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Emmanuel Jessua, Manu pour tout le monde, 27 ans, tête frisée de compositeur fou, carrure de lutteur aux godasses usées de foutre les pieds partout sur la planète, est d’abord un musicien, leader des groupes Hypno5e et Backward déjà bien assis sur la scène internationale rock. Pour cet artiste polyvalent à l’univers ultra sombre et poétique, il n’y a qu’un pas de la mélodie à l’image. Et il l’a déjà prouvé en réalisant ses propres clips et un long métrage en cours de montage, Cerbère. Son projet et celui de son équipe est une invitation au voyage, une ode à la musique : la vie de Carlos Reyes, pianiste imaginaire, comme métaphore de la Bolivie. Il fallait bien un compositeur fantôme et une histoire de masques, pour que Manu, Bolivien de cœur, puisse livrer sa vision intime de ce pays qu’il chérit tant, et pour lequel sa nostalgie est infinie, à travers sa propre conception de la musique. Manu a en effet grandi dans la cité de La Paz, il y a découvert la musique, pratiqué ses premières notes de piano, et suivi pendant sept ans sa mère qui dansait dans une fraternité de la Diablada au carnaval d'Oruro, de 1990 à 1997. Au final, Carlos Reyes est bien l’avatar d’Emmanuel : il est le musicien que le réalisateur aurait aimé être, qu’il est aussi un peu déjà grâce à ses deux groupes. Il composera donc toute la musique du film ainsi que celle que l’on prêtera à Carlos Reyes. Le but est de convaincre les spectateurs que le pianiste a bel et bien existé, et que l’enquête sur ce musicien est le meilleur moyen de découvrir une Bolivie complexe, à la fois contemporaine et lourde de traditions. Certes c’est un coup monté que l’on joue à l’Histoire, celle d’un pays et celle de la musique, mais c’est un hommage sincère à un pays tout entier. Il s’agit d’une quête intérieure, d’un flirt avec le diable, comme un immense bal masqué, que le réalisateur met en parallèle avec un des symboles de la Bolivie, le carnaval d’Oruro. Car dans les rêves lucides d’Emmanuel, tous imprégnés de l’ambiance des films d’Herzog qui ont bercé son enfance, les opéras se jouent dans la jungle, ... et le fou n’est jamais celui que l’on croit... Mais laissons-le partager sa vision des choses: « L’idée de ce film me poursuit depuis des années déjà : elle vient de la volonté que j’ai d’allier les trois passions de ma vie, la musique, le cinéma, et la Bolivie. Parce que j’y ai fabriqué mes premiers souvenirs, vécu mes premières expériences, appris à jouer au piano, rencontré des personnes hors du commun, et même écrit mon tout premier scénario. J’ai vécu dans ce pays entre 5 et 12 ans, puis j’y suis retourné à de nombreuses reprises, sans jamais être déçu : il y a bien quelque chose de moi qui est resté en Bolivie. La Bolivie est encore un pays dont on parle assez peu, on a d’ailleurs souvent tendance à l’assimiler à son voisin le Pérou, qui pourtant n’a rien à voir au niveau culturel et économique. Mon but n’est pas de reconstituer la réalité de ce pays, mais plutôt d’en donner une représentation. C’est pourquoi j’ai choisi le vecteur du documentaire fiction. L’harmonie qui se dégage du chaos métaphysique propre à la Bolivie nécessite d’emprunter une route parallèle, sorte de parcours initiatique : à mon sens, la beauté et la richesse de ce pays ne peuvent se dévoiler directement. Il me fallait une histoire à la hauteur du mystère qui entoure ces terres, pour naviguer entre mythe et réalité. Je tenais également à restituer cette impression permanente de dépassement des limites que me donne la Bolivie : limite entre les dieux et les hommes, entre raison et folie, entre magie et cruauté du réel. C’est dans le syncrétisme, qu’il soit religieux ou musical, et dont le carnaval d’Oruro est bien sûr le symbole le plus complet, que ce dépassement des limites s’incarne le mieux. Un syncrétisme définit par la part de passé dans le présent, comme une nostalgie à la fois revendicatrice et silencieuse. Si le personnage de Carlos Reyes est inventé de toute pièce, les autres personnages sont des personnes bien réelles, la plupart des amis, et qui sont prêts à jouer le jeu et ils me permettront de l’ancrer dans la réalité. Mon équipe de tournage, avec qui j’ai déjà beaucoup travaillé, ne connait pas vraiment la Bolivie, et sera donc directement placée en position de découverte, comme le veut le scénario. J’ai moi-même parcouru les trajets que feront les deux frères, et je dois dire que la plupart des péripéties ont été inspirées par ce qui m’est directement arrivé ». Pour aller au bout de cette aventure, Manu s'entoure de ses comédiens fétiches à commencer par Mickaël. Formé à L'ENSATT de Lyon au sein de la 66ème promotion, Mickaël joue essentiellement au théâtre. Il travaille avec différents metteurs en scène comme Simon Délétang dans « On est les champions » de Marc Becker, Philippe Delaigue dans « Le bonheur des uns » de Studd Terckel, Aymeric Lecerf dans « Les nuits blanches » de Dostoïevski, Philippe Adrien dans « Le partage de midi » de Paul Claudel ou encore Thierry Bordereau dans « Don Juan » de Molière. El Alba marque le début d'une troisième collaboration artistique avec Emmanuel Jessua. Ami de toutes les fêtes et de tous les voyages, William, interprètera le rôle du musicologue. Comédien franco-espagnol, grand et belle gueule de tchatcheur, William commence le théâtre très jeune et à son arrivée en France, il se forme au Conservatoire d'Art Dramatique de Toulouse. Puis de retour en Espagne il complète son parcours à l'Ecole Supérieure d'Art Dramatique de Barcelone. Ses choix de travail s'articulent autour de la diversité et des découvertes. Il est voix off professionnelle, travaille également pour le cinéma et la télévision en tant qu'acteur, puis fait des samples de voix pour Backward et Hypno5e. William ne recule devant rien lorsqu'il s'agit de cinéma. C'est tout naturellement qu'il a accepté de faire ce deuxième film avec Manu : les deux compères se connaissent par cœur et partagent la même vision de l'art. Voici ce qu'il dit à propos du projet : « c’est sur la route que nous avons commencé à imaginer ce projet. Cela fait déjà 3 ans. Nous sommes allés en Bolivie par la suite, pour les premiers repérages et pour commencer à rêver de cette aventure. Je me souviens du jour où je parlais avec un acteur polonais rencontré après une représentation, qui m’avait dit "n’attends pas que quelqu’un écrive ton nom sur une affiche, prends une affiche et écris ton nom dessus". Et c’est ce que l’on veut faire avec ce projet. Ne pas attendre un casting ou une production, une commande ou une proposition... Sans demander l’autorisation à personne, on prend l’initiative de monter ce projet ». Thibault, 2 mètres de haut et les yeux bleus bien aiguisés, excellent batteur des groupes Hypno5e et Backward, fera bénéficier l’équipe de ses compétences d’ingénieur son et bien plus encore. Lui aussi rodé à la vadrouille après les moult tournées des deux groupes, il est l'équipier indispensable pour la technique. C'est Florian, ami d'enfance et véritable cinéphile qui tiendra le rôle de régisseur. Le rire facile, l’accent du Sud bien prononcé, il est avant tout une promesse de logistique bien menée, lui qui est tout fraichement diplômé en management et gestion d’entreprise et conseiller en assurances dans la vie de tous les jours. La présence féminine sera assurée par Marion, Julia et Manon. Mario sera le troisième œil de Manu et dirigera la deuxième caméra. Elle sera l’assitante réalisatrice. Julia quant à elle, après une expérience remarquée sur le premier long métrage dirigé par Emmanuel, remettra ses qualités de scripte au service d’El Alba. Manon, enfin, petite sœur de Manu, tout juste diplômée de Sciences Po, se chargera d'immortaliser les dessous du tournage pour un making of qui témoignera de cette aventure unique.