peu, il faut commencer par du concret, c’est à dire par travailler. Ce ne sont pas des militants, mais des gens qui font un métier difficile et dont ils tirent une fierté. Alors je ne souhaite pas filmer les tuiliers comme des résistants, mais plutôt montrer leurs préoccupations de chaque jour. Selon moi, c’est ce qui en fait des résistants au regard du modèle  dominant.

 

 

 

FICHE TECHNIQUE

 

Genre ..........................................................Documentaire

Durée...........................................................44 minutes

Auteur réalisateur..........................................Denis Victot

Musique originale .........................................Frédéric Lalanne

Moyens technique ........................................Images d’écoutes

 

Ce film a obtenu une aide à l’écriture de la région Poitou Charente.

 

 

Notre Site internet

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À quoi servira la collecte ?

En 2003 le projet a obtenu une aide à l’écriture de 2000 euros de la région. Elle a permit de commencer le tournage. Au fil des années, le film a fini par trouvé son chemin en auto financement.

 

 

   

Aujourd’hui, Il ne reste que la finalisation image (étalonnage) et son (mixage) à réaliser et c'est pour cela qu'on a besoin de vous !    

 

 

- 1200 euros seront consacré au mixage son.  

 

 

- 600 euros à l'étalonnage.    

 

 

 

Participer au kiss kiss bank bank d'Images d’écoutes c'est aider  LES DERNIERS TUILIERS à voir le jour ! C'est aussi soutenir IMAGES D'ECOUTES, l'association de Denis, dans sa première expérience de film d'auteur.

Au delà, c'est aider l’association à continuer de s'inscrire dans une dynamique audiovisuelle citoyenne et accessible à tous !      

 

 

C'est l'auteur réalisateur et auto-producteur (Denis Victot) du film qui récoltera les fonds.

 

Si on dépasse notre objectif, avec 3000 euros avec on pourra financer l'achat d'une camera de meilleur qualité. Ça aiderait vraiment la vie future de notre petite structure !

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Images d’écoutes est une association de production audiovisuelle spécialisée dans le documentaire et le clip. L’association réalise les films en complète autonomie en conservent des valeurs humaines, citoyennes et professionelles. Nous travaillons en "artisans du film" avec des thématiques qui vont de l’environnement à la musique, de l’art à...

Derniers commentaires

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Bravo Denis et à bientôt à Sanxay Anne
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Bravo Denis ! on espère une rapide projection villiéraine bisous des Souris
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Bon courage Denis ! vivement la projection !!! Les Carriço

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