En Grèce, l'austérité attaque la santé. 4 personnages sont engagés dans une résistance pour sauver l'hôpital local. Tout sauf la fatalité !

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Présentation détaillée du projet

 

Pitch

 

En Grèce, la crise frappe à tous les étages. Elle incarne en Europe, le lieu où culmine l’expérience politique et économique de l’austérité. Si la récente et brutale fermeture des chaînes publiques grecques a fait la Une, le système de santé n’est pas épargné par les coupes budgétaires. Sur l’île d’Ikaria, la résistance s’organise pour préserver le droit à la santé. Inlassablement, quatre jeunes médecins - devenus des amis inséparables -  mobilisent la population, instaurent un rapport de force tantôt précaire, tantôt victorieux avec l’administration, pour sauver l’hôpital local. Alors si la résignation peut les gagner,  elle n’empêche pas un réel optimisme. A la résistance se mêle une certaine liesse, un désir d’être ensemble qui réenchante le collectif lui redonnant toute sa force, sa justesse et sa puissance. 

 

 

 

Un projet où le collectif est mis en valeur

 

A Ikaria, tout obéit à l’idée du collectif et de la solidarité. L’hôpital lui-même a été construit par la population, chacun, hommes et femmes apportant son savoir faire et ses matières premières. La résistance contre sa fermeture est elle aussi un combat collectif, tout comme la fabrication du film Ikaria. Cette nécessaire connivence entre ceux qui seront filmés et ceux qui vont filmer, entre ceux qui, s’activant quoiqu’il arrive, élaborent l’histoire d’une résistance que d’autres, les réalisateurs et cadreurs vont raconter, constitue le cœur du projet Ikaria. Un collectif qui s'exprimera aussi tout au long du film au son des musiques des fêtes traditionnelles réunissant jeunes et anciens dans des spirales sans fin. 

 

 

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Concept du film

 

Ils ne seront pas de simples intervenants mais de véritables protagonistes, avec qui une complicité s’est établie. A leur manière, ils sont déjà partenaires du projet. Chacun d’eux revendique la volonté de voir leur mobilisation, aussi modeste soit-elle, traduite au-delà des frontières de l’île par le biais d’un documentaire. Ils ont conscience que leur situation nationale préfigure aujourd’hui ce qui se dessine demain dans d’autre pays d’Europe. C’est donc à partir de qui ils sont, de l’amitié qui les lie, de leur vie quotidienne, professionnelle mais aussi personnelle, que le film entend proposer au spectateur une véritable identification, bien au-delà de séquences traditionnelles d’interview.

 

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Les personnages

 

Sotiris

 

« Ici, c’est pas une révolution comme en Amérique latine. Nous, on allume des foyers de contestation un peu partout, mais pas un grand feu. »

 

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Sorte de Che Guevara local, il a choisi de devenir médecin chef à l’hôpital d’Ikaria pour rejoindre Maria, une infirmière de l’île. C’est lui qui a initié et organisé la résistance suite à l’annonce de la fermeture de l’hôpital. Inlassablement il s’efforce d’informer et de mobiliser les habitants de l’ile et de leur faire comprendre la gravité de la situation. Sotiris (40 ans) est aussi celui qui a décidé de porter les revendications jusqu’au ministère de la santé, à Athènes. Il se sent prêt à en découdre, parce qu’il est impensable que le droit a la santé recule plus encore. 

 

Thomy

 

 

« La lutte que nous organisons ici à Ikaria, ça n’est pas simplement pour nous ici en Grèce, c’est aussi pour tout le reste de l’Europe, pour qu’il soit clair qu’il y a des limites à ne pas franchir. Ce sont des victoires que nous voulons pour tous ! »

 

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Thomy (27 ans) a fait sa médecine à Thessalonique puis en Allemagne via Erasmus. La question de l’émigration est un vrai dilemme pour elle : « si tout le monde s’en va, qui va s’occuper des gens ? ». Elle a été interne un an à l’hôpital d’Ikaria avant d’être affectée dans un dispensaire dans la montagnes. Thomy  reste mobilisée contre la fermeture, elle ne conçoit pas une société sans solidarité et donc sans soin pour tous. Etre soigné est un droit qu’elle revendique pour tout le monde, en Grèce mais aussi ailleurs.

 

 

Alexandros

 

 

« Si je suis fier d’être grec ? Je ne vois pas en quoi on peut être fier d’un pays de cailloux et d’arbres ! En tous les cas, je ne suis pas fier de l’Etat Grec ! ».

 

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Alexandros (28 ans) a grandi à Athènes et se destine à être pédiatre. Interne a l’hôpital d’Ikaria pendant un an, il est désormais en poste à Karkinagri, village reculé, presqu’uniquement accessible par bateau. De là, il mesure plus encore l’importance de l’accès aux soins. Lui aussi vit le dilemme du départ, même s’il refuse l’idée de quitter son pays à cause de la crise. Passionné de culture, il a mis en place un cinéclub local avec une programmation choisie pour provoquer des débats et des réflexions sur le vivre ensemble. C’est aussi là que se joue la résistance, dans l’impératif du collectif. 

 

 

Pulios

 

 

« Moi, je n’ai jamais fait médecine pour devenir riche, je veux simplement aider les gens par la médecine. C’est ça mon objectif de vie ».

 

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Interne urgentiste à l’hôpital d’Ikaria, Pulios (33 ans) veut se spécialiser en psychiatrie pour soulager les maux psychiques des hommes. A Ikaria, il apprécie la douceur de vivre, la mentalité des habitants, la géographie. Dans sa résistance ce sont aussi ces harmonies précaires qu’il entend préserver. Pulios dessine aussi et utilise cet art pour prolonger son combat en diffusant ses projets sur internet et sur les murs des villes de son pays. 

 

 

Le discours porté par le film

 

En filigrane, le film soulignera une réflexion sur le droit à la santé, entendu par les mécanismes internationaux, comme un droit fondamental au même titre que les droits de l’Homme. La force qui anime la résistance des personnages d’Ikaria est inspirée par ce principe qui autorise à satisfaire les banques plutôt que de respecter le droit fondamental à la santé. En fermant des hôpitaux, en empêchant le recrutement des médecins, finalement tout se passe comme si le néo-libéralisme bafouait les droits économique et sociaux, là même où les dictatures bafouaient les droits civils et politiques. Dans les deux cas, des mouvements d’opposition s’organisent, et le mot pour désigner ces mouvements est le même : « résistance ».

 

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Ikaria : un double décor

 

Située dans les Sporades orientales, près des côtes turques, c’est l’île ou Icare est supposé s’être abîmé lorsque, s’approchant trop près du soleil, ses ailes de cire ont fondu. Dans le film, ce sera le décor de l’écroulement d’une certaine idée de prospérité à l’Européenne mais aussi d’une autre façon de penser la société. 

 

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Ikaria, c’est aussi l’île où les communistes ont été déportés par les alliés à la fin de la seconde guerre mondiale, pour éviter que la Grèce ne tombe du côté sombre du rideau de fer. La voix des « anciens », témoins de l’écroulement des systèmes politiques, le communisme hier et le capitalisme néo-libéral aujourd’hui, viendra ponctuer le film comme une référence.

 

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La Grèce : Un pays comme les autres ?

 

Ce pays, je l’ai rencontré pour la première fois lorsque je suis parti étudier à l’Université de Thessalonique dans le cadre d’Erasmus. Cette petite Nation davantage connue pour son passé glorieux vieux de deux mille ans, est reléguée géographiquement à l’extrême Est de l’Europe, aux portes de l’orient, isolée par une langue et une écriture que personne ne maitrise, et caractérisée par des instabilités politiques. Riche d’une culture que plusieurs siècles d’occupation ottomane n’ont jamais pu remettre en cause, la société grecque, m’est apparue singulière par ses aspirations, son indépendance, son insoumission et sa culture. Trop souvent résumée à un lieu de villégiature et de soleil, la Grèce est aussi un théâtre de contestation où la population fait l’expérience de la survie, de la résistance, du sourire et de l’optimisme, malgré la destruction progressive des services publics, les baisses drastiques des revenus (- 40%), l’augmentation des prix et des impôts (+25%). A l’heure où les diktats de l’économie incitent à la compétition, au profit et à la possession, la Grèce apparaît subitement comme un pays où une nouvelle forme de démocratie prend place, timidement, localement, modestement, comme un clin d’œil ironique de l’histoire.

À quoi servira la collecte ?

 

 

Votre soutien permettra de contribuer à financer les frais suivants :

 

- Un cadreur (salaire et hébergement) : 1300€

- Un preneur son (salaire et hébergement) : 1300€

- Des trajets France/Ikaria : 1500€

- Location de voiture : 400€

- Dépenses diverses (location de matériels, disques durs, etc.) : 200€

 

 

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Arnaud Gaillard

Arnaud Gaillard : Sociologue, auteur & réalisateur - HONK (64’ - 2011), documentaire co-réalisé avec Florent Vassault sur la peine de mort aux Etats-Unis. - « 999, au cœur des couloirs de la mort », éditions Max Milo (2011). - « Sexualité et prison », éditions Max Milo (2009).

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