Peut-on parler de démocratie si l'art est opprimé? Ce documentaire porte sur la répression subie par les jeunes artistes engagés en Tunisie.

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Présentation détaillée du projet

 

 

"L'art rue" : trajectoire d'artistes tunisiens engagés  

 

"L'art rue" est un documentaire qui vise à suivre le quotidien de plusieurs artistes informels en Tunisie. Il a pour but de mettre en lumière les mouvements artistiques tunisiens qui s'élèvent contre tout ce qui est rétrograde et tout ce qui est conformiste. Ce film parlera de jeunes tunisiens qui choisissent de faire de la rue une école d'apprentissage artistique, et des trottoirs une scène de diffusion. 

 

Pour ces jeunes artistes, l'art ne représente pas uniquement un moyen d'exprimer leurs soucis quotidiens et leurs aspirations. La rue est également un espace d'expression où l'art est une arme de lutte contre les systèmes qui vont à l'encontre des intérêts du peuple. 

 

Comment peut-on considérer un pays comme démocratique tant que ses artistes sont mis en prison et tant que la musique ne peut être jouée dans ses rues? Cette question sera un des fils conducteurs de notre investigation auprès des jeunes artistes en Tunisie. 

 

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Note d'intention 

 

Depuis les mouvements sociaux de 2011 qui ont renversé le régime de Ben Ali, de nombreux mouvements underground ont émergés dans le pays notamment à Tunis, reprenant des expressions artistiques comme le rap ou encore les graffitis. De plus en plus de groupes de jeunes ou d'artistes indépendants apparaissent dans les rues de la capitale et s'emparent de ces outils pour exprimer leurs revendications, leurs désirs de société mais aussi leur rage contre la situation actuelle.

 

A côté du théâtre municipal ou dans les couloirs de la gare centrale, des jeunes se mettent à investir ces espaces en dansant, chantant ou proposant des spectacles de rue qui font sourire et parfois réfléchir les passants.

 

Mais qui sont ces jeunes? Toujours mis en avant dans les discours politiques ou médiatiques comme étant la source de vie du pays et la flamme de la révolution, ces fameux jeunes se trouvent en réalité écarté de la scène publique. Marginalisés sous l'ancien régime, ils refusent de rester sans voix et se tournent vers des formes d'expressions spontanées. L'occupation de l'espace public devient alors un lieu de frottements et de négociations quotidiens entre les jeunes et les autorités en place. L'espace urbain se transforme de manière éphémère en une scène publique, porteuse de messages.

 

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Vers une révolution culturelle

 

L'ancien régime a toujours cherché à avoir une emprise sur la culture et l'art dans le but d'assécher tous mouvements politiques opposés. Les artistes diffusés à la télévision étaient soit des alliés du système ou soit neutres et apolitiques. Ceux qui revendiquaient la liberté d'expression étaient écartés de la scène culturelle et artistique.

 

Les mouvements de 2011 ont favorisé l'émergence de pratiques artistiques impulsés par les jeunes. Au delà d'une révolution sociale et politique, ces jeunes artistes revendiquent une révolution culturelle. N'ayant pas accès aux espaces de diffusion artistiques formels, certains jeunes se sont appropriés leurs propres espaces comme lieu d'apprentissage et de diffusion. Le rap, le théâtre de rue, ou encore les graffitis ont pris place dans le champ des mouvements sociaux, en réponse aux formes artistiques formelles et aux discours politiques institutionnels. 

 

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L'art de rue au quotidien

 

La précarité et le chômage sont un des fléaux pour les jeunes en Tunisie. Dans le film L'art Rue, nous nous interrogerons sur la situation des jeunes au quotidien et ce qui les ont amenés à se tourner vers l'art informel. En suivant les trajectoires de quelques artistes, nous mettrons en lumière les modes d'organisations et les formes de solidarités existantes qui leurs permettent d'assurer les besoins quotidiens.

 

Nous prendrons l'exemple du rappeur Klay BBJ qui a commencé à écrire ses chansons dans la maison familiale, au cœur de son quartier populaire. Ses textes parlent d'injustice et d'inégalités sociales. Ils font ressortir une certaine rage contre les rouages du système et trouvent une forte résonnance auprès de nombreux jeunes tunisiens.

 

Nous allons également suivre le quotidien de deux jeunes musiciens, Marwen et Ghassan, qui utilisent la rue comme lieu de travail et revendiquent ce droit. Leur collecte journalière leurs permettent de payer les frais de transport public et les repas de la journée. Ce travail, encore mal perçu par un grand nombre de la population tunisienne, est considéré comme charité et n'est pas reconnu pour sa valeur artistique. Selon Ghassan, la rue est une première scène pour sa carrière et lui permet d'avoir une certaine visibilité auprès des média.

 

Autant dans la musique que dans la danse ou encore les peintures murales, le vécu quotidien des jeunes est une source d'inspiration qui se retrouve dans leurs créations artistiques.

 

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Démocratie et répression

 

Alors que la Tunisie vient de recevoir le prix Nobel de la paix pour son processus de transition démocratique, la répression faite sur certains des jeunes artistes pose la question de la liberté d'expression et des valeurs de démocratie.

 

Certains artistes comme Klay BBJ écrivent des textes engagés qui dérangent le pouvoir central. Ils se retrouvent arrêtés pour des raisons diverses, tel que la consommation de drogues, sans que la vrai cause de cet emprisonnement soit mis en avant. Ce processus vise à intimider les artistes engagés qui remettent en question le vrai visage de la démocratie en Tunisie.

 

"Un jour, nous étions en train de jouer la musique dans la rue, et la police est venue nous chasser. Ils nous ont demandé de ne plus jouer, alors que les vendeurs ambulants étaient contents de notre présence et souhaitaient que l'on reste", raconte Marwen, étonné par cette réaction. Il rajoute:" Nous souhaitons simplement apporter de la joie dans la rue."

 

Un des enjeux du film est de saisir la manière dont l'espace public reste contrôlé par les pouvoirs en place et comment les jeunes artistes revendiquent l'appropriation de ces espaces comme lieu d'échanges culturels et artistiques. Comme le mentionne Ghassan, "l'appropriation de la rue est notre but ultime. La rue appartient aux citoyens, ni à la police ni au gouvernement."

 

 

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Le réalisateur 

 

 

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Né le 10 février 1984 à Zarzis, dans le sud de la Tunisie, je me suis impliqué très jeune dans différentes luttes sociales. En 2004, j'ai entrepris des études en architecture puis j'ai orienté mon parcours artistique vers la musique et le cinéma. Depuis 2004, je suis également membre de la Fédération Tunisienne des Cinéastes Amateurs (FTCA). C'est à partir de 2011 que la caméra a commencé à faire partie intégrante de ma vie. Mon quotidien est devenu ma source d'inspiration et je voulais le retranscrire en images.

 

Mon premier court-métrage documentaire "Liberté 302" a suivi un groupe de jeunes tunisiens en partance pour l'Italie. Je voulais mettre en image la réalité quotidienne de Zarzis et le départ des jeunes dans des embarcations de fortune en direction du continent rêvé.

 

"Boza" est mon premier long-métrage documentaire. Il parle du vécu des migrants sub-sahariens et de leur combat contre les frontières. Ce film a largement été diffusé et a reçu le prix de la meilleure production internationale à "Terra di Tutti film festival" en 2015.

 

Bande annonce de Boza

 

 

 

La boite de production

 

Tunistudio Film Production est une jeune société Tunisienne de production cinématographique et de prestation de service Audiovisuel. Elle était créée en 2014 par Mohamed Salah Argui, Diplômé de l'institut supérieur des arts multimédia (ISAMM).

 

Tunistudio Film Production s'inscrit dans plusieurs axes thématiques à visée sociétale et humaine. Elle soutient et produit des films ayant leur propre identité, style d'écriture et réalisation. Elle défend avant tout des films d'auteur, d'investigation ou encore engagés.

 

Tunistudio a produit et soutenu le film Boza. La boite sera également partie intégrante de l'équipe pour le soutien à la production et la diffusion du prochain documentaire "L'art Rue".

 

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À quoi servira la collecte ?

Le film est dans sa phase de repérage. Le scénario a déjà été développé. Le tournage va débuter fin janvier 2016 pour une durée de 30 jours. Le budget ci-dessous permettra de poursuivre les étapes pour la réalisation de ce film.

 

Ce mode de collecte rentre également dans la logique d'une démarche artistique non institutionnalisé et s'inscrit dans le cœur même de la thématique du film. Cette collecte permettra d'assurer l'indépendance et la liberté d'expression lors de la réalisation et d'éviter de passer par des subventions gouvernementales qui peuvent réduire la marge de manœuvre dans la création du film. 

 

 

Estimation du budget

 

Tournage  30 jours

Location d'une camera 5D : 50 euros par jour ----- 1500euros

Location du matériel son (enregistreur + micro perche + 1 micro cravate) : 60 euros par jour -------- 1800 euros

 

Postproduction  30 jours

Montage : 1000 euros

Mixage et étalonnage : 800 euros

Sous-titrage anglais : 200 euros

Copies (Blu-ray + DVD) : 500 euros 

 

Total : 5800 euros

 

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Walid Fellah

Né le 10 février 1984 à Zarzis, dans le sud de la Tunisie, je me suis impliqué très jeune dans différentes luttes sociales. En 2004, j'ai entrepris des études en architecture puis j'ai orienté mon parcours artistique vers la musique et le cinéma. Je fais également parti depuis 2004 de la Fédération Tunisienne des Cinéastes Amateurs (FTCA). C'est à... Voir la suite

Derniers commentaires

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adelante!
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Good luck ! Hope you can make it happen.
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L'art c'est une forme d'expression donc on peut pas l'opprimer et parler de Démocratie