Mother’s therapy

Soutenez l'édition de mon projet « Mother’s therapy » en pré-achetant un exemplaire ! Sortie prévue au printemps 2021.

Visuel du projet Mother’s therapy
Réussi
63
Contributeurs
24/02/2021
Date de fin
5 071 €
Sur 5 000 €
101 %
Santé
et Handicap

Mother’s therapy

Mother’s therapy

Soutenez l'édition de mon projet « Mother’s therapy » en pré-achetant un exemplaire ! Sortie prévue au printemps 2020.

 

Après plus de quatre années de recherche et de photographie, ma plus grande joie et ambition seraient de pouvoir partager avec vous ces photographies dans un projet d’édition publié par The Eriskay Connection.

Vous trouverez ci-dessous plus d’infos...

Merci d’avance !

 

Depuis une dizaine d’années, j'ai eu l'intuition que les champignons psychédéliques pouvaient constituer une alternative au traitement psychiatrique de ma mère. Celle-ci a été diagnostiquée bipolaire à l’approche de la quarantaine et les médicaments administrés vingt ans durant ont paradoxalement lourdement dégradé sa santé. Mes recherches sur la psilocybine, un composant psychédélique naturel produit par environ 180 espèces de champignons, m'ont conduit à travers la préhistoire, la mycologie ou la médecine. Des grottes ornées de Dordogne au Museum d’histoire naturelle, du Pérou à l’Imperial College de Londres. En texte et en images, ce projet embrasse le temps et l’espace, la science et l’humain jusqu’à la cure à base de psilocybine suivie, avec un certain succès, semble-t-il, par ma mère. Sans militantisme aucun, je livre les pièces du dossier.

 

Au cours de la dernière décennie, l’utilisation des psychédéliques dans les soins de maladie mentale comme la dépression, le syndrome de stress post traumatique et les addictions est en pleine renaissance. Dans les institutions scientifiques les plus sérieuses sont mené des études sur la sûreté et l’efficacité des psychédéliques dans le traitement de ces maladies. Parmi ces institutions, Il y a l’Université Johns-Hopkins à Baltimore, L’imperial College à Londres, l’Université de Zurich ou l’institut de recherche biomédicale de Sant Pau à Barcelone.

La psilocybine, principe actif des champignons hallucinogènes, fait partie d’un traitement homologué prometteur pour lutter contre la dépression.

Une publication sur un sujet encore "sensible" pourrait amorcer certaines réflexions et éclaircir les idées reçues sur ces substances jusqu'à présent taboues car méconnues.

Enfin, ce projet ne fait en aucun cas promotion des psychédéliques.

 

ENTRETIEN AVEC MATHIAS DE LATTRE

Par Réjane Éreau

 

Les médecines psychédéliques font partie de l’histoire du monde…

On sait que les populations précolombiennes notamment utilisaient les champignons hallucinogènes pour leurs rites sacrés. On sait aussi que ces champignons étaient là, sur Terre, avant nous. J’ai donc souhaité explorer l’hypothèse qu’ils étaient connus et utilisés dès le début de l’humanité, en menant des recherches sur la préhistoire, l’archéologie, la mycologie et l’ethnobotanisme. Il existe environ 180 espèces de champignons psilocybes réparties sur tous les continents, exceptés l’Antarctique. Les hommes préhistoriques avaient une connexion intime à leur environnement.

 

 

On a par exemple retrouvé Ötzi dans les Alpes, vieux de 5300 ans, naturellement momifié, congelé et déshydraté ; il portait sur lui des champignons médicinaux. Par ailleurs, les travaux de certains préhistoriens pointent que les premiers hommes connaissaient les états modifiés de conscience, et qu’une partie de l’art rupestre – notamment les représentations animales anthropomorphes – étaient peut-être le fruit de transes chamaniques. Je ne dis pas qu’elles étaient forcément induites par des substances hallucinogènes, mais j’ai aimé faire le pont entre ces différentes connaissances. Les peuples premiers avaient une vision du monde plus ouverte et plus spirituelle que la nôtre. Nous avons des choses à apprendre d’eux.

 

Quand cet intérêt a-t-il rejoint l’histoire de votre mère ?

Ma mère a été diagnostiquée bipolaire tardivement, alors qu’elle approchait la quarantaine.

La bipolarité est un handicap invisible, dont on a tendance à minimiser l’impact sur la vie de ceux qui en souffrent. Par son génotype de type 2, les cycles dépressifs, voire mélancoliques, de ma mère ont toujours dominé.  Ses phases maniaques ou hypomaniaques, elles, étaient de plus courte durée, et plus facilement gérées. Ayant grandi à ses côtés, j’ai été témoin de ses variations d’humeur d’une amplitude souvent extrême, qui pouvaient survenir d’un jour à l’autre. On ne sait pas encore guérir cette pathologie aux causes multiples, mais seulement apaiser partiellement certains de ses symptômes. Au cours des dix dernières années, j’ai assisté à la chute continuelle de ma mère dans les profondeurs de la dépression. La quantité de pilules qu’elle avalait chaque jour brouillait son esprit, sans la stabiliser.

 

S’il existe en psychiatrie de nombreux neuroleptiques pour calmer l’agitation des phases « up », il n’existe aucun médicament pour corriger les phases « down » et remonter l’humeur ; même les électrochocs ne garantissent rien. La vie de ma mère s’est considérablement dégradée, jusqu’à la mener de plus en plus bas. C’était un enfer. Les effets secondaires des nombreuses drogues qui lui étaient prescrites dégradaient de plus en plus sa santé, fragilisant ses os, ses dents, son système immunitaire, et favorisaient toute forme d’allergie. Elle n’avait plus aucune mémoire ni capacité de concentration. Je craignais – a minima – qu’elle termine sa vie en psychiatrie. Au moins trois-quarts des bipolaires finissent dépressifs ; ils n’ont pratiquement plus de moments « up » en vieillissant. Même si ma mère n’a jamais été passive face à sa maladie, même si elle s’est toujours battue ou plutôt débattue, son isolement social était devenu inévitable. Je ne pouvais continuer à assister à sa déchéance. Je devais essayer de trouver une solution pour la voir retrouver son vrai visage, sa personnalité, sa vivacité d’esprit, sa culture, sa spiritualité.

 

Comment vous êtes-vous renseigné sur les possibles traitements ?

J’ai lu des livres, des articles. La médecine psychédélique a connu un essor important dans les années 1940-1950, puis elle a été interdite. Elle est aujourd’hui en pleine renaissance. Dans le cadre de mes recherches, je me suis rendu notamment au Pérou, dans un centre présidé par Jacques Mabit, qui soigne différents troubles psychiques et addictions par l’usage de plantes psychotropes locales. En me documentant, j’ai aussi appris que des recherches avaient été menées en Europe sur la psilocybine – le principe actif des champignons hallucinogènes. Plusieurs protocoles ont été expérimentés sur des dépressions résistantes à tout traitement allopathique. Après m’être assuré de leur potentiel dans le cadre d’une utilisation thérapeutique encadrée par des professionnels et spécialistes, j’ai abordé le sujet avec ma mère. Elle s’est montrée partante, d’autant plus que son psychiatre ne savait plus comment l’aider. Je me suis alors mis en quête d’un psychiatre qui connaissait aussi bien les bénéfices et l’usage de la psilocybine que les médicaments. Je suis allé à la Clinique psychiatrique universitaire de Zurich, rencontrer le Dr Franz Vollenweider et à Londres rencontrer Robin Carhart-Harris, David Nutt et toute l’équipe de recherche de l’Imperial College, puis J’ai appris que le cas des bipolaires était compliqué, et qu’aucun test clinique n’avait été pratiqué.

 

Dr Carhart-Harris: “Il faudra peut-être quelques années pour que la thérapie psychédélique soit disponible pour les patients, mais la recherche jusqu’à présent a été très encourageante. Les premières recherches cliniques ont montré que la thérapie psychédélique, lorsqu’elle est administrée de façon sécurisée et professionnelle, est très prometteuse pour traiter certaines maladies mentales très graves et pourrait un jour offrir un nouvel espoir aux personnes vulnérables ayant des options thérapeutiques limitées.

Grâce à ces recherches en neuropharmacologie, nous serons peut-être un jour en mesure de mieux nous attaquer aux problèmes de santé mentale et généralisés qui peuvent dévaster la vie de nombreuses personnes et pour lesquelles il existe actuellement peu de traitements efficaces. »

 

Comment va-t-elle aujourd’hui ?

Elle va bien, son état s’est considérablement amélioré. Tous ses proches ont été très surpris de constater à quel point son humeur était stabilisée, équilibrée. C’est encore le cas aujourd’hui. Elle-même est surprise de découvrir qu’elle peut gérer tous les aléas de la vie quotidienne sans sur-réagir d’une façon ou d’une autre. Elle retrouve un élan vital qui lui apporte l’énergie et la motivation dont elle a besoin pour refaire sa vie et renouer avec une vie sociale.

 

Son cas est-il généralisable ?

Chaque individu est différent, et l’on manque encore de recul et de tests exhaustifs sur les différents types de bipolarité. Mon but n’a jamais été de faire du prosélytisme mais simplement d’apporter mon témoignage, en relatant cette expérience personnelle pleine d’espoir et de persévérance. C’est juste l’histoire de ma mère. Juste l’histoire d’un être, de sa quête et de sa vérité subjective.

 

Comment j'ai réalisé ce projet :

J'ai totalement auto-financé ces quatre années de projet, investissant plus de 9.000€. J’ai réalisé mes photographies avec une chambre photographique 4x5.

Dès ma première prise de vue en 2016, au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, j'avais en tête de raconter cette histoire à travers un livre.

Pendant ces quatre années, j'ai effectué intensivement des recherches dans le domaine mycologique, ethnobotanique et archéologique en passant par l’art rupestre.

Je me suis déplacé à mainte reprises dans le sud-ouest de la France, jusqu’en Espagne, pour photographier les grottes fréquentées par les hommes préhistoriques.

J’ai pu réaliser des collaborations avec quelques musées à Paris et en Allemagne.

Parallèlement, je suis allez à Londres, Zurich et en Amazonie péruvienne pour rencontrer et prendre en portrait des scientifiques et médecins qui travaillent avec les psychédéliques.

J’ai fini par trouver une personne qui pouvait élaborer une thérapie sérieuse avec ma mère et l’aider à arrêter chacun de ces médicaments.

 

Où en-est le projet en ce moment ? :

La Maquette est bientôt terminée !

 

 

Date de sortie : Le livre sortira je l’espère au printemps 2021.

MERCI infiniment à tous de votre soutien ! C'est grâce à vous que ce livre pourra voir le jour !

 

 

 

À quoi servira la collecte

Le budget total du livre est de 24 000 euros (comprenant l'éditing, le design, la lithographie et la production) pour un tirage de 750 exemplaires. Les frais d'édition, de graphisme et de lithographie sont déjà couverts, mais je dois encore collecter 10500 € pour la production du livre. Mon objectif est de 5000 € car c'est le montant minimum dont j'ai encore besoin pour réaliser le livre tout en investissant une partie de mes fonds… Donc tout supplément est le bienvenu !

 

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