Finançons ce film documentaire, une plongée inédite dans l'univers des dockers du Havre, l'un des derniers bastions du syndicalisme français.

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Présentation détaillée du projet

L'origine du projet :

 

C'est le cinéma qui m'a ouvert les portes du Havre.

 

Alors que je réalisais un film sur Aki Kaurismäki, en 2014, j'ai pu accéder aux docks et à ses hommes. Depuis, j'y suis retournée, souvent.

 

A la fascination pour ses docks impressionnants,- Le Havre est le 1er port de France pour le trafic de porte-conteneurs-, s'est ajouté l'attachement à tous ceux rencontrés à quai ou au café, aux cafés plutôt, le Bon Coin et le Marie-Louise.

 

Leçons de 421 avec Jacquotte, la patronne du Marie-Louise, conversations mêlées entre marins et dockers sous l'oeil avisé de Didier au Bon Coin. On a même fini par y causer du documentaire de Ken Loach sur les copains en grève de Liverpool, ou de la saison 2 de 'The Wire', leur préférée.

 

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Les concerts transformés en dîners chez Little Bob, -la gloire locale du rock, ancien ouvrier lui-même-, et les discussions enflammées avec Johann et ses copains du syndicat ont fini par m'attacher au port.

 

A deux heures de Paris, la petite ville du Havre est méconnue. Et quand on annonce y partir pour quelques jours, vos interlocuteurs ne peuvent masquer une moue fugace, compatissante.

 

C'est pourtant la ville des amoureux de la lumière de Monet; la ville des cinéphiles qui se souviennent du regard de Morgan; la ville martyre des historiens qui s'interrogent encore sur sa destruction par les Alliés en 1944.

 

Le Havre est un personnage essentiel de 'La classe, ouvrière'.

 

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Au port et dans les quartiers alentour, tout bruisse de la vie de ces ouvriers particuliers.

 

Alors que la ville, au gré de l'extension du domaine maritime et des rénovations immobilières, change inexorablement, -il reste bien peu du rêve de Carné ou de la ville de Kaurismäki-, les hommes, eux, ne changent guère. S'ils profitent aujourd'hui d’avantages qui paraissaient à leurs parents des luxes inaccessibles -maisons en ville, voitures, vacances, éducation-, ils ont gardé en héritage un sens unique de la solidarité.

 

La famille des dockers n'oublient jamais l'un des siens et les conversations du Foyer de la CGT mêlent autant la stratégie à définir contre la globalisation industrielle que la collecte à imaginer pour aider les Anciens, comme l'on appelle là-bas les retraités du dock.

 

Il n'est pas facile de se faire accepter au port. Le Havrais est accueillant mais prudent, le docker est méfiant. Il a fallu plus de deux années d'échanges, de rencontres, de discussions précises et de moments plus festifs pour apprendre à se connaître, à imaginer la confiance.

 

La nécessité du financement participatif :

 

L'idée du film a germé en mars 2014. De visites en échanges, le projet a donné lieu à un synopsis qui, porté par une maison de production parisienne, a été envoyé à une grande chaîne de service public. L'intérêt a été immédiat puis l'attente a commencé. Si la chaîne a réitéré, mollement, de temps à autre, sa curiosité pour le projet, la décision est restée en suspens. Et, pendant ce temps, les anciens quartiers ouvriers du Havre disparaissent inéluctablement, le dialogue social s'envenime et le port s'apprête à fêter ses 500 ans.

 

Par la nature du projet, la nécessité d'un financement participatif s'est alors imposée d'elle-même. C'est grâce à vous que 'La classe, ouvrière', ancrée dans une année électorale décisive, en France mais aussi aux Etats-Unis, a aujourd'hui une chance de prendre vie.

 

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La solidarité de maîtres du cinéma :

 

En imaginant lancer cette campagne de solidarité, Auberi a sollicité l'avis et le soutien moral de personnalités, rencontrées lors de tournages, de ces longs moments que sont les entretiens parfois nécessaires au film documentaire.

 

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© Véronique Marit, avec l'aimable autorisation de Jean-Pierre Dardenne            

© Droits réservés

 

Jean-Pierre et Luc Dardenne, Ken Loach, sensibles au sujet de 'La classe, ouvrière' ont tout de suite répondu présents. Au-delà de leurs oeuvres cinématographiques, ils ont chacun réalisé des films documentaires, témoignant du quotidien, de la lutte, de l'échec aussi parfois, de communautés ouvrières, en Belgique et en Grande-Bretagne. Merci à vous, les frères et Ken, de votre immense bienveillance.

 

 

 

Le film :

 

'La classe, ouvrière' se nourrit de deux personnages essentiels, le port, ses dockers, et les derniers quartiers populaires alentour, symbolisés par ses deux cafés emblématiques, le Marie-Louise et le Bon Coin.

 

Tourné au fil d'une année afin de suivre au plus près la vie et le quotidien des hommes et des femmes qui font encore les docks, nous suivrons trois dockers, représentant les trois générations d'ouvriers encore présents. Chacun racontera un pan d'histoire de la condition ouvrière; les plus anciens ont connu la misère et le diktat des contremaîtres, les hommes d'aujourd'hui savent le chemin parcouru et se sont adapté à la modernité portuaire et les plus jeunes qui espèrent passer les épreuves de formation, organisées par le syndicat même, et rejoindre eux aussi la confrérie des dockers.

 

Nous suivrons tous nos personnages dans leur vie de quartier, dans ce Havre qui résiste encore au présent à la volonté d'éradiquer le 'village ouvrier'.

 

Leur histoire est aussi celle du Havre qui fêtera en 2017 sa création et celle de son port, il y a 500 ans.

 

Embauche_la_cloche-1463062134© Archives des Dockers du Havre

 

Mais, corollaire de l'histoire ouvrière, notre second personnage est le mouvement syndical même qui unit tous les dockers du Havre, actifs ou retraités; ils portent tous la carte de la CGT et représentent l'un des derniers bastions de la force syndicale en France.

 

Nous suivrons ainsi Manu dans sa tournée permanente de la planète syndicale. C'est lui qui représente la CGT des dockers du Havre dans tous les meetings de l'Internationale des Dockers- 90000 adhérents au total-. En voyage permanent, il ne part jamais seul. La consigne de la CGT est claire: toujours emmener un docker avec lui pour qu'il comprenne, à hauteur d'homme, l'importance de la solidarité internationale, pour qu'il explique à tous les autres l'importance d'une grève de soutien à l'autre bout de l'Europe, d'une collecte aux collègues inconnus d'Amérique du Sud.

 

Filmer le port n'est pas aisé.

 

A la caméra traditionnelle, devront s'adjoindre des caméras (de type) A7S, seules capables de se fondre dans l'exigüité des cabines des cavaliers et un drone, permettant par le survol des quais, d'appréhender l'immensité du port, plus de 10 000 hectares, et du trafic de marchandises. Une effervescence accrue par des caméras en mouvement permanent.

 

Filmer les meetings du syndicat, au Havre, en France et à l'étranger, n'est pas facile non plus.

 

Timidité des dockers, réserve des élus syndicaux, les caméras se feront discrètes, témoins in vivo du combat contre la globalisation. Ce sont alors des caméras fixes qui permettront de comprendre la complexité des enjeux qui se dérouleront au présent.

 

Pas de commentaire, pas d'interviews posées, la parole sera celle de nos personnages, de ceux qui les entourent, les accompagnent. Paroles de trois générations d'ouvriers, paroles de syndicalistes du monde entier, paroles d'épouses et de quartier, elles tisseront ensemble le quotidien du port, permettant aussi de revisiter, par l'archive, le passé du Havre.

 

La bande originale de 'La classe, ouvrière' sera composée par Little Bob, un enfant du Havre, le premier rocker français à avoir su conquérir la scène britannique.

 

L'auteur, réalisatrice:

 

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                               © Frédéric Lafargue

 

Auberi Edler est auteur, réalisatrice de documentaires.

Elle écrit et réalise films et magazines pour les chaînes de télévision européennes.

Grand reporter, rédactrice en chef, chef du Bureau de New York, elle a aussi couvert de nombreux conflits, de l'Afghanistan au Salvador, de la Bosnie à l'Irak.

Sa filmographie récente inclut des films sur les frères Dardenne et leur Rosetta (Arte-2015), sur Asghar Farhadi et une Séparation (Arte-2013)  des magazines, Calais, Dead End, sur la situation des réfugiés à Calais et leur avenir en Grande-Bretagne (IRIN-2014), Land of Dust, sur le travail dans l'industrie du raisin en Afrique du Sud (IRIN-2014), un web-documentaire, 'L'équation de l'amour', sur le couple Gottman, psychologues américains (France Télévisions-2012), un film, 'L'île', sur le combat quotidien pour la survie d'une poignée d'habitants d'un îlot des Shetland (France 5-2011)

 

 

À quoi servira la collecte ?

Nos engagements :

 

Nous bénéficions du soutien de Quark, une société de production; un soutien auquel pourrait se rajouter dans l'avenir celui de la région, des collectivités et de la télévision.

Mais nous avons besoin de vous pour boucler le budget.

Votre participation est essentielle. Aujourd'hui.

 

40 000 € et plus : le tournage, à raison d'une semaine en moyenne par mois, s'étendra sur une année. L'essentiel des fonds récoltés, après ponction des taxes et des impôts, sera reversé au film, couvrant la location du matériel, les déplacements et le logement au Havre. L'achat indispensable de disques de stockage pour engranger les images tournées sera une priorité, le film étant tournée en 4K.

L'auteur/réalisateur, le cameraman et le monteur seront indemnisés a minima.

 

50 000 € et plus : les sommes supplémentaires permettront de suivre nos personnages en Europe et dans le reste du monde. L'Internationale des Dockers est en effet une partie essentielle du film, montrant la force immense de la solidarité -90 000 adhérents à l'International Dockers Council- mais aussi la menace similaire de l'automatisation.

L'équipe du film envisagera une rétribution plus régulière.

 

60 000€ et plus : une journée de location d'un drone sera possible, la meilleure manière de montrer l'immensité, la beauté aussi des docks et de son impressionnante activité portuaire.

Le film peut bénéficier d'un temps alloué de montages image, son et d'une post-production conformes aux exigences d'une diffusion à la télévision et au cinéma. 6 à 8 semaines pour un 52 minutes, 8 à 10 pour un 70 minutes. Il sera possible d'aider le travail de l'équipe de deux personnes -réalisateur, cameraman-, grâce à la location de matériel supplémentaire, de son notamment.

Le budget permettra de réaliser des copies pour envoyer le documentaire dans les nombreux festivals permettant de le montrer et de le faire connaître.

 

70 000€ et plus : un ingénieur du son et une assistante de production/documentaliste pourront être ajoutés à l'équipe de tournage. On imagine alors un temps de travail étendu, ouvrant la possibilité de réunir assez de séquences pour la confection d'un 90 minutes. L'engagement d'un traducteur et d'un distributeur aidera à la vente et à la représentation du film  dans les salles et les médias européens et mondiaux.

L'équipe complète pourra être rémunérée de manière juste, au tarif syndical, bénéficiant alors des droits sociaux conformes à leurs différents métiers.

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Auberi Edler

Auberi Edler est auteur, réalisatrice de documentaire. Elle écrit et réalise films et magazines pour les chaînes de télévision européennes. Grand reporter, rédactrice en chef, chef du Bureau de New York, elle a aussi couvert de nombreux conflits, de l'Afghanistan au Salvador, de la Bosnie à Irak. Sa filmographie récente inclut des films sur les... Voir la suite

Derniers commentaires

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Bon chance et déjà bravo!!!!
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J'avais adoré , il y a maintenant quelques années, votre documentaire sur la Patagonie . Je soutiens et partage ! Bien à vous
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Beau et inspirant projet ! Bravo !