Si le classement du rite vaudou "Gèlèdè" au patrimoine mondial de l'UNESCO a permis une reconnaissance de son art et de sa dimension culturelle au Bénin, nous pouvons remarquer dans certains villages un appauvrissement des connaissances cultuelles dû au développement économique de la région et à l'émancipation des religions monothéistes. . Ce film aura alors pour objectif de préserver les connaissances d'un culte vaudou dédié aux femmes tel qu'il pouvait se pratiquer il y a encore vingt ans.

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Présentation détaillée du projet

"Le secret des ajé"   de Cyrill Noyalet et Alidou Mama seko

 

Résumé

Alidou, musicien béninois, s'interroge sur le rite Gèlèdè et plus particulièrement sur ce que sa mère appelait « le secret des femmes ». Il part à la découverte de sa propre culture en se rendant dans un village vaudouiste du Bénin, au cœur d'une société dirigée par une femme appelée Iyalashè. Il tentera de mieux percevoir le sens de ces croyances impliquant le culte des mères (les Ajé) et leur pouvoir secret. 

Partageant la vie quotidienne des villageois, il ira de rencontre en rencontre, constatant au fil de sa quête le rôle régulateur et fédérateur du culte Gèlèdè.

 

Les sociétés secrètes du Bénin

 

Il existe, chez les Nago-Yorouba au Bénin, plusieurs sociétés de masques. Elles sont essentiellement animistes, mais leurs adeptes sont aussi bien des athées que des individus issus de toutes les religions.

 

Chaque société de masques a des règles très strictes que nul ne peut enfreindre. Les sociétés de masques ont chacune un langage, un code, des signes et une loi dont les initiés gardent le secret.

 

 

 

Le Gèlèdè

 

Ce sont des femmes qui dirigent la société Gèlèdè ; les masques, eux, sont portés par les hommes pour implorer la bonté de ces dernières.

Les Nago-Yorouba pensent que la femme a deux forces : une positive et une négative. Certaines femmes portent un pouvoir, elles sont appelées Ajé ou Iyami, nos mères.

Selon certains membres de la société Gèlèdè, ce serait le tribut à payer aux pouvoirs mystiques des femmes dont il faut se protéger et qu’il faut apaiser, voire changer, transformer en puissance bénéfique pour la société : « Nous dansons pour apaiser les mères, pour leur plaire… », déclarent-ils. On adhère donc à la suite d'une séance de fâ (oracle) à la société Gèlèdè autant pour se protéger des mères que pour les honorer.

Les Ajé sont symbole de fertilité et de fécondité. Des cérémonies ont lieu avant les récoltes qu'elles sont destinées à favoriser.

 

 

 

Les lieux

 

Le documentaire se déroule au centre-est du Bénin, plus précisément dans la région du Zou. On y parle majoritairement le Fon et le Yorouba.

 

 

Kétou

Ville départ de notre enquête et lieu mythique du Gèlèdè, Kétou (ou Ketu) est une ville du sud-est du Bénin située à l'extrême nord de la région du plateau. C'est le chef lieu des onze circonscriptions Nago-Yorouba pratiquant le Gèlèdè au Bénin.

Le chef spirituel de cette ville est l'un des sept rois Yorouba : Alade Ifé. Il est reconnu comme autorité morale par tous les Nago-Yorouba. Le peuple Yorouba, constitué d'environ cinquante millions de personnes, est l'un des plus grands groupes ethniques de l'Afrique de l'ouest.

Kétou est une ville empreinte de nombreuses légendes et possède un capital historique fort. Peuplée de 40 000 habitants, elle est un carrefour commercial important entre le Bénin et le Nigéria.

 

Sagon

 

Sagon est une des onze circonscriptions occupées par les Nago-Yorouba (ethnie arrivée du Nigeria voisin au 16ème siècle). C'est un village dépendant de la commune de Ouinhi dans la région du Zou.

Cette commune est l'une des plus enclavées du Bénin du fait de son réseau routier quasi inexistant. Seules des pistes sablonneuses et difficilement accessibles lors de la saison des pluies permettent l'accès au village. Encerclé par un lac, des marécages et la rivière de l'Ouémé, Sagon n'est accessible en voiture qu'au moment de la saison sèche, de novembre à mars.

Peuplé d'environ 5 000 habitants disséminés sur un plateau relativement vaste, le village fut un lieu de résidence balnéaire pour l'église catholique à l'époque de la colonisation.

 

 

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Note d’intention

 

Genèse du projet

 

À la suite de nombreux voyages à travers différents pays d’Afrique de l’ouest, c'est au Bénin, il y a dix ans, que j'ai fait la connaissance d'Alidou, musicien d'une troupe de théâtre que j'ai suivie à travers une tournée dans tout le pays. Plus tard, nous sommes partis ensemble dans le village de Sagon au coeur du pays vaudou chez les Nago-Yorouba où j'ai tourné un film de prévention sur le trafic d’enfants (Esclavage Moderne) pour le compte de l'UNICEF.

 

Revenant régulièrement dans le village de Sagon, nous avons tissé des liens forts avec certains villageois. Au fil du temps et d'une confiance acquise progressivement, l'un des initiés (Sunday) nous a conviés à une cérémonie Gèlèdè. La deuxième fois, intéressés par l'idée de rendre compte du culte tel qu'il est pratiqué aujourd'hui et de témoigner de sa vivacité dans leur village, les initiés m'ont permis d'introduire ma caméra. C'est là qu'a commencé un travail de collaboration avec le village de Sagon.

L'accueil qu'on a reçu de la part des initiés, les conversations avec Alidou, l'aspect fédérateur du culte, l'atmosphère des nuits sagonnaises et l'intensité de la grande cérémonie ont fait naître mon désir de faire un film sur les pratiques de la société Gèlèdè du village de Sagon au Bénin.

 

 

Les enjeux du film

 

À travers la quête identitaire d'Alidou, le film prendra la forme de chroniques d'un village du centre-est du Bénin dévoilant la vie quotidienne de ses habitants et la spiritualité qui la guide. Il présentera l'aspect cultuel de Gèlèdè sous le prisme d'un béninois à la découverte de sa propre culture.

La narration progressera au fil des étapes d'initiation d'Alidou : les villageois, le guérisseur, les initiés, la prêtresse... jusqu’à la grande cérémonie. Nous irons chercher la parole et les points de vue de ceux qui savent et qui voudront bien nous révéler leurs connaissances, leurs expériences magiques, et leur rôle dans tout ça. Il s’agira pour moi de donner à voir une certaine perception du monde.

Si le classement au patrimoine mondial a permis une reconnaissance de l'art Gèlèdè et de sa dimension culturelle, nous pouvons remarquer dans certains villages un appauvrissement des connaissances cultuelles dû au développement économique de la région. Le village de Sagon a le mérite (ou – évidemment - l'inconvénient d'un point de vue pratique) d'être difficile d'accès, gardant ainsi certaines pratiques intactes. Mon film aura alors pour objectif d'inscrire dans le marbre un aspect du culte tel qu'il pouvait se pratiquer il y a encore vingt ans.

Explorer un rite vaudouiste implique des non-dits et des non-vus. Je m'appliquerai donc à respecter la volonté des instances religieuses en ne passant pas outre leurs recommandations. Néanmoins, je souhaite que ces interdictions et ces secrets soient mis en relief et lisibles par le spectateur. Mon but est de présenter ce culte vaudou non pas vis-à-vis de la peur qu’il inspire mais à travers ce qu’il a de fédérateur.

Je veux mettre le point de vue d'Alidou au centre de mon film ; A partir de son périple les personnages rencontrés vont accepter de lui parler de Gèlèdè et partager un peu leur savoir.

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La quête d'Alidou

 

Alidou sera le personnage principal de mon film ; il est familier du vaudouisme et proche de la culture Nago-Yorouba.

Porté par le souvenir de sa mère, il s'intéresse de très près au symbole que représente le culte Gèlèdè dans la société béninoise.

Citadin de Cotonou, Alidou souhaite se rapprocher de ceux qu'il appelle « ses cousins de brousse » afin de retrouver l'authenticité initiale du culte de la grande mère Iyala.

Qui sont ces mères liées à la sorcellerie ? Quel est le pouvoir de ces femmes qui inquiètent tant les hommes du village de Sagon ? Le film se laissera porter par les histoires, les mythes et les croyances qui circulent dans le village.

Alidou cherchera à prendre du recul sur sa propre culture, pour comprendre pourquoi et comment, au-delà du sacré et de ces rites anciens, il constitue un moyen de rassembler les hommes et les femmes du village afin d'y apporter une certaine cohésion sociale.

Plongés dans cet univers empreint de magie, la quête d'Alidou nous amènera jusqu’au cœur de cette société à Sagon. À travers son point de vue, l’objectif sera d'en savoir plus sur le quotidien de la société Gèlèdè.

 

Note de traitement

 

Dispositif

 

 Le dispositif sera énoncé dès le début du film puisque c'est la voix d'Alidou qui interviendra au fil des différentes phases du film.

L'objet caméra sera la source de nombreuses interrogations pour les Sagonnais. Avec Alidou, nous avons déjà une histoire commune avec les villageois de Sagon. C'est cette relation filmeur / filmé qui me permettra de m'approcher au plus près de l'action afin de rentrer dans l'intimité du culte. Alidou part à la rencontre de certains personnages secondaires : une femme, un enfant, un initié, la directrice de la chorale catholique et bien sûr la grande prêtresse.  Nous les retrouverons tous lors de la grande cérémonie finale afin de démontrer la portée fédératrice de Gèlèdè.

J'ai choisi un dispositif de mise en jeu plutôt que mise en scène s'inspirant du travail de Robert Kramer pour le film « Road one ».

 

 

 

 

Ressentir l'influence de la religion vaudouiste

 

Le but est de transcrire ce que Gèlèdè a de spectaculaire, de fascinant et de prenant. C'est la nuit que s'exprime le mystère puisque c'est le moment choisit par les initiés pour effectuer leurs rituels.Dans la légende c'est également la nuit que les ajé (sorcières)se transforment en oiseau de nuit pour exercer leurs activités.

 

 

Au moment du marché de nuit, là où les femmes vendent leur produits à la lueur des bougies, j'effectuerai un travail sur le clair-obscur. L'objectif est de mettre en valeur leurs regards afin que le spectateur se pose les mêmes questions qu'Alidou. Une mise en valeur du charme féminin avec toute son ambivalence : séduction ou maléfice ?

 

 

Paroles de Gèlèdè

En janvier 2012, j'ai co-réalisé avec Damien Mandouze un court-métrage documentaire, Paroles de Gèlèdè, constituant la prémisse du Secret des Ajé. Le film  traite du culte de manière globale et didactique.

J'ai voulu à travers ce court-métrage donner envie d'en savoir plus sur la pratique locale du culte et de la grande cérémonie.

Le film a été présenté aux plus grands experts du monde yorouba qui ont accrédité mon projet à l'occasion de l'exposition en Bretagne « Masques Gèlèdè : Art, culture et tradition du Bénin » initiée par Jean-Yves Augel.

 

L’écriture

 

J’ai aussi progressé dans l’écriture et la conception de ce projet grâce à un repérage effectué en février 2010, qui nous a permis de vérifier la viabilité du projet auprès des instances vaudouistes.

 

Ce repérage nous a donné l’occasion de rencontrer les différents intervenants du film et d'écouter leurs histoires. La rencontre avec les initiés m'a rassuré quant à l'acceptation de la caméra dans des lieux qui ne m'étaient pas autorisés jusqu'alors. J'ai également pu parler avec l'assistante de la prêtresse « Iyalashè » qui nous a confirmé qu'au moment du tournage et après quelques étapes qui feront partie de la narration du film, nous pourrons nous entretenir avec la patronne du culte.

 

Je voudrais maintenant, avec Le Secret des Ajé, montrer le Gèlèdè dans une visée socio-anthropologique en m'y intéressant de manière locale. Je suis convaincu qu'on pourra se faire une idée plus précise de ce qu'est la réalité du Gèlèdè dans le quotidien des Nago Yorouba. Le Gèlèdè est quasi inexistant dans le milieu urbain d'ailleurs il est pratiqué par ceux qu'on appelle « les cousins de brousse ». On va au village pour voir un Gèlèdè on ne verrai pas un véritable Gèlèdè à Cotonou en tout cas un Gèlèdè rituel et initiatique on va le voir dans son contexte..

 

Mon choix pour l'équipe technique s'est porté sur des techniciens professionnels de la troupe de théâtre « Tingos gars » et des étudiants de l'école de cinéma «ISMA» de Cotonou nouvellement créée. Ces techniciens béninois travailleront en collaboration avec des professionnels confirmés français : Benoït Rizzotti (chef opérateur), Amaury Duquenne (assistant son/image) et Damien Mandouze (ingénieur du son). L’interaction entre des professionnels français et une équipe béninoise est un principe auquel je tiens pour ce documentaire. L'idée est ainsi de pouvoir former une équipe béninoise autonome pour de prochains tournages.

 J'ai réalisé un film esquisse dans le cadre de l'atelier documentaire de la Fémis, qui a retenu mon projet et m'a accueilli dans ses rangs pour l'année 2010. Le travail effectué dans le cadre de l’atelier documentaire m’a aussi permis de définir une chronologie et les étapes de mon rrécit.

 

À quoi servira la collecte ?

Nous disposons déjà de 3000 euros sur un budget de 20000 euros. Nous comptons sur la participation d'une future production pour négocier la location (image/son) pour le tournage. Les 4500 euros serviront à la location de matèriel et à la logistique au Bénin ainsi qu'a l'achat d'une ambulance pour l'hôpital de brousse du village de Sagon.

 Transport matèriel aéroport + billets : 2000 euros

 Location vehicule au Bénin : 500 euros

 ambulance pour l'hôpital de brousse de Sagon  : 1500 euros

 Location matèriel à l'école ISMA de Cotonou : 500 euros                                 

Si la somme collectée est dépassée, une partie pourra être allouée aux frais de tournage , paiement des salaires de l'équipe et post-production

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sul

Je suis un réalisateur spécialisé dans l’anthropologie partagée et Formé à l'école nationale des métiers de l’image et du son (FEMIS). J'ai fait mes armes en réalisant des films de prévention (utilisés par l’UNICEF et l’atelier FIWE en Afrique) sur le trafic d’enfants au Bénin.Mon film est le fruit de plusieurs années de travail où j'ai pu lier des... Voir la suite

FAQ Questions les plus fréquentes concernant le projet

+ Que se passe t-il si le projet ne récolte pas les 4500 euros ?

Sur le site kisskissbankbank la somme a récolter est de 4500 euros. Si je n'arrive pas à cette somme je ne toucherai même pas la somme déjà récoltée. Les sommes envoyées seront alors reversées aux souscripteurs

Derniers commentaires

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Cher kisskissbankers, Tout d'abord désolé de ne pas vous avoir donné de nouvelles depuis un moment mais je ne vous ai pas oublié. Le film s'appelle désormais "Le secret des Iyas" et il est désormais terminé. Il sera présenté dans de nombreuses villes et festivals... Le tournage a été assez compliqué et après la bataille pour réussir à financer notre film il faut maintenant que je mène la bataille de la diffusion. J'enverrai des DVD à tous les kisskissbankers dès que je le pourrai tout en respectant au mieux les contreparties. Pour l'instant ma situation financière est un peu compliqué mais je m'engage à respecter mes engagements le plus rapidement possible. En ce moment je recherche des lieux de projection afin de montrer notre film et d'expliquer notre démarche qui touche au devoir de mémoire à l'heure où la modernité engendre une désacralisation et une folklorisation de nombreuses pratiques traditionnelles. Afin que le projet prenne tout son sens nous allons organiser au mois de janvier une grande tournée au Bénin afin de montrer notre travail dans de nombreux villages du pays tout en animant un débat avec les populations sur le thème pratiques traditionnelles / modernité. Afin de réussir dans notre entreprise je vais faire un nouveau kisskiss mi-octobre à hauteur de 2000 euros. A cette occasion je filmerai la tournée en vous tenant au courant des différents liens qui seront disponibles. De plus le film sera projeté à Cotonou à l'occasion du festival "Quintessance". Je vous remercie encore pour votre soutien dans notre projet en espérant que le film soit pour vous à la hauteur de votre engagement. Pour suivre de plus près vous pouvez aller là : https://www.facebook.com/Lesecretdesaje Amicalement, Cyrill Noyalet
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Que l'obstination porte ses fruits !
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Je remercie vraiment toutes les personnes qui ont participé à la souscription. Je ne sais pas si l'objectif sera atteint mais cette solidarité envers mon projet m'encourage à continuer. Je dois tourner cette année c'est obligatoire et vous pourrez continuer à suivre l'avancement du projet sur cette page https://www.facebook.com/Lesecretdesaje Il reste six jours pour y croire encore alors on verra bien.