MLL

Mathieu et moi nous connaissons depuis 2009. Nous nous étions rencontrés au festival Figra, où nous étions invités pour défendre nos projets respectifs, bien différents s’il en est. Mathieu travaillant alors sur le thème de la réintroduction du Gypaète barbu, le vautour doré, moi-même sur l’histoire d’un label indépendant s’étant créé sur la côte ouest du continent américain. Nous sommes restés en contact depuis lors, suivant l’un et l’autre nos évolutions et projets, échangeant ici et là des mails afin de nous donner de plus amples nouvelles et suivre nos parcours. Via internet donc principalement. Il y a quelques mois, nous nous sommes revus et avons pris le temps de discuter. De ces parcours justement, de nos envies, interrogations et réflexions de jeunes presque trentenaires que nous sommes devenus. Nous avons tous deux tenu ce que l’on pourrait appeler notre ligne, notre fil, nous professionnalisant et menant à bien divers projets nous amenant à travailler sans cesse sur de nouveaux, cherchant toujours à affiner notre travail, à chercher « plus loin ». Lui dans le documentaire naturaliste, en s’intéressant aux interactions fortes entre l’homme et la nature, moi-même dans les projets photographiques et vidéographiques principalement dans le domaine culturel, privilégiant la rencontre avec l’autre, le rapport des sens au sens large, justement. Bien que ces parcours soient radicalement différents, nous avons noté que nos réflexions, interrogations, envies avaient de nombreux points de similarité. L’un d’eux étant le constat d’un glissement rapide partagé autour de nous et dans notre manière de fonctionner. Glissement ayant eu lieu à différents niveaux et créant un sentiment de déconnexion. Déconnexion de notre temps, de nos espaces, de nos sens, de nos rapports aux autres, de l’image que nous nous formons de tout cela. Et sur laquelle nous nous construisons. Déconnexion aussi, plus largement, avec la société et nos repères. Nous voulions nous arrêter, en tous les cas nous questionner sur ces thèmes similaires, sur l’impact ressenti par internet et les nouvelles technologies, aussi. Nous y avons réfléchi de notre côté afin de voir si cela pouvait donner naissance à un objet filmique d’une forme singulière qui respecterait nos deux personnalités différentes mais complémentaires. La réponse fut oui. Le projet Low High Ends (2.0) est né de cette envie commune d’interroger le monde qui nous entoure, de manière singulière mêlant nos deux formes d’expression, afin d’y trouver des éléments de réponses qui, nous l’espérons, entrera en résonnance avec les vôtres.