Ce webdocumentaire donne la parole aux femmes du « Printemps arabe ». Que sont-elles devenues ? Qu’est-ce que ces soulèvements ont changé pour elles ? Comment luttent-elles pour s’imposer dans cette période post-révolutionnaire ? En quoi le statut de la femme est-il en plein bouleversement ? De la Tunisie à l’Egypte, en passant par la Libye et le Yemen, portraits de femmes pour qui la révolution ne fait que commencer.

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Présentation détaillée du projet

Elles ont battu le pavé, elles se sont improvisées infirmières, elles ont préparé des vivres pour les révolutionnaires, elles ont pleuré leurs proches disparus, elles ont été blessées ou bien sont tombées sous les balles de l’armée et de la police. Comment oublier le visage de toutes ces femmes, jeunes ou âgées, voilées ou non, devenues révolutionnaires ? Leur courage, leur force, leur détermination ont façonné les révolutions arabes. L’image de la femme arabe a changé aux yeux du monde. A travers, ce webdocumentaire, il ne s’agit pas de revenir sur le rôle de ces femmes, mais plutôt de découvrir leur nouveau visage depuis les soulèvements. « Le Printemps arabe » leur a donné accès à un espace de liberté. Mais aujourd’hui, elles luttent pour conserver cet espace. Elles se battent pour défendre leurs acquis, revendiquer leurs droits et leur présence dans la société post-révolutionnaire. Vont-elles triompher de leurs revendications sociales et politiques ? Vont-elles réussir à s’imposer aux côtés des hommes ? Ou au contraire, seront-elles les grandes perdantes, les oubliées du Printemps arabe qu’elles ont pourtant porté à bras le corps ? Va-t-on assister à un retour en arrière de la condition féminine ? Plus d’un an après les soulèvements arabes, l’avenir de ces femmes est toujours en train de s’écrire. De la Tunisie à l’Egypte, en passant par la Libye et le Yemen, leur objectif est le même : faire l’apprentissage de la démocratie, contribuer à façonner une société plus juste et plus égalitaire pour les femmes, s’immiscer démocratiquement dans la vie politique...

 

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Crédit: Mathieu Cellard

 

Tunisie « Laïques contre religieuses »

 

En Tunisie, la femme bénéficie d’un statut avancé, considéré comme le plus favorable du monde arabe sous l'ère Ben Ali. Que va-t-il devenir ? Avec la victoire électorale du parti islamiste Enhada, de nombreuses Tunisiennes redoutent un recul de leurs droits et de leur statut. Les réformes de la Constitution, les récentes références à la charia et à la polygamie les inquiètent. D'autres affirment au contraire se réjouir de ce retour du religieux, puisqu'elles sont libres aujourd'hui de porter le voile sans craindre l'oppression. Après l’euphorie de la révolution, le pays vit une période de transition, tiraillé entre deux attitudes, laïques et religieuses. Au cœur des débats politiques et de la société tunisienne : la question de la femme.

 

Libye « Le combat féministe »

 

Un combat féministe émerge, fruit du soulèvement libyen. Les petites cellules clandestines formées pendant la révolution se transforment en associations pour les droits des femmes. Habituées à rester dans l’ombre, sous le poids d’une société patriarcale, les femmes ont joué un rôle pendant la révolution qu’elles n’avaient jamais imaginé auparavant. Elles se sont hissées à un nouveau rang dans la société et elles entendent bien, aujourd’hui, en recueillir les fruits. Désormais, elles ne veulent plus revenir en arrière et souhaitent se faire entendre. De nombreuses ONG et associations féministes ont vu le jour. Aujourd’hui, le regard des hommes change peu à peu. La chute du régime Kadhafi semble avoir transformé les relations entre les deux sexes.

 

Egypte « Une transition politique sans femmes »

 

Les nouvelles libertés acquises depuis la révolution ont propulsé les femmes sur la place publique. Elles restent pourtant exclues de la transition politique. Largement sous représentées dans toutes les sphères du pouvoir politique, économique et judiciaire, elles exigent leur place dans la reconstruction du pays. Mais avec l'arrivée des Frères Musulmans au pouvoir, les féministes redoutent de voir leurs revendications sociales et politiques tombées aux oubliettes. L'Égypte reste l'un des pays au monde où il y a le plus de discrimination féminine. Mais la révolution n’a pas transformé toutes les Egyptiennes en féministes convaincues. Les partisanes d'un État islamique considèrent la stabilité économique et politique comme leur priorité. Y-a-t-il incompatibilité entre la réislamisation d’un pays et l’émancipation des femmes ?

 

Yemen « Une double révolution »

 

Après le soulèvement politique, le Yémen est témoin d’une révolution silencieuse, d’un immense bouleversement sociétal : des jeunes femmes, traditionnellement au foyer mais éduquées grâce à la volonté de leur mère, prennent désormais leur vie en main. Pour la première fois dans le pays, les femmes sont sorties dans la rue et ont manifesté. Elles revendiquent désormais le droit au travail, refusent le mariage et discutent politique avec leur mère. D’après les Nations Unies, le pays est pourtant le dernier au monde en terme d’égalité entre hommes et femmes; celles-ci ayant un taux d'illettrisme de 60% contre 29% chez les hommes. Galvanisées par le printemps arabe, les femmes yéménites vont-elles réussir à sortir le pays de ce fléau social?

 

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Crédit: Mathieu Cellard

 

Pourquoi un documentaire multimédia ?

 

Dès le début, nous avons pensé et conçu ce projet sous forme d’écriture multimédia, afin de lui donner une dimension interactive, participative et créative. Le webdocumentaire va permettre une interaction entre les protagonistes et les internautes. Le web-documentaire donnera aussi la parole à des sociologues, intellectuels et chercheurs de chaque pays qui analyseront la place de la femme aujourd’hui dans ces sociétés post-révolutionnaires. Plus largement, ils décrypteront l’évolution politique, sociale et économique de ces pays, depuis les révolutions arabes. Le web-documentaire laissera aussi la parole aux révolutionnaires arabes, hommes ou femmes. Ils pourront témoigner des changements en cours dans leur pays et déposer leurs commentaires sur l’après-révolution, sous la forme de témoignages écrits, sonores ou vidéos.

 

Comment va se faire le webdocu ?

 

En tant que journaliste-reporter, j’ai couvert des pans de ces révolutions arabes. Je les ai racontées avec ma caméra. Au cours de ces divers reportages, j’ai été frappée par l’énergie, le courage et la rage de vivre des révolutionnaires. Et plus particulièrement de ces femmes qui ont su braver les clichés et les interdits pour se placer parfois en première ligne des contestations. A leurs côtés, j’ai vécu une véritable expérience humaine et citoyenne, gravée à jamais dans mon esprit. J’ai décidé de me pencher sur les femmes car au-delà du rôle indispensable qu’elles ont joué pendant ces soulèvements, nous assistons actuellement à une véritable révolution de la condition féminine dans ces pays. J’ai maintenu le contact avec nombre d’entres elles qui me font partager aujourd’hui leurs quotidiens, leurs espoirs, leurs déceptions, leurs desseins, mais aussi leurs rêves. Je m’attacherai à rendre compte de l’évolution de ces sociétés arabes au travers du regard des femmes.

 

L’objectif est de vous offrir une narration riche, interactive, au service des internautes, mais aussi des protagonistes. Nous produirons des vidéos, photos, articles, cartes interactives et visualisations de données. Nous utiliserons des technologies d’écriture, tels que le HTML5 et le Javascript pour «coder» l’interface, agencer le contenu de manière simple et ergonomique. Le tout sera consultable à la fois sur tablette et sur ordinateur. Nous utiliserons également des outils gratuits du web comme les réseaux sociaux pour prolonger l’interaction mais aussi réunir les protagonistes et les internautes sur une même plateforme où ils pourront échanger, discuter et débattre. Chacun pourra ajouter de nouvelles histoires et nouveaux témoignages sur cette « révolution des femmes ».

 

Résidant à Jérusalem, il me sera facile de voyager dans chacun des pays concernés par ce projet. Le tournage aura lieu au printemps 2013. Il devrait durer environ cinq à six semaines, soit près d’une dizaine de jours dans chaque pays. Travaillant comme freelance, je suis habituée aux tournages « low-cost » (et à la débrouille !). Les frais de tournage seront donc réduits au minimun, la priorité étant donné aux fixeurs et traducteurs sur place. Je possède mon propre matériel de tournage. La post-production est prévue sur cinq semaines. Je souhaite diffuser ce webdocumentaire sur le site d’un média, afin qu’il soit visible le plus possible. C’est pourquoi, je suis à la recherche d’une boîte de production et d’un diffuseur. J’aimerais aussi prolonger la vie de ce projet multimédia, par la réalisation d’un documentaire pour la télévision, adapté du webdocumentaire. 

À quoi servira la collecte ?

Vos dons nous permettront de financer le développement du site :

 

- 4000 euros pour le développement du site

- 2000 euros pour le webdesign

- 1500 euros pour la post-production

 

Grâce à vous, je pourrai mener à bien et jusqu’au bout ce projet citoyen et participatif. Ces femmes sont actrices d’un véritable bouleversement social dans leur pays. Aidez-moi à témoigner de cette révolution qui façonnera l’avenir de ces femmes citoyennes. Je compte sur vous ! 

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Kristell Bernaud

Je suis journaliste reporter d’images indépendante. Je vis à Jérusalem depuis 2009 où je couvre toute l’actualité du Proche et Moyen-Orient. Correspondante de M6 et de la BBC Afrique, je collabore avec de nombreux médias (Arte Journal, Canal+/Itélé, LCI, France 24, TV5 Monde, TSR, RTBF, Le Parisien, Slate…) comme rédactrice, caméraman ou monteuse.

Derniers commentaires

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Bel hommage au courage de celles dont on parle trop peu...
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Un projet qui ne pouvait que me plaire... En souvenir des jolis moments passés ensemble cet été avec Anthony. bonne chance .... Et à bientôt pour fêter ton succès
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Très beau projet, bon courage à toi pour ces quelques mois de tournage!