Dans la continuité de mon travail réalisé sur Marseille, je souhaite photographier le territoire américain avec une chambre photographique 20X25cm. L’idée est de traverser les États-Unis d’Est en Ouest en passant par New York, Chicago, Santa Fe et San Francisco.

Large_camion

The project

 

Je souhaite m'installer en partenariat avec des lieux d'exposition dans des quartiers de ses 4 villes pour y exposer et y photographier ses habitants.

Une façon d’élargir ma vision de l’individu au sein de son environnement. Raconter le quotidien, un art de vivre, la mise en images des histoires de rencontre de cette aventure itinérante.

Dans chaque ville, le partenariat avec un lieu d’exposition, me permettra de définir un territoire de prise de vue. Je dispose entre 2 et 3 semaines pour chaque résidence, au cours desquelles je pourrai exposer une sélection de mon travail sur Marseille et les photos que je prendrai sur place au cours de mon voyage photographique.

Pour réaliser ce projet, je dispose d’ores et déjà de billets d’avions (départ le 28 août), d'un camion qui m'attend à New York pour pouvoir me déplacer et fabriquer mes ambrotypes et d'un site internet (www.matthieuparent.fr) pour pouvoir suivre en images le pèriple.

 

Qui suis-je ?

Un regard bleu clair sous une chambre noire. Un sourire en coin. Deux yeux perçants qui voient la vie à l’envers, la tête sous un drap, à faire la visée dans une boîte en bois baroque. Pour vous tirer le portrait.

 

 


Comment portraiturer une ville ? La représenter ? Quelle est la place de l’homme dans cette dernière ?  Autant de questions récurrentes dans mon travail.

Une cité est, par définition, une unité urbaine complexe et étendue, fortement peuplée dans laquelle se concentrent la plupart des activités humaines : habitat, commerce, industrie, éducation, politique, culture …
Dans cette mosaïque complexe et bruyante, je ne vois que des quartiers où résident des hommes et des femmes. Mon travail exprime ma  volonté de ramener la ville à l’échelle humaine. Pour se faire, je m'installe dans un quartier sous la forme de résidence itinérante en association avec des lieux d’exposition, pars à la rencontre des habitants et propose aux commerçants, gens de passage et  personnalités du quartier de poser devant mon objectif.

Mes portraits de quartiers présentent, à travers des personnages et des décors, une ville ramenée à l’échelle humaine.

 

 

MON MODE DE FONCTIONNEMENT

Le territoire
Pour réaliser mes prises de vue, je définis dans un premier temps un territoire représentatif de la ville comme le Grand Port maritime, la cité radieuse de Le Corbusier, la Plaine, ou encore le littoral pour évoquer Marseille. Par cette démarche qui consiste à zoomer dans la complexité de la ville, je peux mieux la saisir, la comprendre et vous la dévoiler.

Les  portraits
Une volonté de reconstituer le mélange de la population sur un territoire.
Pour réaliser mes «Portraits de Quartiers», j'ai la volonté de photographier le plus grand nombre de personnes, je cherche à reconstituer la diversité.
Le premier jour de «résidence» dans un quartier, je ne connais personne ou presque ; mon seul lien est le galeriste qui me présente ou m'indique les personnages clés du quartier. Ces derniers m'en présentent d’autres et ainsi de suite ... Au fil du temps, je devient à mon tour un personnage du quartier.
Plus qu’une simple galerie de visage, je donne à voir la vie du territoire par le choix du décor. Chaque photo est scrupuleusement mise en scène, je place mes sujets dans leurs environnements avec comme préoccupation de vous révéler un maximum d’informations.
Je suscite la rencontre. Démarche directement liée avec mon procédé de prises de vues : l’ambrotype. 
 
L’ambrotype
Pour faire mes portraits de quartiers, j' utilise un procédé photographique appelé l’Ambrotype. Ce sont des prises de vues à la chambre 20x25cm ou 8x10inch sur des plaques au collodion humide sous-exposées pour donner des positifs directs. Une fois révélée, la plaque donne une épreuve unique, en noir et blanc, d’une force et d’une beauté dont le pixel boudeur et binaire pourra encore longtemps rêver. Une plastique intemporelle qui interpelle et interroge le spectateur et l’invite à regarder l’image de plus près.

L’ambrotype suscite la rencontre. Ce procédé, par sa faible sensibilité, entre 2 et 3 ISO nécessite un long temps de pose. Le temps devient vecteur de création.
 
Le temps de prise de vue
Se faire tirer le portrait par Matthieu, c’est accepter une longue pause suivie d’une folle urgence. Le sujet photographié doit rester immobile entre huit et trente secondes. Rester sans bouger, on est plus habitué. Puis, la photo dans la boîte, c’est la course du temps : 20 minutes pour tirer la photo, sinon tout disparaît : le travail, la pose, le sujet, l’idée. Tout s’évapore. À jamais.

 

RENCONTRE AVEC L’ARTISTE

Matthieu est un artiste discret, qui monte, qui montre et qui se révèle, un jeune marseillais, qui a fait le choix de tirer le portrait de l’humanité..., à condition qu’elle veuille bien ne pas trop bouger au moins quelques secondes !

Émulsion, émotion.
Pourquoi utiliser cette technique à l’ère du numérique ? "Parce que j’ai toujours aimé le combat que l’on pouvait avoir dans un laboratoire photographique. On se bat avec les éléments pour avoir un tirage parfait. Je suis passé d’un processus de tirage à la fabrication de mes propres émulsions."


Faire de l’unique.
Une photo ambrotype est une pièce unique avec un piqué très particulier, des reflets argentés et beaucoup de solarisation, c’est très subtil. "J’essaie de guider le procédé pour produire une image dont je suis l’interprète et non le maître ; en laissant au hasard et à l’aléatoire du procédé une part dans l’expression esthétique de l’image. J’aime bien ce combat avec la matière, j’aime bien ce qui est un peu compliqué à vrai dire ! "(Rires)

L’art du portrait.
Le portrait, c’est un moyen de rencontrer. "Si je fais de la photo, c’est pour la rencontre, le partage, l’échange, la découverte. Quand je fais le portrait des commerçants de la place du chien Saucisse et d’autres quartiers, quand je vais photographier les cabanons ou bien au Port autonome ou encore chez les habitants du Corbusier, je découvre des univers, des façons d’être différentes. J’aime beaucoup cet échange et cette rencontre. C’est un moment de bonheur.
Quand je sors de 2 heures de prise de vue, on a suspendu le temps ensemble. On s’est amusé, on a discuté, on a partagé. Ce qui est assez drôle, c’est que quelquefois j’ai des discussions fortes avec les gens, alors que j’ai la tête sous mon drap noir."

L’ambromobile
"Pour faire de l’ambrotype, j’ai besoin d’avoir un laboratoire à proximité de mon lieu de prise de vue, car les plaques au collodion doivent rester humides pour être révélées. J’ai donc aménagé un petit camion laboratoire que j’ai baptisé l’Ambromobile et qui me permet d’aller de quartier en quartier."

Prochain projet : le retour aux sources : back in USA.
"Je pars entre 3 et 5 mois à partir de septembre pour les États-Unis avec mon ambrotype. Je suis accueilli trois semaines dans la région de New York. Je vais exposer une partie de mon travail sur Marseille et poser mon appareil, sur le sol US. En fait, je ramène l’ambrotype sur son lieu d’origine.
En effet, l’ambrotype a été inventé par James Ambrose CUTTING en 1854 à Boston et a concurrencé le Daguerréotype en raison de la rapidité d’obtention des images (2 à 4 secondes) et de son prix de revient peu coûteux.
Après New York, je prends la route direction Chicago, L.A., Santa Fe, San Francisco en passant par les réserves indiennes où la plupart des photos connues de l’époque, ont été prises avec ce procédé. À chaque fois, là-bas, je souhaite travailler avec un lieu d’exposition qui me permettra de définir un territoire de prises de vues et d’exposer sur place. "

Propos recueillis par Olivier EMRAN

Why fund it?

Les fonds collectés seront utilisés au cours du voyage pour financer notre hébergement et l'essence du camion.

 

En échange de votre soutien, je vous propose différentes contreparties, proposées en barre latérale.

 

Newest comments

Thumb_matt_bonne
Merci à vous tous pour vos participations. L'objectif est atteint, mais peut être dépassé. Comme vous pouvez le constater c'est un projet ambitieux et onéreux. Alors n'hésite pas : vous avez encore 22 jours pour profitez de l'offre tirages contre euros. Encore un grand merci aux kissbankers. Pour suivre nos aventure : http://leretourdelambrotypeauxetatsunis.wordpress.com/