L’invention de la comédie-ballet par Molière, jamais revue en intégralité à ce jour ! Participez à ce divertissement baroque aux bougies.

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The project

 

Première comédie-ballet de Molière, avec intégralité des musiques et ballets. Mise en scène baroque de Jean-Denis Monory.

 

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Contexte

 

Comédie-ballet en vers en trois actes, représentée pour la première fois à Vaux le Vicomte le 17 août 1661, lors de la fête offerte par le surintendant au Roi Louis XIV. Musique de Beauchamp et Lully. Chorégraphie de Beauchamp

 

Cette nouvelle mise en scène des Fâcheux permettra au public de découvrir un texte de Molière et à la compagnie de faire un travail nouveau et complet intégrant théâtre (dont personnages muets), musique et danse à parts égales.

 

Cette pièce, l’une des plus souvent jouées en son temps par Molière, ne suscite plus l'intérêt des metteurs en scène, alors même que l'engouement de notre époque pour la musique et les fêtes baroques ne cesse de s'affirmer. Ce désintérêt nous apparaît injuste tant cette pièce est plaisante et originale : légère dans sa forme comme dans son propos, enlevée, très représentative de l'esprit et du goût qui allaient triompher à la cour de Louis XIV dans les années suivantes. C'est aussi le prototype d'un genre que Molière n'avait pas encore expérimenté et dans lequel il allait exceller : la comédie-ballet ou « comédie mêlée de danse et de musique ».

 

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                          Les Fâcheux. Acte I, Scène 5: Lisandre, Eraste.

 

 

Argument

 Le canevas narratif de cette comédie « faite, apprise et représentée en quinze jours » est d'une grande simplicité : un jeune galant, à la recherche de l'élue de son cœur, s'en voit empêché par une série de rencontres importunes avec des Fâcheux qui l'accablent de leur bavardage. Il en découle un comique de situation, mais aussi un subtil comique de mœurs et de caractère.

 

Ces fâcheux sont des monomaniaques qui témoignent des usages et des civilités qui régissaient la société courtisane du XVIIème siècle : la danse, la chasse, le duel, la conversation, les jeux…

Ces portraits savoureux, si finement croqués et raillés par Molière, ont certes pour modèles les premiers spectateurs de la pièce à Vaux-le-Vicomte mais, 350 ans plus tard -chacun de nous peut en témoigner- les "Fâcheux" sévissent toujours, même si on n'utilise plus ce terme délicieux pour les désigner…

 

 

Scénographie et Mise en scène

Un chemin de miroirs réfléchissants traverse l’espace en ligne de fuite, d’avant-scène en fond de scène et n’est éclairé que des seules bougies au sol et sur lustres. Ce chemin rappelle les jardins de Vaux le Vicomte et la vanité du «reflet» ; il délimite l’espace entre zones de jeu (claires) et de non-jeu (sombres) et accentue l’impression d’enfermement et d’empêchement du personnage principal Eraste. Les zones sombres sont ponctuées de costumes suspendus utilisés pour des changements à vue. Trois musiciens grimés figurent le «chœur antique» ; ils regardent passer les personnages, commentent leurs agissements et interagissent avec eux à la manière d’un trio burlesque.

 

Pluridisciplinarité

 

La première gageure de ce spectacle sera pour les neuf interprètes de jouer la totalité de la trentaine de personnages de cette comédie-ballet. 

Les artistes eux-mêmes (comédiens, danseurs, musiciens) se forment les uns les autres et mêlent les genres pour trouver ensemble un lien profond, afin de formaliser et magnifier cette union des arts ; les comédiens danseront, les danseurs et les musiciens interviendront aussi en tant que personnages de la comédie. Cette « polyvalence » des artistes nous rapproche de l’univers baroque où le cloisonnement n’était pas de mise.

 

 

Il s’agit également de mettre en valeur la modernité du propos, d’ouvrir le dialogue entre les siècles, pour un résultat qui, dans le plus grand respect de la forme baroque, puisse aussi être qualifié de «contemporain».

Par sa distribution minimale et sa forme scénographique dépouillée, cette comédie-ballet s'adaptera à des lieux très variés, petits ou grands, pour permettre au théâtre baroque, art novateur, poétique et puissant d'aller à la rencontre de tous les publics.

 

 

Danse

L’année de création des « Fâcheux », 1661, voit également la fondation de l’Académie Royale de la Danse par Louis XIV. La précision et la codification de la danse font naître les prémices d’une technique et d’une terminologie qui perdureront.

La reconnaissance de l’art de la danse s’épanouit à cette période charnière.

 

Dans les « Fâcheux », la danse est initialement placée entre les différents actes, afin de donner le temps à Molière lui-même d’enchaîner ses multiples rôles, ainsi que pour permettre aux danseurs – peu nombreux – de se changer pour leur prochaine apparition. A la base, ces intermèdes  dansés semblent pensés dans un esprit de divertissement, faisant le lien entre les actes et les scènes.

Les danseurs incarnent des joueurs de mail ou de boule, des savetiers ou des jardiniers, des curieux ou des frondeurs, des Suisses, des Sylvains et des bergers. Ces personnages peuvent également représenter de potentielles rencontres « fâcheuses » pour Eraste, des situations contrariantes, exprimées sans paroles.

 

Pour cette production, toute la matière de la danse est à créer. Nous l’abordons avec un imaginaire libre, tout en nous inspirant des indications d’origine, et en le mettant au service de la pièce et de ses particularités.

 

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                                                     Louis XIV, 1681.

 

 

QU'EST CE QUE LE THÉÂTRE BAROQUE?

 

Les codes de mise en scène du théâtre baroque invitent le spectateur à une surprenante découverte. Loin d'une simple reconstitution, la saveur retrouvée du langage et des voix, la chorégraphie du geste, la lumière des bougies, les costumes, les odeurs de cire et de poudre, la musique vivante participent, comme dans nos voyages lointains, au dépaysement, à l'émotion, et nous révèlent les textes dans leur authenticité. Ce langage théâtral, exigeant et singulier, instaure entre l'acteur et le spectateur une relation unique, proche d'un lien magique, puissant mais fragile, si rare mais si nécessaire de nos jours.

 

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Les bases du jeu baroque :

 

Le langage

La langue que l’on entendait à la cour, au théâtre ou au prétoire était aussi étrange pour un contemporain de Molière ou de Racine que pour le spectateur du XXIème siècle. La prononciation du "r" roulé, du "l" mouillé, des voyelles nasales, du “â” fermé, du “a” ouvert, du "e" muet et des consonnes finales réclame un apprentissage précis, mais ce parler, loin d’être “savant”, semble très proche de nous et rappelle certains accents encore présents dans nos régions ou dans les pays francophones comme le Québec ; c’est une musique oubliée qui chante à l’oreille comme un écho à nos racines. 

 

La gestuelle

En théâtre baroque, le moindre geste est porteur de sens, au même titre que les mots : la position des doigts, des mains et du corps symbolise une pensée ou un sentiment précis. Cette gestuelle codifiée se construit en fonction de l’intensité, du rythme et de la signification du texte pour créer un véritable alphabet du corps, un langage muet et universel.

 

Le jeu frontal

Les conditions de la représentation théâtrale au XVIIème siècle n’étaient pas celles que l’on connaît aujourd’hui. Des spectateurs souvent bruyants, un éclairage limité aux bougies disposées en avant-scène obligent les comédiens à jouer face au public ; ils ne se regardent pas entre eux et ne se touchent pas, ou à peine : la voix et l'énergie de l'artiste sont ainsi portées au mieux vers le public dans un jeu de rapports triangulaires permanent.

 

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Reportages de TF1 sur La Fabrique à théâtre en 2010 (29ème minute)  ici

Why fund it?

 

Une trentaine de personnages interprétés par neuf artistes, tel est le défi que s'est lancée La Fabrique à théâtre à travers cette nouvelle création. Cette galerie de personnages implique la création de nombreux costumes devant, d’une part, permettre des changements rapides à vue et, d’autre part, dessiner des silhouettes contrastées, immédiatement identifiables. Le pari de cette création de costumes est en effet de faciliter la lisibilité du déroulement de l’action et de la succession des personnages et d’aider la performance des artistes.

 

Pour nous donner les moyens de cette recherche particulière, nous faisons donc appel aux KissBankers.

 

Conçus et réalisés par Chantal Rousseau, les costumes de la Fabrique à théâtre sont le reflet de la mode à la cour de Louis XIV et sont imaginés et travaillés en fonction de l’éclairage spécifique des bougies.

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La Fabrique à théâtre

Née en 1992 et dirigée par le metteur en scène et comédien Jean-Denis Monory, La Fabrique à théâtre est constituée d‘une trentaine d‘artistes : metteurs en scène, acteurs, musiciens, danseurs, chanteurs, décorateurs, costumières, maquilleuses et techniciens, qui depuis 1997, se consacrent essentiellement à la recherche, à la création et à la diffusion du... See more