« L’existence arrachée » est un long métrage qui sera réalisé en juin 2013 au Burkina Faso par Géry Barbot

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Présentation détaillée du projet

 

Synopsis

 

Eva, une fille métisse de 12 ans, vit dans une belle maison. Rien ne semble lui manquer et pourtant, elle vit dans la solitude et l'absence de ses parents qui se reposent sur le personnel de maison pour l'éduquer. L'errance imposée va la mettre en danger.

 

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Le personnage d'Eva est inspiré d'une histoire vraie: celle d'une petite fille d'Afrique, métisse, attendant chaque jour le retour de ses parents. Des parents absents, en voyage. Des parents qui ne rentrent jamais et que pourtant, la petite fille continue d'attendre et d'aimer. Cette petite fille ballottée entre innocence, culpabilité, déni, espoir, résignation.

La solitude d'Eva nous interroge sur la problématique du père, du parent, pris entre ses sentiments sincères pour son enfant et les exigences de la société qui l'en éloignent. Le parent se bat pour la survie de son enfant mais disparaît, à n’en devenir que son simple géniteur. Chercher des moyens de subsistance loin de sa famille, est-ce une fuite en avant? L’amour se perd-t-il derrière les moyens matériels ? Le parent est-il démissionnaire ou tout simplement irresponsable ?

A 12 ans, Eva est totalement livrée à elle-même, exposée à tous les dangers, à tous les prédateurs. Est-ce l’absence des parents et leur inconscience qui font de la petite fille une proie facile ? Ou bien est-ce plus complexe ? Qui est responsable de la souffrance de la fillette ?

Face au drame qu’elle subit, l’existence continue pour Eva. Elle va devoir recoller les morceaux d’un passé qu’elle ne connait pas et d’un présent qui lui échappe.

 

 

 

 

 

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C’est la complexité des thèmes et la pluralité des lectures qui donnent toute l’importance au film.

Au-delà de la figure du monstre, plusieurs faits de société sont abordés: comment les enfants peuvent-ils comprendre les efforts de leurs parents à l’heure où tout est conçu comme un droit ? Les parents ne se réfugient-ils pas derrière l’accumulation de biens matériels pour masquer leur incapacité à être présents au quotidien ? Comment une enfant peut-elle se reconstruire après avoir été abusée ?

Pour Fargass Assandé, co-scénariste du film, le film sera « l’interprète du cri silencieux de femmes qui souffrent dans leur chair pour avoir été détruites et soumises ».

 

 

 

 

 

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La complexité des problématiques abordées sera traduite en image par une narration en rupture avec la linéarité, pour mieux traduire les émotions intérieures, le rêve, et parfois même la folie. 

Pour cela, Géry Barbot effectuera un travail sur la forme très important, tant par la composition des plans, que par les mouvements de caméra et la bande sonore soigneusement choisie. Avec une grande importance donnée à la photographie, chaque séquence sera porteuse d’une atmosphère particulière, d’une ambiance spécifique. Les images seront fortement évocatrices : oniriques, délirantes, poétiques, violentes ou contemplatives. L’histoire pourra prendre place à la force des différents tableaux, avec peu de dialogues, mais poignants et précis.

 

 

 

 

 

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Titre provisoire: l'Existence Arrachée

Durée du film: 1H25

Nombre de jours de tournage: 20

Période de tournage: semaine du 8 au 27 juin 2013

Support de tournage: Vidéo HD- couleur / sonore

Format: 1920x1080 / 24P

Lieu de tournage: Ouagadougou et alentours- Burkina Faso

Réalisation: Géry Barbot

Scénario: Géry Barbot, Fargass Assandé

1er assistant: Fargass Assandé

Image: Azziz Diallo, Stéphane Savadogo

Chef éléctro: Assane Maïga

 

 

 

 

 

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Géry Barbot a 37 ans. Ancien étudiant de l’Ecole Régionale des Beaux Arts de Dunkerque, passionné de cinéma, il a dirigé pendant cinq ans (entre 2003 et 2008) des salles de cinéma Art et Essai à Tergnier (Aisne) et à Neufchâteau (Vosges). Il vit depuis 2010 à Ouagadougou au Burkina Faso où il est impliqué dans la vie culturelle et éducative locale.

Il se lance dans ce premier long métrage avec l’énergie que son entourage lui connaît.

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Fargass Assandé est né en 1962. Il fait partie de ces jeunes "loups" de l'art dramatique ivoirien. "Ma passion pour le théâtre, je la tiens des doyens Bitty Moro et autres Bienvenu Neuba que j'ai vus jouer un soir au théâtre de la Cité à Cocody. Subjugué par leur prestation, j'ai décidé de faire comme eux", indique-t-il. Et il n'avait que dix ans. Depuis, il n'a jamais quitté ce milieu. Auteur de nombreuses créations et mises en scène, il est également apparu sur les plateaux des films d’Henri Duparc dans les années 80-90.

 

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Stéphane Savadogo, Aziz Diallo et Géry Barbot

sur le tournage de Hakilitan de Issiaka Konate(Janvier 2013)

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Stéphane Savadogo et Aziz Diallo

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Assane Maïga, chef électro

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Emmanuelle Leroy Cerqueira, production: attachée de communication

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Interview

 

 

A 37 ans, Géry Barbot se lance dans la réalisation de son premier film. Géry Barbot est avant tout un cinéphile, passionné et doté d’une très riche culture cinématographique. Après avoir dirigé deux salles d’Art et Essai en France métropolitaine, il s’est installé avec sa famille au Burkina Faso. La vie quotidienne d’une petite fille lui a inspiré une histoire, et  il a décidé de passer derrière la caméra. Il réalisera en juin 2013 « L’Existence Arrachée » dans les environs de Ouagadougou au Burkina Faso. Géry Barbot a écrit le scénario, mais il assure aussi la réalisation et la production de son film. Totalement autodidacte en matière de réalisation, il nous confie en exclusivité les secrets de ce pari très osé.  

 

Géry, d’où te vient cette passion du cinéma ?

Quand j’étais petit, je n’allais pas au cinéma. C’est avec ma mamie que j’ai découvert E.T. Puis pendant les vacances, j’ai profité d’une séance itinérante pour voir Paris Texas de Wenders à 9 ans, en 1985. A l’époque je n’avais rien compris au film mais je me souviens avoir été très marqué par les images. J’ai été très impressionné, mais je n’avais pas aimé, je trouvais ça trop long. Mais le film m’a marqué. Ensuite j’ai commencé à voir des films en salle avec mon cousin.  

 

Très tôt tu as été marqué par les images, comment cela s’est traduit ensuite dans ton parcours ?

J’ai un parcours de photographe depuis l’âge de 17 ans, en argentique bien sûr. J’ai beaucoup travaillé en noir et blanc, et en couleur. C’est même en faisant mes développements que j’ai appris l’importance d’un bon cadrage, j’ai appris à corriger mes erreurs. J’ai déjà gagné un prix pour mes portraits. C’est sur mon dossier photo que je suis entré à l’Ecole des Beaux Arts de Dunkerque. A l’époque j’utilisais peu la vidéo, seulement pour des installations et des performances.  

 

Quelle est ta conception du cinéma ?

Je ne soutiens pas l’idée qu’un film est un objet de consommation, je pense que c’est un objet qui ne doit pas être consommé et jeté. Fargass Assandé, qui m’assiste dans la réalisation du film, est sur la même longueur d’ondes.  Il faut ouvrir des portes, on doit continuer à s’interroger, prêter à discussion. Ça me gêne quand on dit ce que le spectateur doit penser, moi j’aime qu’on ouvre des portes. Avec un film comme ça, on a des réponses mais aussi des interrogations. C’est ce qui fait la fragilité du film. Aujourd’hui, on voit émerger des séries américaines  très bien faites mais aseptisées. Il y 5 à 7  scénaristes pour écrire un scénario. C’est  très efficace mais ça manque d’imperfection. Or, c’est intéressant de flirter avec la perfection et l’imperfection, d’avoir des choses qui se contredisent et s’opposent. C’est là qu’on peut mettre une forme de poésie et de discours qui pourraient m’interpeller.

 

Et comment t’est venue la passion du cinéma africain ?

A 20 ans, j’ai fait mon premier voyage au Burkina Faso. Ce pays accueille le Festival des cinémas d’Afrique, le FESPACO. J’ai décidé ensuite d’y retourner régulièrement. Je n’ai manqué aucune édition du festival depuis février 1997. En 2002, alors que j’étais étudiant en Médiation Culturelle, j’ai coordonné le Festival Périplans, la rencontre des cinémas d’Afrique dans le Nord. J’ai assuré toute la coordination pour la région Nord-Pas-de-Calais. On a notamment fait une rétrospective de Safi Faye, la première réalisatrice africaine. C’est grâce à cette expérience  que j’ai été embauché comme responsable de la salle de cinéma du centre culturel de Tergnier dans l’Aisne. C’est par les cinémas d’Afrique que j’ai pu bâtir mon parcours professionnel.

 

Comment t’es venue l’idée de passer de la diffusion à la réalisation ?

J’ai été directeur de salle pendant 5 ans, à Tergnier puis à Neufchâteau dans les Vosges, en gardant toujours un grand intérêt pour le cinéma en marge. Concernant la réalisation, je n’ai pas de parcours énorme ! J’ai mon parcours de cinéphile et de directeur de Salle Art et Essai dont une classée jeune public et cinéma de recherche. C’est ma base, car Je n’ai pas de parcours d’étude de l’image. J’ai appris à décoder les images des films, tout en ayant envie d’images construites de façon différente. Je n’aime pas que les images soient seulement un objet commercial de produit de consommation. Or souvent, les scénarios sont construits pour la consommation du spectateur, façon cinéma d’Hollywood. Ma démarche dans le cinéma est différente : un peu comme la lecture,  j’essaie toujours d’aller vers des mécanismes différents. En tant que directeur j’ai enseigné la lecture de l’image avec des classes de primaire du CP au CM2, avec des classes de collège, de lycée et de BTS. J’ai aussi été le référent culturel pour  plusieurs classes d’option cinéma du bac. Quand je suis rentré au Burkina Faso avec mon épouse et mes enfants, j’avais cet espoir de pouvoir réaliser, créer un film, mais sans avoir de scénario bien précis. L’envie de réaliser était très forte.

 

Le scénario de "L'existence Arrachée met en scène une petite fille métisse livrée à elle-même, dans la grande maison de ses parents. Comment t’est venue cette idée ?

Je suis président de l’association des parents d’élèves du Lycée Français. J’ai été très frappé de voir beaucoup d’enfants (surtout des filles) totalement livrés à eux-mêmes. Les parents sont occupés, leur vie est chargée. Et puis il est facile d’embaucher des domestiques, des gardiens,  des femmes de ménage, des cuisiniers car la main d’œuvre est bon marché. Certains parents en abusent, démissionnent, se reposent sur les domestiques pour élever leurs enfants. J’ai  souvent vu ça et pas uniquement avec les élèves du Lycée Français. On voit toujours des élèves qui ont du mal à vivre l’absence des parents, qui vivent chaque jour dans l’espoir…Et parfois le parcours scolaire dérape par manque de repères, et à cause d’un trop grand isolement. Quand on discute avec elles, on voit que les filles jettent des bouteilles  à la mer, elles nous alertent sur leur solitude.

 

Cette petite fille abandonnée est exposée à tous les dangers, jusqu’au jour où l’irréparable est commis. Pourquoi parler d’un sujet aussi terrible que le viol ?

C’est mon parcours personnel et familial qui m’a amené à parler du viol, de la femme abusée par l’homme. J’ai vécu toute mon adolescence avec ce poids. A travers le regard féminin de quelqu’un avec qui j’ai grandi, j’ai découvert l’image de l’homme, sans trop comprendre. Cette fille était à fleur de peau sur chaque comportement masculin, en révolte contre les codes de la société, contre ce besoin des hommes à montrer leur  supériorité, à prendre les devants avec les filles…J’ai vu que ça provoquait un rejet très fort chez elle. J’ai vécu avec ça. J’en ai développé une façon prudente d’avancer avec les filles pour ne pas les choquer, les bousculer. J’ai toujours agi avec tact et un grand respect mais sans savoir pourquoi  j’agissais comme ça. Ce n’est que plus tard que j’ai su le parcours de cette personne. J’ai compris son traumatisme, j’ai compris chacun de ses comportements. J’ai été sensible au comportement des femmes abusées.

 

Avant de passer à la réalisation de « L’Existence Arrachée » quelle expérience avais-tu des plateaux de tournage ?

C’est au Burkina Faso que j’ai découvert les plateaux de tournage…Ces plateaux ne sont  pas forcément toujours conventionnels mais en me documentant sur les rôles de chacun sur un plateau, je me suis rendu compte que c’était plutôt bien organisé. J’ai été à cette occasion figurant avec mes enfants sur un téléfilm de Fred Garson coproduit par Arte,  Qui sème le vent. J’ai ensuite été figurant dans la série de France Télévision Les Hommes de l’ombre. Puis je suis resté 7 jours sur le plateau de Mémoire en fuite de Issiaka Konate en janvier 2013 qui est un des réalisateurs africains qui dégage le plus de poésie dans ses images. J’étais principalement à l’image et à la production, sans rôle défini. J’ai essayé de saisir au mieux le rôle de chacun sur le plateau. Là j’ai découvert de grandes compétences et également d’autres avec qui je n’avais pas envie de travailler. Certaines personnes retardaient le tournage, d’autres étaient très moteurs.

 

Quels ont été les critères de choix pour monter l’équipe de « L’Existence arrachée » ?

Pour mon film, je vais travailler avec une équipe réduite de 10 à 14 personnes:  un réalisateur, un assistant, 2 personnes à l’image, 2 au son, 3 aux lumières, 1 à la régie et 1 personne au maquillage. La prise de son sera séparée. Je suis contraint par l’économie de moyens, cette équipe réduite permettra probablement de faire moins de choses  sur les costumes et  décors mais en revanche, elle sera plus réactive. On devrait éviter les blocages et les problèmes de coordination. J’ai découvert Fargass Assandé dans ses pièces présentées à l’Institut Français de Ouagadougou. J’ai travaillé un peu sur ses créations théâtrales. Concernant les acteurs, je travaille vraiment avec Fargass, on a plusieurs pistes, mais les personnes n’ont pas encore été consultées car on ne connaît pas encore notre budget définitif, mais tout sera bouclé 15 jours avant le tournage.

 

Géry, peux-tu nous parler de tes références cinématographiques ?

C’est une question difficile ! Il y a bien sûr des réalisateurs que j’aime mais je me sens tellement imprégné par multitude de cultures cinématographiques, y compris géographiques. J’ai par exemple toujours vu et programmé des films rares par exemple du Bouthan, d’Iran, du Danemark, d’Europe de l’Est, d’Amérique du sud, d’Asie et d’Afrique…On découvre le monde par le cinéma, on découvre des cultures par la cinématographie. J’aime aussi beaucoup David Lynch, Kim Ki Duk, Stanley Kubrick, Abderrahmane Sissako, Clint Estwood réalisateur, Truffaut, Jarmusch, Terrence Malick, Lars Von Trier, Gus Van Sant. J’aime également les films sur les rapports sociaux comme Les raisins de la Colère de John Ford, Tokyo Sonata de Kiyoshi Kurosawa, La raison du plus faible de Lucas Belvaux ou La noire de... de Ousmane Sembène. Mais là encore je suis dans un rapport géographique dans mes références au cinéma : les USA, le Japon, la Belgique, le Sénégal, il y a quelque chose d’Universel dans tout ça.

 

Et pour ton premier film, de qui vas-tu t’inspirer ?

Les influences sont nombreuses ! Sur ce film, il y aura probablement des références que j’ignore, que j’ai évincées, mais qui seront  retranscrites à l’image. Je me sens très imprégné de David Lynch, Kim Ki Duk, Stanley Kubrick, ou Clint Eastwood réalisateur, mais c’est très difficile de les nommer car je ne prétends pas arriver à leur hauteur. David Lynch est le plus marquant, et peut-être cela  se fera le plus ressentir dans la narration et la déconstruction mentale. Mais mon film sera moins noir que beaucoup de films de Lynch. Ca sera plus optimiste ! Sur la fin même, il y aura peut-être de  Truffaut et les  400 coups, la fin y ressemble, même si le sujet est complètement différent. Pour Eastwood, ça peut paraître contradictoire par rapport à mes envies d’imperfection, car il est très académique ! D’autres réalisateurs aussi font des choses très abouties. Beaucoup de petits films avec peu de moyens me parlent beaucoup aussi, comme Tarnation. Ce sont des films importants dans mon parcours de cinéphile même s’ils n’ont pas d’influence sur le film. Ils me font évoluer en tant qu’être humain. Bruno Dumont, avec des acteurs non professionnels, montre un monde tel qu’il est, c’est un cinéma vérité. Ça m’interpelle. Je pense que dans la gestion du temps du film ça se ressentira. Il faut prendre le temps de laisser les choses s’installer. Je suis dans un certain rapport au temps au cinéma, dans lequel on peut laisser le temps qui s’installe. Comme chez Wenders, Tarkovski, Heineke, ou Dumont. Heineke me marque par l’absence de musique. La vie est faite sans musique, quand on se promène ou quand on discute. L’absence de musique génère un autre rapport à la réalité. Quand elle est flatteuse, la musique au cinéma pallie le manque de discours par l’image. Moi je fais du discours par l’image et après je mets la musique. Il y a des films qui ne sont rien sans la musique. Je ne veux pas que la musique porte le film, elle peut l’accompagner mais pas le porter. J’ai avant tout envie que l’image parle.   

 

Géry  tu es toi-même père de famille. A ton avis ta paternité influence-t-elle ta conception du film ?

Je ne pense pas. En revanche, j’ai été confronté aux amies de ma fille, j’ai vu leurs parcours. La première version du film que j’ai écrite a été soumise à discussion avec Fargass, on a avancé, on l’a fait évoluer. Le film comprend beaucoup de séquences symboliques importantes, mais on essaie de laisser les portes ouvertes, on n’a pas forcément toujours une seule interprétation. En parlant de ça, je reconnais être sensible à la paternité ; mais ce n’est pas lié à mon parcours de père, plutôt en tant qu’enfant. Dans l’abandon il y a aussi la mort, j’ai perdu mon père étant jeune. Ce rôle dans le film est celui de la mère. On ne sait pas ce qui lui est arrivé. Je pense qu’elle est morte en couches. C’est arrivé à mon institutrice de petite section. C’est le parcours de ma mère qui a perdu 3 enfants, deux morts nés et une fausse couche à terme. Il doit y avoir de ça dans mon parcours. Mais je n’ai pas vécu l’absence d’une mère, au contraire. Ma mère est toujours présente et continue à l’être.  Mais je n’arrive pas à expliquer le film avec mon propre parcours. J’ai mis des choses sans savoir pourquoi je les mettais. C’est bien de laisser sortir des choses comme ça, ça va peut être fonctionner, ou ne pas fonctionner! Dans le film, la petite fille manque d’amour parental car elle n’a pas de mère et son père n’est pas là. Le parcours créatif est quelque chose de difficile car on donne à montrer son travail et son ressenti. Quand je parle du processus de création, je me révolte,  j’ai envie de dire. Quand je suis dans ce processus, au début,  des choses sortent. Je mets le doigt sur ce qui me dérange, puis je suis rattrapé par mon propre parcours.

 

« L’Existence arrachée » va-t-elle nous parler de l’Afrique ou de thèmes universels ?

Avec « L’existence arrachée », on est en Afrique dans une réalité urbaine de milieu privilégié,  au Lycée Français. C’est une métisse. C’est une réalité culturelle locale. L’histoire se passe ici à Ouagadougou, mais elle pourrait se passer ailleurs. Ce qui mène à cette façon de vivre, c’est qu’il existe une main d’œuvre pas chère pour gérer la maison ! En même temps, l’histoire peut se transposer, elle porte en elle une forme d’universalité. On est dans un rapport du masculin au féminin, du dominant au dominé. On parle des abus, ça existe partout.

 

Souhaites-tu provoquer certains sentiments chez le spectateur ?

Non,  je ne veux pas parler à la place des images. Je ne peux pas aller trop loin dans certaines choses, j’aurais peur de déconstruire mon film.    

 

Propos recueillis par Emmanuelle LEROY CERQUEIRA le 27 avril 2013 pour Correspondances Transatlantiques.

 

 

 

 

 

À quoi servira la collecte ?

 

BUDGET MINIMUM:

 

Location matériel image :  10 000 euros

Location matériel lumière : 2 000 euros

Location matériel son : 500 euros

Nourriture tournage (20persx20jours) : 2 000 euros

Equipe Technique défraiement (12à14 personnes) : 9000 euros

Post Production : 4500 euros

Droits Musicaux : 1500 euros

Comédiens et Figurants défraiement : 6000 euros

Décor, costume et location villa : 6000 euros

Escort Gendarmerie pour filmer au nord (désert frontière malienne) :1000 euros

Location 2 à 3 Véhicules : 1500 euros

Kiss Kiss Bank Bank : 720 euros

 

Apport Production : 35720 euros

Apport Kiss Kiss Bank Bank : 9000 euros

 

Un apport Kiss Kiss Bank Bank supérieur à ce que nous désirons permettra de louer du matériel technique supplémentaire (Traveling, Steadycam, grue…), de prendre quelques jours de tournage en plus, et d’alléger un peu les apports de la Production.

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Géry Barbot

Géry Barbot a 37 ans. Ancien étudiant de l’Ecole Régionale des Beaux Arts de Dunkerque, passionné de cinéma, il a dirigé pendant cinq ans des salles de cinéma Art et Essai à Tergnier dans l’Aisne et à Neufchâteau dans les Vosges entre 2003 et 2008. Il vit depuis 2010 à Ouagadougou au Burkina Faso où il est impliqué dans la vie culturelle et éducative... Voir la suite

Derniers commentaires

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Salut Géry, J'ai un peu tardé... J'ai du mal avec ces trucs sur internet... J'avais ça en tête depuis quelques temps... Bon, finalement si j'ai bien compris, le pari est réussi, tu vas pouvoir te mettre au boulot ! Toutes mes félicitations. Amicalement, Nicolas.
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félicitations Géry pour ton projet ! c'est super Marie Duquenne
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Salut Gery, "vieux motard que j'aima" comme disait ma grand-mère contrepéteuse! Si tu voulais des prises de vues aériennes, on peut étudier la chose (AéroClub de Ouagadougou que je préside). Bon courage.