J'ai tué Emma S. est une pièce de théâtre contemporain d'après Emma SANTOS, femme oscillant entre folie et lucidité, psychose et névrose. Ca « dérape », quitte la dimension de mots pour celle du geste, frôle le précipice pour révéler aussi l’humour, le mouvement, la musique. La pièce est programmée au Colombier à Bagnolet en février 2012

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The project

 

Note d’intention

 

Emma Santos (1943-1983) est une écorchée vive, insaisissable, inclassable.

Elle est l’auteur de huit ouvrages : La Malcastrée, J’ai tué Emma S., L’itinéraire psychiatrique, La Loméchuse, Effraction au réel, L’Illulogicienne, Écris et tais-toi, La Punition d’Arles.

Elle a interprété ses propres textes au théâtre dans une mise en scène de Claude Régy en 1976 dans les locaux abandonnés du théâtre de la Gaîté Lyrique.

Pendant les dix ans d’écriture entre 1970 et 1980, elle a monté maintes fois la rue Saint Jacques pour se faire interner à l’hôpital Saint Anne.

L’écriture d’Emma Santos est composée d’une matière puissante, poétique et crue. Matière à l’état brute, noire et lumineuse.

Trois de ses textes La Malcastrée, J’ai tué Emma S, et la Loméchuse sont la matière première de cette mise en scène qui veut faire entendre cette voix qui nous parle de dépression psychotique ?, d’amour?, de maladie?, de peur?, de solitude?, d’une femme oscillant entre folie et lucidité, psychose et névrose?

Emma Santos a cultivé cette voix souvent qualifiée de « folie » en rapport à une supposée « norme ». Revendiquant le droit au délire, elle présente la folie comme un état pertinent au même titre que la norme, et dans certaines occasions comme une alternative possible aux limites de la raison.

Elle parle de l’impuissance face a cette maladie que la psychiatrie n’a pas encore pu tout à fait définir. La folie reste un mystère, indéfinissable, abstrait, aussi structuré qu’imprévisible. 

La pièce s’appuie sur cette dimension qui appartient à l’univers de l’inconscient où réel et irréel se chevauchent.

Ce n’est pas une histoire, sans chronologie possible… Ca « dérape », quitte la dimension de mots pour celle du silence, du geste, du vide, frôle le précipice jusqu’à la déchirure qui révèle aussi l’humour, le mouvement, la musique.

 

 

 

 

Synopsis  

 

Au travers d’une structure narrative constituée de fragments non linéaires, les personnages nous plongent dans les événements qui ont marqué l’existence d’Emma Santos. 

Rythmés par des obsessions d’une vie de femme morcelée au hasard d’internements et au détour d’éclaircies entre ses crises de folie. 

Un voyage cru et poétique, entre veille et sommeil, douleur et plaisir, fantasmes et fantaisies… 

Le goitre et le dérèglement thyroïdien, l’obsession pour un homme, le traumatisme de l’avortement, la hantise de l’enfantement et celle de l’écriture, toutes deux confondues, l’hôpital ou encore la psychiatre partenaire de transitoires jeux érotiques.  

 

La mise en scène 

 

Chez Emma Santos, écrire est une façon de conjurer la folie et la solitude, les mots lui renvoient sa propre image et lui permettent de se détacher du soi. La voilà libre de se dissocier de sa folie, ou tout simplement, de la réalité. 

Ce détachement/dédoublement est représenté par deux femmes sur le plateau dans un drame dont elles sont à la fois témoin et victime, victime et témoin. 

L’intervention d’un troisième personnage, masculin, arrive comme un mécanisme de défense qu’elle fabrique pour échapper à sa souffrance : personnage qui amène également une touche surréaliste, quelque chose de l’ordre de l’inconscient et un nouveau souffle à la tension dramatique du plateau. 

Comme dans un puzzle, les scènes fragmentées s’imbriqueront les unes dans les autres à des moments inattendus et de manière atemporelle. Scènes hallucinatoires,  discontinues   et  scènes « linéaires », se chevauchent, prenant sens au sein même de l’absurdité.

Les situations peuvent d’un seul coup « dévier », « déraper » dans une autre dimension – quitter la dimension des mots pour celle du geste, apportant dans la structure narrative changements de temps et d’espace. 

Un langage théâtral où les actions sont poussées au - delà du réel, et le jeu physique des comédiens est très présent. 

 

 

L’espace / Le dispositif   

 

Un « lieu » abstrait presque vide et en constante mutation. 

Le jeu du comédien est intimement lié à l’espace scénographique, la scénographie est intégrée au jeu dramatique. 

Les changements d’espace et du temps sont créés de manière éphémère et illusoire par le jeu physique et dynamique des comédiens et l’intervention sonore.   

Cette mise en place devra refléter le monde insaisissable de la  folie où  cohabitent le réel et l’irréel, le présent et le passé, le rêve et le cauchemar. 

Il s’agit de révéler à travers d’une représentation plastique  vivante, le contraste existant entre le monde de la solitude et de l’abandon, omniprésent dans tous les hôpitaux psychiatriques et l’univers d’individus réduits au silence, habitants d’un labyrinthe où ils errent indéfiniment.   

 

 

L’équipe Artistique

 

 

Monica MOJICA  

Metteur en scène, Comédienne

 

- de nationalité Colombienne

- diplômée de l’École Jacques Lecoq à Paris, incluant le troisième cycle en pédagogie et la formation du « LEM » au département plastique et scénographique

- adapte et monte sa première mise en scène de théâtre à Bogotá,  « Horizontal- Vertical »

- reçoit le prix décerné par le Ministère de la Culture à Bogotá pour le projet pédagogique « Anatomie des passions »

- adapte et monte au théâtre « La Malcastrée », un des premiers romans d’Emma Santos. Cette pièce a été récompensée par le Prix des jeunes metteurs en scène en Colombie

- écrit et monte la pièce  « Clown Cabaret » qui est invitée au X ème Festival « Iberoamericano de Teatro » à Bogotá.

- « J’ai tué Emma S » Prochainement au théâtre Le Colombier à Bagnolet (février 2012)

 

Charles DERENNE

Musicien et comédien

 

Après des études du piano au Conservatoire de Bordeaux en 1988, Charles Derenne expérimente divers types d'instruments, recherche qui se concrétise avec la création dans les années 2000 de son premier groupe, « The Metropolitains ».

Après deux ans, le groupe se sépare et il crée le «  Melody Syndrome », projet singulier puisque Charles Derenne y joue une douzaine d’instruments. En janvier 2010, « Melody Syndrome » est signé sous le Label Anglais Smoky Carrot Records, et prépare actuellement la sortie de son premier EP.

 

Sallahdyn KHATIR 

Scénographie et lumière 

 

Scénographie 

2010  Brume de Dieu, Mise en scène de Claude Regy  

Vies, Mise en scène de Sebastien Derrey 

Mon Amour, Mise en scène de Thomas Ferrand 

2009 Ode Maritime Mise en scène de Claude Régy  

2008 Madame de Sade Mise en scène de Jacques Vincéy 

2007 Homme sans but Mise en scène Claude Régy 

2006 Triomphe du temps Marie Vialle, Théâtre des Subsistances 

2005 Comme un chant de David Mise en scène de Claude Régy 

Visitations  Chorégraphe de Julia Cima  

2003 Variations sur la mort Mise en scène de Claude Régy  

 

 

Directeur technique - Régie Générale 

2000 – 2009 

Ugo Rondinone Installation au 104 

Ernesto Neto Installation au Panthéon 

Alexandre Ponomarev Installation à la Chapelle Salpêtière 

Gérard Garouste installation au Panthéon 

Nan Goldin installation à la Chapelle Salpêtrière 

Douglas Gordon Installation au Frigo 

Christian Marclay installation à La topographie de l’Art 

Martin Puryear installation à la Chapelle Salpêtrière 

Amselm Kieffer installation à la Chapelle Salpêtrière 

Bill Viola installation dans l’église Saint-Eustache 

 

1993 - 2009 Directeur technique de la compagnie  - Les ateliers 

contemporains –Directeur : Claude Régy 

1993 - 2009 Directeur technique des arts plastiques, Festival 

d’automne à Paris 

Qui suis-je ?

 

Je suis comédienne, metteur en scène de nationalité colombienne, diplômée à l’école Jaques Lecoq à Paris.

Dès le début de mon activité professionnelle, j’ai orienté ma recherche vers un langage universel visant à dépasser les barrières du langage parlé. Mon travail a toujours touché à la vie, portant un regard sur les problématiques globales relatives à l’être humain .

J'ai monté trois pièces à Bogota, en Colombie et je dirige également des stages de formation de comédiens.

Actuellement, je vis et travaille à Paris. Depuis un certain temps je porte le projet « J’ai Tué Emma S. » Grâce a une résidence à la Ménagerie de verre, où les comédiens étaient Laure WOLF, Maelle BELLEC et Charles DERENNE, j’ai pu développer la première étape de recherche.

La pièce est maintenant programmé au Théâtre Le Colombier à Bagnolet en février 2012 et pour qu'à cette occasion la pièce soit aboutie, j'ai besoin, avec toute l'équipe qui m'accompagne, d'enrichir la mise en scène, de répéter, de développer la scénographie, la place de la musique dans la pièce...et donc, aussi, de moyens financiers.

 

 

Why fund it?

La collecte permettra de réaliser la scénographie et la composition musical et sonore pour la pièce, a payer l'équipe technique, les comédiens et tout le matériel logistique pendant les répétitions et pour les présentations.