Après 4 ans de tournage, mon film est programmé fin septembre 2013. J'ai besoin d'aide pour en financer le montage et la post-production.

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The project

 

Synopsis : Le théâtre de la Minoterie, dans le quartier de la Joliette, à Marseille, va être détruit, un nouveau théâtre est en construction. L’art de ne rien faire, est la mise en image du cheminement d'un metteur en scène en crise qui fait de son incapacité à travailler le moteur même de sa recherche. Il s'appuie sur cet empêchement, et sur l'histoire du théâtre qui va être détruit, pour tenter lui aussi de réussir cette transition.

 

 

 

___ Suite à une longue période de crise, j'ai pris le parti d'utiliser cet état comme sujet de mes dernières créations, en formant le triptyque "Autoportraits". Auteur et metteur en scène de théâtre depuis une vingtaine d'années, j'ai voulu renouer avec le film, le cinéma, que j'avais laissé de côté à la fin des années 80, pour plonger avec délectation dans le théâtre, d'un abord plus simple et d'une économie de production souvent plus que raisonnable, même si j'ai aussi bénéficié de budgets satisfaisants.

 

Le premier volet de ce triptyque, début de transition vers le film, est un spectacle de théâtre multimédia, qui raconte l'histoire d'un père, d'un fils, d'une vieille maison, d'un fantôme et de quelques autres personnages : La paire de claques. Ce spectacle est écrit sous la forme d'un scénario de film qui utilise le vivant du théâtre et la projection d'images vidéo, enregistrées ou en direct, pour nourrir le fil de l'histoire, afin de créer une continuité proposant des sensations composites aussi bien théâtrales que cinématographiques et musicales. Les musiciens sur le plateau participant pleinement à cette écriture du vivant.

 

Pour le deuxième volet, il est question d'un film de théâtre : À mon sujet. L’histoire d’un metteur en scène qui disparaît et ses amis parlant de lui, construisent de ce fait le film en train de se faire. Film monté à partir des séquences d'interviews à propos de l'ami disparu, de scènes écrites, dialogues à propos d'un ami disparu, jouées par les personnes interviewées, et des images d'Australie, décor supposé de l'absence, où j'ai séjourné pour écrire le film. Ce « film de théâtre », en vidéo, d’une durée de 58 minutes, a été projeté en salle, en novembre 2008, au Théâtre de la Minoterie, avec une performance à peine perceptible de ma part pendant la durée de la projection.

 

L'Art de ne rien faire, est donc le troisième et dernier volet du triptyque et prends pour thème le titre général du projet, l'autoportrait. La Minoterie - Théâtre de la Joliette, à Marseille a accueilli tous mes spectacles et me soutient dans ma démarche depuis toujours. Très vite, quand j'ai appris que le théâtre était vendu pour ériger à la place des habitations, et que l'équipe du théâtre se battait pour continuer à exister, j'ai su qu'il fallait que je greffe mon histoire sur la leur, que je puise l'énergie de mon travail dans celle qu'ils ont mis pour continuer à exister.

 

Aujourd'hui, un nouveau théâtre existe à 300 mètres de l'ancien, et pour l'inauguration duquel, plusieurs projections de L'Art de ne rien faire sont programmées, aux alentours du 20 septembre 2013, dans à peine plus de deux mois.

 

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Le temps qu'il reste est court mais juste suffisant pour aboutir le montage de L'Art de ne rien faire.

 

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Quand j'ai proposé le projet à Pierrette Monticelli, directrice du Théâtre de la Minoterie, avec Haïm Ménahem, elle a immédiatement été d'accord pour rentrer dans l'aventure, et après en avoir parlé avec Haïm et l'équipe du théâtre, le projet a été adopté, et j'ai commencé à filmer, à interviewer, à enregistrer l'histoire de la fin de ce théâtre et de l'éventualité de la construction d'un autre, le suspens a duré un moment.

 

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Financièrement : 

2010 : le Théâtre de la Minoterie m'accorde une aide à l'écriture de 5 000 €.

2011 : j'obtiens une bourse de recherche du secteur cinéma de la Région Paca, de 10 000 €.

2012 : nouvelle aide du Théâtre de la Minoterie pour la partie théâtre filmé, de 12 000 €.

 

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Quand j'ai commencé à chercher une production classique pour le montage et la post-production, j'ai vite compris que L'Art de ne rien faire ne rentrait dans aucune case et que les producteurs, malgré l'intérêt qu'ils portaient au travail, n'étaient pas en mesure de répondre à ma demande, ou n'étaient pas motivés par l'idée de prendre en production un film en fin de parcours de réalisation.

Et c'est après bien des tourments qu'une amie m'a parlé du système participatif et de ce site. C'est en effet la solution adéquate dans l’état actuel des choses pour a-bou-tir L'Art de ne rien faire.

 

En parallèle à l'histoire du théâtre et de ses occupants, il y a la partie intime du film, l'histoire du metteur en scène et de son empêchement. Lieu de l’intime : l’appartement du metteur en scène, au huitième étage d'un immeuble qui domine tout Marseille et dont les baies vitrées donnent à voir le spectacle permanent de l'ouverture de la baie de Marseille, du plus loin que l'on puisse voir à gauche, jusqu'au plus loin que l'on puisse voir à droite. Et la mer, et les îles, et les mouettes, et les nuages, et le jour, et la nuit, et la pluie, et le vent, et la neige, et le soleil et le paysage toujours différent d'un quotidien planté dans le ciel, à tenter de résoudre le moment présent, et son application artistique et filmique, inscrite dans le temps.

 

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Parce qu'il est aussi question de temps, comment rendre le temps ?

 

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J'ai commencé à prendre des photos de la vue pour les monter par séries de deux, trois ou quatre et créer de courtes séquences atmosphériques à insérer dans le montage, pour toujours ramener à l'intime, agrémentées d'une musique très brève ou d'une phrase écrite sur l'image ou parlée en off.

 

Sur le qui-vive, j'étais et je suis toujours dans cette attention affective face à un paysage qui évolue lui aussi, et dans l’observation duquel on peut suivre le mouvement du temps, autant par l'installation de la Grande Roue au bord de l'eau à la belle saison, que par l'évolution de la prise de pouvoir du nouveau toit du stade Vélodrome, sur l'ensemble du panorama.

 

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La vitre à travers laquelle je filme ou je prends en photo le paysage, forme, avec les années et la poussière qui s'accumule, si on ne la nettoie pas, un filtre qui transforme petit à petit le paysage, altère l'image et peut la transformer en magnifique eau forte ou aquarelle. La poussière adoucit l'architecture des bâtiments en rendant leur tracé comme un trait de pinceau. Les arbres prennent un air impressionniste, revisitant l'idée d'une ville poudrée, bordée par la mer, sillonnée de gros et petits bateaux, filmés traversant lentement l'argent qui filtre des nuages, et vient tracer la voie à suivre pour de belle images mélancoliques, propices à l'écoute d'une voix off, ces quelques mots qui dessinent eux aussi un autre paysage, des pensées projetées de l'intime sur le vaste paysage.

 

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Et puis des scènes où il faut bien se moquer un peu de soi, faisant la gymnastique nécessaire à l'entretient physique d'une expression artistique. Ça souffle, ça circule, on se demande ce qui se passe dans la pièce d'à côté, puis ça repasse montant haut les jambes ou boxant dans le vide. J'ai tourné la même gymnastique mais décalée, en la reproduisant dans un studio de danse qui fait je ne sais combien de fois l'appartement, histoire de montrer qu'on sort du quotidien, qu'on aborde le plateau, même si l’espace relativise le quotidien. Et de plateau en plateau, on retourne au théâtre. Où en est son histoire ? Quelles seront les festivités qui se préparent pour fêter sa fin et célébrer sa future re-naissance.

 

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Retrouvons le public, en quittant l’intime.

 

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Il y a aussi la partie théâtre du film. Intermède d'une dizaine de minutes, pendant lequel des comédiens qui reprennent le texte d'une interview des dirigeants du théâtre, se rebellent contre le metteur en scène, joué aussi par un comédien, en lui reprochant de n’avoir rien d'autre à dire que raconter l'histoire du théâtre en reprenant les paroles des interviews. Ça bouge, ça parle, ça essaie de toucher au sensible de ce que peut être un chemin créatif. Pas de pédagogie mais plus une confiance dans le sensible, un espoir qu'il n'est pas nécessaire de tout clarifier pour que les choses soient belles.

 

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Dans l'histoire du théâtre, il y a aussi la vie du théâtre, filmer une trace du lieu pour le souvenir, une trace des gens qui y passent, une trace des spectacles, des dirigeants qui sont des artistes et qui jouent, qui se montrent sur scène autrement que pour dire qu'il faut les aider à sauver le théâtre, qui font du théâtre par leur bouche et leurs gestes, qui fabriquent cette vie pour eux et pour les autres. Des images de spectacle, des gens heureux, et des gens qui se battent pour pouvoir l'être encore et donner au spectateur l'occasion de l'être simplement aussi.

 

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J'avais plusieurs fois voulu couper mes cheveux au début du projet, mais chaque fois un imprévu retardait la coupe, et finalement j'ai laissé pousser. Ce serait un autre marqueur temps, la pousse de mes cheveux, le lien avec le temps d’avant. Et puis, n'est-il pas question d'autoportrait ?

 

Alors je me suis filmé régulièrement, présentant le projet à l'équipe du théâtre, ou à la conférence de presse de présentation de saison du Théâtre de la Minoterie, lisant brièvement un résumé fiction d'un metteur en scène qui présente le résumé fiction du projet en cours. Ou simplement, faisant battre le tempo du temps au métronome de mes cheveux mouillés.

 

Dès que je suis à l'image on voit le temps passé, comme avec la poussière qui obstrue de plus en plus la vitre, comme avec l'apparition des formes du nouveau théâtre, comme avec tous les autres événements qui marquent l'avancement du temps, l'édification ou la disparition.

 

Opuscule

 

Il y a la chronologie de l'histoire du théâtre et de ses habitants, et il y a la chronologie de la voix off, un non commentaire qui raconte des moments, des sentiments, des considérations, qui viendra poser un autre temps sans logique et distendu pour traduire un rapport simple au monde, à la fois contemplatif et entièrement occupé à la captation d'un état nécessaire à l'élaboration de l'œuvre pressentie.

 

Chemin faisant, les trois saisons de la crise, avant, pendant et après, s’accrocheront sur la partition d’une histoire simple, que j’espère belle par la nature des éléments, drôle et touchante par le regard qu’on peut porter sur soi, et incitative par l’exemple du combat pour ses convictions, dans l’idée d’une société en contact direct avec l’humain.

 

Why fund it?

 

La collecte est vitale pour l'existence du film, elle servira :

 

 

- À salarier le ou la monteur(se) et le réalisateur pendant les deux mois prévus pour le montage du film.

 

- À effectuer le mixage son du film.

 

- Au tirage des DVD du film.

 

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Charliek

Charlie KASSAB Né, le 22.09.55 Metteur en scène – Auteur – Réalisateur 1979 : Diplôme des Beaux-Arts de Marseille, Luminy 1990 : Création de la Cie THEATRE A GRANDE VITESSE MARSEILLE Écriture et Réalisation Cinéma : 1981 : BABEL, écriture et réalisation, documentaire de 80 mn, en 16 mm couleur. 1982 : La mer à boire,... See more

Newest comments

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décidément je hais ces machines qui envoient des messages non terminés donc la suite...en repensant au plaisir qu'il y a eu à travailler ensemble à la minoterie
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Un peu d'eau au moulin et plein d'encouragement pour la route à venir en repensant Sylviane
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Un peu d'eau au moulin et plein d'encouragement pour la route à venir en repensant Sylviane