Aux confluents du théâtre, de la musique et de la danse, nous préparons une adaptation de "Dans la solitude des champs de coton" de Bernard-Marie Koltès pour deux danseurs, l'un flamenco, l'autre hip hop, sur une création musicale contemporaine. Ceci afin de confronter nos univers, nos langages et nos pratiques.

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Présentation détaillée du projet

LE PROJET



 

Cette adaptation chorégraphique de Dans la solitude des champs de coton de Bernard-Marie Koltès pour un danseur de flamenco et un danseur de hip hop sur une composition musicale contemporaine se propose d'ouvrir un dialogue entre les cultures savantes et les cultures populaires et urbaines.

A l'image du fameux dialogue de Koltès, il s'agit de faire, sans filet l'expérience de l'altérité, en confrontant nos univers, nos langages et nos pratiques.

 

“C’est un peu comme deux bateaux posés chacun sur des mers en tempête,

et qui sont projetés l’un contre l’autre,

le choc dépassant de loin la puissance des moteurs”.

Bernard-Marie Koltès


 

NOTE DE MISE EN SCÈNE 

 



 

Cela fait plus de dix ans que Dans la solitude des champs de coton n’a pas quitté ma table de chevet, comme une sorte de questionnement muet, une énigme agissant dans mon esprit en toile de fond sans que le désir de mettre en scène ce texte soit réellement avoué. Bien sûr, c’est un texte foisonnant et qu’on peut relire à l’envi sans parvenir à en épuiser le sens.

 

Là, Koltès avoue s’être affranchi des règles de la dramaturgie et du souci de la mise en scène, ce qui lui a permis, dans une grande liberté, de retrouver le plaisir d’écrire. Ainsi, lorsqu’on lui demande si ce texte est écrit pour le théâtre, il répond :

“Non, c’est un dialogue. Alors, savoir si on peut monter un dialogue au théâtre ? Chéreau va prouver que oui. Mais non, ce n’est pas une pièce, ça touche à d’autres cordes.”

Il s’agit donc bien d’un défi lancé au metteur en scène.

 

En effet, que font les personnages de ce dialogue philosophique à l’effigie de ceux du XVIIIe siècle ?

Il y a une main posée sur un bras, quelques trajectoires dessinées - plus ou moins courbes, c’est une question de point de vue - des taloches envisagées, redoutées, promises, mais jamais abouties, une veste, enfin, qui aurait été offerte et refusée, à présent à terre, dont on ignore à quel moment elle a été jetée et par qui. Pas grand chose de bien concret qui implique une corporéité nécessaire à ces longues périodes, construites selon une rhétorique sans faille, se déroulant, imperturbables, dans une syntaxe complexe.

 

Et puis, surgit un jour à l’esprit l’image de deux danseurs, l’un flamenco, l’autre hip hop. L’idée de la confrontation de ces deux univers à l’identité si marquée et à première vue si étrangers l’un à l’autre apparaît comme une allégorie de cette histoire.

 

Faire passer les corps des personnages au premier plan devient une façon de relever la gageure de ce texte, de prendre la difficulté à bras le corps et s’y plonger à corps perdu...

 

Une telle proposition implique deux personnalités fortes, deux danseurs prêts à se dépouiller de tout ce qui fait leur “folklore” pour retrouver l’épure de leur expression et s’ouvrir à l’échange artistique.

 

De l’énergie chtonienne puisée aux frappes de pieds flamencas au monde absurde, inversé de la breakdance, la confrontation semble trouver son espace de jeu, jusqu’à ce que l’opposition laisse place au croisement et à la rencontre.

 

Danses d’expression urbaine, populaires, multiculturelles et métissées, danses de révolte ou d’irrévérence, danses des exclus ou des déshérités... Toutes deux naissent dans le cercle originel, rituel des “officiants”, tour à tour participants et spectateurs, encourageant chacun à la prouesse et au dépassement afin de faire émerger un nouvel espace identitaire qu’elles élèvent, par leur art, au rang de culture.

De la forge des gitans aux braseros de Harlem, il n’y a qu’un pas...

 

Et, dans l’extraordinaire de cette rencontre humaine improbable, avec ses ratés, ses frustrations inévitables, ses blessures, ses dangers, sans angélisme, donc, mais avec lucidité, ne s’agit-il pas de faire un pas l’un vers l’autre, de dévier légèrement sa trajectoire pour se laisser surprendre ?...

 

Alors, dès la première répétition, on entre déjà, de plain-pied dans le texte de Koltès. Et ce no man’s land du plateau de théâtre, cet espace de liberté vaut bien la solitude d’un champ de coton dans lequel on se promène, nu, la nuit...

 

Aimée-Sara Bernard

 metteure en scène

 

 

LA CRÉATION

Le spectacle sera créé le 27 janvier 2012 au Pôle Culturel du Marsan.

 

 

LES REPETITIONS

 



Nous vous invitons à découvrir nos premières répétitions en images :

http://www.echappeelyrique.com/Premières_images.html

et en vidéo :

http://www.vimeo.com/28893597

 

Avant d'entamer les répétitions proprement dites (prévues chez nos coproducteurs en novembre/décembre à La Rochelle et en janvier à Mont-de-Marsan) nous éprouvons le besoin de poursuivre le travail amorcé lors de notre résidence d'essai au CENTQUATRE en juin dernier.

Autrement dit, au travers d'improvisations, nous souhaitons approfondir notre travail de fabrication d'un nouveau matériau chorégraphique ainsi que notre recherche d'un langage commun aux deux danseurs (Hip Hop/Flamenco).

 

 

Qui suis-je ?

 

NOTRE EQUIPE ARTISTIQUE

 



Aimée-Sara Bernard (metteure en scène)

Après des études universitaires consacrées autant à la dramaturgie qu'à la politique culturelle, Aimée-Sara Bernard a fondé une troupe universitaire puis enseigné les dramatugies contemporaines en maîtrise, DEA, DESS pendant plusieurs années à Paris X - Nanterre ainsi qu'à l'université d'Aix-Marseille.

Elle se lance ensuite dans l'aventure audiovisuelle et réalise plusieurs documentaires consacrés à l'art, la tauromachie, les gitans... avant de revenir à ses premières amours c'est à dire au spectacle vivant. 

Avec « L’Echappée Lyrique », elle fait le pari de réunir des artistes d’horizons très divers, aux démarches artistiques originales et unis par une préoccupation artistique résolument contemporaine afin de travailler à l’élaboration en commun d’un langage pluridisciplinaire.

 

 

Benjamin de la Fuente (compositeur)

Benjamin de la Fuente étudie au CNSM de Paris (De 1993 à 1997) et obtient les prix de composition dans la classe de Gérard Grisey et d'improvisation générative dans la classe d'Alain Savouret. Il obtient parallèlement une maîtrise de Musicologie à l'’Université de Paris VIII, fait partie de la promotion 1998-99 du cursus de composition et d'informatique musicale de l'IRCAM et est pensionnaire à la Villa Medicis (2001) à Rome pour 18 mois.

Compositeur et violoniste improvisateur, il est co-fondateur avec Samuel Sighicelli et Benjamin Dupé, de la compagnie d’invention musicale « Sphota » et du groupe de Rock/Electro expérimental « Caravaggio ».

En 2009, il a reçu le prix de l'Académie des Beaux-Arts de l'Institut de France, le prix Charles Cros du disque et le prix lycéen des compositeurs.

 

 

Jamel Blissat (danseur Hip Hop - le client)

 

Danseur de formation, initié aux arts du théâtre, de l’acrobatie et de la cascade , Jamel Blissat rejoint en 2000 la compagnie « FIGURE2STYLE »  avec laquelle il se forme aux différentes techniques et styles qui composent la danse Hip Hop.

Avec FIGURE2STYLE dont le travail est vite remarqué lors de différents grands événements (Championnat du monde 2007, Red Bull, BC One…) il est auréat de plusieurs prix nationaux et internationaux.

Depuis 2008 et sa première expérience cinématographique, il enchaîne les rôles de comédien/cascadeur dans différents courts et longs métrages et mène également des aventures théâtrales.

 

 

Marco Vargas (danseur flamenco - le dealer)

 

Marco Vargas est né à Séville dans une ambiance flamenca. Très jeune il commence à danser dans le tablao « El patio sevilano »  qu’il quitte pour rejoindre la compagnie Mario Maya, la compagnie andalouse de danse ou la « Cuadra de Sevilla » de Salvador Tavora. 

En 2005, il s’associe à la danseuse Chloé Brûlé, avec laquelle il partage la même vision contemporaine de la danse flamenca avec laquelle il fonde une compagnie .

Cuando uno quiere y el otro no, spectacle créé en 2006, reçoit les prix de la meilleure dramaturgie et du meilleur espace sonore au Festival de théâtre du Sud de Palma del Rio et du spectacle le plus innovant à la Foire internationale de théâtre et de danse d’Aragon. Ti-me-ta-ble o el tiempo inevitable créé en 2008 à la Biennale de Flamenco de Séville, reçoit le prix Giraldillo de l’innovation. Leur dernière création, Tripolar, a été présentée le 18 février 2011 au Théâtre Central de Séville en inauguration du cycle « El flamenco viene del Sur ».

 

 

Chloé Brûlé (collaboratrice artistique)

 

Chloé Brûlé est née en 1978 à Montréal. Après avoir reçu une licence en danse classique à l’école des Grands Ballets Canadiens, elle voyage en Espagne pour se rapprocher du Flamenco. 

Elle reçoit l’enseignement de grands maîtres comme Manolo Marin, Andres Marin, Javier Latorre et Rafaela Carrasco. Elle intègre ensuite des compagnies comme celle de Javier Latorre, Angeles Gabaldon, Israel Galvan. Sous la direction de Fernando Lima, elle commence un travail de recherche qui la conduit à définir un langage qui lui est propre.

En 2005, elle s’associe au danseur Marco Vargas avec lequel elle entame une substantielle relation créative, développant un langage riche d’expressivité et de risque artistique.

 

 

Salim Kechiouche (comédien - le client - voix off)

 

Découvert par Gaël Morel en 1995, dans le film A toute vitesse, alors qu’il n’a que 15 ans, la collaboration se poursuivra dans la plupart des films de ce réalisateur.

Au cinéma, il a aussi tourné avec des réalisateurs maintenant confirmés comme François Ozon dans Les Amants criminels ou à la télévision comme Stéphane Meunier dans Fortunes, ainsi que dans les premiers films de nouveaux réalisateurs aussi bien français qu'étrangers comme Bastian Schweitzer, d'origine suisse, pour Gigolo aux côtés d'Amanda Lear, ou Hisham Abdel Khalek, Égyptien, avec Hiam Abbass. 

Amateur de boxe, il devient champion de France de kick boxing en 1998 et vice-champion de boxe thaïlandaise en 1999 et en 2002. Ses talents de boxeur ont d'ailleurs servi à ses personnages dans certains de ses films,

Au théâtre ou dans des pièces radiophoniques il se caractérise par ses choix audacieux, privilégiant les jeunes créateurs et les projets originaux.

 

 

Julien Müller (comédien - le dealer - voix off)

 

Formé au conservatoire du VIIème arrondissement de Paris par Danièle Ajoret et au Studio 34, Julien Muller intègre entre 1994 et 2002 la permanence artistique de la Comédie de Reims, dirigée alors par Christian Schiaretti.

Sous sa direction, il joue dans Mère Courage et ses enfants, de Bertolt Brecht, au théâtre de la Colline, Polyeucte et la Place Royale, de Corneille, Les visionnaires, de Desmarets de Saint-Sorlin, D’entre les morts et Le petit ordinaire, de Jean-Pierre Siméon, Le grand théâtre du monde, de Calderon, ainsi que dans la série des Ahmed écrite par Alain Badiou. Il suit Christian Schiaretti au TNP avec L’opéra de quat’sous, de Brecht.

Il est mis en scène par Michel Vinaver dans deux de ses œuvres, A la renverse et Iphigénie Hôtel. Avec Grégoire Ingold, il joue dans L’extravagant Monsieur Jourdain, de Boulgakov.

Il se produit en ce moment dans Retour à Ithaque, mis en scène par René Loyon, au théâtre du Lucernaire.

 

 

Christophe Grelié (créateur lumières)

Diplômé de l’École Nationale Louis lumière en 1986, chef-opérateur spécialiste des effets spéciaux, réalisateur, directeur de la photographie, Christophe Grelié réalise depuis plus de dix ans des travaux d‘éclairage pour des expositions et événements ainsi que des créations lumière pour le théâtre et la danse.

 

Toutes les précisions concernant notre équipe artistique sont disponibles sur notre site internet :

http://www.echappeelyrique.com/Dossier_Solitude/Dossier_Solitude.html

 

À quoi servira la collecte ?

Les fonds collectés serviront à financer une semaine de répétitions supplémentaires :

- rémunérer les artistes (danseurs, metteure en scène et collaboratrice artistique) : 2750 euros

- financer les déplacements des artistes (deux sévillans et un dijonnais) : 600 euros

- contribuer aux frais de résidence des artistes sur place : 600 euros

 


 

Cette semaine de répétitions parisiennes nous permettra également de développer la communication autour de notre création, en organisant des actions culturelles (répétition ouverte à un public choisi) et en invitant les professionnels à une présentation du travail en cours.

 


 

* Note : notre association est habilitée à recevoir des dons et à délivrer des reçus fiscaux.