krista

Photographe et vidéaste, je travaille sur le « continuum journalier » et les rapports à « l'autre». Ma photographie/vidéo est engagement « politique », dans le sens où elle donne et prend la parole, une parole forte, souvent en colère, parfois plus douce. Chaque sujet que je travaille se présente autant dans sa dimension universelle, humaine, collective, que dans sa singularité et son individualité. Positionnement artistique Je travaille à l'écoute visuelle de ce qui m'entoure. Photographe et vidéaste, je donne à voir des instants extirpés du flot de la vie, la mienne, celle des gens, inconnus ou proches. Des campagnes bosniaques où la vie se débat avec la mort, au campus de Boston où la philosophie partage « la place » avec les cheese-burger. Du désert de Tataouine jusqu'au Japon où j’ai filmé le temps suspendu et la frénésie de l’homme. Je traque les images qui expriment toute la violence et la beauté à être au monde. Je montre des rapports: l’homme face à lui même, l’homme face aux autres, l’homme face à son environnement, l’homme perdu dans la foule anonyme des sans frissons, l’homme fragile, réduit, oublié, mais aussi l’homme serein, vivant, digne, espiègle... Je fabrique des partitions visuelles, ma photographie est une sorte de montage. J’entends des histoires du monde dans lequel je vis et mon travail est une alarme, un signal d'urgence tiré contre une situation qui m’est insoutenable. Le poids trop lourd de la tragédie humaine laisse une place trop mince au bonheur humain. Une société où l'injonction est de mise, où le lisse est de mise, où la peau perd de son relief. Des guerres contemporaines aux misères du coin de ma rue, des drames psychologiques aux amours formatées, de la coercition économique qui donne moins de valeur aux hommes qu'au profit financier à la rudesse des rapports entre hommes et femmes, des intimités vendues comme de simples marchandises aux marges stigmatisées comme terroristes, je ressens des tensions, je vois et j'entends de la souffrance. Du repos dominical aux plaisirs d’une sieste crapuleuse, d’un paysage sauvage aux rayons d’une bibliothèque, du p’tit canon aux buffets d’abondance, des rires d’un enfant à la désinvolture d’une gitane, du bruit parfumé aux tchaches enflammées des MC, je vois et je ressens aussi la poésie et la puissance de la vie. Dans cette réalité, le partage entre nos aspirations, nos engagements citoyens et nos obligations sociales, me pose question: comment envisager sa carrière d’humain? Quel possible de vie se construit-on? Quelle est la marge de manœuvre possible, celle qui contient des espaces et des temps de pause, quand nous nous débattons avec une existence dont l'accomplissement cherche sa place?