CHRISTIAN CAMERLYNCK

Gisy-les-Nobles, France

Christian Camerlynck Portrait d’un saltimbanque hors normes qui, de Steenvoorde à Caracas, n’a cessé de bourlinguer entre éducation populaire, théâtre et chanson. Artisan chanteur interprète, c’est la meilleure définition qu’on peut donner de Camerlynck. Il nous offre plus qu’un récital : un acte dense en émotion. “Un appétit de qualité quasi obsessionnel” Il a consacré plus de 50 ans à l’animation culturelle au milieu de familles souvent modestes “priorité devait être accordée aux créations musicales et théâtrales. Son appétit de qualité était quasi obsessionnel.” témoignent ses collaborateurs En 1987 il crée et anime les stages de chansons destinés à des personnes amateurs ou qui pensent chanter faux. La pratique utilisée est rarissime, innovante, efficace. “Accompagné d’un pianiste et chantant en solo, ces chanteurs amateurs sont éblouissants de sincérité et d’émotion” témoigne Christian Lejosne, de Di Dou Da. Christian Camerlynck consacre son énergie à théâtraliser la chanson “ cet art extraordinaire que les gens peuvent emmener partout avec eux”. Il enchaîne créations, résidences et concerts. Et ce un peu partout en France, dans les pays du Maghreb ou d’Europe du Nord avec les spectacles : C’est l’heure avec une compagnie de danse en 1983 sous chapiteau à Paris, Portraits avec trois musiciens 1985, créé en “ résidence ” à Béthune, Portraits d’union (1987, créé au festival d’Avignon), Aux fous 1988, création sur le thème du bouffon au théâtre du Chaudron à la Cartoucherie de Vincennes avec un comédien et un géant des Flandres sur scène. Ce dernier spectacle fera une tournée en Amérique Latine. “Il n’y a pas que la chanson dans ma vie…” Boulimique et infatigable curieux, il partira à la découverte d’autres univers artistiques : le théâtre et les musiques du monde grâce au Festival d’Automne de Paris et le cirque. “Sur la piste, si tu ne respectes pas au millimètre les règles fixées, tu risques la mort ou la chaise roulante” rappelle-t-il. Puis, au bout de dix années de création, de travail, il prend le large pour vivre au Venezuela. “L’éveil du public, sans se soucier de l’égo des créateurs” Assistant du Jeune Théâtre National du Venezuela à Caracas pour le “ projet Molière ” mis en scène par Christian Schiaretti (aujourd’hui directeur du TNP), Camerlynck créera lui-même sous l’égide du JTNV : Le condamné à mort de Jean Genet et Les Caprices de Marianne d’Alfred de Musset. Sa mission consistera aussi à former de jeunes comédiens à l’Institut Universitaire de Théâtre de Caracas. En 1999, c’est au Théâtre National de Saint-Domingue qu’il dirigera La controverse de Valladolid de Jean-Claude Carrière. “ Dans ces pays j’ai, à chaque fois, rencontré des publics spontanément disposés à accueillir les œuvres plus qu’à les juger ”. Et Camerlynck de mesurer ce que “le théâtre citoyen, façon Jean Vilar, a d’essentiel puisqu’il privilégie l’éveil du public, sans se soucier de l’égo des créateurs”. De retour en France il se tourne vers de nouvelles aventures où s’entremêlent subtilement l’expression artistique, l’action sociale et culturelle. A commencer par le spectacle (et le CD) “On n’a que soi pour parler de tout” créé en février 1998 à l’Espace Acteur à Paris. Christian Camerlynck se lance aussi dans des projets d’envergure avec 180 enfants “ J’aime les mots dits ” pour la scène nationale de Mâcon, puis pilote et met en scène de 1998 à 2001, l’opération “Nous chanterons les droits de l’homme” avec 280 enfants de 12 classes des cours primaires d’Arras. Juillet 2001 Avignon Off, verront la création du nouveau Spectacle : “Les coulisses de la mémoire”. Repris dès le 12 septembre 2001 au Théâtre du Renard à Paris. “Les coulisses de la mémoire”, serait-ce le spectacle d’un artiste au faîte de sa maturité ? Peut-être. En tout cas, voilà un chanteur comédien dont le talent multicolore, la capacité à rassembler les bonnes énergies et l’engagement constant dans la cité va être mis à l’honneur par le ministère de la culture. Chapeau bas, l’artiste ! En 2010 Il enregistre deux CDs : Se défaire et Duos avec Jean Paul Roseau Nombreux spectacles en France au Honduras et au Nicaragua En Octobre2014 Il crée avec la complicité de la musicienne Nathalie Fortin une avant-première de « Parlez-moi de vous » au Forum Léo Ferré pour la réalisation d’un DVD. Jean Jacques d’Amore Nathalie Fortin est une musicienne éclectique elle compose des musiques de scène, et accompagne Gérard Pierron, Gilbert Lafaille, Francesca Solleville, Jean Luc Debatice, et participe à de nombreux festivals et manifestations artistiques. Aujourd’hui elle crée avec Christian Camerlynck un nouveau spectacle « Parlez-moi de vous » et prépare avec lui un spectacle Gilles Vigneault. photo: Chantal Bou-Hanna