Assurons ensemble un avenir aux anciens enfants-soldats du documentaire "Wrong Elements", de Jonathan Littell.

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Présentation détaillée du projet

Chers amis,

 

Wrong Elements, le film documentaire que j'ai réalisé, nous montre le destin, et nous parle du passé, de plusieurs anciens enfants-soldats, enlevés à l'adolescence par un groupe rebelle nord ougandais, principalement issu de l'ethnie acholie, la Lord's Resistance Army de Joseph Kony.

 

 

Parmi eux, quatre figures principales se détachent. Tout d'abord Geofrey. Quand je l'ai rencontré, en 2014, il travaillait comme moto-taxi et vivait au jour le jour. Enlevé par la LRA à 13 ans, et forcé de commettre de nombreuses atrocités dont il parle dans le film avec une honnêteté et une rigueur absolue, il a enfin, après plusieurs années, réussi à profiter d'une offensive de l'Armée ougandaise pour fuir et se rendre. Après un long séjour dans un centre de réhabilitation, il a bénéficié d'une bourse qui lui a permis de compléter ses études secondaires et d'apprendre l'anglais. Aujourd'hui, avec mon aide, il mène des études universitaires, à Gulu University, pour devenir professeur de bio-chimie, le rêve de sa vie.

 

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Ensuite, il y a Nighty. Enlevée à 13 ans aussi, elle a été donnée de force au chef de la LRA, Joseph Kony lui-même, dont elle a eu un fils, Gum. Nighty et Geofrey, dans le bush, se connaissaient bien : en tant que femme du chef, c'était souvent elle qui le nourrissait. En 2003, elle aussi a réussi à fuir, vers Juba au Sud Soudan, puis a être rapatriée en Ouganda où elle a eu un second fils, avec un ancien LRA aussi. Comme c'est souvent le cas pour des femmes victimes d'abus répétés, elle a continué à se retrouver, même en liberté, avec des hommes abusifs : lorsque nous l'avons rencontré, elle cherchait désespérément à se défaire d'un conjoint alcoolique et violent, qui la maltraitait et ne fournissait aucun soutien à ses enfants. Maintenant, elle est de nouveau seule, et je finance, pour le moment, la scolarité de ses deux enfants.

 

 

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Mike aussi connaissait Geofrey et Nighty dans le bush. Grièvement blessé lors d'un combat, il s'est peu à peu remis et a longtemps travaillé comme Geofrey en tant que moto-taxi. L'année dernière, il a été embauché comme chauffeur par une compagnie de construction chinoise, ce qui lui a permis d'améliorer un peu son niveau de vie, mais l'oblige à travailler quasiment 365 jours par an.

 

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Enfin, il y a Lapisa, qui vit avec son mari et ses enfants dans un village reculé. Traumatisée par ses expériences dans le bush, elle a longtemps souffert d'un malaise psychique que les Acholis appellent cen, et dont les symptômes ressemblent de près à ce que nous appelons, ici en Occident, le PTSD ( Post Traumatic Stress Disorder ). Le film l'a aidée à organiser une cérémonie de purification rituelle ; celle-ci a mis longtemps à porter ses fruits, mais aujourd'hui Lapisa va mieux. Son souci principal reste l'éducation de ses enfants, pour laquelle elle n'a aucun moyen de payer, ainsi que le sort d'un de ses fils, disparu lors de sa fuite au Sud Soudan, et dont le CICR ( Comité International de la Croix Rouge ) cherche encore à retrouver la trace.

 

Sans ces quatre personnes, ainsi que de nombreuses autres qui apparaissent de manière plus fugitive, il n'y aurait pas eu de film. C'est le courage et la lucidité avec laquelle ils témoignent qui fait la force, telle qu'elle est, de Wrong Elements - ces " mauvais éléments " qu'ils restent malgré tout, au sein d'une société qui leur a officiellement pardonné mais qui n'a jamais tout à fait pleinement accepté en son sein tous ces enfants qui victimes, en ont aussi fait tant à leur tour.

 

 

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SYNOPSIS

 

Ouganda 1989. Un jeune insurgé acholi guidé par des esprits, Joseph Kony, forme un nouveau mouvement rebelle contre le pouvoir central, la LRA, « l’Armée de Résistance du Seigneur ». Une armée qui se développe au fil des années par des enlèvements d’adolescents – plus de 60 000 en 25 ans – dont moins de la moitié sont ressortis vivants du «bush». Geofrey, Nighty et Mike, un groupe d’amis, ainsi que Lapisa, font partie de ces adolescents, enlevés à l’âge de 12 ou 13 ans. Aujourd’hui ils tentent de se reconstruire, de retrouver une vie normale, et reviennent sur les lieux qui ont marqué leur enfance volée. À la fois victimes et bourreaux, témoins et acteurs d’exactions qui les dépassent, ils sont toujours les “Wrong Elements” que la société a du mal à accepter. Pendant ce temps, l’armée ougandaise traque, dans l’immense forêt centrafricaine, les derniers rebelles LRA dispersés. Mais Joseph Kony, lui, court toujours.

 

LA BANDE ANNONCE

 

 

 

EXTRAITS

 

 

REPÈRES HISTORIQUES

 

La Lord’s Resistance Army, « L’Armée de résistance du Seigneur » ou LRA, est une rébellion ougandaise contre le gouvernement de Yoweri Musevini, président de l’Ouganda depuis 1986. En 1989, après la défaite par l’armée ougandaise d’une première rébellion mystique dirigée par Alice Lakwena, possédée par des esprits, un jeune Acholi du Nord du pays, Joseph Kony, se vit confier par les esprits de Lakwena la tâche de continuer le combat. Mais Kony, peu suivi par une population lasse de la guerre, passa rapidement à une stratégie radicale : éviter autant que possible le combat direct, et s’en prendre aux civils — le terrorisme à l’état pur, au sens étymologique du terme. Paradoxalement, la cible principale de la LRA fut le peuple même que Kony prétendait protéger, les Acholis, qui se retrouvèrent pris en tenaille entre les rebelles et l’armée. Massacres et mutilations sélectives devinrent la « marque de fabrique » de la LRA, et surtout les enlèvements d’adolescents, souvent pratiqués en masse dans les écoles ou les internats, pour recruter des nouveaux soldats et des « épouses ». À partir de 1994, avec le soutien de Khartoum, la LRA implanta des bases au Sud Soudan, et servit à l’armée soudanaise de force supplétive dans sa lutte contre la guérilla séparatiste du SPLA. Mais en 2002, l’opération Iron Fist, une offensive massive des forces armées ougandaises (UPDF), les délogea et les força à se replier au-delà du Nil, jusqu’en République Démocratique du Congo. À partir de 2005, sous inculpation de la CPI (Cour Pénale Internationale) pour crimes contre l’humanité, Kony parvint à y établir de nouvelles bases, au sein de l’immense parc naturel de la Garamba. Néanmoins, affaibli par son retrait du Soudan, Kony s’engagea dans un processus de paix, qui traîna durant presque deux ans. Était-il de bonne foi ? Beaucoup en doutent. Néanmoins, après d’âpres négociations, un accord de paix final fut approuvé par le gouvernement ougandais, comprenant parmi d’autres clauses une amnistie presque totale pour les combattants LRA, sauf ceux sous mandat de la CPI. La paix semblait à portée de main ; mais Kony ne se présenta pas à la cérémonie de signature, fixée pour le 10 avril 2008. Les tractations pour le pousser à signer durèrent encore huit mois, sans succès. Or, Musevini n’avait pas attendu un refus définitif pour préparer une autre option : mi-décembre, les UPDF lançaient une nouvelle offensive pour résoudre par la force le problème de la LRA.

 

 

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L’opération, déclenchée prématurément un jour de brouillard, échoua, et la LRA se dispersa à travers le nord du Congo. À son habitude, Kony riposta contre la population, que les militaires avaient entièrement négligé de protéger. Le jour de Noël 2008, la LRA organisa une série de massacres synchronisés dans trois bourgades du Haut Uélé, tuant plus de 865 civils en quelques jours, la plupart à coups de gourdins ou de haches. Kony lui-même, avec ses principaux lieutenants, traversa la RDC et passa en République Centrafricaine. Mais d’autres groupes LRA restèrent au Congo, dirigés par un de ses commandants les plus brutaux, Dominic Ongwen, qui répéta à la Noël 2009 les massacres de l’année précédente. Ni les FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo), mal entraînés et équipés, ni les casques bleus des Nations Unies, cantonnés dans leurs bases et limités par leur mandat, ne pouvaient grand chose pour protéger la population, qui abandonna en masse ses villages pour se regrouper dans les bourgades un peu plus sécurisées. Néanmoins, la pression constante des squads mobiles des UPDF, appuyés à partir de 2011 par une centaine de soldats des Forces spéciales américaines, parvint lentement à repousser les LRA vers le nord, jusqu’aux confins de la RCA, du Darfour et du Tchad. Depuis 2013, Kony s’est réfugié dans l’enclave de Kafia Kingi, une zone contestée à la frontière du Soudan et de la RCA. Une demi-douzaine de fois, les UPDF ont tenté de l’y surprendre ; à chaque fois, il a réussi à fuir au Darfour, sous protection NordSoudanaise. À partir de 2014, Kony a commencé à renvoyer ses hommes en RDC tuer des éléphants et rapporter leurs défenses à Kafia Kingi, d’où il les vend à des intermédiaires pour financer les restes de son mouvement. En janvier 2015, son adjoint Dominic Ongwen, menacé de mort par Kony, se rendit aux UPDF et fut rapidement transferé à la CPI à La Haye, où son procès pour crimes de guerre est actuellement en cours. Mais malgré les avions espions américains, malgré les patrouilles incessantes dans la jungle, malgré les 5 millions de dollars de récompense offerts par Washington, Kony et ses derniers hommes sont toujours en liberté.

 

 

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Biographie

 

Écrivain et journaliste franco-américain, Jonathan Littell a travaillé de nombreuses années pour Action contre la faim, principalement en Bosnie, en Tchétchénie, en Afghanistan et en RDC. Son roman Les Bienveillantes (Prix de l’Académie française et Prix Goncourt 2006) explorait en profondeur, à travers l’expérience nazie, la question de la violence institutionnelle et du meurtre de masse. Il a depuis prolongé ce questionnement à travers des essais tels que Le sec et l’humide (2008) et de nombreux reportages pour Le Monde et la revue XXI, durant la guerre de Géorgie d’abord puis en RDC, au Sud-Soudan, et à Ciudad Juarez (Mexique). Enquêteur précis, rigoureux, il a publié deux longs reportages sur la LRA, en couverture du Monde Magazine en octobre 2010 et en août 2011. Début 2012, il passe trois semaines dans la ville assiégée de Homs, en Syrie, et en tire une série de cinq reportages pour Le Monde, avant de publier ses notes sous le titre Carnets de Homs (2012). Jonathan Littell est aussi depuis longtemps fasciné par l’image, et en 2011 a publié Triptyque, trois études sur Francis Bacon, où il étudie l’œuvre du peintre anglais à la lumière des grands maîtres l’ayant influencé, de la peinture byzantine, et de l’histoire de la photographie.

 

Bibliographie sélective

 

2012 Carnet de Homs : 16 janvier - 2 février 2012 (Gallimard)

2011 Triptyque, trois études sur Francis Bacon (L’arbalète Gallimard)

2009 Tchétchénie, an III (Gallimard - Folio documents)

2008 Le sec et l’humide (L’arbalète Gallimard)

2006 Les Bienveillantes (Gallimard)

 

Liste technique

 

Réalisation :      Jonathan Littell

Image :              Joachim Philippe

                          Johann Feindt

Son :                  Yolande Decarsin

                          Yves Comeliau

Montage :           Marie-Hélène Dozo

Montage son :    Ludovic Van Pachterbeke

Production :        VEILLEUR DE NUIT - Jean-Marc Giri

Co-production :  ZERO ONE FILM - Thomas Kufus

                           WRONG MEN - Benoît Roland

 

Avec la participation de : Canal+ ; Bayrischer Rundfunk;  Arte ; RTBF (Télévison belge) ; VOO / Be TV Le Pacte ; Le Centre national du cinéma et de l’image animée – avance sur recette ; Filmförderungsanstalt ; Medienboard Berlin-Brandeburg ; Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

 

À quoi servira la collecte ?

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Aujourd’hui, malgré l’aide modeste que j’ai personnellement pu leur fournir, leur destin reste fragile, flottant. Or je pense qu’eux, au moins, en remerciement de ce qu’ils nous ont donné en témoignant ainsi devant ma caméra, méritent un futur plus solide, plus stable. C’est tout l’enjeu de cette campagne : lever assez de fonds pour leur garantir un avenir meilleur.

 

C’est pourquoi nous nous sommes permis de nous adresser à vous : pour vous demander, si le destin de ces gens vous a touché, si leurs paroles vous ont ému et fait réfléchir au contraste avec votre propre condition et celle de vos enfants, de nous aider à votre tour, pour que nous puissions leur offrir un avenir pérenne.

 

Pour Geofrey et Mike, il s’agit de leur acheter une terre, un petit lopin où ils pourront construire une maison et cultiver, leur donnant ainsi une sécurité qu’ils n’obtiendront jamais autrement. 

 

Avec l’argent récolté, j’irai personnellement acheter les terres à Gulu. 

 

Terre pressentie aux alentours de Gulu :

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Pour Nighty et Lapisa , il s’agit de financer les études de leurs enfants jusqu’à la fin du secondaire, offrant ainsi à ces « bush babies » (comme on les appelle en Ouganda) la chance d’un avenir moins misérable, pour eux et par extension pour leurs mères.

 

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Concernant le financement annuel des études, un compte dédié sera ouvert à cet effet. Pour la logistique sur place, je ferai appel à mon ami de confiance et traducteur Lamex Simon qui travaille au sein de l’ONG CEED : Community Empowerement Education Developpement à Gulu. Il sera en charge chaque année de payer les frais de scolarité des quatre enfants. Un certificat de scolarité sera exigé ainsi que les relevés de notes des enfants. Je me ferai une joie de vous les faire parvenir et de vous tenir informés sur le devenir de nos amis.

 

L’argent récolté sera alors réparti comme suit :

 

Terres :

 

Les terres se vendent par "plot". Un plot correspond à 30X40 mètres soit 1200 mètres carré. Le prix de ces 1200 mètres carré aux alentours de Gulu est de 8 000 Shilling ougandais soit 2100 euros.

 

2 terres : 2X2100 = 4200 euros

 

Frais de scolarité : 4 enfants :  Les 2 enfants de Nighty et les 2 enfants de Lapisa = environ 5000 euros

 

Frais de campagne à l'intention de KissKissBankBank : 8%  = 800 euros 

 

Si d’aventure nous dépassons notre objectif, l’argent sera remis à l’ONG Drop in the Bucket qui s'occupe de mettre en place un programme éducatif pour les enfants nés en captivité au sein de l’armée de Joseph Kony. Une fois encore, je garantirai la bonne utilisation des fonds récoltés.

 

 

Je vous remercie tous, par avance, pour l’aide que vous pourrez nous apporter.

 

Bien cordialement,

 

Jonathan Littell

 

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Veilleur de Nuit Production

« Le Veilleur de Nuit, c’est celui qui lit tard derrière un comptoir et qui, de temps en temps, vous donne les clefs. » Veilleur de Nuit est une maison de production de films. Elle a été créée en 2005 par Jean-Marc GIRI avec le projet de développer des films documentaires de création abordant des sujets à forts enjeux et exigeants sur la... Voir la suite

Derniers commentaires

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Bonne chance et encouragements pour ces jeunes.
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Le film est magnifique, les personnages aussi, c'est une belle aventure. Bravo Jon. Et encouragements à tou-te-s...
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Rêvons activement d'un monde meilleur. Bravo, et bon courage !