Une histoire de forgerons et de hyènes en Ethiopie. Partez avec nous pour un documentaire poétique dans la ville de Harar !

Large_couv_kiss_kiss_2-1456680626-1456680647

Présentation détaillée du projet

 

J'aime imaginer mes choix de vie comme autant d’impulsions artistiques qui irriguent au quotidien mon envie de réaliser ce premier film documentaire.

 

Ma rencontre avec l’Ethiopie et ses multiples facettes a été déterminante dans mon ambition de faire des films, fondés sur l’observation et la découverte de cultures différentes.

Faire des films qui racontent une manière d’être au monde, comme une passerelle nécessaire à la compréhension de l’autre, qui fait cruellement défaut aujourd’hui.  

Financer une partie de mon film par une dynamique collective et participative s’inscrit dans cette logique.

 

Entrez dans la danse et suivez moi dans cette aventure éthiopienne !

 

 

Photo_341__2_-1456588421

 

 

SYNOPSIS.

 

 

Ethiopie.

Ville de Harar, la nuit.

 

Les forgerons de la ville ont la funeste réputation de se transformer en hyènes, pour mieux roder dans la vieille ville labyrinthique, le « jogol », et  frayer avec les esprits mauvais.

Avec comme toile de fond la majesté de Harar et sa passion pour le Khât (plante euphorisante), ce documentaire nous plonge dans le travail séculaire des ferronniers éthiopiens, depuis toujours déclassés socialement.

 

Derrière la modification des corps au travail et la possibilité d’une métamorphose des forgerons en hyènes peut naître un basculement du réel, entre réécriture des légendes locales et quotidien plus pragmatique.

 

 

 

Img_6906__2_-1457482815

 

 

 

NOTE D'INTENTION

 

Où il est question de l’Ethiopie, de hyènes, de flammes et de métal.

 

Par le biais des textes saints des monothéismes, des vieilles légendes ancestrales (dont la plus connue évoque la reine de Sabah charmant le roi Salomon) et plus près de nous par sa  géopolitique moderne, l’Ethiopie est, depuis des millénaires, un acteur manifeste des soubresauts de l’Histoire.

Loin des vieux clichés européens n’y voyant que famine, ou plutôt en sachant en permanence réactiver les fantasmes, l’ancienne Abyssinie navigue à vue dans le XXIème siècle naissant, entre grands chantiers hypermodernes et conservation d’une tradition forte et chargée de mystère.

 

La ville de Harar, écrin musulman dans un pays chrétien, est un dédale improbable de rue où l’on se perd avec délice et où les forgerons ont l’étrange réputation de se transformer en hyène au soleil couchant.

Contrairement au reste du pays, les habitants de Harar tolèrent les hyènes. A la tombée du jour ces dernières viennent roder près des tas de détritus qui jalonnent les remparts et jouent le rôle d’éboueur de la ville. La figure de la hyène est donc associée à  la vie nocturne.

 

 

 

Photo_345__3_-1456874313

 

 

 

Depuis que l’homme sait travailler le fer, il entretient des liens étroits avec le métal. Dans la plupart des sociétés, traditionnelles, anciennes ou actuelles, le forgeron tend à la marge et à l’ambivalence. Le travail du fer et la ritualisation des techniques de forge reste souvent rapportées à un acte tenant du merveilleux.

 

En ce sens, le feu est une entité, un dieu tutélaire et terrible, agressif ou protecteur, il tient de l’intime comme de l’universel. Phénomène scientifique rationnel, il reste par contradiction une énigme déraisonnable, appelant à la philosophie par la transe des flammes. Par ce double jeu, il est l’allié principal du forgeron.

 

C’est pour cette forte charge poétique que je suis entré dans le monde de la forge.

A la faveur de longues recherches théoriques et de la validation d’un CAP de ferronnier d’art, j’ai pu expérimenter les particularités du travail de forgeron. En compagnie de ferronniers, j’ai pu assister à ces champs des possibles de la rêverie du travail du fer, où tout donne à voir une orchestration de l’atelier, dans  le jeu des corps et des matières.

 

 

 

Photo_339_kk-1456588692

 

 

 

En fusionnant ces différents points, l’évidence du couple forgeron-Ethiopie s’est imposée à moi.

En septembre 2012, je suis parti pour Addis Abeba, sac au dos et caméra au poing. Durant deux mois de pérégrinations dans le nord et l’est du pays, je suis allé à la rencontre de travailleurs du fer, afin d’amorcer un travail de repérages et de prises de vues.

 

De cette immersion a résulté « Respiration d’une matière embrasée », un montage documentaire tenant du chantier filmique exploratoire. Cette matière première aura permis de dégrossir mon propos et surtout de faire naître les orientations esthétiques du film en devenir.

 

 

Un conte documentaire.

 

Avec comme toile de fond le superbe de la ville de Harar, mon intention est de filmer le travail des forgerons, dans la pénombre de l’atelier comme dans leur vie quotidienne, en utilisant et réinterprétant le rapport étroit qui lie les habitants de la ville à son animal héraldique, la hyène. Il s’agit donc de comprendre ce qui se joue par la convocation des imageries liées aux transformations homme/animal.

 

 

 

Photo_188_kk-1456589562

 

 

 

Filmer les corps, filmer le « faire ».

 

Au-delà de l’intérêt de décrire un processus de fabrication, je veux montrer l’interdépendance qui lie le forgeron à la matière qu’il transforme.

 

L’univers qui s’instaure entre le forgeron et ses outils peut être qualifié d’organique. En utilisant l’exiguïté d’un atelier de forge, je veux aller au plus près des corps pour souligner ce rapport ultime entre le corps, la chair de l’opérant et la matière de l’objet. Cela sera illustré notamment  par des gros plans sur le soulèvement des poitrines haletantes au rythme des soufflets, tout de cuir et de bois, crachant l’air comme un prolongement du système respiratoire humain.

Je souhaite prendre le temps de souligner la main calleuse, abîmée, rapide et fluide dans les mouvements.

Je souhaite également retranscrire la musicalité qui s’inscrit dans l’atelier du forgeron,  par la répétition des gestes et des profonds arpèges passant du clair au mat lancés par le marteau sur l’enclume.

 

 

Fulgurance rimbaldienne

 

Rimbaud a passé les dernières années de sa vie à Harar.

Adolescent, la découverte de la poésie d’Arthur Rimbaud m’a foudroyé, tant par la fulgurance de ses vers que celle de sa vie. J’en ai gardé les traces indélébiles dans mes propres aspirations artistiques.

En me rendant à Harar, j’ai en tête les errances du poète, de ses adieux irrévocables à l’Europe à sa reconversion douteuse mais romantique en trafiquant d’armes.

L’intention poétique que je souhaite insuffler au film passe par des évocations de la présence de Rimbaud, dans des extraits de ses écrits, couplés à mon propre travail d’écriture.

 

 

 

Photo_336_kk-1456588922

 

 

 

La poétique du fantastique

 

Dans l’imagerie mythologique, le forgeron est souvent difforme, boiteux. Comment alors ne pas faire le rapprochement entre cette infirmité récurrente et la silhouette raccourci et bancale d’une hyène.

En réinterprétant ce parallèle et en le calquant sur les légendes locales, je veux jouer sur un deuxième niveau d’hybridité.

En filmant des hyènes rodant près des ordures, ricanant aux abords de la ville ou en prenant en compte la parole des habitants de Harar, je veux mettre en relation le forgeron avec son double animal.

 

Forgeron_hyenemasque__4_-1456863445

 

J’utilise l’énorme consommation de Khât (plante euphorisante) par la population locale comme un élément fantastique à part entière, un miroir, une transgression de la réalité. Cette altération des sens permettant le basculement permanent entre la réalité et la fiction que je souhaite mettre en œuvre.

Cela a un intérêt majeur pour le bon déroulement du scénario, où le forgeron et la hyène, tour à tour décriés, se voient repoussés dans la pénombre et le monde nocturne, pour mieux être réhabilités dans le contexte d’une Harar contemporaine.

Je distillerai ainsi une ambiance trouble et fantastique, mais toujours marquée par la subjectivité et faisant avancer conjointement la réalité de la ville et des personnages le jour et la mythologie de l’homme-animal à la nuit tombée.

 

Crédits

Page de couverture+photos: Nicolas Matos Ichaso

Dessin" l'homme hyène": Jean Sébastien Poncet

 

 

 

PETITE BIOGRAPHIE 

Nicolas Matos Ichaso, Réalisateur 

 

A la suite de voyages au long cours qui m’ont mené principalement en Asie du Sud Est et en Afrique, j’ai validé sur le tard un Master 1 d’anthropologie (Université Lyon 2), me spécialisant dans l’étude de la forge et du forgeron par le biais de l’audiovisuel. En parallèle, j’ai obtenu un CAP de ferronnier d’art à l’Afpa de Toulon.

Je travaille depuis 4 ans comme machiniste plateau et technicien du spectacle vivant.

Je me forme actuellement en tant que réalisateur de documentaire de création à l’Ecole du documentaire Ardèche Images de Lussas.

 

Nico_came_ra_ancienne5-1457561212

 

 

 

 

À quoi servira la collecte ?

La participation des Kissbankers couvrira les frais de repérages ( juin 2016) et les premiers frais de tournage du film ( autour de janvier 2017).

 

Pour un montant de 3000 €

 

Les frais couverts sont :

 

Repérages - 3 semaines :                  

2 personnes :                                     

Directeur photo + Nico                                           

                                                                 

Hébergement: 400€                                                              

Transport intérieur:  500€

Repas: 500€

Interprète: 700€ 

 

Tournage - 4 semaines  

3 personnes :

Ingé son + cadreur + Nico

 

Repas : 900€

 

 

Le reste des frais (billets d'avions, matériel...) sera assuré par d'autres dispositifs ( Fonds propres, fondations, sociétés de productions...)

 

Si la collecte est dépassée, yeepah!!

 

A 3500€: L'équipe ne dormira pas dehors, nous pourrons mieux financer l'hébergement!

 

A 4000€: Nous engagerons des fonds pour la communication autour du film!

 

Au delà: Betam Betam Amäsägenaläouh !! (un énorme merci en amharique!)

 

 

 

 

 

Thumb_nico_portrait__5_-1456593857
Nico Matos

(…) « Tu resteras hyène, etc... », se récrie le démon qui me couronna de si aimables pavots. «Gagne la mort avec tous tes appétits, et ton égoïsme et tous les péchés capitaux. » Ah ! J’en ai trop pris : -Mais, cher Satan, je vous en conjure, une prunelle moins irritée! Et en attendant les quelques petites lâchetés en retard, vous qui aimez dans... Voir la suite

Derniers commentaires

Thumb_default
Je te souhaite pleins de beaux moments....
Thumb_default
Président!
Thumb_default
ola primo, entre petite bourse on se comprend ! Avec le projet d'habitat Ecoravie (www.ecoravie.org), on va aussi solliciter un financement participatif pour soutenir le projet. À suivre ! Bonne continuation à toi. Raf