Une expérience de terrain à Madagascar m'a inspiré un projet de création théâtrale qui n'attend que votre souffle de vie pour naître...

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The project

Projet d'écriture et projet scénique : entre ethnographie et poésie.

 

"Île" est le fruit d'une double maturation, de la rencontre entre un travail de recherche en ethnologie et d'une activité littéraire pensée à destination de la scène. 

 

Depuis 2004, des recherches en ethnologie ont amené la porteuse de projet à observer des aspects culturels souvent très sensibles dans le sud-ouest de Madagascar. 

Et c'est au fur et à mesure des rencontres et l'idée de retranscrire certaines situations et certains ressentis liés à ces allers-retours dans l'océan indien naît.

 

C'est ainsi que depuis 2008, deux recueils poétiques ont vu le jour et du théâtre a été écrit, dont « la stratégie du minotaure », pièce créée en 2009 au Théâtre B.M. Koltès à Nanterre, et à présent  « Ile », dont l’écriture se veut être le pendant poétique de l’écriture de la thèse.

 

Ce projet illustre l'envie qu'a la compagnie Mood Machine depuis sa création en 2009, de mettre en parallèle des travaux de type ethnographique et d’autres de nature résolument poétiques, de confronter les langages, les points de vue.

 

Madagascar - Intentions et aperçus des recherches de terrain

 

De la musique aux mots...

 

" 2004. En tant que violoniste, je pars étudier une vièle malgache jouée dans le sud du pays par la population antandroy. Je parcoure la ville de Tuléar ainsi que l’extrême sud, rural, suivant les contours d’une mélodie retrouvée dans différents lieux, sous  les doigts de différents musiciens, dans différents contextes. Cette recherche musicale m’amène peu à peu à entrer dans des rituels de possession auxquels l’instrument est lié, et où se tissent des discours émaillés de mythe et d’histoire."

 

De l'audio : (Vièle Lokanga et voix, Tuléar, Tsiombe (Androy, Madagascar) Juillet 2004)

 

Et de l'image :

 

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...et jusqu'au bout du monde

 

"Voix d’enfants qui jouent.

 

-Tu vois, au loin ?

- ?

- Après la mer.

 

Un temps

 

- Le sel.

- Mais non ! Une autre terre où j’irai, après. La mer ne sèchera pas.

- La mer peut t’engloutir.

- Je partirai au loin et je me marierai. 

- Tu partiras au loin, et des hordes de poisson viendront rire de toi.

- !

- Alors on les mangera."

 

(extrait du texte)

 

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Anecdote de la sirène, colloque à Tuléar

 

En avril 2008 se tint dans le Sud malgache un colloque universitaire intitulé "Sirènes et filles de l'eau dans l'Océan Indien : mythes, récits, représentations".

Des chercheurs venant de différents horizons et un public nombreux et concerné étaient rassemblés pour l'occasion. Le sujet posa rapidement quelques difficultés, les différences culturelles des différents acteurs ne favorisant pas l'interprétation du mythe, et l'impossibilité de cerner son objet ne manqua pas de soulever de nombreuses passions.

 

La sirène... pour certains, il fallait commencer par prouver son existence. Un membre du public proposa d'aller chercher un pêcheur, qui témoignerait de son apparition. Une jeune chercheuse malgache critiqua la méthode. Statistiquement un témoin ne suffirait pas pour valider l'existence de la créature. La question se posa alors du nombre de pêcheurs nécessaire pour établir son existence. Ce ne fut que le début de débats, hauts en couleur, ou croyance et volonté de rationaliser s'empoignèrent aveuglément. 

 

Quelques années plus tard, ce souvenir de colloque fit écho, chez l'auteure, à un questionnement sur la possibilité de "réenchanter le monde", problématique fort sensible sous nos latitudes. A travers cette pièce, elle cherche à questionner la place de la croyance dans la plus large acception du terme, dans son rapport à la nécessité de rationalité et d'interprétation. 

 

"Un temps

 

- Les pêcheurs ne sont pas sur la butte depuis tellement longtemps.

- Et ils voient ce qu’ils voient quand ils sont sur la mer.

- Sur la terre, nous, on ne voit pas, on ne peut pas voir.

- Enfin…

 

Un temps

 

- S’ils l’avaient gardé pour eux, cette vision, elle n’existerait pas !

- On ne leur reproche rien, à vrai dire.

- On ne sait juste pas si on peut leur faire confiance.

- Ça ne fait pas si longtemps qu’ils sont là, les pêcheurs. Sur la butte.

- Les pêcheurs viennent de la terre.

- Leurs yeux ont dû dévier. Vers l’horizon depuis plus longtemps que les autres.

 

Le vieillard : Ah ah ! Et les yeux des autres, ce que voient les yeux des autres !

 

- Ils sont devenus pêcheurs.

- C’est ça !

- C’est ça.

 

En s’animant

 

- Ce sont des hommes comme les autres

- On ne sait pas comment ça a dévié

- Ça rapporte du poisson, quand même

- Ça alimente les marchés

- Les poissons doivent être secs

- Des poissons séchés

- Purgés

- Débarrassés de la mer

- Sentir

- C’est délicieux

- Le poisson

- On doit voir leurs os

- Leurs os

- leurs os

- leurs os

- Os os os

- Os 

- Les os

- Tous les os des poissons séchés

- Ça les rend plus vivants

- Plus enviables

- Ce n’est pas comme Honoré, qui parait squelettique

- Qui fait peur comme la mort !

- Ah ah !!!

- Pourtant lorsqu’il travaille torse nu, à côtes déployées, le poisson n’est pas loin.

- Ah oui, c’est vrai, ça, le poisson n’est pas loin !

- Avec cette colonne courbée

- Cette colonne vertébrale

- Et toutes ces arrêtes

- Dans le dos

- Ça se pourrait qu’il chope des escarres, un jour, Honoré, à force d’être maigre et osseux. Et qu’il finisse par sentir.

 

Avec retenue

 

- Cette odeur

- Cette odeur

- On ne sait pas où il sèche, le poisson.

- Ce qui le fait sécher.

- Il est vendu comme ça.

- On ne sait pas ce que les pêcheurs ont bien pu voir.

- On ne sait pas ce qu’ils regardent quand ils sont sur la mer.

- Ce qui les attire quand ils partent ! 

 

(extrait du texte)

 

Ile – le théâtre – intention et aperçus du travail scénique

 

Le rapport du texte à la scène tourne ici autour du statut de la parole collective : la parole est-elle plus pertinente, plus légitime lorsqu’elle est validée par la force persuasive d’un groupe ? Quels rapports de force implique-t-elle entre les groupes en présence et l’expression individuelle potentielle de chacun ? Ainsi, le travail théâtral  s’appuiera sur une recherche concernant la confrontation de différents niveaux de parole et de jeu : personnages « héros », chœurs, et conteur. Une réflexion sur le traitement spatial et sonore de la pièce visera à insérer réciproquement comédiens et spectateurs dans un dialogue avec l’espace scénique. 

 

(un extrait vidéo de la première session de répétition et des interviews de l'équipe seront bientôt mis en ligne)

 

L'équipe

 

Elisabeth Rossé Texte

 

 

Musicienne et ethnologue de formation, Elisabeth Rossé développe une activité littéraire interrogeant les rapports texte-musique ainsi que la relation à la scène.   

 

Elle a notamment écrit:

- Un livret d’Opéra, « In( )time », (musique de Julien Dassié, mise en scène J.R. Vesperini, création SACEM, Paris, 2007

- Cinq pièces de théâtre, « La Stratégie du minotaure », 2008, (création Théâtre B.M. Koltès, Nanterre, 2009), « Fil d’Ariane », 2009, (En collaboration avec la metteur en scène Marion Donon, Cie Kinescopage, finaliste concours d’écriture dramatique de Guérande 2010), « Lisière est », 2010, « Au pied du mur », 2010 (jeune public), «Île», 2011.

- Deux recueils de poèmes, « Mood Machine », 2009, parution d’extraits en cours dans les revues «L’Intranquille » et "Verso" ; recueil intégral aux éditions Ficelles, octobre 2013 « Rescale », 2010 - publié par les Editions de l’Atlantique, et dans les revues «Décharge» et «Incertain Regard»

- Un recueil de nouvelles "Décors artificiels", en cours de publication aux éditions Unicité.  

 

Elle a reçu une aide à la création de la Sacem et la Maison du Film Court pour l’écriture de la musique d’un court métrage, «Fishtre », réalisé par Miguel Rosales.   

 

Sa pratique d’écriture se développe autour de centres d’intérêts parallèles : une activité de recherche en anthropologie, et un travail corporel et vocal, ainsi qu’une pratique musicale et théâtrale qu’elle oriente dans le sens d’une recherche sur l’oralité, le passage du poétique à la scène.

 

Nicolas Marchand Mise en scène

 

Elève-comédien à l’Ecole du « Schauspielhaus Salzburg - Théâtre de Salzbourg », il intègre la troupe permanente du théâtre pendant sa formation. Il a joué dans une trentaine de spectacles en Autriche, en Allemagne, en France, en Belgique, en Suisse et au Luxembourg, notamment au Théâtre National de Sarrebruck, CDDB Lorient, TNT Toulouse, 60ème Festival d’Avignon, Théâtre Nanterre-Amandiers, puis àl’Odéon Paris.  

 

En 2002, il fonde la compagnie « TRT – Le Théâtre des Rêves Têtus » à Salzbourg, compagnie qu’il co-dirige jusqu’en 2008. Durant cette période, le TRT a réalisé sept créations, dont le « Festival d’opéras de poche », primé par le Ministère fédéral autrichien de l’Enseignement, de l’Art et de la Culture.

 

Il a mis en scène différentes pièces dont « Des jours meilleurs » de Ch. Pellet en 2005, « Dans la solitude des champs de cotons » de B.-M. Koltès en 2008 (spectacle primé par le Ministère fédéral autrichien de l’Enseignement, de l’Art et de la Culture) et « Porzellanrauch » de J. Ashilevi en 2009.

Il est également l’auteur de cinq pièces de théâtre (Lauke Editions Hambourg, l’Arche Editeur, Joanna Marston) et d’un livret d’opéra, pour lesquels il a reçu de nombreuses bourses d’écriture.  

 

Olivier Brichet Scénographie

 

Après des études aux Beaux-arts d’Angers, il rejoint l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris pour y développer une recherche spatiale et plastique du sonore. Diplômé en scénographie, sa pratique actuelle poursuit cette confrontation et l’applique à l’espace théâtral et urbain.

 

Il est tour à tour Constructeur/ machiniste/ régisseur son et lumière aux Laboratoires d’Aubervilliers pour le Théâtre Permanent de la compagnie Gwenaël Morin et sur L’Encyclopédie de la Parole de l’association puis constructeur/régisseur plateau/régisseur son au Théâtre du Peuple.

A l’automne 2013, au Studio-Théâtre de Vitry sur Seine sera crée «An Echoïc Speech», pièce électro-acoustique pour 3 voix et instrumentarium sur un corpus de poésies.

 

Il réalise sur différents formats vidéos comme (co-)réalisateur:

2007 : «Ljo Komoe», court-métrage réalisé en collaboration avec des étudiants du Conservatoire Balla Fasséké de Bamako sur l’importance, l’incidence de l’urbanité sur l’oralité et réciproquement.

2009 : «On Dak’art in Dakar», court-métrage sur la 8ème biennale d’art contemporain de Dakar traitant de la relation entre ces deux paysages: artistique et urbain et quel(s) dialogue(s) ils entretiennent l’un et l’autre.

2012 : «Pilgrim», clip pour le groupe Mungo Park (Third Side Records) avec A.Epée.

 

Avec : Eve Gollac, Thomas Gourdy, Anthony Le Foll, Richard Sandra, Jacques Ville et conté par Claude Mastre

 

La compagnie

 

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Vous pouvez suivre et découvrir tous les projets de la compagnie en cliquant sur le lien de notre site : 

 

http://www.moodmachine.org/

 

Nos partenaires :

 

   Logo_tmm                               

                                            www.terre-malgache.com/

 

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Why fund it?

 

En vue d'effectuer un travail de recherche et développement autour de la mise en scène du texte, votre collecte nous permettra de financer une période de 15 jours de répétition. 

 

L'intégralité de la somme récoltée servira à rémunérer les artistes investis dans le projet et à financer la communication.

 

Grâce à ces répétitions, nous pourrons approfondir le travail de mise en voix et en espace ayant déjà été entamé début 2013. Cette étape aboutira à la phase de diffusion de notre projet début 2014.

 

Votre aide est donc indispensable à la réalisation de notre objectif et à la présentation publique de notre travail !

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Mood Machine

Vous pouvez suivre et découvrir tous les projets de la compagnie en cliquant sur le lien de notre site : http://www.moodmachine.org/ De projet en projet, la compagnie tire le fil d’une pelote qui s’enroule autour d’intuitions,recherches et trouvailles concernant le langage — littéraire, musical, corporel— et le temps. Elle offre des... See more

Newest comments

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En toute subjectivité : soutenez ce beau projet !
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Bon courage à toi et à toute l'équipe, c'est un très beau projet ! Je t'embrasse