4 sites en béton. 4 sites imposants. 4 sites qui dérangent. Un documentaire sur l'héritage architectural du IIIème Reich en Allemagne.

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Présentation détaillée du projet

 

Note d’intention

 

Un bunker, une montagne, une barre d’immeubles, un aéroport.

Quatre sites construits sous la période du IIIème Reich en Allemagne. Quatre sites imposants ; par leur emplacement, leur taille, leur histoire. Quatre sites qui s’imposent ; aux populations, aux collectivités, aux paysages. Le documentaire « Le béton de la honte » nous emmène en Allemagne sur les traces du bunker d’Hitler et de l’aéroport de Tempelhof à Berlin, de l’Obersalzberg en Bavière et de la Cité des 20.000 sur l’île de Rügen. Qu’ils soient partiellement détruits ou toujours debout, ces lieux emblématiques du nazisme posent la question de leur gestion, sur fond de problèmes financiers, d’urbanisme et de mémoire de l’histoire. Un héritage architectural embarrassant auquel l’Allemagne fait toujours face, à bientôt 70 ans de l’anniversaire de la fin de la seconde guerre mondiale.

 

Présentation du sujet

 

Si de nombreux sites et bâtiments construits par le régime nazi ont été détruits à la fin de la seconde guerre mondiale, il en existe encore aujourd’hui un peu partout dans le pays. Certains ont rapidement connu une seconde vie, comme la Reischbank, devenue l’actuel ministère des Affaires étrangères ou le ministère de l'Air du Reich, aujourd'hui ministère des Finances. Du côté des réhabilitations particulièrement réussies, on trouve celle du stade olympique de Berlin, ou encore celle des studios de cinéma de Babelsberg (Tarantino y tourne « Inglorious Bastards » en 2008). D’autres édifices sont néanmoins plus problématiques du fait du symbole qu’ils représentent : l’entrée du « Führerbunker », le bunker berlinois dans lequel Hitler s’est donné la mort, a été condamnée au public et le Berghof de l’Obersalzberg, la mégalomane résidence secondaire du dictateur nazi, laissé à l’état de ruine, tandis qu’un hôtel de luxe tente de racheter la mauvaise réputation du lieu. C’est parfois la taille ou la localisation des sites qui posent problème comme pour l’aéroport de Tempelhof au cœur de Berlin ou la Cité des 20.000 au bord de la mer Baltique. Classés monuments historiques, ils ne peuvent être détruits. Indétrônables, gigantesques et coûteux, ils s’imposent donc aux habitants comme aux pouvoirs publics : un véritable casse-tête pour les intégrer au paysage urbain d’aujourd’hui, de surcroît dans un contexte économique de crise.

 

A travers ces différents exemples, nous voulons montrer quelles sont les questions qui se posent à propos de ces sites, quelles ont été les solutions trouvées, ou lesquelles sont envisagées pour réhabiliter ces lieux issus de la période du national-socialisme : 

 

- Y a-t-il un problème moral qui se pose dans la gestion de ces sites en Allemagne ?

- Quel est leur statut culturel ? Sont-ils tous classés monuments historiques ?

- Existe-t-il  un risque à faire de ces lieux des endroits sans histoire, sans mémoire ?

- Peut-on construire des complexes touristiques sur ces sites au passé si chargé ?

- Comment concilier la particularité de ces sites avec des problèmes d’ordre financier?

- Quels sont les acteurs impliqués? Les habitants qui vivent à proximité de ces lieux ? Les pouvoirs publics qui les gèrent au quotidien ? Les historiens ? Les touristes ?

 

Il ne s’agit pas d’un documentaire sur l’architecture nazie, ni même d’un répertoire exhaustif des vestiges issus de cette période. Nous voulons ici questionner l’existence de ces lieux et la présence de ces bâtiments dans la construction de l’Allemagne d’aujourd’hui. Et leur place dans l’Allemagne de demain.

 

La structure du documentaire

 

« Le Béton de la honte » sera un documentaire de 52 minutes, constitué de quatre volets pour les quatre sites choisis. Nous voulons réaliser un film fluide, grâce à des enchaînements de séquence cohérents, et accessible malgré la complexité du sujet. Nous prendrons le temps de nous arrêter sur chacun des lieux, pour laisser le téléspectateur découvrir leur histoire et comprendre les enjeux de leur réhabilitation.

 

1. Introduction : Berlin et le bunker d'Hitler

 

Notre documentaire s'ouvrira sur Berlin, capitale européenne singulière, qui fut au cœur des grands conflits européens du XXème siècle. 

 

Berlin

 

Rêvée en capitale du monde par Hitler, Berlin subit de nombreuses destructions dues aux bombardements alliés lors de la libération. Coupée en deux lors de la guerre froide, la ville se transforme peu à peu depuis la chute du mur. Son histoire l’a profondément marqué, tant dans sa reconstruction morale qu’urbaine. La polémique que suscita le devenir du « Führerbunker », le bunker dans lequel Hitler se suicida en 1945, illustre les difficultés inhérentes à cet héritage historique. Ayant résisté par deux fois à des tentatives de destructions (la première en 1947 par les soviétiques, et la seconde en 1959 par le gouvernement allemand), les autorités allemandes décident en mars 1990 de condamner l’entrée du bunker redoutant qu’il devienne un lieu de pèlerinage néo-nazi. Il est depuis recouvert d’un couvercle de béton, sur lequel un parking a été construit. Pendant des années, le lieu n’était pas même indiqué. Depuis 2007, une plaque le situe et rappelle aux passants son existence.

 

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L'emplacement du bunker d'Hitler indiqué par un panneau depuis 2007 à Berlin. 

 

2. L’Obersalzberg : la montagne brune n'existe-t'elle plus?

 

Nous partirons ensuite dans le sud de l'Allemagne, sur l'Obersalzberg. Tout comme le bunker où le dictateur nazi a trouvé la mort, la résidence secondaire d’Hitler, le Berghof, est un lieu que l’on préfère cacher.

 

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Les ruines du Berghof, l'ancienne résidence d'Hitler

 

Une vue imprenable sur les Alpes, une station de sport d’hiver et des eaux thermales en plein cœur d’un parc naturel : un cadre idyllique pour l’hôtel de luxe qui s’est ouvert en 2005 dans la petite ville bavaroise de Berchtesgaden. Seul un bâtiment vient assombrir la carte postale. Construit à 300 mètres de l’hôtel, le centre de documentation de l’Obersalzberg sur le nazisme s’érige en gardien de la mémoire de la montagne, celle que certains surnomment encore « la Montagne Brune ». Difficile d’imaginer pour les centaines de milliers de touristes qui s’y rendent chaque année, que l’endroit abritait le deuxième lieu de pouvoir du régime nazi il y a à peine 70 ans. Détruit par les bombardements alliés en 1945, puis rasé par les autorités allemandes en 1952, le site de l’Obersalzberg abritait la résidence secondaire d’Adolf Hitler le « Berghof », celles de quelques hauts responsables du régime (Goering, Bormann, Albert Speer), ainsi qu’une caserne et une galerie de bunkers. En guise de réhabilitation du lieu, les pouvoirs publics ont laissé se construire le complexe hôtelier 5 étoiles. Du Berghof, il ne reste rien, si ce n’est un morceau de mur difficilement repérable, à peine indiqué par une pancarte au détour d’un sentier. Cette ruine ne bénéficie d’aucun statut historique particulier. Quant au chemin menant au Kehlsteinhaus, ou « Nid d’Aigle », un bâtiment construit en 1937 à plus de 1830 mètres d’altitude sur une montagne voisine pour servir de salle de conférence au Parti nazi, il est  aujourd’hui emprunté par les très nombreux touristes voulant admirer la vue spectaculaire.

 

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L'hôtel de luxe construit en 2005 sur l'Obersalzberg

 

3. La cité balnéaire des 20.000 : un projet 100% touristique?

 

Un hôtel sur un ancien site nazi ? C’est aussi le sort réservé à une partie de l’immense barre d’immeubles de Prora, la cité des 20.000. Nous poursuivrons donc notre route vers la ville de Prora, en direction de la côte baltique du nord de l'Allemagne.

 

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Vue aérienne de l'immense barre de béton de 4,5 km, le long de la côte baltique

 

Situé dans la ville de Prora, sur l’île très touristique de Rügen, cet immense bâtiment reste méconnu, même des Allemands. Pourtant, cette barre d’immeubles de plus de 4,5 km de long sur le front de la mer Baltique n’est pas des plus discrètes. Construit entre 1936 et 1939, ce complexe a été créé par le pouvoir nazi pour offrir un lieu de villégiature aux ouvriers du régime. Inauguré trois mois avant le début de la Seconde Guerre mondiale, le site n'a jamais ouvert au public. Il a été utilisé plus tard comme caserne par l’armée allemande avant d’être laissé à l’abandon. Classé monument historique depuis 1993, il n’est pas possible de le détruire. Pour éviter qu’il ne tombe en ruine, le gouvernement local tente de reconvertir le site. Un problème de taille : compte tenu des coûts de rénovation du bâtiment estimés à plusieurs dizaines de millions d’euros, les investisseurs ne se bousculent pas pour débarrasser la ville de ce fardeau. En 2011, une auberge de jeunesse a vu le jour dans une partie de la bâtisse. Le prochain projet en date est celui d’un investisseur berlinois qui souhaite construire un complexe touristique, alors que certains auraient préféré y voir s’ouvrir une université.

 

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La cité des 20.000 qui s'étend à perte de vue à Prora, sur l'ïle de Rügen

 

4. L’aéroport de Tempelhof : débat en plein coeur de la ville

 

Dans la famille des bâtiments issus du nazisme, immenses, inamovibles et coûteux, il y a aussi le cas du célèbre aéroport de Tempelhof à Berlin, dont la gestion de son avenir a pour particularité d'être la plus participative. Nous voici de retour dans la capitale allemande, où notre documentaire s'achèvera. 

 

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Vue aérienne de l'ancien aéroport de Tempelhof et de son parc, transformé en aire de jeux depuis 2010

 

Baptisé « mère de tous les aéroports » par l’architecte britannique Norman Foster en raison de sa modernité, l’aéroport de Tempelhof est aussi un lieu chargé d’histoire. Premier aéroport commercial au monde lors de son ouverture en 1923, il est réaménagé entre 1936 et 1941 sous l’ère du national-socialisme allemand : il est transformé en un bâtiment semi-circulaire gigantesque et imposant à l’image de « Germania », la capitale d’une grande Allemagne fantasmée par Hitler et qui ne verra jamais le jour. Entre 1948 et 1949, il devient une base du pont aérien  mis en place par les armées américaines et britanniques pour échapper au blocus soviétique. Jugé inadapté aux exigences du transport aérien moderne, l’aéroport situé en plein centre-ville est définitivement fermé en octobre 2008. Le samedi 8 mai 2010, le jour commémorant le 65e anniversaire de la capitulation du IIIe Reich, les anciennes pistes d’atterrissage sont rouvertes au public, qui profite depuis de cette immense aire de jeux au cœur de Berlin. Suite à un concours d’idées organisé par la ville, il est déjà prévu qu’une partie du site soit aménagé pour accueillir l'Exposition horticole internationale en 2017. Pour les autres parties du parc, tout comme pour le bâtiment classé monument historique, leur avenir est incertain. S’il existe de nombreux projets de reconversion de ce vaste site (comme une bibliothèque municipale, un musée de l’aviation, des logements, etc.), subsiste le problème des centaines de millions d’euros à débourser par la ville-Etat de Berlin, déjà très endettée.

 

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Le bâtiment principal de l'ancien aéroport

 

 

Note de réalisation 

 

Nous voulons réaliser un reportage dynamique et moderne. Certes, il s'agit d'enquêter sur des lieux du passé, mais en s'intéressant à leur gestion présente et future. Nous utiliserons donc peu d'images d'archives. L’utilisation de la technique du time lapse sera par exemple appropriée, comme les effets de flou/net lors du tournage. 

 

Nous voulons montrer avant tout que ces lieux existent toujours et font partie du paysage de l'Allemagne d'aujourd'hui, qu'ils soient cachés ou exposés. 

 

Nous voulons faire de ces lieux nos personnages : ils ont une histoire, un présent, un futur. Ils ont vécu des dizaines d’années, ils vont en vivre au moins des dizaines d’autres. Nous les présenterons et les filmerons de la façon la plus complète possible. Pour cela, nous utiliserons une caméra sony EX1, ainsi qu’un boîtier 5D. Nous ferons à la fois le choix de plans larges, pour saisir l'imposante présence des bâtiments, ainsi que des plans plus rapprochés, qui dévoileront les détails de ce béton de la honte

 

Nous nous appuierons sur les interviews de nombreux interlocuteurs (responsables politiques, historiens, experts, habitants, touristes...).

 

Nous ferons usage d'une voix off, ainsi que de musiques spécialement composées pour le documentaire. 

À quoi servira la collecte ?

Grâce à vos dons, nous pourrons financer : 

 

- La location pour 15 jours d’une caméra Sony EX1, d'un kit micro, d'un trépied et de lumières = 1260 euros

- Les déplacements pour 2 aller-retours Berlin-Munich et pour 2 aller-retours Berlin-Prora = 500 euros

- L'hébergement pour 3 nuits à Berchtesgaden et 3 nuits à Prora pour 2 personnes = 600 euros

- Une partie des coûts de post-production (étalonnage, mixage, sous titrage) = 400 euros

- Le coût de la comission kisskissbankbank (8% de la collecte) = 240 euros

 

---> COÛT TOTAL = 3000 euros

 

Nous prendrons en charge les frais suivants : 

 

- Les coûts de nourriture

- Les déplacements autres

- Les contreparties des internautes

 

Si nous dépassons l'objectif de notre collecte KissKissBankBank, nous utiliserons vos dons pour : 

 

- Acheter du matériel supplémentaire : cartes mémoire, disque dur

- Financer les coûts de post-production supplémentaires

- Offrir une compensation aux compositeurs de la bande sonore du documentaire

 

Nous utiliserons également nos propres moyens de production : 

- 1 boitier Canon EOS 5D Mark II

- 1 caméra embarquée Go Pro HD HERO 3

- 2 ordinateurs portables équipés du logiciel de montage FinalCutPro

 

AIDEZ-NOUS A FINANCER CE PROJET! MERCI D'AVANCE À TOUS NOS SOUTIENS!

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Marion&Andrew

Nous nous sommes rencontrés l’été dernier à Berlin, au sein d’une Filmschool, créée avec un groupe d’amis venus des quatre coins du monde et avec qui nous avons travaillé sur divers projets de vidéos artistiques. Marion est journaliste et titulaire d’une carte de presse allemande. Diplômée du master de journalisme de Sciences Po Grenoble, elle travaille... Voir la suite

Derniers commentaires

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Go go go !
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Dearest Andrew: I love you dearly and wish I had more than 20 dollars in my pocket! Good luck! Kaylee
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Bonjour Marion, Justine m'a transmis tes coordonnées afin que la famille Aurier Barbier puisse te soutenir dans ce beau projet et dans ton énergie créatrice. Nous souhaitons de tout coeur que tu sois sélectionnée pour le finaliser. Affectueusement de nous quatre. Dominique.