burkin'art

Aix-en-Provence, France

« Engagez-vous qu’ils disaient ! ». Cette phrase aurait pu faire sourire mais la crise qui frappe l’humanité appelle aujourd’hui au développement de la solidarité, donc à un engagement renouvelé de chacun. Pour nous, aujourd’hui, l’engagement renvoie à un certain rapport au monde et à la vie. Être engagé, c’est se sentir convoquer à agir. Je suis affecté par ce qui se passe, donc je dois agir. L’idéologie qui domine notre époque veut que nous agissions dans des circuits normés, elle nous dit : « Vous êtes des individus isolés. Chacun sa vie », il en découlerait le fait de n’être affecté que par ce qui m’arrive directement, par mes sensations. A contrario, une personne engagée, elle, est affectée par autre chose que par son histoire personnelle. Elle se pense dans le monde et pense le monde en elle. Burkin’art, c’est cinq étudiants qui découvrent ou redécouvrent « l’engagement solidaire ». « Une rupture brutale avec le quotidien, un plongeon tête la première dans un univers reculé et étranger que beaucoup ne soutiennent que de loin, A travers ses paroles, je comprends que la claque qu’elle a reçue est intimement mêlée à un émerveillement, celui de la découverte d’un peuple pas comme les autres. Mais l’histoire n’allait pas s’arrêter là. Il fallait le partager, en offrir l’opportunité à d’autres curieux et courageux, et donner aux étudiants en quête de découvertes la chance de mettre à profit leurs créativités pour la plus riche des expériences. Ainsi naquit Burkin’art. L’association est ambitieuse. Elle propose d’abord des chantiers d’été aux comédiens en herbe, qui auront un accès facilité à cette Afrique inconnue. Comment ? Grâce à l’aide précieuse de volontaires disponibles pour organiser des évènements caritatifs, réunir des fonds, et ouvrir les portes de cette mystérieuse culture. La quête des dons mensuels et les missions de sensibilisation ont déjà commencé, et les intéressés ne se font pas attendre. L’organisation est claire, les programmes inspirent confiance, l’Afrique noire paraît voisine. Pourquoi cet engagement ? Les organisations et les acteurs humanitaires se sont implantés dans le monde entier pour répondre aux situations de crise, qu’elles soient ponctuelles ou durables. Ce mode opératoire, qui ne permet pas d’assurer un soutien pérenne, trouve aujourd’hui ses limites. Une fois les missions internationales achevées les populations se retrouvent au point de départ. Nous croyons à l’efficacité des actions locales. Agir à l’échelle humaine permet de cerner les vrais enjeux et d’y apporter des réponses pertinentes et durables. C’est pourquoi Burkin’art se propose de travailler avec des acteurs locaux. Nous croyons que le développement repose sur l’éducation et l’accès à la culture. C’est pourquoi Burkin’art milite en faveur de l’instruction et de la démocratisation culturelle. Partout dans le monde des artistes s’engagent, notamment au Burkina Faso en offrant à des enfants des cours de soutien scolaire, en utilisant le théâtre pour sensibiliser les populations, ou en créant des bibliothèques de quartier, ces artistes contribuent à développer l’instruction. En offrant des stages et des cours de chant, de danse, de théâtre, de musique ou en créant des spectacles pour enfants, ces artistes ouvrent l’accès à la culture. Ils sont une promesse d’avenir, nous croyons en eux et c’est pourquoi Burkin’art veut aujourd’hui les soutenir. « Il n’y a pas plus grand miracle dans le monde que le sourire d’un enfant », c’est cette conviction que nous partageons en partenariat avec l’association Wécré théâtre Burkina et l’association Wécré France. A travers l’art et la culture, nous désirons œuvrer à l’épanouissement des enfants de Ouagadougou et ceux du quartier de Somgande. L’association Wécré Théâtre est le fruit d’un assemblage d’énergies et de déterminations fortes de jeunes burkinabés. De la rencontre entre les 10 comédiens burkinabés et une poignée de volontaires français est née l’antenne Wécré France. Wécré est un mot Moré, le dialecte le plus parlé au Burkina. Il signifie la lumière, la clarté, l’éclosion, l’ouverture. Elle compte au sein de sa troupe dix membres qui sont des artistes comédiens. Le cinéaste et scénariste burkinabé Guy Désiré Yaméogo est à l’origine de la création de la troupe, et continue à être son parrain depuis 2001 date de la création de l’association. Le but premier de la compagnie est de sensibiliser la jeunesse burkinabé et de l’amener à prendre conscience de ses problèmes. Elle souhaite promouvoir le théâtre et œuvrer pour que le métier d’artiste soit enfin reconnu à part entière au Burkina Faso. En 2011, fut organisé des « Camps vacances culture » dont l’objectif était de créer une tribune d’expression artistique pour tous les enfants défavorisés recueillis au sein du local de Wécré théâtre pendant les vacances scolaires. Suite à une réflexion entre les membres de l’association de Wécré Théâtre et sous les conseils de leurs parrains, le réalisateurs Guy Yameogo Désiré, le « camp vacances culture 2012 » prendra la forme d’un festival réservé à la promotion des droits et à l’épanouissement des enfants. Le camp vacance est rebaptisé : « Voix des Mômes » que l’on peut décrire comme une avalanche d’activités dans un paradis à notre dimension » Le « Festival Voix de Mômes » continu son chemin sans s’essouffler, c’est avec joie que nous avons participé à la deuxième édition en Aout 2013, et que nous partons cette année, caméra sur l’épaule afin de faire partager dès notre retour, cette merveilleuse aventure.