LES FILMS DU VRIL

Le Vril est, d’une définition à l’autre, l’énergie mystique des Atlantes, une force psychokinétique, un accès aux forces de l’au-delà, l’énergie secrète des soucoupes volantes, ou le champ électromagique du terrible canon à ondes Tesla. Edward Bulwer-Lytton utilisa pour la première fois le terme Vril dans son roman The Coming Race, en 1871. Dans le livre, une confrérie d’hommes vivant sous terre détiendrait le secret de ce fluide qui décuple les facultés psychiques et modifie la matière par l’esprit. Les occultistes du début du 20e siècle s’empareront ensuite de cet argument fictionnel. Le Vril deviendra pour les décades qui suivront, l’énergie de tous les fantasmes pseudo-scientifiques. Le mot Vril contenait en lui un monde imaginaire, et fut le terreau d’un grand nombre de concepts de science-fiction et de registres littéraires et visuels. C’est cet aspect du terme que nous avons voulu lier à nos projets. Aux prémices du Transmédia. Le monde de l’audiovisuel évolue. Celui de l’image fixe se transforme profondément. Les secteurs créatifs se rencontreront très bientôt autour du transmédia storytelling. Il s’agira, comme nous le concevons avec beaucoup d’autres pratiquants de nos métiers, de faire marcher de front (par exemple) la bande-dessinée, le cinéma, la musique, la réalité augmentée, les récits sonores et le graphisme institutionnel dans un même univers. Il faudra concevoir d’autres fils narratifs transversaux, pour des liseuses nomades, à travers des applications, des jeux, en passant par le cinéma interactif et jusque dans la rue. Il faudra réinventer de nouveaux modes de lecture, de nouvelles façons de naviguer sur les mots et les images en reconsidérant le temps et l’espace du récit. Nous estimons qu’il faudra tout d’abord créer les modules conventionnels, les cartes et la narration adaptée à ce nouvel état de l’Art. Nous avons décidé de nous aventurer ensemble sur cette voie magique et technologique à la fois. Il s’agit maintenant de trouver les moyens de définir et propager notre univers. Le projet Azimuth Notre étude des usages médiatiques à venir commence par le film Azimuth, première strate d’un monde que nous partageons, à faire surgir et à consolider. Cet opus évoluera dans un deuxième temps, après la période d’exploitation classique du court-métrage vers un format web-série. Il s’agira d’un montage adapté de trois fois quinze minutes, chaque épisode correspondant à un chapitre du scénario. Un travail transversal, illustratif, graphique et rédactionnel s’étayera en périphérie de cette série sur les réseaux sociaux et sur des projets courts de publication numérique. Certains personnages et éléments récurrents du récit évolueront vers d’autres histoires, dans les mêmes ambiances et sur le même territoire fictif qu’Azimuth. La figure du chien noir servira de leitmotiv d’un conte à l’autre. Cet ouvroir est d’ores et déjà engagé. Jean-François Mille, François Verheecken, Anthony Liefooghe.