Quelle est la valeur d’une œuvre sur laquelle ne se porte aucune attention ? Contribuez à rémunérer les 16 artistes!

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Présentation détaillée du projet

LE FESTIVAL DE L'INATTENTION est un festival de performances et d'installations d'art contemporain dans l'espace public.

 

Autour de Glassbox, 4 rue Moret, Paris,11ème (Métro Ménilmontant)

Les 24, 25, 26 Juin 2016

Vernissage le 24 juin à 18h

Tous les soirs à 19h le public est invité à échanger avec les artistes.

 

Avec : Céline Ahond, Alice Didier Champagne, Julien Discrit, Mark Geffriaud, Thomas Geiger, Ann Guillaume, Florence Jung, Myriam Lefkowitz, Paul Meheke, Flora Moscovici, Jeanne Moynot, Jeffrey Perkins, Fabrice Reymond, Zoé de Soumagnat, Anne-Sophie Turion, Capucine Vever

 

Un guide rempli d'indices créés par les artistes sera donné à Glassbox ; conception graphique: g.u.i. (Angeline Ostinelli et Sarah Garcin).

 

Une proposition de Sophie Lapalu

 

(visuel : Julien Discrit, Something Rather than Nothing AZ, 2013)

 

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Thomas Geiger, Festival of Minimal Actions, 2015

          

         « Le quotidien, c’est ce qu’il y a de plus difficile à découvrir »[1] nous dit Blanchot. L’attention se porte habituellement sur l’exceptionnel, l’événement. Or la caractéristique majeure du quotidien est son indétermination. Au moment où l’homme le vit, son regard le dépasse et il ne peut pas lui donner sens en l’inscrivant dans un ensemble cohérent. Il reste « inaperçu »[2]. Comment serait-il possible de focaliser notre attention sur celui-ci ?

 

            Depuis la fin des années 1970, l’attention est apparue comme une nouvelle forme de rareté, déplacée « depuis le pôle de la production vers le pôle de la réception »[3]. Si autrefois il fallait payer pour avoir accès aux ressources, aujourd’hui celles-ci sont souvent en « libre » accès mais nous payons cette liberté de notre attention. Cette dernière, quantifiée, représente une nouvelle forme d’économie. Aussi n’est-il pas rare de proposer à un artiste de travailler gratuitement à une exposition, en échange de l’attention qui sera portée à son travail. L’œuvre gagne en notoriété et accumule des « revenus d’attention » [4], entendus comme une forme de rémunération. Le niveau d’attention portée à l’œuvre augmente la valeur monétaire de celle-ci. L’artiste quant à lui n’aura sûrement rien pour payer son loyer. Il est toutefois obligé d’accepter : n’est-il pas difficile d’attirer l’attention du spectateur dans la surabondance de production culturelle ?

 

          Le « Festival de l’inattention » explore les différentes polarités de l’attention et de l’inattention en investissant l’espace public autour de Glassbox au travers d’oeuvre furtives. Dans la galerie sont présentées des incitations à aller voir si l’art est ailleurs. Tous les soirs, le public est invité à échanger avec les artistes dans un bar du quartier.

La confrontation à l’œuvre est reconfigurée ; le spectateur doit partir à sa recherche, accepter de la manquer, de se tromper ou de la croiser par hasard. Soit rien ne permet de distinguer l’oeuvre d’un événement quotidien, soit la proposition porte l’attention du public sur ce qu’habituellement il ne remarque pas. Les artistes investissent ainsi ce qui constitue ce « nouvel horizon du capitalisme ». Le doute s’installe et le sens donné aux choses perçues est remis en mouvement.

 

[1] Maurice Blanchot, « La parole quotidienne » (1962), dans L’entretien infini, Gallimard, Paris, 1969, p. 355.

[2] Ibid.

[3] Yves Citton, « Introduction », L’économie de l’attention, Nouvel horizon du capitalisme ?, p. 8.

[4] Georg Franck, « Economie de l’attention », dans ibid., p. 57-58.

 

 

BIOGRAPHIES DES ARTISTES

 

Céline Ahond

L’artiste réalise des visites guidées où tout écrit et tout fait image. En s’appuyant sur l’espace architectural, l’artiste dessine un palais de la mémoire dans lequel elle installe sa parole et ses mots, et transforme ainsi compréhension de l’espace urbain.

 

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Céline Ahond, Être là, visite (c) Marie Bechetoille

 

Alice Didier Champagne

Tout en jouant sur la frontière entre fiction et réalité, l'artiste nous plonge dans un univers où poésie et humour côtoient des questions culturelles, géopolitiques ou sociales. 

 

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Alice Didier Champagne et Paul Maheke et Alice Didier Champagne, Sans titre, 2014, documentation d'une action, Île de Vassivière

 

Julien Discrit

Mettre en forme les décalages, les ambiguïtés et les paradoxes qui se nouent entre la carte et le territoire pourrait peut être résumer une recherche qui se déploie de l’installation à la performance, de la photographie à la vidéo.

 

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Julien Discrit, Territoire Hopi, 2015

 

Thomas Geiger

La plupart des œuvres de Geiger trouvent leur origine dans l'interaction dans et avec l'espace public. À certaines occasions, l'artiste apparaît comme observateur, à d'autres, il agit lui-même. Sa performance continue “Je veux devenir millionnaire” lui permet de financer et de réaliser ses nouveaux projets. 

 

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Thomas Geiger, Festival of Minimal Actions, 2014

 

Mark Geffriaud

Né en 1977. Vit et travaille.

 

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Mark Geffriaud, Grand-bi, 2015

 

Ann Guillaume

La recherche et l’enquête sont ses modes d’action. Les objets qu’elle emprunte, ou qu’elle réalise se situent entre la recherche et l’exposition, ces objets s’incarnent des lors qu’ils se partagent. Chaque objets ou environnements installent alors le spectateur/acteur dans un espace de dialogue ou la circulation des savoirs est favorisée.

 

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Ann Guillaume, On m'a dit... C'est comme...Werner Herzog , Visite performée, (c) David Droubaix, 2013

 

Florence Jung

Co-auteur d’un manuel de vulgarisation de géologie urbaine et admirant Hume pour cette phrase « Il n'est pas contraire à la raison de préférer la destruction du monde à l'égratignure de mon doigt ».  

 

Myriam Lefkowitz

Sa recherche se focalise sur les questions d'attention et de perception. Elle la développe à travers différents dispositifs immersifs pour un spectateur et un performeur. 

 

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Myriam Lefkowitz, Walk, Hand, Eyes, Samdani Art Foundation, 2015

 

Paul Maheke Ngamaha

Sa recherche s’articule autour d’une pensée décoloniale et émancipatrice qui s’intéresse aux principes d’identité culturelle et de nouvelles subjectivités. 

 

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Paul Maheke, Tropicalité, l’île et l’exote, 2014, vidéo

 

Flora Moscovici

Les interventions picturales de Flora Moscovici visent à se fondre dans leur support et à révéler ainsi certains de ses aspects tout en apportant progressivement quelque chose qui est autre. L'espace dans lequel la peinture agit se dédouble alors, révèle sa trame, une essence primitive. 

 

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Flora Moscovici, Les Lueurs, 2015 

 

Jeanne Moynot

Entre théâtre de fête foraine et installation DIY, photographie de collège et performance ivre, chant populaire et fête improvisée, son travail ne cesse de renverser l’ordre établi.

 

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Jeanne Moynot, People don't have balls, me neither, 2015

 

Jeff Perkins

Poète secret, réalisateur, il a  été chauffeur de taxi à New York dans les années 1980-90, détective privé, directeur de la cinémathèque 13 à Los Angeles, créateur de lights shows pour le Velvet Underground ou Janis Joplin...

 

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Jeffrey Perkins, Licence de chauffeur de taxi, 1985

 

 

Fabrice Reymond

Ecrivain, poète, vidéaste, commissaire d’exposition. Il ne cesse d’écrire l’Anabase, le retour à la maison des dix mille mercenaires menés par Xénophon.

 

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Fabrice Reymond, Le Manifeste du Grand Rewind, Les Laboratoires d'Aubervilliers, 2014

 

Zoé de Soumagnat

"Comment une peinture peut-elle se déplacer de murs en murs, dans un musée ou une maison de banlieue ? Comment un motif ou un geste peut-il migrer d’une tombe Egyptienne à un vase du XIXe siècle puis à la pochette d’un album de New Wave ?  » Lee Triming

 

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Des femmes en formes, Esther Girard et Zoé de Soumagnat, Vevey, Suisse, 2015.

 

Anne-Sophie Turion

Anne-Sophie Turion  conçoit des projets transversaux, entre les arts visuels et le spectacle vivant. Elle entretient des zones d’instabilité propices aux glissements qui laissent s’infiltrer l’absurde, l’incongru et l’ironie.

 

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Anne Sophie Turion, A Free Replay, performance, 2013

 

Capucine Vever

Elle produit des récits prenant forme au travers d’actions, de vidéos, d’installations, de créations sonores, de cartographies et de projets éditoriaux. La notion de territoire est inhérente au développement et induit pour chaque nouveau projet une direction et un sens spécifique. 

 

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Capucine Vever, LES RÉMANENTS, installation, sculpture, vidéo, Forêt de St Setiers, 2013

 

À quoi servira la collecte ?

Glassbox finance la production à hauteur de 1200€.

Malheureusement, cela ne permet pas de payer "décemment" les artistes.

Contribuez à rémunérer leur travail ! Participez.

Si nous arrivons à 2500€, nous pourrons payer 200€ chaque artiste (le minimum...). 

Si nous dépassons la collecte, nous les paierons d'autant mieux!

 

 

 

 

 

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Sophie Lapalu

Critique d’art et commissaire d’exposition, Sophie Lapalu est diplômée de l’Ecole du Louvre et de l’Ecole du Magasin. Elle termine actuellement son doctorat à l’Université Paris 8, où elle donne des cours aujourd’hui, après trois années en tant que coordinatrice de l’espace d’exposition de l’ENSAPC, YGREC. Elle est membre du comité de rédaction de la... Voir la suite

Derniers commentaires

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Allez! Encore 2 jours pour boucler la collecte!! Vive la création!
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En espérant que tu auras plein de dons pour payer les artistes 200 € min. Bien à toi, Jacques et Marie-Laure (Entre-deux, Nantes)
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c'est un projet qui mérite d'être soutenu : )