Doog Mc'Hell

Influencé par Alejandro Jodorowsky, Enki Bilal, Chris Foss ou encore Frank Herbert avec Dune, Doog Mc'Hell nous invite depuis 13 ans à explorer avec lui ses univers imaginaires, ses mondes parallèles. Brouilleur de cartes, il truque avec talent les apparences et trouble nos esprits : "Une image peut en cacher une autre". C'est son arrivée à Marseille, en 1993, qui marque le tournant principal des inspirations photographiques de celui qui se présente encore sous le nom de Philippe Maquelle. La ville le fascine, avec ses strates, ses passerelles, sa lumière et sa noirceur. Développeur dans un laboratoire photographique professionnel, il travaille plus les pellicules des autres que les siennes et y affine son regard. En réponse à l'aliénation de cette ville qui l'étouffe, il saisit l'occasion d'un voyage aux USA pour trouver un second souffle, comme une remise à zéro dit-il, une ré appropriation de l'univers photographique. Dans les paysages américains, il reprend sa respiration, l'espace s'agrandit et les perspectives prennent davantage d'ampleur. A son retour, il est en première place pour saisir les chances que lui offre l'ère numérique qui s'amorce. Le hasard n'y serait peut-être pas pour rien : un jour, sous ses yeux, deux négatifs argentiques issus de son séjour américain se superposent et créent une troisième image. Les démonstrations des nouveaux logiciels de retouche et de composition lui donnent alors matière à rêver. En 2000, Philippe quitte le laboratoire et revendique un statut d'artiste-photographe. Il se forme en autodidacte aux logiciels de retouche et peu à peu, Doog Mc'Hell se matérialise, au décours de ce qu'il appelle avec modestie ses "bidouillages". Depuis, au fil de son imagination, il révèle vouloir, en quelques sortes, "adapter des contes de fées à des univers d'adultes". Où sont les fées? Peut-être nous soufflent-elles le propos qu'il soutient de façon récurrente dans ses différentes séries : la ville n'est plus adaptée à l'homme, il est obligé de s'y conformer, mais il y a des perspectives d'évasion au sein-même des lieux qu'il subit - des portes de sortie, pour la création de fictions propres à chacun. "Évadez-vous" ! Agnès Leussier, le 8 avril 2013