Participez à un road-movie qui retrace la tournée en Turquie d’un groupe de pop d’origine arménienne, l’année du centenaire du génocide.

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Présentation détaillée du projet

 

Janvier 2015, Fred Agop, jeune artiste trentenaire de la scène pop parisienne est invité à venir donner un concert en Turquie fin juillet, dans le cadre d’un festival dans le Dersim. D’origine arménienne, il est d’abord très surpris puis désarçonné par une telle invitation, à l’heure des commémorations du centenaire du génocide perpétré par l’Etat turc et malheureusement toujours nié par le gouvernement actuel. Car se rendre en Turquie ne va pas de soi pour les Arméniens de la diaspora. Il s'agit d'un dilemme, d'une question quasi-existentielle même, pour la plupart d’entre eux.

 

Malgré ses appréhensions et les réticences de ses proches, il décide de partir avec sa troupe de musiciens pour un road-trip musical haut-en-couleurs, à la rencontre d’un peuple et d’une terre où une partie de ses ancêtres a été décimée.

Au-delà de la question arménienne, LE SILLON est un film traitant de la réconciliation avec l’ennemi, la transmission de la mémoire entre les générations, mais aussi un film de potes en quête d’identité, un parcours initiatique sous la forme d’un dialogue permanent, trop longtemps empêché.

 

 

 

Pourquoi ce film ?

 

Je joue avec Fred depuis quelques années en tant que batteur, et j’avais déjà perçu son ouverture d’esprit lors d’un concert au Casino de Paris, où il avait dédié sa chanson No more genocides à ses « frères turcs ». C’est donc naturellement que lorsque l’opportunité de jouer en Turquie s’est présentée, j’ai eu l’idée d’en faire un film pour être acteur moi aussi de la réflexion que mène Fred depuis quelques années. 

Selon lui, nous n’avons rien à attendre du gouvernement turc concernant la reconnaissance du génocide arménien. Il faut plutôt initier un maximum d’actions citoyennes, comme nous l’offre cette opportunité d’aller jouer en « terrain ennemi ». Fred veut à son niveau participer au processus de réconciliation, être la génération qui mettra un terme au conflit qui dure depuis trop longtemps avec ce peuple dont on lui a tant parlé, et avec qui il veut partager aujourd’hui un repas, un point de vue, une chanson, une poignée de main.

 

C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de partir 3 semaines avant la date du concert à Dersim prévu fin juillet, pour avoir le temps de sillonner la Turquie d’Ouest en Est, et d’avoir ainsi la possibilité d’échanger nos idées, nos sentiments et notre musique. Que ce soit au cours d’une soirée arrosée dans le cadre d’un « Home ‘concert » à Istanbul, ou bien d’une après-midi d’été dans la campagne anatolienne, partageant un plateau de fromages avec un paysan. Un road-trip authentique et résolument rock n’roll !

 

 

 

La Bande (Originale) :

 

FRED AGOP:

 

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De l'Olympia au Casino de Paris en passant par les bars les plus indies de la capitale parisienne, Fred Agop, seul ou accompagné de son groupe ne manque jamais une occasion de prendre sa guitare et de chanter avec générosité, en anglais ou en français, mais toujours avec l'obsession des mélodies entêtantes.

Il est également rédacteur en chef d'une revue culturelle résolument moderne qui s'adresse à tous les jeunes arméniens du monde et leurs amis.

Sensibilisé à la "cause" arménienne depuis son plus jeune âge, Agop est allé des dizaines de fois en Arménie pour y donner notamment des spectacles en tant que danseur folklorique.

Jusqu'à très récemment, il était totalement contre l'idée de mettre les pieds en Turquie. Aujourd'hui, il veut faire partie de ceux qui, comme le cinéaste Fatih Akin avec notamment le film « The Cut », construisent des ponts entre les deux peuples, au nom de la fraternité.

 

Facebook AGOP

 

 

EMILIE:

 

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Juriste pour la télévision, Emilie est la femme de Fred Agop. Elle chante également dans son groupe de pop.

Française d'origine corse, elle n'avait jamais entendu parler du génocide arménien avant de rencontrer Fred.

Désormais initiée à la cause arménienne, ce voyage en Turquie va constituer pour elle une autre grande découverte et lui permettra de répondre aux nombreuses questions qu'elle se pose encore sur le sujet.

 

 

 

YESSAI:

 

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Né en Arménie il y a 20 ans, il est le pianiste de Fred et va donc lʼaccompagner pour cette tournée.

Dʼune nature extrêmement curieuse, Yessaï est le plus jeune de la bande, et ouvert à toutes les expériences nouvelles.

Cʼest lʼempêcheur de tourner en rond, avec ses réflexions philosophiques parfois un peu « barrées ».

 

 

LEVON:

 

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Levon est un musicien talentueux et unique en son genre puisqu'il joue du dukuk, un instrument à vent rare issu des montagnes d'Arménie,

qui fait la particularité de la musique pop de Fred Agop.

Levon possède une partie de sa famille en Turquie. Enfant, il s'y est rendu plusieurs fois, mais n'en garde que des souvenirs diffus. Véritable bout-en-train, ce Marseillais au sang chaud retrouve donc la terre de ses grands-parents avec un regard adulte.

 

CLAIRE:

 

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Journaliste née en Turquie, elle vient de réaliser un documentaire sur les Arméniens du Dersim. 

Parlant couramment le turc, elle est spécialiste de la région.

 

GUILLAUME:

 

 

Votre serviteur... J’ai passé les 3 dernières années sur une banquette de taxi pour une série que je réalise pour France 5. Pour moi, ce moyen de transport est un véritable espace dʼéchange et de partage avec les clients.

 

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Pour ce projet j’accompagnerai lʼéquipe en tant quʼauteur-réalisateur, et batteur de Fred Agop!

 

Lʼintérêt de ce dispositif réside dans le fait que les réalisateurs-filmeurs Claire et moi-même, nous sommes  au cœur de lʼaction, et faisons partie intégrante de lʼéquipe dans laquelle nous avons une réelle fonction. Ce système permettra une meilleure acceptation des caméras par les protagonistes du film, qui oublieront leur présence au fil du voyage.

Les rencontres avec les différents personnages - prévues ou non - lors de notre périple seront ainsi rendues plus naturelles et plus « fluides », renforçant lʼidée du road-trip.

 

 

 

Les étapes du road-trip:

 

Etape 1 / ISTANBUL:

 

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Arrivés sur le sol turc, lʼappréhension se dissipe rapidement dans nos esprits pour laisser place à lʼenvie irrépressible de découvrir la flamboyante Istanbul qui tient toutes ses promesses. Entre les visites de Sainte-Sophie et les « bœufs » improvisés sur les bateaux emblématiques du Bosphore servant les fameux balik ekmek (sandwich au poisson), la bande emmenée par Fred ne sʼennuie pas une seconde.

 

En attendant le concert du soir au Caravan Rock Bar, nous nous rendons devant les locaux du journal Agos que dirigeait Hrant Dink avant dʼêtre assassiné en 2007. Sa mort avait entraîné une partie de la population turque à défiler en criant « Nous sommes tous des Arméniens !», suscitant un 1er espoir vers la réconciliation.

Son histoire et les conséquences de sa mort nous sont racontées par sa femme que nous rencontrons en poussant la porte du journal. 

 

Le soir venu, nous sommes ravis de lʼaccueil chaleureux que nous réserve le public présent ce soir-là au Caravan Rock Bar. Aucune animosité lorsque Fred joue « No more genocides » pour clore le show. Ce nʼest quʼensuite que des spectateurs nous expliquent quʼaujourdʼhui à Istanbul, les Turcs s’ouvrent concernant cette question, contrairement au gouvernement. Eux-mêmes ont signé une pétition sur Internet qui a eu un effet retentissant : il sʼagissait dʼune pétition dans laquelle les Turcs demandaient pardon aux Arméniens pour la Grande Catastrophe de 1915.

 

Le lendemain, nous avons rendez-vous avec Cengiz Aktar et Ahmet Insel, professeurs à lʼUniversité dʼIstanbul et initiateurs de cette pétition. Ils nous en expliquent les raisons, les menaces quʼils ont reçues mais aussi les nombreux encouragements.

 

Nous prenons alors conscience du négationnisme dʼétat, il existe même un mausolée à Istanbul, dédié à Talaat Pacha à qui lʼon attribue lʼordre de « tuer tous les hommes, femmes, et enfants arméniens sans exception ».

 

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Etape 2 / KARS:

 

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Après 3 jours de voyage en van, nous arrivons enfin à Kars, à la frontière arméno- turque. Le voyage a été long mais il nous a permis de faire des rencontres fortuites, dormir chez lʼhabitant, prendre des routards en stop,...

 

Arrivés à destination, nous rencontrons le sculpteur Mehmet Aksoy, auteur de la gigantesque sculpture « Monument à lʼHumanité », représentant un Arménien et un Turc se tenant la main. Malheureusement nous ne pouvons que lʼadmirer en photos, la statue ayant été démolie en 2011 sur ordre du 1er Ministre Erdogan, la qualifiant de « monstruosité ».

 

Nous faisons alors la connaissance de Deniz Baris, ancien footballeur évoluant dans le championnat turc : Pour protester contre la démolition de cette statue, il a battu le record du monde de la plus longue poignée de main - 43 heures ! - , avec Ohannes Acinyan, un acteur originaire de Yerevan en Arménie.

Nous déambulons ensuite dans les ruines dʼAni à quelques kilomètres de là, ancienne capitale de lʼArménie.

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Aujourdʼhui, le pont reliant la Turquie à lʼArménie est complètement détruit, tout un symbole...

 

 

Là nous faisons par hasard la connaissance d'un habitant de la région qui défend un projet de «fromage caucasien» avec des producteurs géorgiens et arméniens : «Le fromage a le goût de la terre, c'est la même pour tous, il contribuera au dialogue culturel, raconte l'agriculteur, qui rêve aussi de planter des vignes arméniennes. Les Turcs et les Arméniens sont devenus ennemis, les actions concrètes sont indispensables, sinon la blessure se rouvrira dès qu'on l’effleurera"

 

 

Etape 3 / IGDIR:

 

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Malgré quelques appréhensions, nous pénétrons dans un musée surréaliste, qui prétend démontrer que ce sont les Arméniens les génocidaires de 1915. Son directeur, Göksel Gülbey, président de « l'Association de lutte contre les accusations mensongères arméniennes », nous en fait la visite.

 

Non loin de là, un édifice en métal est planté dans le sol. Il s'agit du « Monument des martyrs turcs massacrés par les Arméniens ». Des mariés viennent se faire photographier sur les marches...

 

Cʼest ici que nous comprenons réellement comment le négationnisme est ancré dans les mœurs de la société civile turque concernant le génocide arménien. Lavage de cerveaux pratiqué dès lʼécole maternelle, mensonges dʼétat, falsification et manipulation orchestrée au plus haut niveau...

La confrontation à cette réalité est dure à encaisser pour Fred et ses acolytes...

 

 

Etape 4 / DIYARBAKIR:

 

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Cʼest ici que vivait un grand nombre dʼArméniens avant le génocide. 

Fred déambule sur les lieux et dans les têtes des habitants, cherchant l'empreinte du passage de ses ancêtres. Quelques pierres tombales vermoulues, disséminées ici ou là, quelques souvenirs jaunis... Il sʼisole pour coucher sur sa guitare des accords et des paroles qui lui viennent naturellement dans cet endroit chargé dʼhistoires.

 

Cʼest ici quʼil compose « Song of good hope ». Levon le rejoint pour accompagner au duduk cette chanson, qui résonne comme un appel à la réconciliation avec ce peuple quʼils parviennent à comprendre au fur et à mesure de leur exceptionnel voyage :

 

 

« Give me a chance

  To show you that Iʼm not

  Who you think I am... »

 

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Bien sûr, cette aventure sera jalonnée de moments inattendus, de rencontres impromptues qui nous emmèneront certainement vers des chemins de traverse. Mais ce qui est certain, cʼest que lʼon ne manquera pas notre étape finale, le festival !

 

 

Etape 5 / Le DERSIM:

 

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Nous côtoyons des musiciens de tous les horizons, dans le magnifique cadre du festival à proximité du fleuve Munzur. Il y a 100 ans, ce fleuve était dʼune couleur rouge sang, dû au massacre des Arméniens, jetés du haut du promontoire. Pour économiser les balles, les Turques les attachaient 2 par 2 et ne tiraient que sur un seul, qui entraînait alors lʼautre dans sa chute.

 

Mais aujourdʼhui, sur cette scène, Fred a le sourire. Il joue une chanson quʼil a écrite sur le chemin, en hommage à ses ancêtres, aux Arméniens d’ici ou d’ailleurs, mais aussi aux Turcs quʼil a rencontrés pour venir jusquʼici, qui sont pour la plupart devenus des amis. Ils ont même inscrit un petit mot sur sa guitare. Du haut de la scène, Emilie regarde des enfants danser.

 

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Pourquoi « LE SILLON »?

 

Le sillon évoque tout d’abord celui que l’on peut observer sur un disque 33 tours. Et dans ce film, la musique nʼest pas juste un artifice pour rendre lʼhistoire plus attrayante, moins rugueuse, cʼest un vrai élément de narration qui sert le propos. Elle est en prise directe avec le réel lors de concerts ou de bœufs improvisés dans un van avec des auto-stoppeurs, mais elle peut aussi nous aider à nous en échapper pour donner au récit un côté plus poétique, l’espoir dʼun avenir meilleur.

 

Hormis la facture résolument moderne de ce dispositif de « mini- clip », celui-ci permet également de donner beaucoup plus de force au propos du film, particulièrement lors de moments dʼintense émotion.

 

Cʼest donc bien grâce à la musique que la confrontation se fait, et nous lʼespérons la réconciliation également. Comme lʼécrivait Hrant Dink, ce journaliste turc d’origine arménienne assassiné à Istanbul en 2007 : “Nous avons vécu très longtemps ensemble sur ces terres, nous avons une mémoire commune. Cette mémoire commune, nous lʼavons divisée en mémoires monophoniques. Nous ne jouons, les uns et les autres, que les accords que nous connaissons. Pourquoi ne pourrions-nous pas reconstruire notre mémoire commune en transformant le monologue en dialogue... Mon plus grand rêve est de voir jouer sur une même scène, des musiciens Turcs et des musiciens Arméniens ! Alors lʼeau creusera de nouveau son sillon... »

Le journal créé par Hrant Dink s’appelait d’ailleurs Agos, mot qui signifie en turc et en arménien « le sillon ». Nous espérons aussi que grâce à la création de ce sillon à laquelle on aura participé avec ce voyage, lʼeau de lʼouverture et du dialogue traversera les frontières et coulera jusque dans la jeune Arménie indépendante afin quʼelle y prenne part elle aussi.

Quoiqu’il en soit, l’inspiration que nous ramènerons de cette aventure sera gravée sur un disque vinyle, comme dans nos mémoires.

 

 

Rejoignez-nous dans cette belle aventure!

 

 

À quoi servira la collecte ?

 

La collecte servira à couvrir:

 

-   Les frais de tournage : évalués à 3800 euros

 

et oui, le fait de suivre toute une bande fait « la richesse » du film, mais dilapide en même temps la nôtre en terme de logistique sur place!

Détails:  Avion = 250 x 6 = 1500

               Hébergement = nous dormirons le + possible chez l’habitant, mais dans le doute... : 500

               Nourriture = 15 euros/jour/personne : 1800

 

 

-   Achat et/ou location du matériel de tournage : évalués à 2300 euros

 

Détails:  location 2 appareils Canon EOS 5D Mark III = 1500 pour 20 jours

               divers objectifs = 500

               matériel son et lumières = 300

 

 

-   les frais de post-production : évalués à 2900 euros

 

Détails: location salle de montage = 2000 pour 20 jours

               mixage = 200 pour 2 jours

               étalonnage = 200 pour 2 jours

               droits d’archives = 500

 

 

-   les frais de distribution et promotion : évalués à 1000 euros

 

Détails : sous-titrer le film en anglais, conception et fabrication de dossiers de presse et affiches du film, envoi du film aux différents festivals, …

 

Si votre générosité n’a pas de limite, l’argent récolté en + des 10 000 euros servira à développer un site Internet dédié au film, pour commencer dès à présent à creuser le sillon du dialogue.

Nous pourrons également réaliser des portraits video des membres de la bande participant à l’aventure. D’une part pour que vous les connaissiez mieux avant notre départ, mais aussi pour nous aider à présenter notre projet aux éventuels diffuseurs.

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GuillaumeEstivie

A 25 ans, je pars tourner en Inde mon 1er documentaire, à Auroville : une immersion dans « la cité idéale » créée en 1968 où la religion, lʼargent, le racisme et la compétition sociale nʼexisteraient plus... en théorie ! TELERAMA: "Intelligemment construit, ce documentaire sʼapplique à nous dessiller progressivement les yeux sur ce vrai-faux jardin... Voir la suite

Derniers commentaires

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Pour Agop, pour Guillaume.. Une petite participation.. Pour un projet exemplaire, et plein d'espoir ! On vous souhaite une bonne route sur le chemin de la paix ! Votre Fée Lavande
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Bravo pour ce beau projet ! Matthieu
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Allez Agop!!!!