Polices du propre

Soutenez cette création mêlant documentaire et fiction où le couple propreté/sécurité va transformer le mur en un discret témoin des villes.

Visuel du projet Polices du propre
Échoué
16
Contributeurs
14/10/2018
Date de fin
1 005 €
Sur 1 500 €
67 %

Polices du propre

Graffeurs, photographes et chercheurs en sociologie visuelle, nous voyons et vivons l’espace urbain comme un terrain de jeux et d’enjeux, comme un champ d’affirmation et de contestation des pouvoirs en place, comme un lieu de concentration des luttes sociales. L’instantané de la rencontre entre le corps urbain et le corps humain exige d’exacerber ses propres sens, de sentir la ville. Cette inscription spatiale et temporelle entre en résistance avec des logiques d’aménagement et de contrôle. Une manière poétique et politique de regarder et d’entendre les métropoles.

La ville porte en elle/sur elle les tensions entre ces différentes dimensions de l’urbain. Ses murs, sa peau, affichent l’existence de confrontations entre des logiques d’appropriation, de contrôle de territoire, d’expression et d’usages : « Les murs sont travaillés par les signes, les traces, les fragments d’images, de mots, jusqu’au vertige, jusqu’à l’altération. L’effet spéculaire de la photographie détaille les stratifications, scrute les pliures, explore impitoyablement les failles des façades urbaines envahies d’indices secrets. L’énigme reste indéchiffrable et émerge dans la beauté de son immanence » Alain Mons, Le paysage urbain comme chaos

Synospis

Pour nous, les villes existent à travers le désordre qu’elles génèrent. À travers leurs bruits, leurs grouillements, leurs odeurs, leurs couleurs, leurs textures, leurs traces. À travers toutes les sécrétions qui signifient la vie et qui donnent de l’épaisseur et du sens aux lieux. Dans tout ce qui les rend organiques et ingouvernables.

Les inscriptions urbaines participent à ce désordre organique.

Nous désirons mettre en scène cette vision de l’urbanité à travers trois lieux que nous connaissons et étudions : São Paulo, Santiago et Toulouse. En respectant leurs spécificités (architecture, colorimétrie, langage, etc.), nous voulons poser des questions qui créent du commun entre ces espaces urbains. Quelles relations les habitant·e·s entretiennent-ils·elles avec ces villes ? Ou plutôt, comment entrent-ils·elles en contact avec elles ? Comment touchent-ils·elles leurs corps, leurs épidermes ? Comment s’emparent-ils·elles de leurs objets, de leurs prothèses ?

Des nettoyeurs frottent, grattent, griffent, poncent l’épiderme des villes. Qui agressent au nom de la protection. Grâce à leurs discours, on commence à comprendre l’origine et les motivations de leurs gestes paradoxaux.

Un personnage fictif en combinaison intégrale va devenir l’effigie de processus d’urbanismes dissimulés, de formes d’exclusions et de régulations présents dans les trois villes.

Agressé au nom de leur protection, les murs souffrent de plus en plus de ces effacements sauvages. En montrant leurs plaies, leurs cicatrices, nous créons « des fentes dans le paysage, laissant le bruit imaginaire du silence s’engouffrer dans les intervalles de l’image. Il s’agit de composer avec le chaos par une esthétique de la fente constituée de trouées, de percées visuelles, de scissures de l’espace. Il s’agit d’effleurer un tant soit peu l’incommensurable du paysage, par une plongée en perte dans un vide étourdi, mais filtré par le silence bruyant du visible. » Alain MONS, L’ombre de la ville. Essai sur la photographie contemporaine.

Les villes organiques cèdent la place à une ville machine, la Smart City, internationale, économique et sécuritaire. Froide et grise. En proie aux mêmes logiques, Santiago, São Paulo ou Toulouse, ne sont plus identifiables. Elles sont réduites à l’illustration d’une ville globale, d’un espace dystopique. D’un désert urbain.

La guerre ne sera jamais gagnée.

À quoi servira la collecte

L'argent est destiné à l'achat d'une caméra Canon C100 (d'un coût de 1500e) indispensable pour notre phase de tournage qui va débuter ce mois d'octobre.

Sans cette caméra nous ne pouvons pas commencer le tournage et rendre dans les temps impartis cette création audiovisuelle qui fait partie de notre travail de recherche de thèse.

C'est un projet entamé depuis déjà deux ans, qui nous tient particulièrement à coeur. Ce documentaire est la clé de voûte de notre thèse et de nos études. Je tiens à préciser que je recevrai l'intégralité de la collecte.

Merci infiniment, chaque aide, aussi petite quelle soit, représente énormément pour nous.

Choisissez votre contrepartie

Pour 10 €

Remerciements

Vous serez vos noms dans les remerciements au générique
  • Contributeurs : 2
  • Livraison Janvier 2019

Pour 20 €

Feuilles de tags brésiliens et chiliens

Nous vous enverrons des feuilles de tags de graffeurs brésiliens et chiliens ainsi que la contrepartie précédente.
  • Livraison Janvier 2019

Pour 30 €

Photos argentiques + remerciements

Vous aurez deux photos argentiques moyen format du tournage du film ainsi que les contreparties précédentes.
  • Contributeur : 1
  • Livraison Janvier 2019

Pour 50 €

Dvd du film

Vous aurez le dvd du film ainsi que l'ensemble des contreparties précédentes.
  • Livraison Décembre 2019

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