"La Marquise de Cadouin (Les Cadouin #3)" est le troisième volet d'un cycle intitulé "Les Cadouin" qui sera représenté au Théâtre du Rond-Point en décembre 2012, les deux premiers volets étant "Monsieur Martinez" (représenté au Théâtre du Rond-Point en 2010) et "Brita Baumann" (représenté au Théâtre 13 en 2011). Malgré la chance que nous avons de pouvoir jouer dans un tel théâtre, il n'en reste pas moins difficile pour une jeune compagnie comme la notre de boucler un budget. Si nous faisons appel à votre générosité, c'est afin de pouvoir créer nos costumes et notre décor comme nous les avons véritablement rêvés...

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The project

La marquise de Cadouin (Les Cadouin #3) est un spectacle de la cie Teknaï qui sera créé et représenté au Théâtre du Rond-Point du 4 décembre 2012 au 6 janvier 2013.

 

La marquise de Cadouin (Les Cadouin #3) de Gaëtan Peau

coécriture et mise en scène Quentin Defalt

avec Xavier Catteau (Michel Vincheneux dit « Brutus ») / Juliette Coulon (Marguerite Vincheneux) / Olivier Faliez (Le comte Clotaire-Henri de Cadouin) / Charlotte Laemmel (La marquise Marie-Aimée de Cadouin) / Gaëtan Peau (Le baron Charles-Amédé de Cadouin dit « Marie-Agrippine » / Jean-Jacques Vanier (L’abbé Joseph Billaud)

assistanat à la mise en scène Damir Žiško / scénographie Natacha Le Guen / lumières Manuel Desfeux / costumes Florie Weber / régisseurs compagnie Julien Barrillet et François Loiseau / administration Anne Gégu / presse Jean-Philippe Rigaud

production Teknaï coproduction Maison du Théâtre et de la Danse (Epinay-sur-Seine) spectacle répété en résidence à Maison du Théâtre et de la Danse (Epinay-sur-Seine)

 

Argument de La marquise de Cadouin (Les Cadouin #3)

Juillet 1793, les privilèges de l’aristocratie tombent, et les têtes avec. La terreur fait rage et la guillotine fait shlak. Une marquise s’enferme. Vieille femme, sénile, déchue mais riche, elle compte sauver sa peau et ses bijoux. La chair est triste, l’hôtel miteux et le service nul. Mais cinq monstres l’entourent. Un abbé, un jacobin peu scrupuleux, un cousin intégriste, une servante écervelée et un fils inverti, convaincu d’être une fille. L’entourage de la marquise élabore un stratagème pour réduire les pertes. Les hommes se liguent, ils lessivent la servante au cerveau mou, la persuadent qu’elle est une aristocrate dissimulée, et l’envoient se faire trancher le cou à la place de la vieille. Cette diversion devra permettre à la Marquise de se sauver, de sauver son nom coûte que coûte. La particule en moins…

Volet sombre et grinçant du cycle Les Cadouin, cette Marquise tranche dans le lard des carnages de la Révolution Française, celle qui accoucha des droits de l’homme dans des bains de sang.

 

Les Cadouin, une certaine idée de la France...

Après nous être intéressés à la périphérie urbaine, là où tentent de survivre ceux qui se trouvent relégués à la marge des villes, avec Monsieur Martinez (Les Cadouin #1), après avoir interrogé la famille et ses ressorts avec Brita Baumann (Les Cadouin #2), le troisième volet, La marquise de Cadouin (Les Cadouin #3) remonte donc apparemment le niveau en donnant à voir la fin d’un système de valeurs à travers le parcours d’une aristocrate déchue, cette fois-ci en plein Paris.

 

 

 

Dans ce volet de notre cycle, nous tenons à rappeler que la bêtise n’est pas le monopole d’une population précise. Je me suis souvent fait accuser de caricaturer les personnages. De les rendre d’autant plus misérables et affreux qu’ils étaient issus de classes populaires ou vivant dans une certaine marginalité. « Des gens comme ça, ça n’existe pas ! ». Je tiens juste à souligner que la connerie a le talent de n’avoir aucun apriori, de dépasser les frontières et les barrières sociales, de pouvoir nous surprendre sans cesse. Elle est surtout pour nous une matière inépuisable, précieuse dans le choix que nous faisons non pas de la caricaturer ou la ridiculiser (ce qui reviendrait à la mettre à distance pour nous montrer plus malins), mais d’en chercher la faille, ce que nous pouvons tous avoir en commun avec elle et qui rend ses personnages profondément humains.

 

 

 

Nous sommes en effet un peu tous des Cadouin. Notre démarche n’est en rien sociologique ou politique. Nous ne nous plaçons ni en observateurs ni en analystes. Cependant, l’imagination que nous mettons en commun pour construire nos spectacles est une véritable éponge. En construisant ce cycle, nous nous sommes aperçus qu'une des bases du projet était notre envie de nous amuser à la fois de ce trait très français de vanter notre rapport à la culture, notre exception, notre histoire faite de lumières qui ont été pionnières, et à la fois de cette tendance très actuelle de porter un regard faussement empathique sur ceux qu'on juge défavorisés, et qui nous sont souvent montrés comme des arriérés sans goût, un peu comme des cousins très lointains, de ceux qui ont des accents et qui aiment la variété française.

Si nous intéressons à la marge, ou a la culture populaire, ou à un événement historique lorsqu’il bouleverse la structure sociale, c’est pour chercher ce qui anime celui ou celle qui n’a pas accès à ce que serait censé offrir un pays, une citoyenneté, qui se retrouve déclassé ou incapable de s’adapter. Le travail s’articule donc autour de l’idée qu’on a (ou pas) de sa propre différence. 

Nous parlons ici d’individus, de petites ambitions, de petits arrangements, qui peuvent dégager l’image d’une population. En cela, nous pouvons dire que ce cycle, articulé autour du nom Cadouin, propose en effet une certaine idée de la France. Car chaque spectacle est traversé par l'envie de défendre ces personnages ancrés dans un quotidien presque sordide, dans un terroir sans horizon, et par ce qui serait une sorte d'héritage commun, un patrimoine, un rang à tenir coûte que coûte.

Je partage assez en ce sens ce qu’écrivait de Gaulles : « Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France (…) S'il advient que la médiocrité marque, pourtant, ses faits et gestes, j'en éprouve la sensation d'une absurde anomalie, imputable aux fautes des Français, non au génie de la patrie. »

 

Le dogme du cycle Les Cadouin

Le cycle Les Cadouin repose sur un dogme important à souligner. Tout d’abord, les trois spectacles n’ont aucun lien entre eux. Les personnages n’ont rien en commun, les lieux, les époques et les intrigues diffèrent. L’ordre des spectacles n’est pas chronologique.

Il existe cependant des points de convergence, des règles : en tout premier, le nom de famille. Chaque spectacle du cycle met en scène une famille Cadouin différente.

Ensuite, le récit se passe toujours entre 1er et le 14 juillet. Nous nous amusons ainsi à créer une mythologie « cadouine », qui trouverait son origine dans cette période cristallisant la naissance d'une certaine France, révolutionnaire et républicaine, et qui questionne l’évolution symbolique du 14 juillet, date d’une victoire du peuple devenue fête nationale organisée autour du bal populaire et qui sent la merguez.

La troisième règle : la mort d’un des personnages. Chaque famille Cadouin va pousser quelqu’un à mourir, toujours un 14 juillet et de façon différente (meurtre, suicide, condamnation à mort…).

Enfin, avec ce cycle, la compagnie Teknaï élabore un travail autour d'une esthétique en deux dimensions. La scénographie est constituée de panneaux imprimés. Chaque accessoire est une photographie de ce qu’il représente. Ainsi les personnages prennent vie dans un monde de signes, vides de leurs contenus, sur lequel ils ne semblent avoir aucune prise. L’aspect même des personnages rajoute à cette déréalisation.

Les visages des comédiens sont dissimulés par un gros travail de maquillage (qu’on retrouve d’ailleurs dans tous les spectacles de la compagnie) qui peut évoquer un masque mortuaire. Cette mort affichée soutient l’hypothèse que les personnages reviennent jouer leur histoire. Encore une fois, la petite histoire prend le pas sur la grande, avec ces figures spectrales piégées dans des histoires sans grandeurs, l’ampleur surnaturelle très avouée étant contrariée par la petitesse de ce qui ce joue. Tout est ici question de décalage, une sorte d’anti-naturalisme dans des situations très concrètes, sinon sordides. Par cette dimension esthétique et ce rapport surréaliste aux éléments qui entourent les personnages, nous tenons à troubler le rapport au réel pour rappeler la dimension farcesque du propos. Mais une farce noire et sans relief. Cela soutient aussi l’entreprise de mythologie imaginaire qui charpente  tout le cycle des Cadouin. Qu’ils soient figures types ou revenants, les personnages sont avant tout des énergies très présentes, caractérisées par un rapport au langage qui les sauve autant qu’il ne les perd, mais qui engendre le rire, aussi dérangeant soit-il !

Bande annonce de Monsieur Martinez (Les Cadouin #1)

 

 

Bande annonce de Brita Baumann (Les Cadouin #2)

 

Why fund it?

Les 5600€ nous permettront de financer une partie des costumes et du décor.

Ce qu'il nous manque pour les costumes : 2000€

Ce qu'il nous manque pour le décor : 3600€

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Cie Teknaï

> Création de la compagnie et axes de travail La compagnie Teknaï est née en 1999, créée par Quentin Defalt afin de mettre en scène Croisades de Michel Azama. Le noyau dur de cette compagnie s'est, par la suite, constitué de comédiens sortant de l'Ecole Supérieure d'Art Dramatique de la Ville de Paris. > L’écriture contemporaine, centre de la... See more

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A vite et bonne chance !
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Que la Marquise soit une incroyable réussite!!