Aidez-nous à créer "Le Marchand et le Djinn", conte des Mille et une Nuits avec narratrice, marionnettes et théâtre d'ombres, afin de retrouver la simplicité, la poésie et la force symbolique du conte qui émerveille petits et grands.

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The project

Comment retrouver la simplicité, la poésie et la force symbolique du conte? Nous choisissons d'associer l'univers merveilleux des Mille et une Nuits avec la magie symbolique de la marionnette et du théâtre d'ombre, représentations épurées de l'être. À travers ce conte, nous interrogeons la vie, ses priorités, cette force omniprésente qui semble nous guider tantôt selon, tantôt contre notre gré. C'est la question du sens de notre présence ici-bas qui est abordée. N'est-il pas dérisoire de vouloir sans cesse repousser l'échéance fatale? Nous questionnons aussi le processus théâtral, la place du comédien, du narrateur, de celui qui créé l’histoire. Mettre en scène un conte charmant et dur, qui pose les questions de la vie tout en émerveillant petits et grands, voilà notre désir.

 

Les personnages : entre symbole et quotidien

Schéhérazade (narratrice) : jeune femme qui doit émerveiller pour survivre.

La Mort (marionnettiste) : compagne de route

Le Marchand (marionnette) : victime du djinn

Le Djinn (marionnette) : mauvais génie en quête d’une tête de Turc

Les trois Vieillards (marionnettes) : providence

Les Ombres : fruits de l’imagination des vieillards

 

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Schéhérazade, une narratrice à la destinée merveilleuse

À l’origine des « Mille et une Nuits », on découvre le personnage de Schéhérazade, fille du vizir du roi des Indes et de la Chine intérieure, seule femme ayant survécu à son mariage avec le monarque. En effet, déshonoré par la débauche de sa première femme, ce grand roi du monde oriental avait décrété ne jamais plus vouloir faire confiance au beau sexe et il tuait toutes ses femmes au lendemain de leur nuit de noces. Mais Schéhérazade, qui souhaitait à tout prix faire cesser le massacre, eu l’idée de narrer à son époux des récits traditionnels pleins de merveilles. Et c’est ainsi qu’éveillant sa curiosité, elle parvint à faire reporter sa mort au lendemain, et cela pendant mille et une nuits.

 

L’histoire : Initiation d’un marchand à travers une destinée providentielle

Le récit que je choisis de raconter est le propos d’une de ces nuits merveilleuses. L’histoire, intitulée « le Marchand et le Djinn », est celle d’un marchand réputé, condamné par un mauvais génie. Traversant le désert au retour d’un voyage d’affaires, ce pauvre homme rencontre sa mort. Affligé, il convainc le djinn de lui laisser un délai d’un an pour conclure ses affaires et préparer son départ éternel. Mais n’est-il pas dérisoire de vouloir reporter ainsi l’échéance fatale ? Cependant il respecte à la lettre son engagement, revient un an plus tard, après avoir accompli tous ses devoirs de père de famille, et rencontre alors trois vieillards qui vont entreprendre de lui sauver la vie.

 

Le conte dans la tradition littéraire actuelle

Il ne faut pas oublier ce que représente le conte merveilleux. Réalité plus naïve, plus spontanée, plus simple, mais qui nous donne à réfléchir sur les aspects essentiels de la vie : l’amour, la mort, le devoir, l’honnêteté… Comme nos contes européens, ces histoires de traditions orientales ont une visée morale. L’adaptation est légèrement laïcisée, mais le texte conserve une grande partie de son patrimoine originel. Ainsi, selon un principe familier à Jean de la Fontaine et à Voltaire, nous sommes confrontés à des récits qui font allusion à nos propres expériences, sous couvert d’histoires naïves qui prennent naissance en un pays étranger.

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Note de mise en scène : La place du comédien dans l’histoire du marchand, une narratrice créatrice et un marionnettiste guide et destinée

Mon projet est de mettre en évidence les différents niveaux de réalité (ou différents niveaux de rêves) grâce à une double mise en abîme. Le personnage de Schéhérazade, interprété par une comédienne, nous raconte celle d’un marchand, d’un djinn et de trois vieillards interprétés par des marionnettes portées (d’un mètre environ), qui eux-mêmes nous racontent trois histoires représentées par des ombres. Il ne s’agit pas de créer un spectacle de marionnettes au sein de la représentation, mais de figurer le procédé théâtral.

Parmi les mille et une histoires merveilleuses que Schéhérazade raconte, j’en ai choisi une qui me semble bien traduire le pouvoir que la perspective de la mort peut avoir sur notre vie. Elle en est le moteur et le but, étant la seule chose dont nous soyons certains, à la fois terrifiante et essentielle. En effet, je ne tiens pas à représenter le contexte original des « Mille et une Nuits » : l’enjeu de survivre à un roi n’est pas assez concret pour le spectateur contemporain. C’est pourquoi j’imagine une narratrice que l’on peut retrouver aujourd’hui dans nos rues de Paris, une sans-logis qui doit lutter contre la faim pour survivre. C’est aux passants qu’elle raconte ces histoires merveilleuses. Elle les fascine, les entraîne dans un autre monde et leur fait oublier soucis et préoccupations. L’unique marionnettiste, véritable fil conducteur du récit, incarne donc le personnage de la Mort. Non comme menace imminente, mais comme compagne permanente et essentielle de la vie humaine : sorte de providence, de destinée, une entité qui détermine toutes nos actions et nous présente des épreuves. C’est Elle qui crée le djinn, ce mal informe et terrifiant que le marchand prend tout d’abord pour la mort elle-même. C’est Elle aussi qui fait intervenir les trois vieillards, véritable « deus ex machina » pour le condamné. Lien entre nos trois espaces, Elle est aussi la compagne de Schéhérazade, notre narratrice, et l’incite à toujours nous raconter ces histoires merveilleuses.

Notre réflexion sur le théâtre d’ombre est en cours d’élaboration, mais un intérêt croissant pour la passerelle entre théâtre et cinéma par le biais de l’ombre, de sa capacité à façonner un cadre à l’histoire, d’y guider le regard sur les points d’importance, d’interrogation nous intéresse.

 

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La scénographie : désert, solitude, illusion et douceur

La scénographie est épurée et symbolique. Schéhérazade est dans un espace vide, froid et sombre, et le marchand traverse un désert de pierres sur fond d’un tissu blanc aveuglant. Seules quelques pierres d’achoppement donnent à voir le désert : représentation du vide, de la solitude, de la vanité des préoccupations quotidiennes. L’oasis, où le marchand s’arrête pour manger ses dattes et où il rencontre le djinn, est un mirage projeté quelques instants sur le tissu blanc, symbole des illusions chatoyantes trompeuses qui entraînent la perte du marchand.

Ainsi, les pierres d’achoppement sont les repères, certes grisâtres mais solides, de la vie, qui renvoient à une juste attache aux choses essentielles, ce dont prend conscience le marchand après avoir approché la mort. Il retrouve le goût des choses importantes, la sérénité et n’a plus besoin de distractions pour être heureux.

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Les marionnettes : une esthétique douce et naïve à force symbolique

Les marionnettes sont très simples, tels que Schéhérazade aurait pu les concevoir dans ce milieux hostile et désertique. Figuratives, mais composées de matières brutes (fer, boites de conserve, métal, tissus bruts, carton…), elles présentent le caractère fictif du récit, illusion consciente qui loin de nous mystifier nous fait prendre de la distance, et ainsi nous donne à réfléchir.

Ce travail a été élaboré avec Noémie Géron issue de l’école de marionnettes du Théâtre aux mains nues et rencontrée lors d’un stage de mise en scène avec Émilie Valantin et Éric Ruf sur le « Don Quichotte » d’Antonio José da Silva, créé en 2008 à la Comédie Française.

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Le théâtre d’ombre : un rêve flou, passerelle entre théâtre et cinéma

Les histoires des vieillards prennent vie dans un troisième espace. Elles sont représentées en ombres chinoises, derrière le tissu blanc de fond de scène, par des personnages colorés et anguleux faits de plastique (façon tessons de bouteilles).

Créer une passerelle entre théâtre et cinéma ne signifie pas pour autant nous laisser séduire par les facilité de l’animation. Nous souhaiterions mêler l’ombre direct et traditionnelle avec source de lumière et figurines, avec des projections créées en directe sur rétroprojecteurs, ainsi que des projections d’ombres filmées en amont, permettant une plus grande flexibilité et un ou deux passages d’animation, afin de sans cesse surprendre le spectateur, de le plonger toujours plus avant dans l’illusion, dans la magie de l’ombre et de ses capacités infinies.

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Parole de conceptrice marionnettes

La mise en scène d’Isabelle Desalos inclut la présence de marionnettes et de théâtre d’ombre. Ce projet me permet d’explorer de nouvelles matières et de nouveaux types de manipulation, aperçus dans mon parcours mais jamais vraiment explorés.

La construction de ces grandes marionnettes me permet de travailler sur un format étonnant : elles mesurent entre 1m et 1,50m et sont manipulées à vue, ce qui implique un rapport particulier à l’acteur qui les fait vivre toutes ensembles. Je suis donc également amenée à développer chez elles une présence dans l’immobilité, ce qui est un beau défit.

Les recherches sur le théâtre d’ombres, mises en place conjointement avec Isabelle et la scénographe, nous plongent petit à petit dans un théâtre de matière et permettent de développer une esthétique ambitieuse et variée. En effet, il y a trois contes différents à mettre en image, et chacun doit avoir son univers propre. La lumière, avec différents modes de projections, les figures, les acteurs et les matières seront nos outils pour trouver ces univers.

Dans ce pluralisme de techniques, il faut cependant y trouver une homogénéité, une globalité qui intègre chaque élément dans un seul et même spectacle, et la mise en place de cette osmose est particulièrement enrichissante.

 

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Why fund it?

Dans la perspective de présenter nos créations à un public toujours plus large et de les diffuser dans la France entière, nous mettons en place une première session de recherche d'une quinzaine de jours début 2013, avec présentation du fruit de notre travail afin de permettre à ceux qui le désirent de découvrir notre univers.

La collecte nous permettra de rémunérer les artistes et le coach marionnettes pendant cette première période de création (2 500 €) et les éventuels dépassements à construire les formes du théâtre d'ombre et la structure de notre décors (1 500 €).

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La Bulle de temps

Intéressée par la mise en scène dès mes débuts au théâtre, je réalise des spectacles depuis 2006. J’ai œuvré dans divers cadres, du Théâtre du Nord-Ouest à la Comédie-Française. Il y a deux ans, j’ai intégré une structure pour pouvoir défendre et présenter les textes qui me tiennent à cœur. Lorsque je désire raconter une histoire, c’est parce qu’elle me... See more

Newest comments

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Bon courage pour votre projet Richard SIMON
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Aidez ce projet à se réaliser, il reste très peu de temps...... merci !
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Un grand M.... aux créateurs et créatrices de ce projet.. je suis impatient d'en savoir plus... longue vie au "Marchand et le Djinn" bien amicalement Philippe