Un matin, Anatole lit dans son journal une annonce : il doit trouver 10 gags avant le soir même pour gagner le concours. Devant la page blanche, aucune idée ne lui vient. Il décide de sortir dans la ville pour trouver l'inspiration. C'est alors qu'autour de lui va s'articuler 10 situations burlesques sans qu'Anatole ne s'en aperçoive...

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Présentation détaillée du projet

Tout a commencé avec la diffusion à la télévision du "Soupirant" de Pierre Etaix. Depuis mon enfance, je suis attiré par le monde du spectacle et du burlesque plus particulièrement. J'ai moi-même fait 7 ans de théâtre et je fais du clown aujourd'hui.

Dès lors, je me suis intéressé à comment écrire des gags, la sensibilité poétique que fait sourire et rire (parfois pleurer) le spectateur. Depuis janvier, j'ai créé le personnage d'Anatole, personnage circonspect et qui redécouvre le monde chaque jour. Pour cela, j'ai scrupté tous détails des oeuvres de Chaplin, Keaton, Tati, Etaix... Et j'ai appris beaucoup sur le sens du comique slapstick, ce burlesque américain si cher aux années 10 et 20.

"Le Concours d'Anatole" sera un court-métrage de 15 minutes en noir et blanc, avec peu de paroles mais une ambiance sonore (les bruits de la ville, certains sons amplifiés pour leur donner un effet comique,...). L'équipe technique compte 10 personnes et 10 comédiens m'entourent dans ce projet que j'ai écrit, que je réalise et dont j'interprête le rôle-titre. Le tournage a lieu du 18 au 23 juillet 2012 sur Paris, principalement dans le 18ème arrondissement.

Le but de ce projet est (entre autre de créer un personnage récurrent et une série de court-métrage du même type) surtout de faire rire le public. Donner de la sensibilité et de l'humour à un public le plus large possible, du petit enfant au plus grand.

 

Voici le scénario :

Le concours d’Anatole

Séquence 1 – Ext Jour – Le petit matin à Paris.

Le soleil se lève à l’horizon. Sur le périphérique, les files de voitures s’allongent. Les chauffards, les opportunistes… tout ce petit monde s’échange noms d’oiseaux et coups de klaxon. Sur les trottoirs de Paris, ça s’agite également. Les véhicules embouteillés se font doubler par le pas frénétique du travailleur se rendant... au boulot. Les talons claquent sur le sol et les pieds finissent par s’engouffrer dans le métro. Et soudain, un grand « COCORICO » s’élève dont on ne sait où. Personne ne semble l’entendre mais le son est bien là, comme il serait dans la campagne, bien plus utile sans doute et plus logique certainement. Mais d’où vient cette sonnerie étrange ?

Séquence 2 – Ext Jour et Int Jour – Petit Matin – Rue et appartement Anatole – Anatole et le facteur.

Les façades des immeubles s’illuminent de plus en plus. Et toujours ce « Cocorico » qui n’en finit pas. Mais arrivé devant le n° 92 de la rue, le bruit se fait plus précis. Une fenêtre d’appartement semble avouer « c’est ici qu’on dérange tout le monde ». De dessous sa couette, Anatole émerge, s’étire, se passe la main sur le visage. Il sort de son lit, encore fatigué. Il enfile sa robe de chambre. Il entre dans son salon. L'air encore endormi, les yeux à moitié fermés, il reste figé. Là, juste à côté de lui, un énorme coq de taille humaine - le réveil d’Anatole - s’égosille. Il sursaute, se réveille de nouveau, se retourne, à gauche, à droite, les bras en position de boxe, comme pour parer une agression. Soulagé en voyant l'animal géant, Anatole veut l’éteindre mais ne sait pas comment faire. Il va pour le débrancher mais a beau tirer, le fil reste inexorablement coincé dans la prise. Anatole recule, s’avance, sur un pied, sur les deux. Quelqu’un frappe à la porte. Laissant son réveil de côté, Anatole va ouvrir. C’est le facteur qui lui apporte le journal. Anatole profite de l’occasion pour lui demander si il ne peut pas l’aider à arrêter le boucan. « Voilà !... Je sais pas comment... », dit Anatole au facteur, l'air navré. Le facteur s’avance vers le coq, passe sa main derrière le cou de ce dernier et plus aucun son n’en sort. Anatole a, pendant ce temps, ouvert son journal. Il n’a pas fait attention à ce qu’a fait le facteur, il le remercie et l’accompagne à la porte. Il retourne au salon, s’assoit et continue de lire son quotidien. Anatole est tout à coup attiré par quelque chose : un article paru ce jour évoque un concours de scénario. Il faut trouver 10 gags dans la journée et envoyer son scénario le soir même. Annonce du journal : « A tous les artistes, trouvez 10 gags avant ce soir et vous remporterez une somme de 1 000 000 000 euros. A vos stylos ! ». Anatole sort une feuille blanche et un stylo. Il lève le front, fixe le plafond. Il cherche des idées, hésite, griffonne, rature. Concentré mais distrait, il tâtonne la table pour y trouver des morceaux de sucre à mettre dans son café. Ses doigts saisissent une gomme qui termine dans la tasse. PLOC. Anatole, désemparé, décide de se lever, sort du salon. Dans sa salle de bain, il n’a plus qu’à faire son nœud de cravate. Anatole est habillé d’un costume noir. Il s’approche de son miroir. Deux autres glaces sont situées en dessous du miroir. Anatole est circonspect quand il découvre son reflet dans le miroir du dessous. Il se penche mais son reflet repart vers le haut. Fatigué des allées et venues de son visage, il décide de faire son nœud sans se soucier de son image. Avec son sourire et sa légèreté, Anatole entre dans le salon pour finir de se préparer. Il tend le bras, prend son chapeau, tend l’autre bras, ouvre la fenêtre et passe son bras dehors pour vérifier qu’il ne pleut pas. Sa main est mouillée. « Il pleut », en déduit Anatole. Il referme la fenêtre, prend son parapluie et sort de chez lui. Dans l’escalier, après avoir fermé sa porte à clef, il dévale les marches rapidement. Avant de sortir dans la rue, il ouvre son parapluie, ce qui l’encombre pour sortir par la porte trop étroite. Il passe une jambe par dessus le manche, passe l'encadrement de la porte, contourne les baleines... Arrivé dehors, en bas de l’immeuble, il ne pleut pas. Une flaque s’étend sur le trottoir. Anatole regarde en l’air et aperçoit sa voisine qui arrose ses fleurs. « Bonjour » lui dit-elle, « Quel temps magnifique, n’est-ce pas ? ». Anatole, regardant son parapluie encore ouvert, exprime un petit « ah ben, c’est malin alors ! ». Anatole referme son pépin et commence sa promenade.

Séquence 3 – Ext Jour – Matin – Jardin d'Eole – Anatole et la jeune fille en vélo.

Anatole marche tranquillement entre les quelques arbres du jardin d'Eole. Une jeune fille, en robe à motifs, vient à passer près de lui, son vélo à côté d’elle. Anatole la salue très poliment, mais relevant le menton, elle le snobe. Il la suit du regard, remet son chapeau sur sa tête. Derrière un premier arbre, la jeune fille disparaît. Anatole, étonné par cette soudaine éclipse, regarde derrière l'arbre mais ne voit rien. 5 mètres plus loin, derrière un autre, la jeune fille réapparaît. Anatole l’aperçoit, la regarde sans aller jusqu’à ce qu’elle soit hors de sa vue. Il se retourne pour partir et là, la même fille avec le même vélo revient du même endroit par lequel elle était arrivée la première fois. Anatole la resalue, elle le resnobe. Cette fois, elle ne disparaît pas entre les deux arbres. Anatole, circonspect, la regarde à nouveau s’éloigner. Mais à peine s’est-il retourné pour continuer sa route, qu’elle revient par le même endroit. Anatole ne la salue pas et décide de repartir.

Séquence 4 – Ext Jour – Midi – St Denys de la Chapelle – Anatole, le mendiant et la petite vieille.

Devant l’église St Denys de la Chapelle, un homme fait la manche. Il est assis sur une couverture sur les marches de l’église, une bouteille de rouge à côté de lui. Anatole marche sur le trottoir et arrive au niveau du clochard. Il le voit et enfile sa main dans sa poche pour y chercher une pièce de monnaie. De son autre main, il retire son chapeau. Il se baisse pour déposer la pièce dans l’écuelle du mendiant et place son chapeau dans son dos, dans une position révérencieuse. Et au moment où Anatole dépose son offrande, une petite vieille, courbée et un brin bigleuse, sort de l’église, voit le chapeau d’Anatole et, croyant que c’est quelqu’un qui mendie, dépose une pièce puis s’en va. Anatole se retourne et voit la pièce dans son couvre-chef. Il la saisit, interrogatif, regarde le ciel, se demandant d’où cela peut-il bien provenir. Une fois la pièce rangée, voulant se recouvrir la tête, Anatole perd son chapeau que le vent soudain emporte. Il se met à courir après.

Séquence 5 – Ext Jour – Début d’après-midi – Rue de Marx Dormoy et Rue du Département– Anatole, la femme forte et son chien.

Le chapeau virevolte dans les airs. Il va à droite, part à gauche, revient par-ci, repart par-là. Anatole ne sait plus où donner de la tête. Il suit son chapeau, courant à toute allure, les genoux bien remontés. A un carrefour, Anatole perd la trace de son bien et observe les alentours. Au loin, un petit chien a un chapeau sur la tête. Anatole le voit, s’élance pour le récupérer. Arrivé à hauteur de l'animal, il se baisse. A ce moment-là, il entend un « hum, hum ! ». Il lève la tête et remarque la maîtresse du chien, le visage patibulaire. Il y a quelque chose de drôle entre ce petit chien et sa maîtresse assez ronde à l’air désagréable. Voyant l’expression de la femme, Anatole la regarde. Elle lève les yeux vers son crâne. Anatole s’aperçoit alors qu’elle a son chapeau sur la tête. Et le chapeau qu’Anatole s’apprêtait à prendre est bien celui du chien. Il récupère son bien, s’excuse auprès de la personne qui continue de le regarder de haut. A reculons, Anatole s’éclipse doucement.

Séquence 6 – Ext Jour – Après-midi – Un pont sur le Canal St Martin – Anatole, l’homme sur le pont.

Anatole remet son chapeau sur sa tête. Il est accoudé à une rambarde d’un pont sur le Canal St Martin. Derrière lui, sur la rambarde opposée, un autre homme lui tourne le dos. Anatole ne l’a pas vu. Le regard perdu dans le vague, concentré à chercher des gags, Anatole fait tomber machinalement des petits cailloux dans l’eau. Il en fait tomber un premier et derrière lui, l’homme se prend un petit caillou sur le crâne. Ce dernier regarde vers le ciel, ne voit rien, retourne à ses occupations. Anatole, toujours songeur, jette un second gravier et rebelote, l’homme lève les yeux au ciel en se frottant le dessus de sa tête. Il regarde autour de lui, cherchant le coupable qui a eu l’audace. Il ne trouve qu’Anatole. L’homme s'avance vers Anatole qui ne le voit toujours pas. Dans son dos, l'individu le regarde méchamment, soupçonnant une farce. Et soudain, l’orage éclate, un grondement se fait entendre. Anatole balance son parapluie sur son épaule gauche qui vient frapper le crâne de l'autre qui s'énerve de plus belle. Il laisse tomber le reste de pierre qu’il a dans la main, ouvre son pépin et à ce moment-là, une pluie de cailloux tombe sur la tête de l’autre individu. Anatole, sans y prendre garde, s’en va tranquillement sous le regard exaspéré du passant.

Séquence 7 – Ext Jour – Après-midi – Rue Alibert – Anatole, le cireur qui louche et le client aigri.

Anatole s’est arrêté pour refermer son parapluie. Absorbé par ce qu’il est en train de faire, il ne voit pas qu’il est en plein milieu d’une grosse flaque d’eau qui lui monte jusqu’à mi-hauteur de ses souliers. Il ne s’en aperçoit que lorsqu’il va pour continuer sa marche. Ses chaussures salies, il distingue sur le trottoir en face un cireur de chaussure installé là. Anatole prend place sur une chaise, le cireur commence à lui nettoyer ses pompes. Lorsque ce dernier a terminé d'enlever la boue et autres saletés et s’apprête à cirer les chaussures noires d’Anatole, un homme de la Haute, sans gêne et avec des chaussures blanches, arrive et s’installe sur la chaise à côté de notre scénariste en herbe. L’homme est tellement brusque qu’il décale légèrement le siège d’Anatole. Le cireur, armé de cirage noir, retourne à sa besogne et commence à cirer en noir les chaussures blanches du nouvel arrivant. Ce dernier, plongé dans son journal, ne s’aperçoit de rien. Anatole regarde, d’un air halluciné. Il baisse la tête très bas, le nez presque collé aux souliers de son voisin. Il tourne son regard vers le cireur qui le regarde... en louchant. Anatole admire rapidement ses chaussures propres, se lève, fait ses poches afin de trouver une pièce et la tend au cireur qui le remercie d'un salut. Anatole le salue en retour et s'en va.

Séquence 8 – Ext Jour – Après-midi – Rue Ordener – Anatole et un jeune homme attendant le bus.

Dans une rue passante, Anatole s'aperçoit que le bouton le plus haut de sa veste pend. Tout en évitant les gens, fixant le défaut, il décide de tirer sur le bouton du dessus. Le premier se remet en place. Anatole, lassé, lève les sourcils. Il tire sur le troisième, HOP, le quatrième, HOP,... Et puis... Plus de bouton. Il s'arrête, regarde à gauche, à droite, l'air désespéré. Un jeune homme regarde sa montre à un arrêt de bus. Il se met sur la pointe des pieds pour voir si le transport arrive. Machinalement, Anatole, passant devant, lui tire sur un de ses boutons. Le jeune homme n'a rien vu, concentré par son attente. Et comme par magie, tous les boutons d'Anatole ont repris leur place. Il s'en va tout en dépoussiérant sa veste, satisfait. Le jeune homme remarque enfin l'escroquerie mais, a beau regarder à droite, à gauche, interrogatif, le diablotin s'est déjà envolé.

Séquence 9 – Ext Jour – Après-midi – Rue Doudeauville – Anatole et deux déménageurs.

Sur le trottoir de la rue Doudeauville s'amoncellent et s'étalent un buffet, un bureau, des cartons, des sacs, des mannequins,... Un déménageur, assis sur un meuble, va pour s'allumer une cigarette. Un autre déménageur, son chef, arrive, les bras encombrés de cartons. Voyant l'autre flemmarder, il s'énerve : « Eh ! (l'autre sursaute, tombe de son assisse, affolé, range sa cigarette) Au boulot ! » Ils chargent tous les deux un utilitaire. Anatole s'avance. Voyant les trains passés sur les rails de Gare du Nord, il se fige à côté des affaires pour observer les voies de chemin de fer. Les déménageurs font des allers-retours. Il ne reste plus qu'un mannequin. Ils le transportent à deux jusqu'au véhicule et reviennent, attrapent Anatole qu'ils croient faire partie du lot. Et ils l'emmènent, referment les portes arrière et démarrent.

Séquence 10 – Ext Jour – Après-midi – Montmartre, Sacré Coeur – Anatole.

Le véhicule de déménagement roule. D'un coup, la porte arrière s'ouvre, Anatole tombe, un mannequin dans les bras. Il se relève. Le camion est déjà loin. Anatole regarde sa montre, il est 18h et il n'a toujours pas trouvé d'idées de gags. L'air mélancolique, il s'assoit sur une marche du Sacré-Coeur, le mannequin à ses côtés. Sa tête entre ses mains, il regarde devant lui, soufflant du désespoir de n'avoir rien trouvé. Un homme vient s'asseoir près de lui. C'est Anatole qui fait du yoyo, l'air dépité. Un troisième homme s'avance, salue les deux autres. C'est encore un Anatole qui, lui aussi le visage triste, s'assoit et enlève son chapeau. Il regarde les deux autres et leur dit : « Qu'est-ce que c'est dur de trouver des gags !!! ».

 

FIN

À quoi servira la collecte ?

La préparation du projet est bien avancé et continue chaque jour. L'argent servira à défrayer les techniciens et les comédiens (800 euros), à acheter les différents besoins de la régie (le manger, les différents accessoires que nous n'avons pu trouver) (500 euros), la location du peu de matériel que nous avons à louer (matériel de son, matériel de lumière) (600 euros) ainsi que la location d'une salle de projection pour projeter le film une fois qu'il sera terminé (250 euros). Et ainsi faire partager le résultat de cette aventure collective.

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François Cougnon

Je m'appelle François Cougnon. Je suis né le 26 mars 1984 à Confolens en Charente. Après avoir déménagé en Vendée, je découvre en 1995 le théâtre. S'en suivra une histoire d'amour de 7 ans, enchaînant des rôles dans des pièces de Garcia Lorca, Shakespeare,... dans une adaptation théâtrale de la famille Adams,... La découverte du cinéma est également pour... Voir la suite

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« Je ferai le clown de mon mieux. Et peut-être ainsi je parviendrai à faire l’homme, au nom de tous. » de Michel Quint
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Que des belles choses autour de ce projet, John.
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Heureux de pouvoir vous aider dans cette aventure, j e croise les doigts pour qu'elle aille au bout.