Soutenez l'édition d'un Beau-livre de portraits et préservez la mémoire de femmes et d'hommes nés en Algérie dans le premier quart du XXe s.

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Présentation détaillée du projet

 

Série « Grands-parents » (1990-1993)

 

Parti de l’absence de photographies de ma grand-mère disparue pendant la guerre d’Algérie, cette série de portraits se veut d’abord un témoignage argentique d’une génération d’Algériens nés dans le premier quart du XXème siècle.

Ces femmes et ces hommes ont entretenu un rapport singulier à la photographie. Leur culture, sans être iconoclaste, est étrangère à une tradition dogmatique de l'image et être pris en photographie était pour eux un véritable évènement et un souvenir parfois douloureux. Durant la guerre d'Algérie, l'armée française procéda au fichage systématique des indigènes. Sans possibilité de dire non, ils étaient soumis à l’objectif du photographe. L'appareil photographique comme un instrument de violence a marqué bon nombre d'Algériens de cette génération.

Cette série de portraits photographiques réalisée en 1993 en Algérie dans la vallée de la Saoura et dans le Touat se veut un témoignage respectueux du sujet et de son histoire.

 

Ahmed Bouyerdene

Chercheur en histoire et photographe

 

 

 

Texte d'introduction rédigé au printemps 1994.

 

"On dirait que je suis morte" fut la réaction d'une des "grands-mères" photographiée. "C'est parce que je ne bouge pas."

L'absence de mouvement, l'interruption du souffle transforment l'appareil photographique en outil mortuaire. Elles me transforment, moi, en embaumeur. La substance de conservation n'était plus le baume, mais les sels d'argent.

L'idée de savoir que ces grands-parents pouvaient mourir sans laisser de traces photographiques m'obsédait. Je n'ai moi-même aucune image argentique de ma grand-mère. Comme l'embaumeur, le photographe a cet héroïsme illusoire de défier le temps et ses effets corruptibles.

C'est cette lucidité presque convulsive qui motive ma pratique de la photographie. C'est un sens aigu de l'éphémère, un conflit constant, perdu d'avance, avec le pouvoir annihilateur du temps. L'acte photographique est une manière de répondre à mes obsessions. Il est également une délivrance autorisant l'oubli.

 

Ces femmes et ces hommes n'ont pas eu de pratique systématique de la photographie et de ce fait, être pris en photographie devient pour eux un évènement. Il y a, de plus, l'histoire coloniale de leur pays. Pendant la guerre d'Algérie, l'armée française procéda à un fichage systématique des "musulmans". Ces derniers étaient emmenés de force par villages entiers dans le but d'être photographiés.

Cette image de l'appareil photographique comme "instrument de violence" est resté profondément ancrée chez bon nombre d'algériens de cette génération.

Face à cela j'essaye d'offrir l'image de la neutralité bienveillante. Une forme d'affection contenue. Et c'est uniquement dans l'intensité de cet échange que le portrait photographique trouve sa raison d'être.

 

 

 

 

 

Après plusieurs expositions depuis  (en France, en Egypte, en Algérie,...) la suite naturelle de ce projet est l'édition ...

 

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Après avoir reçus de nombreux soutiens et après un article de Brigitte Ollier journaliste spécialisée dans la photographie dans le journal Libé, il est temps de lancer l'aventure du livre.

 

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Critique

| 1 octobre 2012 Méditerranée, entre rives et dérives

Par BRIGITTE OLLIER Envoyée spéciale à Lyon Les Rencontres 9ph de Lyon proposent une vingtaine d’expositions où, de Marseille à Bethléem, le réel et l’imaginaire se côtoient. Panorama.

 

extrait :

 

"[...} La photographie réparatrice, c’est ce qui a guidé Ahmed Bouyerdene pour sa série «Grands-parents», après la disparition de sa grand-mère durant la guerre d’Algérie. De 1991 à 1993, il a archivé une génération d’Algériens nés au début du siècle dernier, tous vivants dans la vallée de la Saoura et dans le Touat. Ses portraits, même mal éclairés dans un lieu inadéquat, touchent au cœur. Il y a cette lumière vive sur ces visages, cette chaleur alentour, et une simplicité dans la prise de vues. Ahmed Bouyerdene a réalisé 400 portraits. Il faudrait en faire un livre."

 

 

L'exposition constituée d'une vingtaine de photographies. Le livre en présentera une centaine.

 

En voici quelques unes :

 

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À quoi servira la collecte ?

les frais se répartissent comme suit :

 

- scan haute définition des négatifs, retouche, maquette : 3400 €

- traduction anglais/arabe 2900€

- impression offset 1000 exemplaires : 9000 €

 

 

soit un budget global de 15300 € (hors coût des contreparties et commission du site)

 

Le KissKissBankBank finance 42% du budget total 

 

Reste à ma charge 58% du budget total soit 7800 €

+ le coût des contreparties et commission KissKissBankBank 

 

 

Les éventuels dépassements de contribution réduiront la part à ma charge et financeront la recherche de distributeurs

 

 

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Ahmed Bouyerdene Chercheur en Histoire et Photographe Auteur de plusieurs essais et articles sur l'émir Abd el-Kader (1808-1883).

Derniers commentaires

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Bravo Ahmed ! Je te souhaite tout le succès possible pour ce projet.
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Toutes mes félicitations pour ce magnifique travail de mémoire. Je lui souhaite de rencontrer auprès du public toute la reconnaissance qu'il mérite. Merci Ahmed.
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De belles photos valent parfois mieux que de longs discours pour faire se rencontrer les deux rives de la Méditerranée. Les regards de ces femmes nous renvoient à ce que nous avons de commun et de plus précieux, quand nous ne l'ensevelissons pas sous les égoïsmes nationaux : notre humanité. Merci Ahmed Bouyerdene pour ce beau projet. Je souhaite de tout coeur qu'il aboutisse! Nicolas