La Vraie vie est la dernière comédie inédite de l’auteur belge Régis Duqué. Il y est question du rapport de l'Homme occidental au Voyage.

Large_lvv_visuel_kisskiss_2

Présentation détaillée du projet

L'AUTEUR : REGIS DUQUE

Interview de Régis Duqué "Ecrire pour le théâtre" par le CED, Cliquez Ici

 

 

 

"Début juillet 2008. Je suis au Costa Rica depuis vingt-quatre heures à peine et déjà je suis plongé au cœur de la forêt. L’endroit s’appelle Tortuguero et les voyageurs s’y rendent pour observer les tortues qui, en juillet et en août, viennent rejoindre la plage qui les a vus naître pour y pondre leurs oeufs. Il est huit heures du soir et la nuit est tombée depuis deux bonnes heures déjà. Nous sommes une dizaine de voyageurs du monde entier, plutôt jeunes, réunis pour quelques heures autour de notre guide. Le rituel, très contrôlé, est immuable depuis que le tourisme a fait son apparition dans la région : nous devons longer la plage par la forêt pendant une trentaine de minutes jusqu’à un lieu qui nous a été désigné par tirage au sort, puis seulement rejoindre la plage. Nous sommes légèrement tendus ; c’est le début de la saison de ponte et rien ne garantit que nous verrons des tortues ce soir. Nous marchons à la lueur des lampes de poche. L’activité de la forêt, à la nuit tombée, est intense et au loin nous entendons les vagues de l’Atlantique qui viennent s’échouer sur la plage invisible. Derrière moi, deux Anglais expatriés pour quelques mois à San Jose, la capitale du Costa Rica, discutent haut et fort, indifférents à ce qui les entoure, comme s’ils étaient au pub ou dans leur salon. Le bruit de leur conversation me gêne. Elle m’empêche de m’abandonner à la magie du moment. Peu à peu pourtant, je commence à prêter attention au contenu de leur échange : il est souvent question de filles (des filles avec qui l’on couche, des filles que l’on baise, des filles que l’on quitte avant qu’elles ne se mettent en tête d’exiger leur fidélité) et d’indépendance.

 

Ce que les deux Anglais ne voient pas, n’entendent pas, plongés qu’ils sont dans leur conversation, ce n’est pas seulement l’excitante beauté du moment présent (la forêt obscure, les bruits autour de nous, la perspective d’assister à quelque chose d’unique), c’est aussi la manière dont les mots qu’ils échangent résonnent comiquement avec les explications de notre guide sur le mode de reproduction des tortues et leur attachement à leur plage natale. Ce que j’entends, c’est la manière dont ces mêmes mots résonnent dans leur bouche de voyageur en quête de liberté et d’aventures, exilés à des milliers de kilomètres de chez eux. Dans le contexte de cette virée nocturne au cœur de la nature, au fin fond de cette forêt tropicale, leur conversation acquiert quelque chose de, quoi ? incongru ? décalé ? signifiant ? – quelque chose de théâtral certainement.

 

Quelques mois plus tard, je couche cette scène sur papier, avec en tête le vague projet d’écrire sur nous, ces Occidentaux qui nous payons le luxe de parcourir le monde. Sur ce qui nous pousse à partir, sur notre besoin d’errance – une forme de lassitude de l’Occident, peut-être. Et sur ce qui reste en nous de l’esprit d’aventure.

 

Au même moment, alors que je replonge dans les récits de Jack London, de Robert Louis Stevenson ou d’Hugo Pratt, je travaille, sans trop savoir où cela va me mener, sur quelque chose de plus épique, des histoires exotiques d’aventuriers égarés dans la jungle ou dans des palais extravagants. Si certains passages, ici aussi, peuvent être plus ou moins nourris de souvenirs, ce sont des souvenirs fantasmés, amplifiés, mêlés à un imaginaire du voyage construit par des siècles de littératures.

Très vite pourtant je sens qu’aucun de ces deux projets ne pourra me satisfaire entièrement sur la longueur. Et c’est très naturellement qu’un jour me vient l’idée de fondre les deux projets en un – deux rapports au voyage : le premier, désabusé, celui de ces jeunes voyageurs égarés, perdus dans le monde et dans leur vie, le deuxième, romantique et romanesque. Dans les deux cas, quelque chose sur le rapport de l’homme blanc avec le monde devrait naître."

 

 

UNE PIECE DE THEATRE DANS LA JUNGLE

 

 

 

EXTRAIT DU TEXTE

 

...

- J'ai l'impression qu'on nous regarde...

- Que quelqu'un nous regarde ?

- Je sens une présence.

- Il n'y a personne.

- Il y a quelqu'un je te dis.

- On est en pleine forêt. On est perdu. Il n'y a personne. Viens par ici.

- Aïe!

...

 

LE METTEUR EN SCENE : JEROME NAYER

 

 

Img_7978_cinq

 

"Deux voyageurs débarquent dans un coin perdu d’Amérique latine, après des heures de route en bus puis en bateau. Ils y font la rencontre d’un guide avisé, et d’une voyageuse endurcie. Malgré la recherche d’authenticité qui les anime, chacun se retrouve confronté à ses propres questions existentielles…

 

Dans ces deux voyageurs, je me suis reconnu. Je me suis revu moi en vacances, ne sachant pas comment m’habiller, fatigué, inquiet de m’embêter, déçu par ce que je que je voyais, déçu des rencontres avec les autochtones toujours faussées par l’argent,… J’ai reconnu ce grand besoin d’authenticité à satisfaire, et j’ai reconnu la déception de n’y arriver pas. J’ai reconnu l’enthousiasme qui étreint les voyageurs en quête d’aventure, et j’ai reconnu une forme d’ennui du quotidien qui perdure malgré tout. J’ai reconnu un désir d’harmonie entre soi et le monde, et j’ai reconnu un bordel pas possible à l’intérieur de chacun de nous. Je  vois dans La Vraie vie une adéquation fondamentale entre ce que la pièce dit et ce qu’elle offre : elle parle de notre désir d’authenticité tout en nous permettant de nous reconnaître dans les personnages qu’elle évoque : si le constat du voyage peut apparaître comme un échec, le chemin qu’elle permet en revanche à l’intérieur de nous-mêmes est plus profond qu’il n’y paraît. En évoquant sur scène des personnages perdus, elle nous permet de « nous retrouver ».

 

Evidemment, il y a la question de l’humour. La Vraie vie est plutôt une comédie. C’est, semblerait-il, la porte d’entrée qu’a choisie Régis Duqué pour parler de ce que nous sommes. L’humour qu’il emploie (ou qu’il constate dans son écriture, de son propre aveu) est, ici encore, un formidable outil de mise en perspective : à travers les acteurs, nous rions de nous-mêmes. Cette perspective, cette distance sur ce qui est dit au moment où c’est dit, je veux la traiter dans la mise en scène, je veux la traiter dans le type de jeu proposé aux acteurs. C’est la démarche centrale de l’écriture de Régis. Et la mienne."

 

LES ACTEURS

 

Alexandre Dewez : Le Voyageur 2

 

Alexandre002

 

 

Janie Follet : Nathalie

 

_mg_6141_9874

 

 

Eno Krojanker : Le Guide

 

 

 

Cédric Juliens : Le Voyageur 1

 

 

 

EXTRAIT 2

...

- On va être bien.

- On va être trop bien.

- Tu te rends compte?

- La chance.

- Ici c'est la vraie vie, vieux.

- La vraie vie.

 

Un temps

...

 

LE RAPPORT DE L'HOMME OCCIDENTAL AU VOYAGE : EXTRAIT D'UN DOCUMENTAIRE DE LOUIS MALLE 1968-69

"J'ai peur qu'ils rêvent l'Inde comme je la rêve moi-même." Louis Malle

 

 

 

REGIS DUQUE ET JEROME NAYER ONT CREE HORS-LA-LOI EN 2010 A L'ATELIER 210 A BRUXELLES.

Copyright Alice Piemme/AML

Regis-jerome3_bis

 

Quelques critiques de Hors-la-loi

Christian Jade

Critique de Hors-la-loi par Christian Jade

 

Catherine Makereel

"Avec un humour fait de petits détails (...) Hors-la-loi se révèle hors pair"

Le Soir, 22/12/2010

 

"S'il fallait choisir un seul spectacle à voir pour le réveillon, ce serait sans hésiter Hors-la-loi"

Le Soir, 29/12/2010

 

Quelques vidéos de Hors-la-loi

La bande-annonce de Hors-la-loi en 2010

 

La dernière de Hors-la-loi (création en 2010)

   

 

L'affiche d'Hors-la-loi (création en 2010)

copyright Lucas Racasse

Hll_affiche_lq

À quoi servira la collecte ?

Bonjour à tous,

 

Quatre ans après Hors-la-loi (création à Bruxelles, reprise au Théâtre des Doms pendant le festival d'Avignon, tournée en Belgique, en France et en Suisse, près de septante dates à ce jour et un Prix du meilleur auteur aux Prix de la critique 2011), nous sommes heureux de vous annoncer le fruit de notre nouvelle collaboration au Rideau de Bruxelles, en septembre prochain : La Vraie vie. Malheureusement, notre demande d'aide auprès de la Commission d'aide aux projets théâtraux (la CAPT), principale source de financement de la jeune (et moins jeune) création théâtrale francophone belge, a été refusée. Ce refus ne remet pas en cause la création de La Vraie vie, mais rend désormais le Rideau seul producteur du spectacle, qui ne peut financer la totalité des semaines de répétition initialement prévue.

 

C'est pourquoi nous lançons aujourd'hui cet appel de fonds, qui permettrait de financer  une sixième semaine de répétitions : une semaine de répétitions en plus, c'est la possibilité de vérifier une option de mise en scène générale, et de tester différents moments de mise en scène particuliers. Une semaine de répétions en plus, c’est la possibilité pour les acteurs d’occuper une réelle fonction de créateurs plutôt que de simples « faiseurs ». Une semaine de répétitions en plus, ce sont les quelques jours supplémentaires qui permettront au poulain de se hisser sur ses pattes, fragile encore mais prêt pour la rencontre publique!

 

L'argent récolté servira, dans son intégralité, à assurer les salaires des comédiens et du metteur en scène – le Rideau prenant en charge les frais de location de la salle de répétitions. En cas de dépassement de la somme espérée, n'ayez crainte : quelques jours de répétition en plus de la sixième semaine ne seront pas de refus!

 

En vous remerciant, déjà, de nous avoir suivis jusqu'ici,

 

Régis Duqué

Auteur dramatique

 

Jérôme Nayer

Metteur en scène

Thumb_hll_photo_fusillade_lq
Le Théâtre des Chardons ASBL

RÉGIS DUQUÉ J'ai seize ans quand je commence à faire du théâtre à l'école, à la fin des années quatre-vingts, et ça change ma vie. Dans les mois qui suivent, je vois Les Caprices de Marianne d'Alfred de Musset dans la mise en scène de Philippe Sireuil ; Bernard Yerlès et Christian Hecq dans Le Songe d'une nuit d'été de William Shakespeare mis en scène... Voir la suite

Derniers commentaires

Thumb_hll_photo_fusillade_lq
Bonjour à tous, Je ne sais pas vraiment quoi dire... Nous y sommes arrivés! Merci beaucoup à tous! Ce que cela m'inspire, c'est une grande sensation de soutien, beaucoup de chaleur, ce sont des gestes importants pour nous, qui nous aident à avancer! N'hésitez pas à en parler encore autour de vous pour la dernière semaine d'opération : quelques jours de répétitions en plus ne sont jamais de trop. Nous allons pouvoir travailler sereinement : c'est un cadeau de grande valeur que vous nous faites-là. Très cordialement, Jérôme Nayer, Metteur en scène.
Thumb_default
Un petit coup de pouce à votre beau projet, juste avant qu'il ne se réalise! Que le rire soit avec vous! Bises, Martine.
Thumb_hll_photo_fusillade_lq
Bonjour à tous, Aujourd'hui, nous sommes à mi-parcours de notre opération. En effet, cela fait 15 jours que nous avons commencé, et il reste 15 jours avant la clôture : c'est l'heure d'un premier bilan! Il sera très simple : votre générosité et enthousiasme nous ont portés déjà à 90% de notre but, en 50% du temps imparti pour le faire. Merci du fond du coeur pour ces soutiens rapides! Notre projet s'en trouve comme fouetté, propulsé, plein de vigueur! Merci! J'en profite également pour rappeler que le montant fixé peut-être dépassé : très sincèrement, nous n'aurons jamais trop de répétitions! N'hésitez donc pas à faire circuler l'information à l'un ou l'autre contact que vous auriez oublié : nous avons à coeur de partager La Vraie vie avec un grand nombre d'aventuriers! A très bientôt!