Un film en colère contre la stigmatisation des "banlieues" et constructif pour une nouvelle relation entre médias et quartiers populaires

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Présentation détaillée du projet

L'histoire récente de la Villeneuve, un quartier populaire de Grenoble, est emblématique du divorce entre le pouvoir et le peuple. Qui a raison ? Qui trompe qui ? Que faire ?

Les auteurs de ce film engagent tout le monde à se remettre en cause. D'abord les médias, car la "banlieue" ne peut pas rester cette zone qui fait de l'audience en faisant peur, mais aussi les habitants des quartiers populaires, qui doivent se mobiliser pour reconstruire l'image de leur quartier. A la Villeneuve, ce processus est en cours. Flore Viénot et Vincent Massot sont témoins de cette métamorphose qui pourrait servir ailleurs qu'à la Villeneuve.

 

Vincent Massot veut prendre le relais du travail de son père

 

 

Le quartier de la Villeneuve : attention danger !

 

Quand on habite au centre ville de Grenoble, mettre un pied dans le quartier de la Villeneuve est considéré comme un acte courageux... ou inconscient. Lorsque qu'on se décide enfin à pénétrer dans ce quartier où les violentes émeutes de 2010 avaient provoqué la visite tonitruante de Nicolas Sarkozy, on a, il faut bien l'avouer, le sentiment de braver un danger. Passé de l'autre côté de l'immense galerie de l'Arlequin on arrive dans cet ailleurs sorti de terre dans les années 1970 pour faire éclore un nouvel Homme. On tombe alors sur un grand ensemble à l'architecture troublante, avec la gêne respectueuse de l'étranger et l'attention curieuse de l'aventurier qui découvre un nouveau monde. En y restant un peu plus, on attend à chaque coin ou recoin la violence et le trafic qui constituent les piliers du mythe moderne de la Villeneuve d'aujourd'hui.

 

Mais en fait, avec un peu de curiosité, on peut y rencontrer des personnages étonnants

 

Le jeune Teddy en train de réaliser son premier film, le journaliste Benjamin qui coordonne le nouveau journal local et participatif du quartier, Willy qui porte en lui l'idéal pédagogique de l'histoire du quartier et mène ses jeunes de la batucada qu'il dirige dans le centre ville, au ski ou au Brésil. Sabrine aussi, qui ne voudrait pas vivre ailleurs, Mustapha le diplomate à la retraite qui met ses compétences de communication au service de situations épineuses entre habitants... On tire ainsi un fil, et on déroule alors un monde habité par des gens qui inventent au quotidien des manières de vivre ensemble. Ce n'est donc pas une zone de non droit que nous avons devant nous mais un tissu de dynamiques.

 

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Comment un tel décalage entre l'image qu'on a de la Villeneuve avant d'y venir et celle qu'on découvre en y vivant est-il possible ?

 

Il faut y rester un peu plus pour comprendre à quels besoins répond ce dynamisme des associations et d'un bon nombre d'habitants. Prendre son temps, un peu plus encore, pour saisir les enjeux de cet univers complexe.

 

La dialectique du bouc-émissaire

 

Les quartiers populaires sont souvent victimes de reportages à charge, ils sont en quelque sorte les boucs-émissaires reconnus d'une machine médiatique qui cherche avant tout à vendre et à faire de l'audience. Mais les médias et les journalistes sont aussi devenus à leur tour les boucs-émissaires des habitants des quartiers. C'est particulièrement évident à la Villeneuve avec, osons la démonstration, une dialectique thèse/antithèse désormais bien établie. Quant à la synthèse, elle est en construction, et c’est elle que nous souhaitons montrer.

 

Se réapproprier son image pour se réapproprier sa vie, une utopie ? Un désir en tout cas et un beau défi, plein d'embûches, que les habitants de la Villeneuve ambitionnent de relever !

 

Au delà du quartier grenoblois de la Villeneuve, ce film devrait pouvoir servir tous ceux qui, habitants ou non des quartiers, cherchent encore des solutions pour ne pas abandonner des territoires entiers de la République.

 

S'immerger dans le quartier

 

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Une habitante de la Villeneuve a mis gracieusement à notre disposition un appartement dans la cité. Durant 12 mois d'immersion nous allons tisser des liens, connaître des dizaines d'habitants, confronter nos idées et notre envie de départ à la réalité. Enfin, nous allons réaliser un film, que nous espérons utile.

 

Qui sommes nous ?

 

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Vincent Massot

 

Lorsqu'il se retrouve à devoir filmer pour la première fois dans un quartier populaire, Vincent est un peu réticent. Caméra au poing, il suit des jeunes apprentis journalistes de Stains et Créteil. Ces derniers guidaient le téléspectateur dans la déconstruction des clichés au sujet de leur quartier. Vincent qui les suivait s’est laissé convaincre : finalement c’était bien vrai! Sa caméra était toujours là et les personnes qu’il avait rencontrées s’avéraient avoir été plutôt charmantes…  Quelques années et préjugés balayés plus tard, il est aujourd’hui un des formateurs de ces Reporters-citoyens, issus des quartiers proches de Paris. 

 

À l’origine, son seul lien avec la Villeneuve était le film de son père Claude Massot, aujourd’hui disparu, "Villeneuve, ou une raisonnable utopie » réalisé en 1973.  Il l’a découvert il y a cinq ans en revisitant l’ensemble de son travail et, dès le départ, il a eu envie de savoir ce que ce quartier était devenu 40 ans plus tard. En 2010, à l’heure des émeutes urbaines et du discours de Grenoble, que restait-il de l’utopie de la Villeneuve ?

 

Et puis, il y eut un déclic : les habitants de la Villeneuve qui se réunissent pour intenter un procès au groupe France Télévisions après la diffusion d’un Envoyé Spécial particulièrement à charge. Alors, le 26 juin 2014 il descend de Paris pour filmer le verdict du procès. Témoin de l’échec des habitants, la plainte ayant été déboutée, il comprend également que l’histoire n’en restera pas là et il acquiert ce jour-là, la conviction qu’il a lui aussi un rôle à y jouer.

 

“Vincent Massot, fils de Claude Massot qui a réalisé le premier film sur la Villeneuve”, comme le dit Willy avec un brin d’ironie, d’affection mais aussi de lucidité : en s’impliquant personnellement dans ce tournage, en y assumant pleinement sa position d’auteur incarné, il renoue les différents fils qui tissent l’histoire de ce film : l’évolution d’une utopie, généreuse mais fortement empreinte d’une vision post-coloniale, l’envie de revenir sur les manques et les défauts du film de 1972, ses propres préoccupations quant au rôle social et politique des médias, la nécessité d’une appropriation citoyenne de la parole publique, et le désir des habitants de se saisir de leur image.

 

 

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Flore Viénot

 

C'est lors de la grande fête de quartier annuelle que Flore a rencontré la Villeneuve. En musique donc, elle a découvert les nombreuses associations et rencontré les habitants qui les animent. Puis c'est en faisant ses études à Grenoble qu'elle a compris que « la Villeneuve » où personne ne voulait pénétrer était ce lieu festif et riant niché dans son souvenir.

 

Elle y est donc retournée avec en tête toutes les menaces qu'on lui avait décrites depuis. Mais elle y a vu le grand parc, la place du marché, la Régie de quartier, le groupe de Capoeira... Après quelques échanges de ballon avec un groupe de jeunes sur le terrain de foot, elle est repartie avec la sensation étrange d'un décalage entre ce qu'on disait du quartier à l'extérieur et le sentiment de sécurité et de tranquillité en y venant.

 

Elle a alors écrit plusieurs articles pour l'Age de Faire et Altermondes dont Willy, la BatukaVi, le restaurant associatif l'Arbre Fruité et la Recyclerie qui transforme les déchets dont personne ne veut en ressource, sont les sujets.

 

L'envie d'aller plus loin était née. En faisant un pas de côté afin de proposer une image vue par un prisme différent que celui de la peur, elle a ainsi rencontré le projet de Vincent.

À quoi servira la collecte ?

 

Le film va coûter 50 000 euros. Public Sénat le finance à hauteur de 15 000 euros, nous sommes dans l'attente d'autres partenaires (la Région Rhône Alpes, téléGrenoble, ACSE, CNC...) et dans le meilleur des cas, nous savons qu'il nous manquera 6000 euros pour porter ce projet dans les conditions que nous souhaitons : d'abord prendre notre temps pour gagner la confiance des habitants, comprendre ce qu'il se passe réellement à la Villeneuve et capter l'énergie qui circule dans ce quartier trop souvent caricaturé, ensuite pour payer les techniciens qui auront travaillé avec nous. Pour réaliser ce film plus que jamais nécessaire, nous avons donc besoin de vous!

 

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Flore Viénot et Vincent Massot

Ce projet de film est en cohérence avec l’expérience vécue depuis des années par Vincent Massot et Flore Viénot au sein du média participatif latelelibre.fr. Habitués à réfléchir et à travailler ensemble, leurs histoires personnelles les ont menés, d’une manière différente vers ce projet commun de film à la Villeneuve. Pour Flore Viénot, jeune... Voir la suite

Derniers commentaires

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good luck j'ai hâte de voir ce projet se réaliser bises steph
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Go go go Vinz ! Bises Bises,
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Bonne continuation à vous: 20cent et Flore. Bien hâte de voir ce film... A ciao Ricou