Oseriez-vous donner l’aumône à des crânes anonymes comme le font les Napolitains dévoués aux malheureuses âmes du Purgatoire ?

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Présentation détaillée du projet

 

 

 

Mourir à Naples

 

Les Âmes du Purgatoire

 

Photographies de Jean-Luc Dubin 

Texte de Florian Villain

Textes en Français, Italien et Napolitain

 

 

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« Vedi Napoli e poi muori ». Depuis que Goethe l’a reprise à son compte pour traduire tous les ravissements qu’il a rencontrés durant son séjour à Naples entre l’hiver et le printemps 1787, la sentence est bien connue. Mais en a-t-on jamais cherché à comprendre le sens profond…

 

 

 

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Comment cette ville peut-elle nous réconcilier avec la mort ? Naples est belle, certes, et même sans doute comme aucune autre. Mais ce ne saurait suffire : depuis quand la beauté nous ferait-elle accepter le pire des maux, celui de mourir et de ne plus jamais revoir sa baie rieuse, son volcan humiliant, ses grouillantes viscères de ruelles ? De ne plus sentir son unique association des saveurs de la mer, de la terre et du soleil qui se marient dans le feu tumultueux des cuisines ? De ne plus entendre ses voix éraillées qui s’époumonent, qui s’entrappellent, qui s’engueulent et qui chantent comme nulle part ailleurs ? Autant dire que les Napolitains paraissent bien incapables de cultiver un goût dépravé pour la mort. Il n’y a pas de lieu où les premiers plaisirs de la vie soient plus raffinés. Parthénope n’est décidément pas Méduse ! Mais alors pourquoi mourir après avoir vu tant de beauté et de vie ?

 

 

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Peut-être, parce qu’à bien y regarder, dans ce goût sans concession pour cette vie hic et nunc, ici et maintenant, dans ce carpe diem à la napolitaine, la mort n’est jamais très loin. Elle est même toujours déjà là, partout et tout le temps. Ici, les vivants et les morts cohabitent, de sorte que mourir n’a jamais autant fait partie de la vie. C’est que mourir n’est plus vraiment partir lorsque les vivants prennent autant soin de leurs morts — prendere cura dit l’italien quand l’anglais dirait to take care. Ne mourir qu’après avoir vu Naples, c’est s’assurer d’être à jamais accueilli avec l’hospitalité et la convivialité qui donnent tout son goût à la vie et nous y attachent plus que tout. Vois Naples, mais aussi Pompéi et Herculanum, et puis relis ces mots d’Épicure dans sa Lettre à Ménécée : « Ainsi le plus terrifiant des maux, la mort, n’est rien par rapport à nous, puisque, quand nous sommes, la mort n’est pas là, et, quand la mort est là, nous ne sommes plus. Elle n’est donc en rapport ni avec les vivants ni avec les morts, puisque, pour les uns, elle n’est pas, et que les autres ne sont plus. »

 

 

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Afin de capter toute l’humanité de ce peuple qui continue de faire société avec ceux qui ne sont plus, nous avons alors décidé de croiser nos regards de la photographie et des sciences humaines pour mieux observer le culte que les Napolitains vouent aux âmes du Purgatoire. Pratiqué depuis plus de trois siècles et encore illustré dans trois lieux historiques, l’église Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco, la basilque de San Pietro ad Aram et le cimetière des Fontanelle, ce rituel populaire consiste à prendre en charge des crânes qui ont, pour l’essentiel, appartenu à des morts anonymes, et, notamment, aux victimes de la grande peste de 1656 puis de l’épidémie de choléra qui s’est répandue au XIXe siècle. La tradition enseigne que ces âmes abandonnées souffrent de la chaleur des flammes du troisième lieu et demandent de l’aide aux vivants. Quant à eux, ces devoti, parfois appelés dans leur rêve par une âme en peine, ils poussent la générosité jusqu’à adopter un crâne avec lequel ils entretiennent une relation privilégiée de confiance et d’échange. Prières, promesses, cadeaux, remerciements, tous ces bienfaits sont accordés dans l’intention d’offrir à ces têtes qui transpirent le refrisco, le rafraichissement.

 

 

 

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Ensemble, nous nous consacrons à la réalisation d’un ouvrage dans lequel nous scrutons l’endroit où naissent et s’effacent les frontières entre l’ici-bas et l’au-delà, dans un véritable refus de la séparation, où le quotidien des rues se confond avec le monde sous-terrain des catacombes. En réussissant cela, nous contribuerons peut-être à montrer comment, face aux diverses volontés institutionnelles de les interdire, ces pratiques résistent, survivent et renaissent.

 

 

 

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Ce livre de photographies se ponctuera de textes historiques et anthropologiques ainsi que de poèmes, de relevés ethnographiques, de témoignages, de prières et de récits de rêves. Tous ces éléments ne seraient au complet sans le mode d’expression traditionnel le plus vif, la musique, qui a scellé notre amitié et qui accompagnera, par ses chants et ses danses populaires, chacune de nos recherches partagées.

 

Cette musique, qui dans la tradition du sud de l'Italie est une véritable thérapie des âmes et des corps, sera donc présente tout au long du déroulement de ce projet. Les souscripteurs seront tenus informés des diverses performances, en région parisienne et ailleurs.

 

 

 

Jean-Luc Dubin, photographe qui depuis plus de trente ans consacre son œuvre à révéler ce qui se situe aux lisières de la vie. Je suis l’auteur du récent 1978, New York, aux éditions Dumerchez.

 

Florian Villain, enseignant la philosophie au lycée et la sociologie à l’université de Caen, je travaille actuellement sur la question de la tradition dans la zone Vésuvienne, où j'ai des attaches amicales et familiales qui m'ont très tôt plongé dans la langue et la musique napolitaines.

À quoi servira la collecte ?

 

Réalisation d'un livre en 500 ex , numérotés et signés par les deux auteurs, 88 pages en format 265 x 310 mm à l'italienne, reliure toilée.

Impression quadri-tone sur papier 170 gr, vernis partiel sur les photos. 

Texte en trois langues : Français, Italien et Napolitain

 

3 voyages à Naples                                       1 200 €

Impression, reliure                                          5 800 €

Mise en page                                                  1 600€

Photogravure                                                  1800 €                                       

Traduction en Italien                                         500 €

Transports et cachets des musiciens              1 200 €

 

TOTAL                                                           12 100 €

 

 

Si grâce à votre générosité le montant de la collecte est dépassé, nous avons mille idées pour ne pas en rester là. La musique étaient trés importante dans ce projet nous prévoyons dés Octobre 2018, des expos-concerts à Paris et à Provins

 

 Puis des vidéos d'interviews de Napolitains pratiquant ce culte.

 

Et enfin la réalisation d'un CD multimédia joint au livre.

 

Ce projet à démarré en Janvier. Nous essayons actuellement de trouver un endroit pour le présenter Aux Rencontres d'Arles début Juillet. Les expos-concerts sont donc prévus en Octobre. 

La réalisation du livre commencera en Janvier et il sortira en Avril.

 

Je réalise cette collecte en mon nom propre et je vous en remercie d'avance.

 

Jean Luc DUBIN

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Jean Luc Dubin

Jean-Luc DUBIN, photographe, portraitiste et plasticien est sensible à ce qui constitue les lisières de la vie. Il vient de publier : 1978, New York, aux éditions Dumerchez. Né en 1949, il vit et travaille dans la région de Provins Florian VILLAIN, enseigne la philosophie au lycée et la sociologie à l’université de Caen. Il travaille actuellement... Voir la suite

Derniers commentaires

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Comme promis!!!! beau projet
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Le projet est magnifique ! Bonne continuation