Projet de résidences et d’expositions questionnant les enjeux de mémoire individuelle et collective liés aux commémorations de 14-18

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Présentation détaillée du projet

FRANZ FERDINAND PROJECT

SARAJEVO // BELGRADE // SAINT-ÉTIENNE

 

 

LE CONTEXTE

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Le projet Franz Ferdinand s’inscrit dans un travail de longue durée autour de la mémoire et de l’histoire dans la Région des Balkans.

 

En 2014, la France, l’Autriche et l’Allemagne initient le projet « Sarajevo, cœur de l’Europe », dont la fonction est de commémorer le centenaire de la première guerre mondiale, qui aurait débuté à Sarajevo, par l’assassinat du prince Franz Ferdinand sur le pont latin qui enjambe la rivière Miljacka, au cœur de la Ville.

 

Une série d’événements divers sont proposés pour cette occasion, tous viennent célébrer la mémoire de la guerre telle qu’elle a été construite depuis lors par les principaux belligérants de la première guerre mondiale.

 

LE PROJET

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Ce projet Franz Ferdinand est né de la volonté d’artistes, chercheurs et responsables de structures culturelles de questionner cette mémoire à l’œuvre, telle qu’elle va être représentée durant les commémorations.

 

Si l’assassinat de Franz Ferdinand représente le début de la première guerre mondiale pour l’Autriche comme pour la France, elle est aussi, en Bosnie comme dans tous les Balkans, synonyme d’une lutte anti-coloniale contre l’Empire austro-hongrois. Elle raconte également un morceau de l’histoire de l’anarchisme dans ces contrées européennes.

 

Gavrilo Princip, étudiant serbe de Bosnie-Herzégovine, nationaliste yougoslave et assassin du prince, est ainsi un terroriste pour les français comme pour les autrichiens. Pourtant c’est une figure de résistance dans les Balkans, puisque Princip a longtemps incarné la lutte d’un peuple face à l’Empire austro-hongrois ainsi que la défense de l’idéal yougoslave.

 

Considéré comme un héros dans la Yougoslavie royale d'Alexandre Ier comme plus tard dans celle de Tito, Gavrilo Princip fut ainsi célébré par une plaque commémorant son acte à Sarajevo, sur les lieux mêmes de l'attentat, qui le décrivait comme « un combattant de la liberté ». Cette plaque, détruite par les nazis en avril 1941 fut remplacée par une autre, détruite à son tour par l'armée de la République de Bosnie et d'Herzégovine pendant la guerre en ex-Yougoslavie en 1992. Aujourd'hui une nouvelle plaque porte le message « Que la paix règne sur terre », en anglais, serbe, et bosnien.

 

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Dans ce contexte, il nous a paru intéressant de questionner la fabrication de ces mémoires nationales et internationales dans le cadre de ces commémorations. Les mémoires sont le fruit de constructions historiques diverses et il est important de rappeler qu’aucune d’entre elles n’est plus légitime qu’une autre dès lors qu'elle ne contrevient pas aux faits historiquement et scientifiquement établis.

 

Une réflexion autour de ces enjeux mémoriels et historiques, datant d’un siècle, comme d’une vingtaine d’années, européens comme français, yougoslaves, serbes ou bosniens, nous semble judicieuse à mener et nécessaire à partager ensuite avec un public.

Nous avons souhaité que cette réflexion soit portée par des artistes dont le trait commun est d’avoir été traversés intimement et chacun à sa manière par la grande histoire de l’Europe.

Des chercheurs travailleront en lien étroit avec eux pour apporter leur rigueur et leur éclairage sur ces enjeux mémoriels.

 

Une coopération entre villes, institutions culturelles et artistes

 

Ce projet propose d’utiliser la commémoration du centenaire de la première guerre mondiale comme point de départ d’une réflexion plus générale sur la construction des mémoires nationales et transnationales.

 

Trois structures culturelles, Le Gran Lux à Saint-Etienne, Duplex 100m2 à Sarajevo et Research Station for contemporary Art Perpetuum Mobile à Belgrade, ont décidé de s’emparer de la question : chacune invitera deux artistes à venir observer les commémorations de juin 2014 à Sarajevo.

 

LES ARTISTES INVITÉS

 

POUR LA SERBIE //

> diStruktura : http://www.distruktura.com/

> Branislav Nikolic : http://branislavnikolic.net/

 

POUR LA BOSNIE //

> Adela Jusic : http://adelajusic.wordpress.com/

> Lana Čmajčanin (en attente de confirmation) : http://www.lanacmajcanin.com/

 

POUR LA FRANCE //

> Stéphane Bonjour : http://stephanebonjour.over-blog.com/

> Marianne Maric : http://maricmarianne.over-blog.com/

 

Des historiens de chacun des pays participant (France, Bosnie-Herzégovine, Serbie) apporteront un regard historique et critique autour des notions d’histoire et de mémoire pour amener les artistes à porter un regard neuf sur ces problématiques.

 

Chacun des artistes sera ensuite invité, au cours d’une résidence à Belgrade puis à Saint-Étienne, a produire une œuvre, photographique, filmique ou picturale autour de ces questions.

Une exposition collective sera présentée d’abord au Grand Lux (où les photos et films seront produits), puis à Sarajevo dans le cadre du Festival Memory Module, et enfin à Belgrade, aux bords du Danube.

 

LES STRUCTURES PARTENAIRES

 

L’HOSTELLERIE DE PONTEMPEYRAT / USSON-EN-FOREZ, RÉGION RHÔNE-ALPES

Ouvert d’avril à octobre, située sur la frontière des régions Rhône-Alpes et Auvergne, à 800 mètres d’altitude, l’Hostellerie de Pontempeyrat est un lieu atypique.

 

L’histoire et la géographie du bâti sont intimement liées à l’eau: d’un côté un bief (petit canal) borde le terrain de 6 hectares, de l’autre c’est l’Ance qui s’écoule, calme ou turbulente selon la saison. Ancien moulin devenu scierie, puis hostellerie de renom, les bâtiments gardent la trace de leurs utilisations passées et les espaces reconvertis inspirent autant qu’ils abritent.

 

En 1994, après plusieurs années d’abandon, le lieu est récupéré et réaménagé en partie pour devenir au fil du temps, un espace de travail, de recherche, de création, de diffusion, destiné aux arts vivants dans toutes leurs formes. Issue d’une utopie et d’une réflexion pédagogique, l’Hostellerie de Pontempeyrat est aujourd’hui une réalité en mouvement, un désir d’offrir une alternative. Le lieu offre le temps de chercher, de se nourrir pour nourrir, de s’interroger, d’entendre et de repartir. C’est un espace d’accueil chaleureux où se croisent, durant six mois, artistes, publics, chercheurs, etc…

 

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GRAN LUX / SAINT-ÉTIENNE, RÉGION RHÔNE-ALPES

Le Gran Lux possède une salle de visionnage souterraine et une usine pour fabriquer des films : un espace modulable pour accueillir toutes les formes artistiques quand elles ont un lien avec le cinématographe (cinéma expérimental, spectacle, expression sonore, théâtre différent, arts plastiques) ; une salle d'attente, un lieu d'échange aux décors changeants, ouverte jusqu'à tard le soir.

Des alternatives, des entrecroisements, des mariages improbables pour une cinéphilie vivante et en perpétuelle recherche.

La diversité des différents espaces du Gran Lux offre de multiples possibilités pour accueillir des artistes et tout spécialement des cinéastes en résidence.

 

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GALERIE DUPLEX 100M2 / SARAJEVO, BOSNIE-HERZEGOVINE

Depuis 2004 Duplex100m2 soutient la scène artistique de Sarajevo, de Bosnie-Herzégovine et des Balkans, accueille de nombreux artistes, leur permet de produire, d’exposer et de diffuser leurs travaux, conçoit et reçoit des expositions confrontant les scènes locale, régionale et internationale, développe la visibilité de l’art de Bosnie-Herzégovine en-dehors de ses frontières, principalement lors des foires internationales d’art contemporain, met en relation un grand nombre d’acteurs de l’art contemporain, artistes, curateurs, responsables d’institutions, partenaires privés, tous d’horizons différents, afin de susciter de nouveaux projets et de mettre en actes concrets une plateforme singulière de rencontres artistiques.

 

Duplex100m2 étend donc ses activités dans un lieu qui tient tout à la fois de l'espace d'exposition, de l'atelier de production, de l'agence de conception et de production de projets, du show-room accueillant amateurs et collectionneurs, de lieu de rencontres et de résidence.

Duplex100m2 est soutenue par le Fonds de dotation agnès b. ainsi que par L’Agence à Paris.

 

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Research Station for contemporary Art Perpetuum Mobile / BELGRADE, SERBIE

Research Station for contemporary Art Perpetuum Mobile est né de l’initiative d’artistes serbes.

Research Station for contemporary Art Perpetuum Mobile est une coopérative artistique issue de la mise en œuvre concrète d’une utopie d’artistes qui œuvrent pour le développement de nouveaux types de réseaux artistiques dans un espace urbain renouvelé.

Le centre d’art est situé aux bords du Danube et a à sa disposition une galerie, un club, une bibliothèque et des lieux de résidence dans lesquels workshops et conférences ont lieu.

Le jardin de l’établissement sert également de scène ouverte pour les performances et autres événements artistiques.

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À quoi servira la collecte ?

SERVIR UN PROJET DE MICRO-ÉDITION

 

La collecte de fond nous servira à créer l'édition d'un livre relatant le travail des artistes invités.

La confection de l'ouvrage sera confiée au Gran Lux de Saint-Etienne.

Il portera un regard artistique et historique croisé autour des commémoration 1914-1918.

 

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Superstrat

Regards et Mouvements est une association loi 1901 créé en 1996 à Usson-en-Forez (42). Elle a développé un pôle de recherche artistique et pédagogique sur un site exceptionnel : l’Hostellerie de l’Ance à Pontempeyrat. A l’heure des nouveaux territoires de l’art, le projet d’implantation a été pensé comme un lieu de création, de transmission et de... Voir la suite

Derniers commentaires

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Bonjour à tous, La troisième et dernière phase du FRANZ FERDINAND PROJECT, aura lieu du 18 au 25 avril à Saint-Etienne. Dans ce cadre, nous vous invitons au vernissage de l'exposition scénographiée par Pierre Courtin, directeur de la galerie Duplex 100m2 à Sarajevo. > Artistes invités: Stéphane Bonjour (France), Marianne Maric (France), Lana Čmajčanin (Bosnie-Herzégovine), Damir Radovic (France/Bosnie-Herzégovine), diSTRUKTURA (Serbie) // Vernissage de l'exposition - Mercredi 22 avril à 19H au Gran Lux // Aussi, en lien avec l'exposition et pour clôturer le projet : // Conférence "Les mémoires dans les villes" - Jeudi 23 avril à 15H au Gran Lux // L’objet de cette conférence est de questionner la place de l’histoire et de la mémoire dans l’espace urbain. La mémoire est l’objet d’enjeux politiques et sociaux essentiels qui tournent autour de la représentation différenciée des groupes sociaux dans l’espace public, et de la construction d’une histoire porteuse d’identité (qu’elle soit nationale, locale, à l’échelle d’une région, d’un pays ou d’une ville). La multiplication de « lieux de mémoire » porte des objectifs souvent politiques : il s’agit de raconter à des habitants une histoire officielle qu’ils doivent s’approprier, de donner aux visiteurs une image linéaire de la ville. Nous souhaitons donc questionner la manière dont les acteurs s’emparent de la mémoire dans nos villes. Saint-Étienne fait par exemple l’objet de luttes de représentation importantes autour de sa mémoire ouvrière, luttes qui comportent le risque de construction d’une histoire fantasmée oubliant les enjeux sociaux du travail à la mine. Nous souhaitons aussi interroger les acteurs artistiques et culturels de trois villes dans lesquelles nous avons travaillé : Sarajevo, Belgrade et Saint-Étienne. Quelle indépendance institutionnelle un collectif d’artistes propose-t-il à travers la construction d’un centre d’art dans la banlieue de Belgrade ? Comment un artiste de Sarajevo s’empare-t-il de l’histoire d’une ville déjà racontée mille fois par des acteurs extérieurs à elle-même ? Comment certains acteurs culturels de la ville de Saint-Etienne tentent-ils de porter d’autres représentations dans l’espace public ? Au programme : Introduction par Michel Rautenberg, sociologue à l’Université Jean Monnet : “le processus de patrimonialisation des villes” • “Sarajevo et sa mémoire : comment un artiste s’approprie une ville déjà racontée par les autres” par Pierre Courtin (galerie DUplex100m2), Damir Radovic (plasticien), Lana Cajmacin (plasticienne) • “Belgrade, récit d’une expérience culturelle : le centre d’art Treci Beograd” par Distruktura (plasticiens) • “Saint-Étienne et la mémoire ouvrière : questions d’appropriation" par Fanny Herbert de la Cartonnerie et Stéphane Bonjour (plasticien) • Récit d’expérience d'une photographe entre Sarajevo et Saint-Étienne par Sandrine Binoux (photographe) Conclusion par Marie-Thérèse Têtu, sociologue à l'université Jean Monnet : "arts et mémoires” Acteurs culturels, historiens, sociologues et artistes sont conviés à une discussion commune autour de ces enjeux qui nous paraissent aujourd’hui primordiaux. INFOS PRATIQUES : GRAN LUX : Site Mosser - 11 bis, rue de l'égalerie 42000 Saint-Etienne 04 77 50 60 61/ a.dubosc@hostellerie-pontempeyrat.com N'hésitez pas à nous informer de votre venue, nous nous ferons une joie de vous accueillir à ces deux temps forts. Bien cordialement Amélie Dubosc
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Bonjour Quand le projet se réalise-t-il ? Quand aurons-nous les contreparties ? Merci
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Bonjour, Votre projet me paraît très intéressant et surtout il s'articule particulièrement bien avec le projet auquel je prends qui s'intitule "Nés à Sarajevo / Geboren in Sarajevo". Du 26 juin au 2 juillet prochain, un groupe de jeunes français et allemands d'un jumelage se rend à Sarajevo à l'occasion des commémorations de l'attentat connu comme l'étincelle qui déclencha la Grande Guerre. C'est donc avec un intérêt particulier que nous suivrons votre projet et j'ai tenu à y apporter une petite contribution. Nous apprécierions de pouvoir échanger avec vous sur cette expérience. Bon vent à vous! Julien.