Wird, une expérience soufie.

Participez à la réalisation du livre "Wird", 160 pages et plus de 90 photos de Bruno Hadjih sur le soufisme dans le monde.

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Wird, une expérience soufie.

Photographies de Bruno Hadjih

Texte de Pierre Guicheney

LE LIVRE /

Une nuit, une image prise au cours d’une khalwa [retraite spirituelle] s’impose. Le patient cheminement de plus de vingt ans au côté des Soufis a fait son œuvre. Il faut à présent pénétrer cette retraite où se murent ou se sont murés les Soufis les plus avancés dans le chemin de connaissance. Il faut accéder à "la moelle de la chose", là où l'on ne ment pas, au lieu de l'ascèse la plus haute, de la sublime et humble introspection qui devient extinction. Bruno Hadjih réalise que des réduits de terre de Tombouctou aux grottes de l’Hindou Kouch, jusqu’à certaines chambres de HLM de Montreuil qui n’ont rien d’exotique, des ascètes perpétuent la même pratique de la khalwa et du wird [répétition d’une formule sacrée], dans le silence, le dénuement, le retrait du monde [...]

Les images hautement travaillées de Bruno Hadjih ne se prêtent pas à une lecture immédiate, elles ne cherchent pas un impact éphémère. Elles demandent réflexion, contemplation. Elles sont visions et révélations. D’uniques et précieuses icônes.

Notes photographiques de Bruno Hadjih :

Dans le soufisme le Wird est la pratique par laquelle est différenciée une voie mystique d’une autre. Le Wird permet de transmettre le secret qui attachera le maître à son élève. Le wird est un ensemble d’incantations, de prières, et de respirations qui mène au « hal », à l’absolu. Le Hal est l’extinction de soi dans l’autre.

L’expérience soufie dépasse les clivages que la société met en place, les problématiques identitaires s’annulent. Là où la pratique du soufisme est permise, la société est rarement à l’écoute des intégrismes. Cette recherche est aussi ce qui nous constitue. Elle est la part qui nous relie aussi bien à l’univers qu’à notre partie nucléique.

Ce qui sépare les hommes s’annule lorsqu’ils se retrouvent à expérimenter un état de grâce et de souffle, que ce soit à Montreuil, dans le sud algérien ou n’importe où ailleurs dans le monde. Il n’est plus question d’individu mais de présence.

Le paysage, la nature sont parties intégrantes de cette beauté. Ce sont des  lieux de fixation et de révélation. Si par le passé, j’allais loin pour photographier ces soufis, ma rencontre avec des confréries du Sahel à Montreuil ou en Île de France, a transformé mon approche du sujet. C’est dans ces lieux ordinaires, intimes et clos, presque souterrains que j’ai trouvé mon écriture photographique. C’est à Montreuil que le schéma de la représentation commençait à se dessiner.  Dans ces lieux impersonnels et insignifiants, j’ai compris qu’il n’est pas nécessaire d’aller loin pour rencontrer ce qui est proche. Pendant 20 ans, j’ai continué à les fréquenter et à fixer leur présence. 

L’origine du projet est la rencontre avec une famille qui m’avait logé lors d’une panne de voiture sur les Hauts-Plateaux en Algérie. Une rencontre décisive. Lors de nos conversations, je fus frappé par leur disponibilité, et la chaleur bienveillante qui s’en dégageait. Ils ne sont ni inquisiteur sur ma pratique religieuse, ni outré d’apprendre mon athéisme.  A la fin du séjour, ils m’ont appris qu’ils sont soufis. 

La suite est une succession de rencontres, en France, ou durant mes voyages. 

Si au départ j’avais une approche documentaire du sujet, je me suis rendu-compte rapidement de la limite de la démarche. La réflexion sur sa représentation m’a pris beaucoup de temps. Le soufisme pour le résumer est la représentation de l’égo dans une position verticale, ascensionnelle, et l’aboutissement c’est l’extinction de cet égo dans l’autre. L’autre en l’occurrence est « Dieu »

On est dans la métaphysique. Mettre l’homme dans cet éther qui nous enveloppe. 

S’en était suivi une période de doute, et j’avais décidé une « halte » dans le travail pour me consacrer à autre chose.

Cette « halte » que les soufis nomment « une station » est celle qui permet une remise en question et une introspection du travail

J’ai changé de format dans mon matériel. Les films analogiques ne m’ont jamais quitté. Le 24X36 est remplacé par le 6X7, le 6X6, et depuis quelques temps par le 4X5 inch. Le format est une partie intégrante du processus de maturation. La photographie devient d’abord une construction mentale. L’appareil n’est que l’outil qui me permet d’arriver à ce que je perçois comme une finalité. Cheminer dans la lenteur comme on cheminerait dans l’esprit. La rapidité d’exécution (bouillonnement) des premiers temps, est remplacée par les résonances que les scènes vécues ou ressenties font naître en moi. Décanter ces scènes comme on le ferait d’un vin, pour ne garder que le nectar. C’est à ce moment précis, que j’ai rencontré enfin la grammaire et le vocabulaire qui accompagneront ce travail. Donner naissance à mon langage, non pas qu’il soit le meilleur, mais l’approprié.

Le noir et blanc m’a accompagné par moment. La couleur s’était imposée par sa signification sur certaines scènes. Savoir lire une couleur, provoquer certaines dominantes, pour entrer en résonance avec mes sentiments. Dans le soufisme, on parle d’énergie, d’aura, de couleurs constituantes. Elles sont ce qui est inaudible et pourtant bruyante, ce qui matérialise l’invisible. Les dominantes représentent ce paroxysme.

La réaction des personnes photographiées est bienveillante. Les prises de vues des Dhikrs, comme des khalwas, ne sont pas autorisées. Il a fallut des années de fréquentation pour mériter le cercle et leur confiance. La confiance est donnée à un moment, elle n’entre dans aucune logique, ni aucune priorité. Une khalwa, pour celles que je connais, se passe dans des lieux clos, obscurs. Une ouverture à peine perceptible laisse passer un rayon de lumière ténue, qui marque le temps. Un balancier entre ce temps et cet espace. Dans le fond de la salle, dans un silence total se tient le préposé à la retraite. A travers ce silence que représente la khalwa, l’image doit faire corps avec cette obscurité et en faire une alliée.

 

LE PHOTOGRAPHE /

BRUNO HADJIH est né en Kabylie en Algérie. Il vit et travaille entre Paris, le Gers et le Sahara. Après des études de sociologie, il s’oriente vers la photographie documentaire, plasticienne. Ses travaux portent particulièrement sur la redéfinition des espaces décrits comme intangible, espace mental, espace géographique. 

Réflexion ou regard neuf porté sur le monde méditerranéen, son histoire, sa culture et ses relations avec le reste du monde, le travail de Bruno Hadjih n’est pas une interrogation mais une prise de position, un engagement.

Son travail a été exposé dans divers musées et festivals :  BNF, CCCB Barcelone, Musée-Herzilia, Museum of the African Diaspora (MOAD) San Francisco, Visa pour l’image, Biennale Africaine de la photographie à Bamako, Biennale de photographie du monde arabe.  

Depuis plus de 21 ans, Bruno Hadjih mène une réflexion sur le soufisme : WIRD.

Il est aussi auteur et réalisateur de documentaires : AT(H)OME en 2013, Wird en 2020 et  Ziara en 2020

Bruno Hadjih est représenté par la Mamia Bretesche Gallery.

 

PARUTION FRANCE DECEMBRE 2020 /

• Format 22 x 28 cm,

• 160 pages intérieures sur papier couché mat 200gr

• Couverture cartonnée rigide

• Impression quadrichromie,

• Bilingue français-anglais,

• plus de 90 photographies

Collection ART PHOTO, hors format.

Éditions Lalla Hadria Editions - Tunisie


Prix public : 32 €

 

1ère, dos et 4ème de couverture

 

PS : Les photos présentées sont des images du livre.

À quoi servira la collecte

Pré-vente du livre

Plus qu'une collecte, c'est une pré-vente du livre pour nous aider à déterminer le tirage d'impression. Editeur en Tunisie, nous avons aussi des difficultés à être distribué dans les librairies françaises. Ce livre fait partie d'une collection photo déjà connue, deux titres à son actif, vendus dans les librairies spécialisées art et photo à Paris. 

Donc par cette prévente c'est une manière de faire connaître l'ouvrage, de lui donner plus de visibilité et de le pré-financer. La maquette est aboutie, nous sommes avec Bruno Hadjih dans les dernières retouches photos, texte et maquette avant de passer à l'impression.

Il reste donc à payer l'impression, entre 6 et 8000 € selon le tirage final. 

L'impression est prévue deuxième quinzaine de novembre.

Nous imprimons à Barcelone. 

Tous les livres achetés seront expédiés par la poste depuis la France. 

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Contrepartie star

1 livre Wird

35 €

Le livre "WIRD" de Bruno Hadjih au prix 35€ (frais de port inclus pour la France). Livré avant Noël 2020.
  • 2 contributeurs
  • Livraison estimée décembre 2020

2 livres Wird

66 €

Deux exemplaires du livre "WIRD" de Bruno Hadjih au prix 66€ (frais de port inclus pour la France). Livré avant Noël 2020.
  • Livraison estimée décembre 2020

3 livres Wird

98 €

Trois exemplaires du livre "WIRD" de Bruno Hadjih au prix 98 € (frais de port inclus pour la France). Livré avant Noël 2020.
  • Livraison estimée décembre 2020