Le Théâtre en Flammes

42 Rue Adam de Craponne, 34000 Montpellier, France

Le THEATRE EN FLAMMES est né sur les bancs du lycée, ou plutôt sur les pelouses du lycée (voire le Bar à côté du lycée), autour de 1978. Ce n'était pas encore une compagnie, ni même un projet, ça n'avait pas de nom : c'était une rencontre. Celle d'une adolescente qui rêvait de théâtre et d'un garçon qui écrivait des chansons. C'était très romantique. Trente ans après, le THEATRE EN FLAMMES est un lieu. Non pas un lieu de diffusion (sinon occasionnelle) mais un lieu de création. Nous n'avons jamais voulu poser nos valises parce que, pour nous, l'action se passe au-dehors. Le spectacle nous sert à découvrir le monde : nous sommes des voyageurs. Nous faisons beaucoup de choses : surtout de la musique. C'est là notre paradoxe : en 25 ans (effectifs) d'existence en tant que compagnie de théâtre, nous avons passé presque tout notre temps à faire de la musique, en France et à l'étranger. C'est là notre raison d'être : mettre en scène la musique. Nous avons multiplié les expériences : montage poético-rock, opéra-rock, contes en musique, comédie musicale, cabaret, création musico/vidéo/théâtrale, spectacles d'éveil musical pour jeune public, pour bébés, nous avons monté des groupes de musique aux shows théatralisés, enregistré des albums de nos différents spectacles... Mais il nous fallait un lieu. Pour rassembler. Rassembler les facettes multiples de notre travail. Un grand plateau (certaines de nos créations exigent beaucoup d'espace). Un stockage important (notre matériel son, lumière, décor, instruments est devenu conséquent au fil des ans). Un vrai studio d'enregistrement pouvant accueillir en live une vingtaine de musiciens. Un studio de tournage cinéma ou vidéo. Un bureau. Un grand atelier. Un lieu de représentation type show-case et surtout, surtout : un lieu de vie. Avec un frigo, un réchaud, un évier,quelques (vieux) canapés pour qu'une pause entre deux séances de répétitions, un moment de réunion ou un «after» de Première soit aussi des moments agréables. Comme de nombreuses compagnies indépendantes, nous avons passé vingt ans de notre existence à courir les MJC, les MPT, les MDQ, nous avons répété sur l'herbe, le goudron ou le carrelage, ce qui nous a endurcis, nous a permis de belles rencontres et nous a procuré de merveilleux souvenirs. Mais nous voulions un lieu, un grand, un vrai, pour que notre histoire ait un corps, un visage, et pour le partager avec ceux qui nous aiment. Si notre lieu a vu le jour, c'est grâce à Mimi Vergne.Le bois de nos décors et de nos flight-cases a porté son nom des années durant, et il le porte encore (aux endroits mal peints). Nous avons partagé avec tant d'autres le plaisir un peu dévôt de venir acheter ici, à un prix hors-concurrence, ses grandes plaques de contreplaqué rouge (le grand modèle : 3,20 par 1,60 était une bénédiction introuvable chez Casto). Les ouvriers semblaient immuables, on leur donnait directement les mesures pour la coupe, on nageait dans la sciure et le monsieur voûté à qui on règlait la note était un personnage au bagout et à l'humour imparables. Alain Garcia fût l'un des tout premiers à s'installer dans la «forêt» Vergne, atteinte par la faillite. Quelle surprise pour nous lorsque, répondant à l'invitation de son nouveau Théâtre du Griffy, en 1997, nous nous sommes retrouvés dans ces locaux que nous connaissions si bien, ignorant alors que ce Village d'artistes en construction -sous la férule de Mimi- nous offrirait un toit quelques années plus tard ! Les bonnes et mauvaises fortunes du Théâtre du Nouveau Monde (et d'Ismaël son metteur en scène) ont occasionné notre enracinement dans le Village, début 2002. Le grande atelier polaire et inachevé du TNM, laissé vacant par ses locataires en route pour La Ciotat, nous a échu. Mimi Vergne, bien du temps auparavant, nous avait dit : « j'aime votre travail ; dès que j'en aurai l'occasion, je vous hébergerai. » Elle a tenu parole et nous lui en sommes extrêmement reconnaissants.