Participez au nouveau court métrage de l'acteur et réalisateur Roger Souza, primé à Cannes il y a 30 ans !

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Présentation détaillée du projet

RÉSUMÉ

Ici, dans ce village de l'Ariège, le 15 Août c'est la fête. Les anciens, les jeunes du comité des fêtes, Roger l'éternel célibataire, Popol le simplet, les vacanciers... Ils sont tous là. Alors qu'importe si ce soir un D.J assourdissant remplace l'orchestre et si la trop jolie Parisienne suscite jalousie, désir et frustrations. Ce soir c'est la fête, alors on danse.

 

 

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NOTE D’INTENTION DE L’AUTEUR-RÉALISATEUR

ET TRAITEMENT FILMIQUE

 

 

Sous la forme d’un entretien avec Aline Pailler

Productrice à France Culture

 

Aline Pailler

Cet hiver, j'ai vu ton premier film Tant que farem atal trente ans après qu'il fût tourné.* Je suis sortie bouleversée de cette projection, pas seulement par ce que l'on pourrait appeler la "nostalgie" mais parce que, bien qu'ancré dans un territoire, une langue et les années quatre-vingt, il nous parlait de notre monde et de notre futur. Sans doute est-ce la profonde humanité des personnages et ta manière de les regarder avec lucidité et amour qui donne au film son sens universel. J'avais du mal à quitter Noël et Juliette à l'orée de leur bonheur.

Je viens de lire ton scénario Les Etoiles de papier, et j'ai été immédiatement embarquée dans l'histoire de cette irruption d'une fille "de la ville" et de tous les désirs et frustrations qu'elle va révéler dans cette fête de village. Les Étoiles de papier, ton prochain film, n'est donc pas la suite ?

 

Roger Souza

Non, mais cela va se passer dans le même village. Popol l'idiot, le peck comme on dit ici, sera une sorte de trait d'union entre les deux histoires. Et pour te confier un peu de ma « cuisine » intérieure, c'est comme si je laissais les deux amoureux, Noël et Juliette s'embrasser dans le secret de leur chambre, volets clos, pour suivre Popol sur sa mobylette jusqu'à la fête du village.

 

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Aline

Alors tu vas retourner dans le même village ?

 

Roger

Oui. 30 ans après mon premier film, mon désir est toujours intact de parler de ce lieu et de ces gens. Même si c'est une fable, une fiction, j'ai besoin d'ancrer mon sujet dans ce village que je connais bien, j'ai besoin de ses habitants pour filmer la vie. Dans mon scénario, je nomme un grand nombre de personnages que je croise, ils ne disent rien ou presque, mais chacun m'intéresse. Il suffirait que ma caméra s'attarde sur l'un d'eux pour raconter une autre histoire, une autre vie.

 

Aline

Pourquoi ne pas en faire un long-métrage alors ?

 

Roger

Ce serait une autre écriture, un autre film. Si au point final, cette histoire, Les Étoiles de papier, ne fait que vingt ou trente minutes, et si j'ai dit tout ce que je voulais, c'est que ce film ne peut être plus long ni plus court. Mais c'est un film à part entière.

 

Aline

Tu situes ce film à quelle époque ?

 

Roger

1984.

 

Aline

Pourquoi cette date précise ?

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Roger

C'est la mi-août, je viens de terminer Tant que farem atal, Noël et Juliette sont enfin heureux et je  peux suivre Popol jusqu'à la fête du village... Pour être sérieux, parce que c'est l'époque où les premiers D.J. envahissent les fêtes au détriment des orchestres, laissant ainsi les anciens sur la touche, « hors pistes », à l'ombre de la fête. Ce sont les années ou le verbe ringardisé apparaît pour mettre au rencart tout un monde, celui des sans grades, des classes populaires et rurales, des gens de peu.

 

Aline

Comme dans Tant que farem atal tu veux faire jouer les gens du village (à l'exception de 4 ou 5 rôles). Pourquoi ?

 

Roger

Comme je te l'ai dit, j'ai besoin d'eux, de leur authenticité, de leur langue, de leur accent, de leurs silences les pieds posés sur le sol, pour ancrer le film dans la réalité, le concret de la vie. Oui, ce film aura l'accent, leur accent rude, rocailleux et non cet accent de comédie, truculent, folklorique qui annexe tout le sud. Quelques mots en patois aussi, ils ne seront pas sous-titrés car ils ne contiennent rien d'essentiel et seront aisément compris de tous par le contexte, par le geste qui les accompagne ou les réponses qu’ils entraînent.

 

Aline

J'ai aimé les personnages dès la lecture de ton scénario y compris dans leurs côtés les plus sombres. Pourtant, la violence symbolique et physique de la scène des confettis, je l'ai vécue dans ma jeunesse et elle est encore et toujours en embuscade dans les fêtes.

Tu n'as pas peur de la lecture du scénario chez les habitants du village qui vont aussi faire partie du film ?

 

Roger

Si un peu bien sûr, car contrairement à Tan que farem atal, ça grince, ça fini mal, il y a des lâches, des vilains. Avoir leur assentiment pour conserver le nom du village est un premier objectif, banal peut-être, mais lourd de sens. Je vais travailler en amont du tournage avec eux et la première séance sera consacrée à la lecture du scénario. Nous allons découvrir ensemble que ce qui arrive aux personnages de l'histoire n'est pas propre à eux, ni emblématique de leur village. J'aime d'avance cette connivence. J'aime l'idée de les embarquer dans une fable, une fiction. Il ne s'agit pas de les voler dans leur vie, comme on peut le faire parfois dans un documentaire, mais de raconter ensemble une histoire.

 

Aline

Comment vas-tu  travailler avec les gens qui ne sont pas acteurs ?

 

Roger

Je sais, pour l'avoir expérimenté dans mon premier film, que c'est un travail long, de patience, d'observation et de confiance. J'ai écris le scénario en pensant à eux, pour leur ouvrir des possibilités de jeu, par exemple en mentionnant ce que pense les personnages. Ici, le langage est succinct, tout ne se dit pas, mais les regards, les silences sont chargés de sens. Là également notre travail en amont leur permettra de prendre confiance et de comprendre que même silencieux, les bras ballants ou les mains dans les poches ils véhiculent des émotions. Ils sont vivants.

 

Aline

Je suppose que le comédien que tu es par ailleurs va trouver les mots et les images dont le réalisateur à besoin pour guider les villageois sur le chemin du jeu, de l'interprétation...

 

Roger

Une chose que mon expérience de comédien m'a apprise c'est que tous les réalisateurs ne sont pas forcément de bons directeurs d'acteurs et qu'il ne suffit pas d'être un excellent comédien pour enseigner la comédie et qu'à contrario un professeur d'art dramatique peut s'avérer un piètre interprète. Donc, c'est avec beaucoup de modestie de patience et d'indulgence que je les guiderai. C'est pour cela que j'insiste beaucoup sur mon travail en amont avec les habitants du village. Ma collaboration avec l'association « vivre à Tourtouse »* devrait me permettre d'y parvenir.

 

Aline

C'est pour les gens du village que tu fais ce film ?

 

Roger

Non. Certes je parle d'eux et de ce milieu que je connais mais ce n'est pas un miroir que je leur tends. Ce n'est pas non plus une représentation complaisante destinée à des étrangers. Mais je l'espère une approche honnête et naturelle de ces gens simples mais complexes qui se débattent comme chacun d'entre nous dans leurs désirs, leurs frustrations, l'indifférence, la lâcheté mais aussi l'amour et la solidarité. « Ce ne sont que des hommes ».*

 

 

Aline

L'esthétique du film sera-t-elle plutôt du côté de la fable ou du réalisme ?

 

Roger

Au début du film, en pleine lumière, celle, brûlante, blanche, du soleil de l'été, la mobylette, le tracteur, la bicyclette des personnages principaux, convergeront vers la place du village où se prépare la fête à l'ombre des platanes. Sans faire « joli » la lumière de la fête rêvée, sera construite pour aller du côté des petites lampes vacillantes et colorées des petits bal perdus... Plus tard, dans la pénombre sous les arbres, les amoureux s’embrasseront. Pour la fête réelle, malgré  les spots éblouissants et colorés de la scène du D.J., la lumière de la place par contraste sera plus froide, plus pauvre, la plus réaliste possible. La scène où les trois personnages quittent la fête et remontent la route qui s'enfonce dans la nuit sera aussi très étudiée pour marquer leur exclusion de la communauté villageoise. Idem la cruauté de la dernière image où les pieds piétinent le sac de confettis au son d'une valse qui elle sera douce et légère.

 

Aline

Justement. Et le son, il est sacrément important dans un film dont la fête est au centre.

 

Roger

Oui, il est à l'évidence au cœur de la fable, aussi important que l'image. Mais pour moi, en dehors de la musique, les pas sur le gravier, la roue libre d'une bicyclette, le vent dans les feuilles, doivent également (sans jeux de mots) jouer leur partition ? Pour rester dans la musique, je fais des recherches pour détourner des chants Gascons ou Pyrénéens avec l'aide d'un musicien complice en Marche Valse et même en Blues pour la fête rêvée. Pour la musique du D.J., du disco au mètre, sauvage, qui agresse les oreilles que ça « batane » comme on dit chez nous !

 

Aline

Pour en revenir à l'image, passer des danseurs aux personnages sur le bord de la fête ou à la scène du « viol », tu l'imagines comment ?

 

Roger

Quand ils dansent il faut glisser sur eux, être avec les corps, les têtes qui s'abandonnent sur une épaule, des mains qui caressent ou se font plus pressantes. Une caméra mobile, légère. Pour tous les autres qui ne dansent pas, je préfère une caméra fixe, les plans qui durent. Il s'agit de les regarder, ce ne sont pas des figurants. Pour le « viol » comme tu l'appelles, ce sera une scène très découpée qui, filmée de loin, peut paraître comme un jeu, une scène innocente, légère. Mais de plus près la violence et la panique seront évidente. Agrippés l'un à l'autre, ils s'accrochent, se repoussent comme deux chats que l'on veut noyer, ils se défendent, se protègent l'un de l'autre plus qu'ils ne se battent...

 

Aline

Revenir ainsi sur les lieux de ta jeunesse, c'est rendre hommage à ceux que tu as laissés sur place ou te délivrer de regrets enfouis ?

Roger

Non, c'est montrer sans complaisance que la simplicité est complexe. Mais pas de regrets. Je fais mien cet aveu de Jules Renard : «  Si je devais recommencer ma vie, je n'y voudrais rien changer, seulement j'ouvrirais un peu plus grand les yeux »…

Et maintenant, parler moins, écouter plus, regarder davantage pour réaliser ce film qui, je l'espère, racontera le plus naturellement possible cette histoire.

 

Merci à Aline Pailler pour l'initiative de cet entretien qui m'a aidé à « délivrer » ces quelques intentions.

 

 

l               1- Hommage à Pierre Maguelon au Cinéma La Clef

l               2- Georges Simenon

l               3- Tourtouse, Ariège, village du tournage.

 

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À quoi servira la collecte ?

 

Le tournage des ÉTOILES DE PAPIER se déroulera dans le village de Tourtouze, en Ariège. Presque tout le village participera à cette aventure. Les conditions du tournage seront donc inhabituelles pour un court métrage, voire exceptionnelles.

 

Nous souhaitons donc constituer une équipe performante autour du directeur photo Stephan Sanson et de Roger Souza le réalisateur. La collecte sera donc utilisée pour créer des conditions de tournage et de post-production à la "hauteur" d'un scénario remarquable et remarqué puisque  le projet est déjà soutenu par la Région Midi-Pyrénées à hauteur de 18 000 € et par le département de l'Ariège à hauteur de 2000 €.

Néanmoins, il nous manque encore 5000 € pour boucler notre plan de financement, et ce, en tirant sur tous les postes.

 

D'une façon générale, la collecte participera au financement des techniciens, de la logistique, des déplacements, de la restauration, de la post-production et des comédiens.

 

Les comédiens principaux sont :

 

Alice Dufour dans le rôle de la parisienne.

 

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Candide Sanchez dans le rôle de Popol

 

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Tous les autres rôles seront assurés par les habitants du village de Tourtouze : Alain, Martine, Christiane, Abel, Josette, Serge, Paulette, Pierrot, Janot, Marcelle, Odette, Olga, etc...

 

Dans le rôle de Robert, Jean-Jérôme ESPOSITO.

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CINÉRGIE PRODUCTIONS

Cinérgie Productions a été créée en mars 2000 par deux auteurs-réalisateurs d’expérience, Pierre Mathiote et Alain-Michel Blanc. Alain-Michel Blanc a reçu un César du meilleur scénario pour le film de Radu Mihailéanu : "Vas, vis et deviens". Et Pierre Mathiote a reçu plusieurs prix littéraires et ses films sont vus dans des festivals... Voir la suite

Derniers commentaires

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Pour une belle création et beau projet
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Bonne chance !
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Bravo Roger, haut les coeurs ! On lâche rien ! On lâche rien ! Bises. jean-Pierre