Chez moi : FUKUSHIMA - Et si un jour, vous habitiez en zone de contamination radioactive, Comment réagiriez vous ?

Large_fuku2-3-1442353251-1442353262

Présentation détaillée du projet

Je m’appelle Chiho SATO, je vis en France depuis 5 ans et je suis née à FUKUSHIMA. Mes parents et grands-parents vivent encore à 60 km de la centrale de FUKUSHIMA DAIICHI dans ce que l’on appelle : « La zone d’évacuation volontaire ». Plus de quatre ans après la catastrophe, la radioactivité, invisible mais omniprésente, a peu à peu disparu des esprits des habitants de la région. 

 

Loin des images dramatiques et anxiogènes montrées fréquemment en Europe, je désire réaliser un documentaire intimiste. Un témoignage touchant sur les habitants d'une des région les plus radioactives au monde. Mon objectif : Re-ouvrir le débat sur la situation à FUKUSHIMA en y incluant la voix des habitants eux-mêmes. 

 

Trailer tourné en mars 2015.

 

L’explosion de la centrale de FUKUSHIMA DAIICHI survenue le 11 mars 2011 a bouleversé une grande partie de l’opinion publique vis à vis du nucléaire. Certains pays ont fait évoluer leur politique énergétique à chaud, comme en Allemagne. De nombreuses manifestations et mouvements anti-nucléaire ont fait entendre leurs voix un peu partout dans le monde. Cependant, qu’entendons-nous des premiers concernés, les japonais et surtout, les habitants de FUKUSHIMA ?

 

Carte_fuku-1441807049

 

 

Depuis la catastrophe, je suis retournée quatre fois sur les lieux. Lorsque je m’inquiète pour la santé de ma famille, mon père me répète, rassurant : “ Tout va bien se passer, la contamination est à petite dose ”.

Je ne comprends pas comment il peut rester si stoïque alors qu’il se sait contaminé, chaque jour un peu plus... Je n’arrive pas à comprendre comment il peut rester aussi confiant, aussi optimiste. Dit-il seulement cela pour me rassurer? Ou est-ce une forme de fatalisme, voire de résignation?

Au lendemain du séisme, les médias occidentaux ont tous admiré le flegme et la résilience des japonais face à l’adversité. Il y a surement un peu de vrai dans ce cliché... Peut-être est-ce notre culture, notre éducation, nos croyances ? Toujours est-il que TEPCO, l’entreprise responsable de la centrale FUKUSHIMA DAICHI, signale des fuites de 240 millions de becquerels par jour. Soit l’équivalent de la pollution radioactive engendrée par la bombe d’Hiroshima, chaque jour qui passe...

Comment ne pas s’indigner quand ce flegme légendaire finit plus par ressembler à de l’apathie qu’à du courage?

Aujourd’hui, j’ai décidé de revenir à FUKUSHIMA et je compte bien faire parler ma famille sur ce qui est désormais devenu pour eux un oubli utile mais dangereux. Je veux être sûre qu’ils se rendent bien compte des risques qu’ils courent à rester dans la région. 

 

Petite présentation à partir d'images que j'ai tourné en juillet 2011.

 

Note d'intention :

Dès mars 2011, j’ai demandé, très inquiète, à ma mère et à mon père s’ils envisageaient de déménager. Ils m’ont simplement répondu non.

Je me suis alors rendue compte avec étonnement que les appréhension, les doutes, les débats consécutifs au tremblement de terre et à la contamination nucléaire de la région ne s’invitaient jamais dans les discussions familiales.

Cette catastrophe qui, à ce moment là encore, touchait tant les coeurs et les esprits en France, s’illustrait par son absence dans la parole de ceux qui la vivait.

De fait, lors de mes visites qui ont suivi je n’ai jamais eu l’occasion d’entendre ma famille prendre position sur le sujet. Je n’ai même pas eu l’occasion de partager mes interrogations, mes analyses ou ma peine concernant l’avenir de notre région.

Je me rends désormais compte que plus le temps passe, plus l’invisible menace radioactive s’efface des esprits. C’est pour cela que j’ai décidé de réaliser ce documentaire.

Pour que la France n’oublie pas, que ma famille n’oublie pas. Et que l’on puisse ensemble essayer de comprendre la réalité dans laquelle vivent les gens de cette région à jamais sinistrée.

Ce documentaire doit être avant tout être un film proche de l’intimité familiale. C’est pourquoi, je désire le construire sous une forme simple, claire. Selon la temporalité d’une journée.

Techniquement, je désire tourner ce film en caméra légère et compacte pour ne pas perturber nos moments familiaux et pour que la parole se délivre le plus naturellement possible.

 

Avancement du projet :

En mars dernier, nous avons tourné un certain nombre de séquences nécessaires au montage du film. Il y a bien sur les image que vous pouvez voir dans le trailer (ci-dessus) mais nous en avons tournés beaucoup d'autres : 

 

Images extraient de notre tournage de mars 2015 :

 

Capture_d__cran_2015-09-10___23.50.24-1441921847

J'amène ma grand-mère visiter le laboratoire où sont analysés les légumes qu'elle cultive.

 

 

Capture_d__cran_2015-09-11___10.55.10-1441961705

Rencontre avec mon grand cousin, responsable d'une association agricole à FUKUSHIMA.

 

 

Capture_d__cran_2015-09-11___11.11.35-1441962678

Seule et unique commémoration pour les 4 ans de la catastrophe le 11 mars 2015 à FUKUSHIMA CITY (il n'y avait pas foule)

 

 

Capture_d__cran_2015-09-11___10.41.54-1441961269

Manifestation très (trop) encadrée à TOKYO

 

 

Capture_d__cran_2015-09-11___10.43.17-1441961006

Tentes d'occupation des militants anti-nucléaire devant le ministère de l'économie à TOKYO. (depuis que nous avons tourné ces images, ils ont été délogé et traduit en justice pour trouble à l'ordre publique.

 

 

Capture_d__cran_2015-09-11___11.02.15-1441962139

Le premier ministre Mr ABE en campagne politique faisant des "high five" au public présent en gare de FUKUSHIMA.

 

 

Mais il nous manque une grosse partie du film : les discussions avec ma famille. Et pour être certain que la parole soit libre et non gênée par la présence de la caméra, nous avons besoin de rester plus longtemps que précédement. Pour cela nous repartons tourner à FUKUSHIMA pour deux mois, en novembre et décembre prochain.

 

Ma famille : 

 

_mg_2215-1441809089

Ma mère : Michiko SATO, 60 ans, Infirmière de profession. Elle part travailler à 7 heures le matin, et revient vers 19h. Au moment du séisme elle était de service dans une maison de retraite dans la ville de FUKUSHIMA. Michiko était déjà au fait des risques nucléaire dans la région en cas de grand tremblement de terre. Elle a déjà, par le passé, manifesté contre la surproduction d’énergie nucléaire dans sa région. Elle prendra sa retraite l’année prochaine. 

 

Capture_d__cran_2015-09-09___16.38.44-1441809513

Mon père : Michiaki SATO 63 ans, retraité comptable d’hôpital. Diabétique. Insomniaque. Il s’occupe désormais quotidiennement de la maison et du jardin. Après la catastrophe, il a lu plusieurs dizaines de livres concernant la radioactivité. 

 

Capture_d__cran_2015-09-09___16.27.15-1441809265

Ma grand-mère : Mino SATO (SASAKI de son nom de jeune fille), 84 ans, agricultrice. Elle a toujours vécu dans le même quartier de SABARA (préfecture de Fukushima). Désabusée par des “informations contradictoires ou trop compliquées”, elle a décidé de ne plus écouter les informations. Elle continue de cultiver et de vendre ses légumes aux coopératives agricole.

 

Capture_d__cran_2015-09-09___16.36.12-1441809373

Mon grand-père : Zenkichi SATO, 89 ans, ancien ouvrier du bâtiment. Né, en 1926 dans la maison qu’occupe, aujourd’hui encore ma famille. Désormais, à l’instar de ma grand-mère, il travaille aux champs. Il soigne des dizaines de bonsaï, qu’il tient de son père et de son grand père. Il fait également une marche quotidienne d’une heure dans les montagnes environnantes. Pour lui, le nucléaire n’est pas un danger, seulement la contradiction des médias l’exaspère.

 

Capture_d__cran_2015-09-09___16.39.54-1441809576

Ma sœur et sa famille : Kana MIYAZAKI (SATO de son nom de jeune fille), 33 ans, mère au foyer, mariée à Hidéaki MIYAZAKI. Ils ont deux enfants de 7 et 10 ans. Ils habitaient dans la préfecture de FUKUSHIMA. Après la catastrophe, ils ont quitté la région. Puis il y a quelques mois ils y sont revenu. Ma soeur est très peu informée des risques de la radioactivité. Elle est consciente des dangers mais ne pense pas être trop concernée. Elle repart souvent de chez nos parents, le coffre rempli de légumes de nos champs, cela nourrira la famille. 

 

Mon mari, cadreur et réalisateur, m'accompagne dans ce projet. C'est lui qui film et filmera l'ensemble de ce film.

 

Photo_lucas-1441883551 Lucas RUE - Cadreur / co-réalisateur

Lucas a été formé aux métiers de l’image à l’ESRA Paris (école supérieure de réalisation audiovisuelle). Diplômé de cette école depuis 2006 en spécialité réalisation cinéma, il a par la suite travaillé sur plus d’une soixantaine de courts métrages de fiction, de clips, de documentaires, série TV, en tant que réalisateur, assistant réalisateur, chef opérateur, cadreur, chef électro. Il a également assisté les coaches américains réputés, Bob Mc Andrew et Susan Batson. Ce travail l’a amené à intervenir comme professeur de jeu devant la caméra dans l’école d'acteur “l’entrée des artistes” d’Olivier Belmondo. En 2013, il a co-fondé une société de production audiovisuelle Nautéin prod.

À quoi servira la collecte ?

Pour moi, réaliser ce documentaire n'est pas une option, c'est vital. Mon mari et moi avons déjà tournée une première partie en février-mars 2015 (dont vous pouvez voir quelques extraits dans la vidéo ci-dessus). Et il est hors de question que nous nous découragions en si bon chemin. Nous avons donc décidé de terminer ce film quoi qu'il en coûte et avec nos fonds propres. Nous allons donc passer beaucoup de temps, d'énergie et d'argent pour faire ce documentaire.

Nous prenons en charge nos billets d'avion, nos frais sur place, nous ne nous versons évidemment aucun salaire durant toute la durée du développement du film (préparation, tournage, montage = près de 6 mois ).

Mais pour améliorer de façon visible la qualité du film nous avons besoin de votre aide.

 

Location drone pour une journée : 240 €

Sous-titrage japonais-français : 600 €

Post-production : 1180 €

Mixage son et sound design : 1200 €

Commission site kisskiss : 280 €

 

NB : Si par bonheur nous dépassons le montant de la collecte, nous le réinvestirons au mieux dans le projet. Par exemple nous pourrons faire composer une musique originale pour le film. Ou encore travailler l'étalonnage en studio, nous permettant ainsi d'améliorer la qualité esthétique de l'image.

 

Nous vous remercions infiniment pour votre intérêt et votre soutien financier ou sur les réseaux sociaux.

 

UN IMMENSE MERCI A VOUS !!!

Thumb_photo_chiho-1441878351
Chiho

Chiho SATO - Réalisatrice Chiho est née à Fukushima, Japon en 1985. Diplomée en 2007, de “Tama art university” de Tokyo, elle commence rapidement à tavailler pour une société de production à Tokyo “CYCLOIMAGE”. Elle a réalisé plus d’une cinquantaine de documentaires sur le cyclisme dont 6 formats longs (60min) pour des chaînes tel que NHK, BS-TBS, Site... Voir la suite

Derniers commentaires

Thumb_lelouch2-1445178544
Bon courage pour la suite et hâte de voir le résultat final.
Thumb_default
J'ai hâte de voir ça!!! Gambatte!!! Des becos les amis et continuez ce que vous faites c'est fantastique!!!!
Thumb_default
Ganbatte !! :-)