"La Cavale blanche", long métrage alliant documentaire et fiction, évoquera deux amis décédés dramatiquement. Au-delà des témoignages, le film sera comme une enquête poétique sur le destin d’hommes qui, dans un monde en proie aux tentations faustiennes, se sont toujours tenus à leur vérité, précipitant sans doute ainsi leur fin terrestre.

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The project

Synopsis

 

Deux personnages, sortes d’employées de l’au-delà, mènent une enquête documentaire et poétique sur la vie de deux hommes morts il y a quelques années dans leur quarantaine, l’un à Bruxelles, l’autre à Brest. Ces destins en apparence ordinaires, et que rien ne semble d’abord relier, sont ainsi rendus à leur dimension mythique, lorsque se rejoue à l’échelle de chaque individu et dans un monde travaillé par la tentation faustienne, le drame de toute existence : limites, désirs, quête de vérité, renoncement.

 

 

Description détaillée du projet

 

Deux destins à la fois tragiques et ordinaires nous inspirent le projet La Cavale blanche qui alliera éléments documentaires et épisodes fictionnels : ceux d’amis que nous avons perdus ces dernières années, dans des circonstances qu’apparemment rien ne relie – Stéphane à Bruxelles et Henry à Brest. Ils ne se connaissaient pas. Nous, les réalisateurs, sommes l’unique lien entre eux et le film sera leur point de rencontre subjectif.

 

Cette subjectivité, nous l’assumons : le film ne prétend pas dresser un portrait complet des deux protagonistes – comment pourrait-il d’ailleurs le faire ? Il prendra la forme d’une méditation libre sur quelques motifs communs que nous décelons dans leur vies : l’amour ou son absence, le désir, la recherche de racines, le souci d’authenticité et de vérité, la sublimation, le renoncement.

 

 

 

 

Face à un monde en perte de repères et en permanence travaillé par les tentations faustiennes – pouvoir et plaisir y sont les maître mots, et toutes les compromissions semblent permises pour les atteindre –, le film évoquera le destin de deux hommes qui ont préféré au contraire s’en tenir à leur authenticité, méprisant compromissions et convenances, précipitant sans doute ainsi leur fin terrestre.

 

Sur la base du matériel documentaire, ces questions seront traitées par deux personnages fictionnels, Jenny et Isabelle, sortes de médiums ou d’anges, sans les dimensions religieuses du terme : ce sont des « employées de l’au-delà » qui circulent incognito parmi les humains pour mener leur enquête et reconnaître, c’est-à-dire prendre en charge l’âme des défunts. Leur dialogue – allusif, poétique et parfois philosophique – effleurera de manière transversale les thèmes portés par les destinées d’Henry et de Stéphane, sans jamais donner de réponse univoque, rendant ces vies singulières à leur dimension universelle. 

 

Évocation des vies de Stéphane et de Henry

 

Stéphane (1963–2006) était liègeois. Il travaillait à Bruxelles dans une administration où il menait une carrière qu’il jugeait décevante. Peu soucieux de son apparence, c’était un esprit brillant et très généreux. Il aimait philosopher et lisait énormément. Après un bref mariage blanc avec jeune femme émigrée récemment, suivi d’un divorce (il avait subi des violences physiques de la part de sa femme), il avait commencé à fréquenter des jeunes femmes qui se prostituaient, et était tombé amoureux de l’une d’elles. Lorsque cette jeune femme s’était rangée, il s’était consolé de sa perte dans les bras d’une autre, qui vivait à un rythme effréné. Il n’a pu tenir ce mode de vie bien longtemps et est mort à 43 ans d’un accident cardiaque.

 

 

 

 

La vie d’Henry (1958–2008) nous entraîne à Brest. Fils d’un marin breton et d’une Malgache, il avait hérité du charme de sa mère. Homosexuel, il était dans sa jeunesse d’une beauté spectaculaire, qu’il mettait en valeur par une mise souvent extravagante, à la limite du travestissement. Plus âgé, il ne se souciait plus beaucoup de son apparence. D’une déception amoureuse, il avait gardé une certaine amertume ; et de sa jeunesse libérée, le goût des aventures rapides. Diplômé en histoire, il n’avait pu réaliser son rêve d’être enseignant. Son orientation de gauche ne l’empêchait pas de pratiquer une mystique personnelle assez baroque. Employé dans une entreprise publique récemment privatisée, les conditions de travail s’étaient détériorées. Il tentait d'y échapper notamment en multipliant les voyages. Il s’était mis à abuser de l’alcool et des médicaments, et est mort de ces addictions.

 

 

 

 

Ces vies ne seront jamais présentées de manière aussi directe dans le film. Le spectateur en découvrira peu à peu des fragments, livrés sans commentaires : interviews de proches ou de personnes pouvant éclairer certains aspects de leur vie, évocations de lieux, etc. Il devra reconstituer le puzzle lui-même.

 

Au-delà de leurs différences, ces destins nous touchent pour plusieurs raisons :

- Parce qu’il s’agit d’amis proches, que nous connaissions de longue date.

- Parce que nous aurions pu, nous aussi, vivre de telles existences, si le hasard en avait décidé ainsi.

- Parce que – au-delà de leurs singularités – ces destinées nous semblent emblématiques des désarrois de notre temps et de notre monde. Nous y lisons une même dynamique existentielle :

   • un désir de vie et d’épanouissement nourri par l’éducation humaniste   typique de la démocratie sociale de l’après-guerre, qui se heurte aux dures limites imposées par l’âge et par un environnement de plus en plus désenchanté et hostile.

    • un refus de se compromettre ou de sacrifier sa vérité en adoptant des comportements de compromis ou compromissions (professionnels, affectifs, etc.), certes « profitables » en termes de pouvoir ou de plaisir dans la recherche d’un épanouissement personnel, mais en porte à faux par rapport à une intégrité profonde.

 

 

 

 

Dans les deux cas, la réaction a été une fuite en avant et un processus accéléré d’autodestruction, que l’on peut lire comme la seule issue possible dans cette situation de double contrainte. C’est, en quelque sorte, à des « suicides par respect d’intégrité » qu’on aurait ici à faire.

 

Dans ce mouvement, nous relevons une signature faustienne. La figure de Faust a traversé des siècles d’histoire culturelle de l’Occident et chaque époque en a proposé de nouvelles lectures, par exemple, au cinéma, le "Faust" de Murnau ou bien "La beauté du Diable" de René Clair. Au centre, il y a toujours un homme seul, Faust, porteur d’une demande qu’il adresse à la vie et qui, ne trouvant pas de réponse satisfaisante, revient de manière de plus en plus lancinante. Cette insatisfaction l’enferme dans une forme de mélancolie que vient solliciter, sous des aspects chaque fois différents, une tentation. Qu’elle soit de l’ordre du plaisir ou du pouvoir, la satisfaction qu’elle procure n’est jamais sans mélange, ni éternelle, et elle précipite l’homme dans le compromis, voire la compromission, le pacte, au détriment de sa vérité propre.

 

 

 

 

La Cavale blanche décrira le destin de deux hommes qui – par choix, par nécessité intérieure ou du fait des circonstances – ont préféré s’en tenir à leur vérité, et ne pas sacrifier leur intégrité au profit de quelque avantage que ce soit, précipitant sans doute ainsi leur fin terrestre.

 

 

Le film

 

 

                              rue de Siam, Brest

 

Le film sera tourné en Belgique (Bruxelles et Liège) et en Bretagne (Brest et sa région), là où Stéphane et Henry ont respectivement vécu. Il fusionnera sans explication documents filmés et épisodes fictionnels. Les documents filmés réuniront plus particulièrement :

- des entretiens avec des proches (familles, amis, collègues), des relations plus occasionnelles, ou des témoins susceptibles d’apporter un éclairage particulier sur certains aspects des vies (en voix in et/ou off) ;

 

 

 

 

 

 

- des archives (photos, lettres) ;

- des portraits des lieux (espaces de vie, milieux professionnels, lieux de sortie et d’activités, à Brest, Bruxelles et Liège) ;

- des évocations de l’univers mental (origines, intérêts intellectuels, artistiques, spirituels, fantasmatiques) des deux hommes.

 

 

                              boulevard de Berlaimont, Bruxelles

 

 

Une grande partie de ces éléments documentaires (visuels et sonores) a déjà été filmée.

 

 

 

 

Les épisodes fictionnels seront centrés autour des deux personnages Jenny et Isabelle. Elles ont pour tâche ultime de reconnaître parmi la foule anonyme des âmes celles dont elles ont la charge spéciale : ici, respectivement Stéphane et Henry. Ces deux « employées » ne sont pas dans le temps même des vies qu’elles évoquent, dans leurs urgences, leurs joies ou leurs douleurs : elles sont au-delà, à une certaine distance. Elles les considèrent alors qu’elles sont achevées, depuis un temps qui est celui du souvenir, de l’identification, de la réflexion. Au-delà de l’affect brut, c’est cette distance, emprunte de sérénité et de douceur, exempte de passions immédiates, qui donne le ton au dialogue qu’elles mènent tout au long du film. Elles apparaîtront dans douze séquences intégrées à la matière documentaire et qui suivront les différentes étapes de leur mission.

 

Le dialogue de Jenny et Isabelle n’apporte pas de faits nouveaux relatifs aux vies de Stéphane et d’Henry, ceux-ci seront réservés à la matière documentaire. Il ne la commente pas non plus directement. Il s’agit d’un niveau allusif, dans un espace-temps poétique, mythique et philosophique propre, apparemment indépendant de la matière documentaire, mais en fait profondément lié à elle. Le dialogue viendra en effet ponctuer régulièrement le flux des documents, y jouant le rôle de moment de réflexion ou de mise en perspective.

 

On peut voir la matière documentaire qui s’accumule progressivement dans le film comme la mémoire de Jenny et Isabelle qui, en un mouvement parallèle à celle des spectateurs, se remplit peu à peu des vies des deux hommes. Lorsque les deux employées parlent, ce matériel est toujours là, derrière leur tête ; il ne leur est pas nécessaire de l’expliciter.

 

Isabelle, chargée dans le film du destin d’Henry, sera  jouée par l’actrice belge Isabelle Bats. Jenny, chargée du destin de Stéphane, sera jouée par l’acteur belge Philippe Grand’Henry, travesti en femme. Leur dialogue est actuellement en cours de finalisation.

 

 

 

 

Le titre La Cavale blanche fait référence à un quartier périphérique de Brest où notre ami Henry a longtemps travaillé. Il avait dû le quitter peu de temps avant sa mort.

 

 

 

CV des deux acteurs

 

 

 

 

Isabelle Bats (rôle d’Isabelle)

 

Isabelle Bats est née à Charleroi en 1969. Actrice, performeuse, auteur et metteur en scène, elle se produit dans les principales salles bruxelloises, à Charleroi Danses, au Festival Voix de Femmes (Liège), au CNES (Paris), aux festivals RIAD (Dunkerque), Rayon Frais (Tours), L’entorse (Lille), Fringe (Edimbourg). De Renaud De Putter, et sous sa direction, elle crée Marie T., Orlane, puis Orlane-Cabaret au Poème 2 (Bruxelles), puis enregistre une voix off pour le long-métrage Circe’s Place. Elle coécrit avec lui le cycle de chansons Les dix villes où on s’est vu. Elle a en outre écrit et réalisé plusieurs courts-métrages, et cofondé le groupe Avril.

 

Philippe Grand’Henry (rôle de Jenny)

 

Né à Gembloux en 1966, Philippe Grand’Henry est diplômé de l’Ecole Horticole de cette même ville. Il suit ensuite, durant cinq années, des cours d’art dramatique au conservatoire de Liège. Diplômé en 1992, il joue alors dans des pièces de théâtre mises en scène par Philippe Sireuil, Lorent Wanson, Nathalie Mauger, Elizabeth Ancion, Charlie Degotte, ou encore Isabelle Pousseur. Philippe Grand’Henry écrit sa première pièce en 2001: Tout ça du vent, mis en scène par Françoise Bloch.

En plus du théâtre, il prête également son talent au cinéma, dans des films tels que Mauvaise lune (2011), Bullhead (2011), Le plein d’aventure (2009), La balançoire (2009), Le lièvre de Vatanen (2006), Vendredi ou un autre jour (2005), Bunker paradise (2005), Ultranova (2005), Calvaire (2004), Muno (2001), L’Autre (2002), Les convoyeurs attendent (1999).

 

 

Nous, les réalisateurs: Guy Bordin et Renaud De Putter

 

 

                                 Renaud      

 

 

                        

                                 Guy

 

La Cavale blanche sera notre quatrière réalisation commune, après J'ai rêvé (2006), Daphne (2009) et Circe's Place (2011).

 

 

 

Why fund it?

Le film, long métrage d’environ 90 minutes, fusionnera plans documentaires et épisodes fictionnels. Une bonne partie des éléments documentaires a déjà été tournée, sur fonds propres, en Bretagne et en Belgique. Les fonds collectés par votre aide via kkbb permettront de financer le tournage des principaux épisodes fictionnels, avec deux acteurs, un chef opérateur, un ingénieur son.

 

L’équipe est déjà constituée. Le tournage durera une dizaine de jours au cours des mois prochains.

 

Total demandé : 4000€

 

Ce montant sera réparti de la façon suivante :

Acteurs : 1000€

Chef opérateur : 500€

Ingénieur son : 500€

Costumes / Maquillage / Coiffure : 1 000€

Régie (catering, transport) + divers : 1000 €

 

Le matériel est soit en notre possession (caméra HD pour les parties documentaires, enregistreur son), soit sera mis à notre disposition à titre gracieux, par l’intermédiaire de notre producteur Hélicotronc (Bruxelles), pour le tournage des séquences fictionnelles (caméra, pieds, éclairage, prise de son).

Si la somme collectée est dépassée, une partie pourra être allouée à la postproduction pour laquelle les studios de montage image et son sont déjà acquis.

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Kolinette Filmindustri

Nous sommes deux coréalisateurs: Renaud De Putter et Guy Bordin.------------ RENAUD DE PUTTER est né à Bruxelles en 1967. Menant d’abord une carrière de compositeur, mais très vite intéressé par les dimensions narratives et par l’image filmée, il se consacre depuis les années 2000 à la réalisation, abordant les thèmes de l'identité et de la... See more

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Toute l'équipe de "La Cavale blanche" tient à vous adresser tous ses meilleurs voeux pour 2013 et vous remercie encore pour vos contributions. Le montage image du film est maintenant terminé (il dure deux heures) et nous sommes très heureux du résultat. Le montage son va maintenant commencer pour quatre semaines, suivi des dernières finitions. Donc, si tout va bien, le film sera fini en mars, avril au plus tard. Nous vous tiendrons bien entendu au courant de la suite. Merci encore et à bientôt. Guy et Renaud
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Que vive La Cavale blanche !
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Bon vent à votre projet! Tous mes voeux vous accompagnent. Benoît Mernier