"La bande sonore de Naples"

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Présentation détaillée du projet

Note d’intention

 

« Vir Naple e ropp mor », voir Naples et puis mourir comme disent les napolitains. Et pour cause, c’est une ville qui a survécu aux tremblements de terre, aux éruptions, guerres, invasions, crimes, à la corruption, à la pauvreté et à l’abandon, et qui, dans le même temps, à su garder son âme et sa culture populaire vivante.

 

Le phénomène des chanteurs néo-mélodiques est nettement délimité au territoire de Naples. Peut-être parce qu’ils chantent en dialecte napolitain - mélange d’espagnol, de français, d’italien et d’arabe - peu compréhensible dans le reste de la péninsule. Peut-être aussi parce que ces chansons racontent la vie de Naples, ses histoires, ses couleurs, ses difficultés qui n’ont d’égal ailleurs en Italie.Notre film veut parler de musique mais aussi de la vie, de la lutte pour la vie, de l’amour, de l’espoir, du désespoir.

 

Voici donc le thème de notre film : la chanson comme ciment social et culturel,

et son industrie du disque locale en tant qu’îlot de résistance face à la mondialisation.

 

Ainsi que le décrit le critique musical Federico Vacalebre, « le néo-mélodique n’est pas un phénomène exclusivement musical, mais aussi et surtout un phénomène de société et de rites. »

Cette vague implique non seulement des musiciens et chanteurs de tout âge mais aussi des réalisateurs de films, de clips, des présentateurs télévisuels ; tout un mouvement d’artistes allant du Trash à l’avant-gardisme : Le Napolitan Touch .

 

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Fellini aimait les Napolitains avec leurs « gueules qui ont vécu plusieurs vies », et il venait souvent ici pour recruter ces personnages fantasmagoriques qui habitent ses films. 

Personne ne se prend vraiment au sérieux à Naples, le kitch et le mauvais goût y sont complètement assumés. C’est à notre sens ce qu’il y a de plus intéressant à montrer dans ce film, c’est cette créativité complètement décomplexée que l’on veut filmer.

 

La musique napolitaine, c'est la bande originale de Naples, ce sera aussi la bande son de notre film.

La prise de son des directs aura toute son importance pour restituer les prestations des artistes lors des mariages et des fêtes, ainsi que l'ambiance sonore des rues de Naples.

C'est un film musical et nous utiliserons cette musique via les vidéos clips, élément essentiel de l'univers kitsch du style néo-mélodico.

 

C'est un film qui parlera de liberté, liberté d'être, liberté d'expression.

Nous voulons retrouver cette liberté dans la réalisation.

Avec une unité de tournage légère, un chef opérateur et un preneur du son, nous serons dans les rues de Naples, au plus proche de nos personnages.

Alternant interviews posées et réalisation à l'épaule nous utiliserons une caméra HD de type Canon qui pourra éventuellement se marier avec les images d'un appareil photo Canon 7D.

 

 

 

                                                            Le Synopsis

 

Le documentaire débute avec l’image du Golfe de Naples vu d’en haut, puis celle de la ville. Nous nous immergeons lentement dans les rues des quartiers populaires. Au fur et à mesure que nous nous rapprochons, le chaos de la ville émerge :

le son des clacksons, des scooters, les cris des enfants, et surtout, nous entendons la musique sortir des fenêtres ouvertes sur les balcons remplis de vêtements étendus à l’air libre. Nous entrons dans la maison d’une famille typique napolitaine ;

il est bientôt l’heure de déjeuner, une femme cuisine et regarde dans le même temps la télévision qui retransmet un programme musical...elle nous raconte ses journées, les raisons pour lesquelles elle aime ce genre de musique puis téléphone en direct pour demander au chanteur de dédicacer une chanson à sa fille, une grande fan. Ils sont nombreux à appeler, pour souhaiter un prompt rétablissement à un parent, pour saluer un frère en prison...

 

Alessio

 

La relation avec les fans est très importante pour les néo-mélodiques.

Au cours de leurs apparitions télévisées et radiophoniques, ils remercient toujours personnellement les fans en les nommant. Les fans sont leur capital le plus précieux et ils savent les gâter avec des dédicaces personnalisées.

 

Les néo-mélodiques sont nombreux et nous nous en rendons compte en passant d’un stand de disques à l’autre dans les marchés de Naples ou encore en lisant Sciuè, une revue diffusée localement, dédiée presqu’exclusivement aux néo-mélodiques. Tandis que dans les revues distribuées au niveau national on retrouve les chanteurs plus célèbres comme Laura Pausini, Eros Ramazzotti ou Tiziano Ferro, sur Sciuè on parle de Alessio, Fortuna etc.

 

La ville reste pauvre même si c’est la troisième agglomération d’Italie et son deuxième port après Gênes, il n’y a pas beaucoup d’industries ou d’investisseurs et l’employeur principal est la Camorra, mafia active en Campanie.

 

O_capoclan C’est aussi la Camorra qui mise sur les artistes, nous l’évoquerons, bien sûr, mais en toile de fond d’un décor où se joue des destinées qui portent les rêves de toute une population en prise avec la « malavita », la vie dure de la rue, faite d’un quotidien de violence, de trafic et de règlements de comptes.

La violence, l’enfance brisée, les « femmes d’honneur » qui attendent que leurs maris sortent de prison sont des thématiques récurrentes dans la musique néo-mélodique.

Et c’est là que s’opère une part de la magie qui existe entre ces stars  qui viennent de la rue et le public de Naples qui s’identifie complètement en eux.

A Naples on peut contacter l’artiste directement sur son téléphone portable, pour lui dire qu’on l’aime, pour lui demander une chanson, ou pour passer le bonjour aux copains du quartier.

 

Les choses se font rapidement et simplement à Naples, avec spontanéité et beaucoup de liberté.

L’artiste reprend sa juste place dans la cité, comme à l’époque des troubadours au Moyen-Age, il retrouve ici sa véritable fonction d’expression populaire.

 

Valentina

Nous verrons, en suivant les jeunes artistes dans leurs prestations de chant pour des galas, des communions et des mariages, que leurs chansons, sont à Naples souvent mieux connus et plus chantées que celles de Madonna ou de Britney Spears.

Nous les suivront dans leur promotions, concerts, passages télés et découvrirons avec eux les rouages de cette industrie très localisée.

 

Nous reviendrons sur les débuts du néo-mélodico dans les années 90 a travers des images d’archives, en faisant un bref rappel historique de ce qu’est la musique napolitaine.

 

Chaque jour de nouveaux chanteurs néo-mélodiques naissent. Parce que les gens de Naples et ses alentours les veulent, les aiment, éprouvent du plaisir à étudier leur mise en scène, à célébrer leur adoration chauvine, à les sentir accessibles même s’ils sont enveloppés d’une aura magique. Ils se les disputent, les choisissent, les cultivent comme des saints protecteurs. Chacun les siens, du plus jeune âge jusqu’à l’âge adulte. Cette musique se vit de l’intérieur, et quand elle résonne c’est comme entendre la voix de " la mamma "

À quoi servira la collecte ?

En vous proposant ce projet, et grâce à votre participation, nous espérons réunir au minimum 5400 euros qui nous serviront à couvrir les frais pour le repérage et pour la  premier partie du  tournage en Italie. 

 

Les fonds récoltés grâce à vous nous permettront de financer :

 

- équipe de tournage (réduit au minimum essentiel) : directeur de la photographie/cadreur  et ingénieur du son pendant 10 jours : 3000 euros

 

- Billets d'avion Paris - Naples A/ R et frais d'hébergement  x 4  (10 jours) : 1700 euros

 

- Assurance tout risque matériel pour la durée du tournage à Naples : 300 euros

 

- frais Kiss Kiss bank : 8% du total : 400 euros

 

Le projet nécessite un budget estimé de 40 000 euros et pour terminer le tournage nous aurons besoin du soutien d’une production française et/ou italienne.

 

Cette campagne de financement est nécessaire afin d'avoir une production qui, après avoir visionnée la première partie du tournage, puisse nous assurer la finalisation du projet.

 

Nous finançons nous-memes la  location de l'équipement  (10 jours) : Caméscope Canon avec objectifs (1500 euros), micro cravate (350 euros), micro d’ambiance (250 euros), éclairage (100 euros), trépieds (150 euros).

 

Par ailleurs nous convrons la partie d'auteur-réalisateur, la deuxième camera, le régisseur général et la production exécutive (il n'est pas évident de gérer un tournage à Naples!!!)

 

 

Un grand MERCI d'avance pour votre aide précieuse, quel qu'en soit le montant.

 

 

 

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Daimon

Réalisateurs Emiliano Pappacena est né à Latina (près de Rome) en 1979. En 1999 il a entamé sa première expérience dans le monde de l’édition avec la création et la direction du magazine en ligne Dissonanze.net. En 2005 il a obtenu son diplôme en sociologie. En 2007 Rai Due a diffusé « L’Economie migrante », son premier reportage, qui traite du... Voir la suite