Pour prolonger les Rencontres cinématographiques de Cerbère-Portbou au Belvédère du Rayon-Vert.

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Présentation détaillée du projet

Du 2 au 5 octobre 2014 se tiendra la dixième édition des Rencontres cinématographiques de Cerbère-Portbou.

La plupart des séances auront lieu comme tous les ans dans la salle de cinéma de l'ancien hôtel du Belvédère du Rayon-Vert.

Depuis 2010 et le soutien de la fondation Mécènes-Catalogne, la salle a pu se doter d'abord d'un écran amovible, puis d'un kit de sonorisation, ce qui a considérablement simplifié l'organisation des Rencontres cinématographiques et rendu à nouveau tangible, 50 ans après, la perspective d'une exploitation cinématographique régulière ponctuée au cours de l'année d'événements qui puissent entrer en résonance avec les Rencontres.

Pour franchir cette ultime marche il ne manque plus qu'une chose et c'est...un projecteur.

 

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© Ludmila Melnikova

 

Comme tout l'aménagement préalable de la salle a été rendu possible par le mécénat, nous avons imaginé son parachèvement en sollicitant les kisskissbankers cinéphiles et curieux, sachant que nous tenions à leur disposition, dans le temps des Rencontres, des contreparties attractives qu'il s'agisse des séances au Belvédère, des repas au Belvédère, des séjours au Belvédère (hors Rencontres) ou des trois à la fois.

C'est aussi le désir d'un véritable échange, qui verrait le spectateur mécène, en pénétrant dans la salle du Belvédère continuer à nous gratifier, cette fois-ci de sa présence, et, suprême espoir, nous en être reconnaissant.

 

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©David Samblanet

 

Vision sublime, on se souvient, dans un film de Werner Herzog, de ce bateau retenu dans les branches au sommet d'un arbre immense. À la source de notre émotion, l'incongruité de ce renversement : navire captif, immobile s'il n'était lentement bercé par le vent, archive solide d'un désastre qui continue à voguer dan le ciel. Il y a à Cerbère, à quelques mètres de la Méditerranée, pas loin de la gare du village et tout près de cette frontière espagnole que Benjamin n'a jamais pu définitivement franchir, semblable bâtiment.

À quai depuis longtemps, il dresse sa coque ancrée au sol, toute d'un béton bien fatigué.

Voilà donc un large morceau de temps échoué, voilà donc une baleine qui n’a jamais pris l’eau, et du sommet de laquelle on peut se perdre dans le paysage. Mais en vérité, ce n’est rien de tout cela, car c’est un paquebot où transiter, une baleine où séjourner, c’est le Belvédère du Rayon-Vert, un vieil et orgueilleux hôtel construit il y a près d’un siècle. 

Ou plutôt, chausse-trappe encore, c'est un cinéma.(...)

Jean-Pierre Rehm

 

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© Ludmila Melnikova

 

Impossible d'évoquer pour la première fois les Rencontres cinématographiques de Cerbère-Portbou (qui se déroulaient du 3 au 6 octobre) sans évoquer les lieux où se tiennent les projections, qui leur donnent une aura magique: à Cerbère (Pyrénées-Orientales), à la frontière franco-espagnole, un vieil hôtel Art déco des années 30 se dresse comme un paquebot de béton entre les voies de chemin de fer et la mer. C'est là qu'étaient logés les voyageurs en attente de leur train pour passer la frontière. C'est là que se retrouvent cinéastes et programmateurs autour de projections organisées selon un principe de cartes blanches (volontiers intuitives et affectives) à des programmateurs invités. Les festivals associés à la manifestation sont le FID (Marseille), Côté Court (Pantin), l'Alternativa (Barcelone), Cinémaginaire (Argelès-sur-Mer). Côté espagnol, une séance en plein air est organisée à Portbou. L'idée du cofondateur Patrick Viret est que ces lieux inspirants deviennent aussi des lieux de résidence pour les cinéastes. Certains projets ont déjà vu ie jour.La programmation, ouverte à tous les vents, s'est avérée solide et intéressante.

Florence Maillard (Les Cahiers du Cinéma)

 

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© Ludmila Melnikova

 

Depuis huit ans au mois d’octobre, durant trois jours le réalisateur Patrick Viret, auteur du récent documentaire, «  Echangeriez-vous votre voiture contre deux Trabant  ?  » investit l’hôtel et la salle de cinéma pour présenter une sélection de coups de foudre. Epaulé par des programmateurs alliés, il propose des séances à chaque fois composées d’un court et d’un long-métrage, en présence des réalisateurs, venus des quatre coins de l’Europe. L’origine voyageuse du lieu n’a aucun souci à se faire, elle est parfaitement prolongée dans cette initiative hors case et hors format, abritée dans ce lieu suspendu pour mieux de départir des vents dominants de l’industrie cinématographique.

 

Pendant trois jours et trois soirées, retranchés dans le Belvédère (à part une escapade nocturne pour une projection au bord de la plage, côté espagnol, à Portbou), les cinéastes et un public de cinéphiles chaque année plus important, partent en voyage cinématographique, regardant des films, parlant de  » films, rêvant de films. Et le dernier soir, avant d’aller manger des tapas, sur la frontière, à quelques mètres du poste de douane désaffecté, les cinéastes gagnent et (se) remettent des prix  : les courts sont primés par les auteurs de long-métrages, et vice versa avec des résidences de tournage à la clé.

 

En dehors de toute logique compétitive, les films sont l’enjeu de longues soirées animées dans le restaurant panoramique, en dehors de toute mode ou de toute tendance du moment, puisque la diversité des formes et des genres est la marque de fabrique des rencontres de Cerbère, où se mêlent sans états d’âme documentaires et fictions, films anciens et récents, de toutes provenances et de toutes filières. Nous ne sommes pas pour rien dans une zone de transit, où le son métallique des trains qui entrent en gare enrichit régulièrement la bande-son des films projetés à quelques mètres des voies, au quatrième étage. (...)

Bruno Tackels (Mouvement.net)

 

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(...)Cette salle abandonnée fut ressuscitée par le cinéaste Patrick Viret, instigateur de ces Rencontres, qui découvrit le lieu dans TGV magazine – gloire à cette publication qui contribue ainsi à faire naître de telles entreprises. Juché entre mer et voies ferrées, l’insolent bâtiment semble suspendu depuis des décennies, et devoir s’écrouler bientôt – l’architecture en béton des années 1920 donnant évidemment lieu aux lézardements et effritements les plus dangereux et incontrôlables. Mais il peut attendre pour s’avachir, si possible très longtemps.

Attrapé donc par une auto avec d’autres festivaliers, je suis projeté une petite heure plus tard, à peine arrivé, dans une séance au sein de cet endroit d’une délicieuse désuétude. Au bout de quelques heures, je serai comme un poisson dans l’eau, prenant avec aise mes repas dans la grande salle panoramique du Belvédère. Seuls les cinéastes y logent ; je ne m’en offusque évidemment pas.

C’est peu dire que le lieu fait pression sur les films ; la première séance ne tarda pas à matérialiser ce phénomène. Ainsi pendant Le Grand Tour, Sarah Klingemann, attendant sur le quai d’une gare, constate : « Aucun train ne passe. » Et à ce moment, une locomotive et ses wagons firent entendre leur vrombissement et sentir leurs vibrations en contrebas de l’hôtel-cinéma, avec un sens du tempo forçant l’admiration. (...)

Je pourrais m’étendre sur bien des choses à propos de cet endroit plus jouissif que joyeux, car il est en effet difficile d’être complètement imperméable à la charge mélancolique du lieu.(...)

Arnaud Hée – Critikat

 

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Dans cet espace particulièrement propice à la contemplation et en même temps idéal pour permettre d’authentiques rencontres, nous organisons chaque année, le premier week-end d’octobre, une dizaine de projections uniques et différentes qui associent généralement un court et un long métrage, qu’il s’agisse de documentaires ou de fictions, de films anciens ou récents, français, espagnols ou d’ailleurs, pourvu qu’ils soient libérés tant des conformismes narratifs que de la tyrannie de la rentabilité ou de l’indigence des discours.

Au lieu de permettre au spectateur l’immuable rituel identificatoire,ces films auxquels nous pensons sont plutôt de ceux qui lui tendent un miroir.

En ce sens, ils ne sont pas les plus faciles à voir, ils sont simplement plus difficiles à oublier.

Ils ont aussi en commun d’avoir un vrai regard sur les choses qu’ils montrent.

Ils peuvent parfois laisser croire au spectateur pressé qu’il ne se passe “rien”, alors que semblablement à la lettre volée d’Edgar Poe qui crève les yeux des meilleurs limiers, il suffit d’ouvrir les yeux pour voir, les oreilles pour entendre.

Ils ont encore en commun de ne pas se ressembler.

Il y a donc un très grand désir à les faire se rencontrer.

C’est au moins à une singulière croisière que nous convions cinéastes et spectateurs, au mieux à une aventure.

Patrick Viret

 

 

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© Alice Le Goff

 

La dixième édition des Rencontres cinématographiques de Cerbère-Portbou se tiendra du 2 au 5 octobre 2014 à l’hôtel du Belvédère du Rayon-Vert à Cerbère et à Portbou en plein air.

 

Le programme de ces Rencontres est composé par différents festivals européens dont Cinémaginaire, L’Alternativa de Barcelone et le FID de Marseille ainsi qu'un festival du pays mis à l'honneur en France par une saison culturelle.

Pour la première fois le festival Punto de Vista de Pampelune sera associé à la programmation et disposera de sa propre carte blanche.

 

Mais les Rencontres permettent également de désigner deux lauréats qui bénéficient d’une résidence destinée à l’écriture et/ou aux repérages d’un film à venir (sur un territoire allant de Portbou à Collioure).

 

Aux huit séances proposées par différents festivals s'ajoutent désormais deux autres séances qui s'articulent sur l'idée de frontière ou qui offrent à voir en avant-première les films initiés à l'occasion des résidences .

 

Depuis 2008 les Rencontres sont transfrontalières et s’accompagnent d’une exposition photographique en liaison avec le cinéma en partenariat avec la galerie Phot'œil.

 

Sortie salle prévue en 2014 d’un programme de trois films tournés à Cerbère.

 

Édition prévue en 2014 d’un DVD associant sept films tournés à Cerbère et/ou Portbou.

 

Au second trimestre 2014 mise en place d'une maison des cinéastes à l'hôtel du Belvédère du Rayon-Vert à Cerbère où se succéderont six résidences, cinq d'entre elles étant attribuées par un jury à l'occasion des éditions des festivals partenaires (Fidmarseille, Alternativa de Barcelone, Punto de Vista, Cinémaginaire et Passatges (festival nouvellement créé à Portbou) et la sixième étant attribuée à un scénariste étranger par la Maison des écrivains de Saint-Nazaire.

 

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Belvédère

Belle-à-voir

qu’on voit de loin

où l’on voit loin

lieu d’histoire

magique et marginal

hors du monde

et du temps

où le train passait sous la pierre

où les oiseaux

où les bateaux

et les avions

se mêlaient à la

musique de la mer et du vent

je te vénère

comme une belle histoire

entrée en moi

 

Boris Lehman - juillet 2011

 

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© Nicolas Havette

À quoi servira la collecte ?

Dans le cadre des Rencontres, cet appareil sine qua non (le projecteur) est mis à disposition par l'association Cinémaginaire, partenaire des Rencontres et cheville ouvrière des projections.

Mais si l'ambition est de faire vivre la salle au moins six mois de l'année, le prêt n'est plus envisageable et la location aurait tôt fait, sans que nous en ayons davantage les moyens, de dépasser le prix d'achat de l'appareil dont le devis TTC est de 7100 €.

C'est donc précisément à l'achat de ce projecteur que servira la collecte.

Précision importante : l'association étant éligible au mécénat déductible, toutes les contributions peuvent être défiscalisées.

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Rencontres cinématographiques de Cerbère-Portbou

Patrick VIRET né le 22 novembre 1953 Licence de tchèque Depuis 2005 organisateur des Rencontres cinématographiques de Cerbère-Portbou
 Filmographie 2013- L'Archipel et les jours (titre provisoire) Long métrage documentaire en cours de production Les Films du Viaduc. Portrait et chroniques de l'archipel de Saint-Pierre et... Voir la suite

Derniers commentaires

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Bravo et a très bientôt !
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Bonne chance pour la suite . A bientôt. JPL, un ami d'Odile
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Ce lieu, le village de Cerbère est un endroit un peu étrange, pas rassurant, plutôt funambule, suspendu au dessus de la mer... Le paysage et l'histoire sont creusées dans le rocher, il faut chercher pour y lire quelque chose. Merci à vous Patrick et Ludmila de faire vivre le bélvedère! Caroline Delaporte