Contribuez à la réalisation d'un film sur Les Cireurs de La Paz (Bolivie) : la rencontre du cinéma et de l'enquête anthropologique !

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Présentation détaillée du projet

Les Cireurs de La Paz

 

Réalisation d’un film documentaire

 

A partir de l’enquête anthropologique de Colette Milhé sur les cireurs de chaussures à La Paz (Bolivie)

 

 

L'équipe :

Amélie Bussy (Docteure en Cinéma, Monteuse)

Colette Milhé (Anthropologue)

Michèle Pédezert (Cinéaste et anthropologue)

 

Nous avons formé il y a peu une équipe, née de notre rencontre à Bordeaux. Michèle Pédezert, cinéaste et anthropologue, relie les deux pans du projet renforcés de part et d'autre par Colette Milhé, anthropologue, et Amélie Bussy, monteuse de films.

 

Notre intérêt pour le cinéma documentaire et l'anthropologie est simple : ce sont deux disciplines attentives au vivant, à la rencontre, et à l'invention de formes d'écriture inédites.

 

C'est à la connaissance de ces formes que nous vous invitons par notre projet.

 

Si vous aidez un film et une enquête d'anthropologie, vous aurez aussi la chance d'en connaître le processus grâce aux contreparties interactives que nous proposons tout au long du tournage !

 

Bienvenue !

 

 

 

 

A l’origine du projet

Depuis 2006, Colette Milhé s’est rendue à trois reprises en Bolivie, voyages dont est née une enquête anthropologique sur les cireurs de chaussures (lustracalzados) de La Paz. La première année, simplement là en vacances, elle rencontre Alecks dans des circonstances déjà peu communes : après qu’elle l’ait payé le salaire de toute une journée pour avoir ciré ses chaussures (20 bolivianos au lieu de 1 boliviano), celui-ci décide de ranger son matériel et de passer la journée avec elle. Elle repart le lendemain dans un bus pour le Chili puis un avion pour la France, avec pour seule trace deux photographies et un numéro de téléphone. Trois ans plus tard, devenue « docteure en anthropologie », elle décide de revenir dans la perspective de passer plus de temps à La Paz et d’en faire son nouveau terrain d’enquête, après une thèse sur les militants occitans. Parviendrait-elle à retrouver Alecks avec ce seul prénom et deux minces photos ?

L’enquête rédigée par Colette lors de ce retour en Bolivie pourrait ressembler au cinéma documentaire. On peut aussi bien penser aussi bien à Denis Gheerbrant qu’à Henri-François Imbert pour cette façon de donner au processus d’enquête une place importante dans la narration (Doulaye, une saison des pluies, Henri-François Imbert, 1999), mais aussi pour cette façon de mettre la rencontre avec l’autre au centre des situations racontées (Le voyage à la mer, Denis Gheerbrant, 2001). Lorsqu’elle nous a proposé de l’accompagner en juillet 2016 pour ce qui sera son quatrième retour à La Paz, nous avons pensé à ce que le cinéma et l’anthropologie ont en commun. A commencé à s’esquisser un projet de film sur ce personnage hautement cinématographique qu’est le cireur de La Paz, son visage masqué recouvert d’une cagoule.

 

 

La cagoule des cireurs : quelques pistes pour un film en devenir

« Le mystère de la cagoule » est d’ailleurs le titre provisoire que Colette a donné à son ouvrage sur sa rencontre avec le cireur Alecks. Ce point de l’enquête constitue à mon sens un enjeu extrêmement filmique. Comment filmer quelqu’un qui refuse de montrer son visage de par le métier qu’il exerce ? Pourquoi les cireurs de chaussures portent-ils une cagoule ? Comment l’expliquent-ils, eux ? Qu’en pensent les Boliviens ? Et l’association Caminamos Juntos de la Paz qui s’est donné pour mission de les aider au quotidien ? Il y a un enjeu à faire d’un visage recouvert un sujet de paroles : faire se confronter une visibilité et un son, une pratique et des raisons diverses, afin de trouver entre l’image et la parole une tension irrésolue qui nous renvoie au vivant, confus, multiple, divers, toujours irréductible aux catégories qu’on voudrait bien lui accoler.

C’est une piste de travail, bien sûr il y en a d’autres. Durant le mois que nous allons passer à La Paz, des choses adviendront et il s’agit d’être disponible au réel tout autant que de chercher à le capter.

 

J’aime aussi cette idée que la première photographie réalisée par Daguerre boulevard du Temple montre un boulevard désert. Alors qu’il est quatorze heures environ et que les passants et carrosses devaient y être nombreux, le long temps d’exposition nécessaire aux daguerréotypes ne laisse guère rien apparaître de ce flux. Seul un homme, resté assez longtemps, s’esquisse. Une silhouette humaine chimiquement captée parce qu’il était en train de se faire cirer les chaussures. Le cireur, lui, est moins visible, certainement parce qu’il bouge pour effectuer son travail. Le cinéma n’a-t-il pas de plus belle tâche que de reprendre à son compte cette histoire et d’aller voir de plus près ceux que l’on a laissé longtemps invisibles ? Ceux que l’on voit peu dans le flux de la ville, ceux qui sont masqués, ceux à qui l’on ne donne que trop peu la parole ?

« Ne nous oublie pas ! » lance un cireur à Colette lorsqu’elle leur a avoué écrire un livre à leur sujet. Il faudrait imaginer le film dans ce prolongement : non pas un reportage sur les cireurs, qui traiterait de tous les aspects ou qui informerait les spectateurs occidentaux sur les cireurs, mais une enquête, un récit en images et en sons qui propose de leur donner de l’attention et du temps, de saisir quelque chose de leurs vies, de leurs pensées et de leurs paroles. Un film de cinéma en somme, qui désamorce les pensées préalables de chacun pour retrouver du singulier. C’est d’ailleurs une phrase que je me répète souvent avant notre départ, d’ici à peine un mois : « Je n’ai pas d’idées préconçues sur les cireurs, simplement une grande disponibilité à la rencontre. »

 

 

 

 

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                         Cireur à La Paz

                         © Colette Milhé

 

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           Le daguerréotype Boulevard du temple (détail), Paris, 1838.

 

 

 

 

 

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        Point de vue du client, point de vue du filmeur ? (La Paz)

        © Colette Milhé

 

 

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       Un cireur (La Paz)

       © Colette Milhé

 

 

 

 

La Paz

La Paz est une immense ville, construite sur 1000m de dénivelé. Je n’y suis jamais allée : je ne suis jamais allée en Amérique tout court. Je suis sûre que j’y aurais froid, car il n’y a pas de chauffage et que nous nous y trouverons en hiver. Je pense aussi à la « gentrification » de la ville, à la disparition des commerces ambulants et à l’arrivée du téléphérique. Toutes une somme de strates d’histoire qui doivent exister dans le paysage. Colette a déjà observé du changement entre 2006 et 2012. Que verrons-nous ? Comment filmer le cireur dans la ville ?

Car la ville n’est pas qu’un décor : c’est un cadre à trouver (pour celui qui filme), un contexte historique et relationnel (pour l’anthropologue et le cinéaste).

Alors on peut aussi parier qu’il y aura un enjeu à filmer La Paz.

 

 

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La vie

 

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Le décor

 

 

La vie, le décor - diptyque sur l'enjeu de filmer La Paz autrement

© Colette Milhé

 

 

 

 

L’équipe, le matériel, le film

On part à trois, avec peu de matériel : un appareil photo qui filme et un enregistreur de son (avec une perche).

Colette Milhé, Michèle Pédezert, et Amélie Bussy : notre co-présence fabriquera la teneur du film. Le filmeur a le droit de parler, le preneur de son aussi, autant que Colette ou les cireurs. Devant et derrière la caméra il n’y a pas une barrière, mais quelque chose à mettre en jeu, qu’il y aura à rejouer sur l’écran : notre relation, comment nous nous parlons, ce que nous nous demandons, ce qui se passe entre nous.

 

Explications nécessaires sur les contre-parties

L’enquête de 2012 était interactive dans la mesure où Colette envoyait des chroniques à un certain nombre de donateurs qui avaient ainsi financé une partie de son voyage. Les personnes pouvaient faire des suggestions et bouleverser l’enquête.

Dans les contre-parties prévues, il y aura encore des chroniques rédigées par ses soins. Mais aussi, chaque jour, une unique photographie que je me propose de prendre et de légender. Rassemblées, elles constitueront une série. Ce qui signifie d’ores et déjà que le sens de l’image vaudra également pour sa place dans un ensemble ! Comme un petit montage d’images fixes, en préfiguration du montage du film (mais qui sont indépendants).

 

Nous vous remercions de l'aide que vous apporterez à ce projet.

 

Amélie Bussy pour l’équipe du film.

 

 

Calendrier

Tournage : du 10 juillet 2016 au 11 août 2016

Montage : de septembre 2016 à décembre 2016

Post-Production : début 2017

Diffusion du film : courant 2017

 

 

 

 

 

À quoi servira la collecte ?

Le projet de film s'est lancé rapidement après l'invitation de Colette. Autoproduit, il repose sur peu d'argent :

 

- Nous avons pris nos billets en mars pour avoir un tarif abordable (1300 à 1400 euros chacune).

 

- Si les frais de séjour (hôtel, déplacements là-bas, repas) sont peu élevés en Bolivie (15 euros par jour et par personne au minimum), nous avons besoin de vos dons pour en couvrir une partie. Nous espérons atteindre la somme de 800 euros.

 

- Si cette somme est dépassée, elle permettra d'acheter du matériel complémentaire dont nous aurons grandement besoin pour le tournage :

- objectifs (650 euros), 

- filtres (minimum 40 euros),

- cartes mémoires supplémentaires (45 euros la carte de 64go),

- rig ou monopode (500 euros),

 

et de toutes petites choses (des piles, des batteries) qui engagent toujours des dépenses imprévues.

 

En somme, vous contribuerez au bon déroulement de notre petite équipe de tournage sur place !

 

 

 

 

 

 

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Cireurs de La Paz

Amélie Bussy est Docteure en Cinéma de l'Université Bordeaux Montaigne, suite à une thèse sur le cinéma de Harun Farocki et l'écriture politique de l'histoire. Elle est également monteuse de films pour le cinéma documentaire. Colette Milhé est anthropologue. Ses enquêtes ont déjà porté sur les cireurs de La Paz mais aussi sur les militants occitans.... Voir la suite

Derniers commentaires

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Holà Michelle, Amélie, on vous souhaite un bon tournage et voyage là baz (j'essaie d'être drôle) ainsi qu'à votre pote Colette. Bises et au plaisir de vous suivre, Nanou (et Vero)
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Bon voyage la Colette! Bisous de Lavivi
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Adishatz e bon viatge ! Potons a totas tres Jérémie