Re-VUe de Guesch Patti

Paris, France

GUESCH PATTI  La danse lui manque, c'est sa vraie base. Elle se sent danseuse avant tout. A quatre ans la danse, à neuf ans et demi l'Opéra, à 14-15 ans Roland Petit. Puis une pause jusqu'à vingt et un ans. Là, en huit mois de travail intensif, elle est repérée par la directrice du Ballet d'Amsterdam qui lui propose une carrière d'Etoile. Pour des raisons personnelles, elle décline l'invitation. On l'amène alors chez René Deshauteurs ; elle devient danseuse de modern jazz. On l'amène chez Joseph Russillo ; il la veut, il insiste, il monte sa compagnie dans les années 70. Ce sera la première compagnie de danse contemporaine publique à investir la scène du Palais de Chaillot. La compagnie invite Carolyn Carlson mais au moment où Carolyn fonde le GRTOP, elle décide de ne pas suivre la chorégraphe. Elle rencontre alors Anne-Marie Reynaud et Odile Azagury avec qui elle noue une amitié artistique. Puis, Jennifer Muller, avec qui elle prend un stage, l'invite aux Etats-Unis. Elle décidera de ne pas la suivre. La danse ne la quitte jamais. D'influences en découvertes, les univers de Pina Bausch, Anne Teresa de Keersmaeker, Mats Eks, William Forsythe la touchent particulièrement. Quand elle danse, elle se sent au plus près d'elle. Elle a toujours dit que le geste ne ment pas Daniel Larrieu, ami et conseiller de longue date, à qui l'on confie une soirée de soli, l'invite à interpréter Lui. Ceci déclenche, grâce à Anne-Marie Reynaud, la pièce Elle sourit aux larmes donnée au Théâtre des Abbesses et composée de soli d'Odile Duboc, Daniel Larrieu, Pascale Houbin, Odile Azagury et Dominique Mercy. Elle poursuit avec Odile Azagury pour la pièce Les Princesses à Poitiers et au Théâtre National de Chaillot. À la suite de ces représentations, on l'incite à la chorégraphie pour l'hommage à Pina Bausch au Théâtre de Vanves, dont les échos favorables déclenchent l'envie et l'idée de créer son propre projet. « Après-coup | Mercredi soir, au festival de danse contemporaine d'Artdanthé (Vanves, 92), était rendu un hommage étonnant à l'immense Pina Bausch, disparue en juin : une soixantaine d'artistes (plasticiens, vidéastes, danseurs, comédiens...) et quatre minutes par passage pour donner à voir leur représentation de Pina. Drôle de (et très bonne) soirée. (…) Guesch Patti, incroyable, increvable de solide grandeur, qui sembla dialoguer directement avec Pina la patronne (j'ignore ce qu'elles se sont dit) (…) Le temps d’une soirée, ces hommes et ces femmes ont posé leurs propres mots et gestes après ceux de Pina Bausch, sans fétichisme, sans arrogance. Ils ont eu de la joie à le faire. Et nous à les regarder le faire. Chapeau bas. A chacun sa Pina, Télérama, Le 28/01/2010 à 00h00 », Daniel Conrod A propos, on l’a vu également au théâtre, notamment dans L’Opéra de quat’sous de Brecht et Weill et Par dessus bord de Michel Vinaver mis en scène par Christian Schiaretti, puis dans Jesus Camacho 404 284 d’après des textes de Francis Marmande, Victor Hugo et Victor Ségalen, adaptés et mis en scène par Patrick Sommier et Allegro ricordando d’Ami Flammer, mis en scène par Georges Lavaudant.