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Pour poursuivre le sujet « inspiration » lancé par Lucie Béluga, c’est à mon tour de prendre la parole.

Je voulais vous parler de l’exposition : «Paris 1900, la ville spectacle » que j’ai visité dans le cadre de mes recherches make-up et coiffure pour le personnage de Lady Marmelade.
 
Habituellement lorsque je travaille sur de gros projets tels que celui-ci, où il est nécessaire de concevoir plusieurs concepts de personnages, il m’est presque impossible de sortir un croquis dès le départ. Il me faut me conditionner afin d’entrer dans un état créatif intense.
Pour cela, une fois que le projet est définit, les premières semaines sont consacrées à la documentation et la réflexion. En effet, de façon plus ou moins consciente, mon cerveau « se met en mode éponge ». C'est-à-dire que je vais penser au projet quasiment tout le temps, absorbant (telle une éponge) diverses informations, que je vais ensuite « digérer » et transformer avant de les ressortir sous une nouvelle forme et de m’en servir pour créer mes personnages.
Mes influences peuvent être très variées, passant de l’antiquité à nos jours, de l’Art (peinture, cinéma, photographie) à l’Histoire (costume, coiffure, maquillage d’époque). Concrètement cela peut aussi bien être « la tunique fleurie de ma voisine de palier », qui va me donner l’idée d’utiliser une couronne de fleurs pour une coiffure ; comme tableau de Manet, qui me soufflerait que pour tel look, c’est un blush rosée qu’il me faut. Bref non seulement je me documente beaucoup, mais en plus j’ouvre mon esprit et observe tout ce qui m’entoure.
C’est donc dans cette disposition d’esprit que j’ai entamé mes recherches concernant notre Lady Marmelade. Et pour ce projet la difficulté résidait dans le fait qu’il s’agit d’une histoire se déroulant à la fois au 19éme siècle et dans un univers fantastique, il faut donc allier une part d’historique et de moderne, de fantastique et de réalisme afin de rendre notre Charlotte à la fois crédible et attractive. Il me fallait donc déterminer le bon dosage entre l’un et l’autre pour créer un équilibre.
 
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C’est donc durant cette période de rechercher que j’ai eu l’occasion de visiter cette exposition : « Paris 1900, la ville spectacle » qui se tient actuellement au Petit Palais de la ville de Paris.
 
Aux premiers abords le rapprochement avec notre projet, n’est pas évident puisque une bonne cinquantaine d’années les sépare. Mais pourtant, ce sont précisément toutes les mutations qui s’opèrent à cette époque, qui va influencer le monde dans lequel évolue Charlotte.
 
Cette Exposition dédiée aux années fastes de la capitale, nous présente ce qui a fait sa gloire. Il faut se souvenir que le monde est en pleine évolution à cette période-là, les transports se développent, et les progrès technologiques sont considérables. Et comme les grandes nations rivalisent dans la mise en scène de leur puissance, ils osent penser et créer « innovations » les plus folles.
A cette époque déjà Paris tient le rôle de Capitale de la mode et du bon goût avec son fameux « Chic Parisien », ce qui en fait une destination de rêves pour les riches héritières.
En parallèle avec le progrès technologique, on célèbre l’avènement des renouveaux artistiques aux quatre coins de la ville Lumière, tout en mettant l’accent sur le divertissement et le spectacle.
Ville avant-gardiste, où la fête ne finit jamais, Paris rayonne à travers le monde, et sujet de tous les fantasmes, elle va nourrir l’imaginaire collectif pour les siècles à venir.
 
Voici quelques photographies que j’ai prises durant l’exposition, et la façon dont elles inspirent ma réflexion pour le personnage de Lady Marmelade.
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Affiches du début du 19ème Siècle :
 
Photo en Haut à Gauche :
Affiche Allemande pour l’Exposition Universelle de 1900.
Comment ne pas penser à notre Lady Marmelade, en voyant cette belle rouquine voyageant en montgolfière ?
Une lointaine ancêtre de Charlotte certainement.
 
En bas à droite :
Affiche pour une des attractions phare de l’Exposition Universelle de 1900, le « Ballon Cinéorama », qui est le tout premier spectacle de cinéma immersif. C’est une « salle » de cinéma avec un écran qui en fait tout le tour, au centre se trouve une plateforme surélevée, qui donne aux spectateurs, l’illusion d’effectuer un voyage en nacelle, avec pour destination Paris en vue panoramique, la grande place de Bruxelles, la mer en furie, les combats dans les ruines de Carthage, la traversée du désert avec les caravanes …
Dès le début de 19eme siècle, l’Europe se passionne pour les voyages en orient. Rien de bien étonnant alors au fait que notre Lady en fuite n’hésite pas alors à parcourir le monde. On peut imaginer qu’elle a grandi avec les récits de ces voyages.
 
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Portrait :
Tout comme sur les affiches ci-dessus, ces portraits de femmes, sont des images d’inspiration générale, qui me servent à capter l’essence et le style de l’époque.
 
Bien que le Style Français diffère un peu de celui Anglais, il présente également des similitudes. Chaque pays influençant l’autre, tout comme un courant artistique ou stylistique antérieure joue forcément sur celui qui suit.
 
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Costumes 19èmes siècles :
La matière est une chose à laquelle je fais particulièrement attention quand j’imagine un personnage. En effet je ne concevrais et n’utiliserais pas les mêmes produits suivant les différents textiles dans lesquels sont fabriqués les vêtements ; car il faut conserver une certaines unité entre l’habillement, la coiffure et le maquillage.
 
Pour Lady Marmelade, Clara m’a déjà envoyer des photos de ses tissus, mais il est parfois difficile de se rendre compte exactement du rendu au travers d’une image figée.
Voir ces pièces exposées m’a donc permis de me faire une idée un peu plus précises du style que devait avoir Charlotte.
 
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Inspirations diverses :
 
Enfin ce dernier Pêle-mêle, est un extrait des tableaux présentés durant l’exposition qui m’ont particulièrement plu, et dont certains détails m’ont inspiré.
 
Par exemple pour le tableau en haut au centre : « Une larme pour une goutte d’eau » de Luc-Olivier Merson, illustrant un passage du roman de Victor Hugo, « Notre –Dame de Paris », c’est la coiffure d’Esméralda secourant Quasimodo qui a attiré mon attention.
 
Sur l’affiche du spectacle de Revue « Féminissima », c’est la coiffure « fleurie » ainsi que les joues très blushées.
 
Soyez attentif, peut-être les retrouverez- vous parant Lady Marmelade.
 
J’espère que ce petit aperçu vous aura intéressé, il n’est pas aisé pour moi de parler de mon processus créatif, tant certaines choses se font de façon quasi-inconscientes, ou instinctives. Tout comme je ne pourrais vous expliquer pourquoi quand je fais mes croquis de recherche, il y’a un moment où je sais avec certitude que c’est celui-ci qu’il me faut utiliser pour donner vie au projet, et non celui d’à côté.
 
Ophélie
 
Le petit mot de Lucie 
 
Si cela vous plait on va essayer de motiver les autres membres de l'équipe à vous écrire des mots doux. Nous nous sommes vues avec Ophélie pour valider ou modifier les coiffures et les maquillages, pour qu'elle finalise les croquis qui seront offerts aux contributeurs. Avec ces recherches elle en est déjà à plus d'une trentaine de croquis ! Le tout fera l'objet de 2 autres newsletters. Sinon, concernant l'organisation pour les contreparties, on attend toujours le retour des contributeurs sur les croquis et la Tea Party pour vous donner des dates et des détails. Le pique-nique choisi par une contributrice a lieu le 21 juin et le repas pour 2 devrait ne pas tarder non plus (poke @Steven) je suis sûre que les menus que j'ai concocté vous feront regretter de ne pas avoir choisi ces contreparties-là !

 

Lucie